Bonsoir à toutes (et tous)
Voici le deuxième chapitre de ma fic. Celui-ci marque l'arrivée d'Emma qui était plus qu'absente du premier. Je sais cela faisait bizarre par rapport à mon résumé. Bref, Voici donc notre deuxième protagoniste qui entre en scène. Attention, cela déménage. La demoiselle a du caractère et ce chapitre a pour prétention de bien le montrer. J'attends vos avis. Merci d'avance pour vos reviews. Z.
Chapitre 2 : Renaissances
Emma ne décolérait pas. Depuis que Graham, son chef d'unité, lui avait transmis la décision de leur hiérarchie, elle ne tenait plus en place. Suspendue! Elle était suspendue jusqu'à nouvel ordre, au moins le temps que les affaires internes étudient dans quelles circonstances elle avait été amenée à tirer sur le demi-frère du gouverneur. L'homme était à l'hôpital, entre la vie et la mort. "Qu'il crève!" se dit-elle. Avec toutes les horreurs qu'il avait commises, il ne méritait rien d'autre que la mort! Mais le Gouverneur Gold ne l'entendrait pas de cette façon et il ferait jouer toute son influence pour sauver cet assassin, elle en était persuadée. Du coup, si Greg Mendell y passait, au moins le dossier serait clos. Tant pis si cela signait la fin de sa carrière dans la police de New-York.
De toute façon, Emma supportait de moins en moins la vie dans la grosse pomme. Elle avait atterri là un peu par hasard. Adolescente douée mais rebelle, elle avait eu souvent affaire à la police lors de ses multiples fugues. Un jour, alors que son errance l'avait amenée dans NYC, elle avait été cueillie par un jeune inspecteur alors qu'elle venait de chaparder de quoi manger sur le marché de Brooklyn. Au lieu de la ramener au poste puis d'appeler l'orphelinat de Boston pour qu'ils viennent la récupérer, il lui avait offert un hamburger dans un fastfood et avait pris le temps de discuter avec elle pour comprendre ce qu'elle faisait là et pourquoi elle fuyait sans cesse. Elle avait 16 ans, l'inspecteur Graham Humbert moins d'une dizaine de plus et sans qu'elle sache pourquoi, la confiance avait été réciproque immédiatement. Ils avaient longuement parlé. En fin de journée, ils avaient échangés leurs coordonnées, il l'avait raccompagnée à la gare de Pennsylvanie et elle était rentrée seule à Boston. Quatre heures plus tard elle était de retour à l'orphelinat sous les regards ébahis de la surveillante.
Ce fût sa dernière fugue. A compter de ce jour, elle ne posa plus aucun problème de discipline, se concentrant sur ses études. Graham et elle étaient restés en contact. Il l'avait prise sous son aile, comme l'aurait fait un grand frère, appelant régulièrement l'orphelinat pour prendre de ses nouvelles ou l'invitant à passer des week-ends à New-York avec son épouse Jenny et lui. Peu à peu, leur amitié était devenue une évidence et, à la naissance de Lucas, le couple avait naturellement proposé à Emma de bien vouloir être sa marraine. C'est ainsi qu'Emma retrouva une famille.
Avec ses bons résultats scolaires, elle obtint une bourse d'état et put entrer à l'université de Boston où elle obtint un Master en Santé Publique. Au départ, elle avait choisi cette filière, mi sociale mi scientifique car elle avait besoin de se sentir utile aux autres, sans vraiment savoir vers quel métier elle allait se tourner. Toutefois, dès qu'elle eut les 21 ans requis, elle postula pour intégrer la Police de New-York en quête de justice et d'équité. La devise du NYPD* la faisait alors rêver: « Courtesy, Professionalism, Respect »**. Son intégration dans la police, fit la fierté de Graham même s'il ne pouvait s'empêcher d'être inquiet à son sujet: Elle était tellement entière qu'il craignait qu'elle s'implique au point de s'exposer inutilement. Ses craintes étaient d'autant plus justifiées qu'Emma était affectée dans le Bronx où sévissait une guerre des gangs sans merci exposant sans distinction hommes, femmes, enfants ou vieillards à la violence quotidienne. Jenny lui faisait alors remarquer combien Emma et lui pouvaient se ressembler...
Dix ans s'étaient écoulés. Emma mettait tout son cœur à protéger et servir les honnêtes citoyens comme elle l'entendait: sans compromission ni demi-mesure. Elle s'était plusieurs fois illustrée par son courage et son engagement. Ses bons résultats lui avaient permis de passer inspecteur et Graham, qui, lui aussi, avait pris du galon entre temps, avait alors fait en sorte qu'elle le rejoigne dans son unité basée à Manhattan au cœur du quartier des affaires. Ainsi, il pouvait continuer à veiller sur sa « petite sœur » de cœur.
Ce changement d'affectation fut pourtant le déclencheur du malaise d'Emma. Elle s'entendait à merveille avec Graham mais ne comprenait pas qu'il faille sans arrêt prendre des pincettes avec les suspects. En effet, à Manhattan, trafics, magouilles et politique font souvent ménage à trois. Emma fut donc rapidement confrontée à des voyous en col blanc, tradeurs le jour, trafiquants la nuit. Dans ce monde hypocrite et pédant, les menteurs étaient légion. Les golden boys imbus de leur personne cachaient dans leurs rangs un ramassis de magouilleurs en tout genre: drogues, sexe, malversations financières étaient leur quotidien et ils se sentaient intouchables, protégés par une armada d'avocats grassement payés avec le fruit de ces divers trafics. Ils n'hésitaient pas à confier à des tiers les basses besognes et étaient ainsi quasiment intouchables. A tout cela s'ajoutaient les imbrications du monde des affaires avec celui de la politique et la pression des médias: Dès que les soupçons portaient sur un homme d'affaire, les policiers marchaient sur des œufs… Emma ne se retrouvait plus dans ce mode de travail. Elle était entrée dans la police pour protéger les innocents et elle n'admettait pas que certains se sentent au-dessus des lois. A plusieurs reprises déjà depuis son affectation à Manhattan elle avait eu droit à des remontrances relayées par Graham qui se sentait impuissant.
L'affaire Mendell fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. L'homme était un violeur récidiviste, c'était maintenant établi. Il repérait les étudiantes fauchées qui devaient travailler tard le soir dans des fastfoods ou stations-services pour gagner de quoi vivre. Il les suivait à la fin de leur service et les agressait chez elles. Son mode opératoire était bien rodé et destiné à éviter son identification. Il s'arrangeait pour bousculer sa future victime dans la rue à proximité de chez elle, profitait du contact pour leur injecter une dose de GHB et n'avait plus qu'à proposer de les raccompagner alors qu'elles commençaient à se trouver mal. L'opération se déroulait sans violence et pouvait sembler anodine à tout témoin éventuel. Souvent grimé, il était méconnaissable sur les rares bandes de vidéo surveillance et ses victimes étaient de toute façon dans l'impossibilité de l'identifier. Ce cinéma durait depuis plusieurs mois au rythme d'un viol déclaré tous les 10 jours mais Emma savait bien que certaines victimes ne s'étaient pas forcément fait connaître.
Mendell finit toutefois par commettre une erreur. Un soir, il raccompagna une victime chez elle alors que son studio n'était pas vide. Il tomba nez à nez avec la sœur de celle-ci qui, comprenant très vite ce qui se passait, récupéra sa sœur et éjecta Mendel du studio après une brève altercation au court de laquelle il perdit sa perruque et la fausse barbe qui le dissimulaient. Elle téléphona aussitôt à la police et, vu que le danger était écarté dans l'immédiat, l'officier de garde lui demanda de passer le lendemain pour signaler la tentative d'agression. Cependant, voyant que l'état de sa sœur allait en empirant, elle appela les secours et c'est le médecin qui examina la jeune femme qui découvrit le pot aux roses. Il prévint alors la police et Emma fut envoyée à l'hôpital pour interroger les deux sœurs. Le témoignage de l'ainée assorti de la découverte d'un cheveu dans la perruque finit par permettre d'avoir enfin du concret dans le dossier du violeur fantôme. Malheureusement, l'ADN du suspect n'apparaissait pas dans les bases de données de la police. Des milliers de portraits de suspects potentiels avaient été présentés à la sœur mais elle ne réussit pas à reconnaitre l'homme qu'elle avait fait fuir. L'enquête retomba donc au point mort.
Ce n'est que près d'un an plus tard qu'un lundi matin, Emma reçut un coup de fil :
- « Allo, inspecteur Swan ? »
- « C'est moi-même. Qui est à l'appareil ? »
- « Je suis Betty Hunt, la sœur de Lisa ».
- « Ah oui Betty, comment allez-vous ? Que puis-je faire pour vous aider ? »
- « je viens de le voir! L'agresseur…à la télé…à l'instant ! »
- « Quoi? Attendez… mais comment?, où?... Vous êtes sûre? »
- « Sure et certaine ! Par contre je ne sais pas son nom. Il était au second plan lors d'une interview du gouverneur Gold, c'était sur WCVB à peine quelques minutes plus tôt!».
Emma n'en revenait pas ! Etait-il possible après tout ce temps que, sur un coup de chance, ils identifient enfin ce salaud? Elle convoqua donc la jeune femme l'après-midi même et contacta immédiatement la chaîne pour obtenir la vidéo de la fameuse interview. Le soir même ils avaient mis un visage sur le violeur fantôme et l'avaient même identifié avec le concours du cabinet du gouverneur. Le seul problème, et non des moindres, c'était que l'homme désigné par Betty n'était autre que le demi-frère du gouverneur, accessoirement l'un de ses proches conseillers. Emma informa aussitôt Graham de sa découverte : Il leur fallait interroger Mendell et obtenir son ADN pour le comparer à l'échantillon prélevé sur la perruque!
Graham obtint le jour même un mandat du juge pour faire un prélèvement ADN à Mendell et accompagna Emma chez l'homme pour l'interpeler. Celui-ci avait visiblement été informé de l'arrivée de la police car à leur arrivée chez lui, ils trouvèrent porte close. La perquisition de son domicile permit de trouver des cheveux, ce qui était suffisant dans l'immédiat pour confirmer que Mendell était bien l'homme qu'ils recherchaient. Les résultats tombèrent deux jours plus tard, confirmant le témoignage de Betty : Ils avaient enfin identifiés le violeur fantôme! Il restait encore à le retrouver.
Graham avait refusé qu'Emma aille interroger le gouverneur tant que les résultats ADN n'étaient pas connus. Il voulait éviter d'avoir à se justifier au cas où Betty se serait trompée mais Emma avait très mal réagi car le délai nécessaire aux analyses avait largement laissé le temps au suspect de se faire la belle. Le jeudi matin, Emma débarqua donc très remontée au bureau du gouverneur en demandant une entrevue. Elle était accompagnée de Jeff un autre inspecteur de l'unité de Graham. Comme la secrétaire faisait barrage, elle menaça de prévenir la presse que le gouverneur avait un criminel dans son entourage proche et qu'il couvrait sa fuite puis elle s'installa comme si de rien n'était dans le salon en attendant de voir la réaction du dirigeant. Comme par miracle, cinq minutes suffirent à ce que la secrétaire ne revienne la voir en les invitant à la suivre alors qu'elle les menait dans le bureau de son patron. Celui-ci les reçut plutôt sèchement. Il refusait l'évidence et tenta de les intimider en les menaçant de les faire rétrograder une fois que les preuves de l'innocence de son frère auraient été apportées. Jeff et Emma ne se laissèrent pas impressionner, ils expliquèrent à leur hôte que les tests ayant parlé, son demi-frère devait se présenter au poste le plus tôt possible pour y être interrogé et que s'il ne venait pas de son plein gré, ils lanceraient un mandat d'arrêt.
-« Si nous devons en arriver là, nous ferons circuler son nom et sa photo dans les médias pour le retrouver et je doute que vous appréciiez beaucoup car tôt ou tard votre nom sera associé au sien, inévitablement. Donc soit vous nous aidez à le retrouver, soit je ferai en sorte que tous vos électeurs sachent que vous l'avez aidé à échapper à la justice ! » menaça Emma.
L'homme était vert de rage mais se contenait. Il était piégé, cette fichue inspectrice le tenait et visiblement elle ne s'était pas laissée impressionner par ses menaces.
-« Vous le trouverez surement à Storybrooke dans son cabanon de pèche » Lâcha t'il en grimaçant.
-« Story quoi ? »
-« Storybrooke, dans le Maine.»
Emma nota l'adresse et remercia le gouverneur. Elle prévint aussitôt Graham qui contacta le shérif de StoryMachinchose pour qu'il aille vérifier si le fugitif était bien sur place mais sans tenter de l'interpeler. Pour cela, il lui envoyait du renfort. Le soir même Emma et Jeff prenaient la route pour le petit village côtier. Alors qu'ils roulaient tranquillement, Jeff entama la conversation :
-« Dis donc, tu n'y es pas allée de main morte avec notre cher gouverneur ! On voit qu'il n'a pas l'habitude de se faire bousculer comme tu l'as fait. Tu n'as pas peur d'éventuelles représailles ? »
-« Tu sais Jeff, l'avantage d'être célibataire et sans famille c'est qu'on n'a rien à craindre à part pour soi-même. Les seuls qui comptent à mes yeux sont Graham, Jenny et Lucas mais Graham est suffisamment prudent pour être bien vu de la hiérarchie et peu exposé sur le terrain, ce qui je l'avoue n'est pas mon cas. Quand j'ai quelque chose à dire, je le dis, et j'en assume les conséquences… ».
-« Ouais mais quand même, c'est le gouverneur ! »
-« Et alors ? Quand bien même ce serait le président des Etats Unis, il n'est pas au-dessus des lois, et son demi-frère encore moins! »
-« Fais gaffe à toi, un jour tu tomberas sur un plus teigneux que toi et tu y laisseras des plumes »
-« Oui Maman ! »
Emma aimait bien Jeff. Avec son air tranquille, c'était un garçon attachant. Il élevait seul sa fille Grace après que sa femme soit décédée, cinq ans plus tôt, suite à des complications lors de l'accouchement. Heureusement, la mère de Jeff vivait à deux pas et était très présente pour s'occuper de la petite. Compte tenu de sa situation de famille, il était très prudent et c'est la raison pour laquelle Graham l'avait mis en équipe avec Emma. Il la tempérait un peu, dans la mesure où elle pouvait l'être! Jeff avait beaucoup d'humour et était un garçon fiable. Emma et lui s'entendaient bien à tel point que la mère de Jeff nourrissait le secret espoir de les voir un jour en couple. Mais ni l'un ni l'autre n'était intéressé: Jeff parce qu'il n'avait pas encore fait son deuil et Emma, parce qu'Emma ne s'intéressait à personne.
Même en amour Emma bousculait tout et ne faisait aucune concession. C'était une belle femme, grande, blonde, élancée à l'allure sportive. Elle avait un physique très avantageux et une allure très décidée, limite masculine. Quand elle sortait, ce qui était assez rare, elle ne manquait pas de prétendants. Elle avait découvert à la fac qu'elle pouvait attirer aussi bien les hommes que les femmes. Et, un soir où l'alcool avait levé ses inhibitions, elle avait succombé au charme haut en couleur de Ruby, sa colocataire. Dès le lendemain, après un léger malaise et une belle gueule de bois, elles avaient convenu que leur amitié était plus précieuse et avaient décidé de faire comme si rien ne s'était produit. Depuis lors, Emma avait eu des aventures avec des hommes ou des femmes, au gré des rencontres mais toutes sans lendemains et elle s'en contentait amplement.
-« Voilà Storybrooke » dit soudain Jeff, la tirant de ses pensées. Ils entraient dans une petite bourgade où visiblement il ne devait pas venir beaucoup d'étrangers, vu les regards intrigués que leur jetaient les passants. Ils s'arrêtèrent au poste de police pour rejoindre le Shérif Nolan. Celui-ci avait comme prévu surveillé discrètement le cabanon de pécheur. Le violeur s'y cachait effectivement et ne semblait pas décidé à bouger. Néanmoins, craignant que Mendell ne soit prévenu de leur arrivée pas aussi discrète qu'elle l'aurait souhaitée, Emma décida d'intervenir immédiatement pour profiter de l'effet de surprise. Elle expliqua au shérif Nolan comment Jeff et elle allaient procéder et ce qu'ils attendaient de lui. Ils se rendirent ensuite sur place, garèrent leur voiture à distance raisonnable pour ne pas éveiller les soupçons et s'approchèrent discrètement pour se familiariser avec les lieux. Visiblement Mendel était à l'intérieur. Le cabanon était en fait une maisonnette en bois posée sur pilotis au-dessus de l'eau. Seule une terrasse la reliait à la terre ferme. Il n'y avait donc qu'un seul accès, complètement à découvert ce qui ne facilitait pas l'intervention. Mais en contrepartie, la configuration des lieux n'offrait également qu'une seule issue possible pour le fugitif. Jeff et Emma se présentèrent donc à la porte, arme au poing alors que le shérif s'était placé sous le cabanon, au niveau de l'eau au cas où l'homme tenterait de fuir via une trappe sous le bâtiment.
-« Police, Ouvrez ! » lança Jeff en frappant à la porte.
Pas de réponse. Emma tenta alors d'ouvrir. La porte n'était pas fermée. Ils entrèrent dans le cabanon mais ne virent personne dans le capharnaüm qui régnait dans le petit espace. L'endroit était mal éclairé et ils durent s'avancer à l'intérieur pour s'assurer qu'il n'y avait personne. C'est alors que Mendell surgit d'une minuscule rochelle suspendue au-dessus de l'entrée. Sautant sur Jeff, il le plaqua contre lui en posant sur sa gorge un couteau de chasse.
-« Lâchez-vos armes » cria-t-il d'un air haineux.
Emma faisait face aux deux hommes qui tournaient le dos à la porte restée grande ouverte. Jeff ne bougeait pas, la lame de l'énorme couteau entamait le côté gauche de son cou au niveau de la carotide. Evaluant que le danger était réel, Emma fit mine de céder, elle se baissa lentement pour déposer son arme.
-« Non Emma, Non ! » eut le temps de dire Jeff avant que le fugitif ne le fasse taire en appuyant sur sa lame.
-« Regarde ta collègue, elle est bien plus raisonnable que toi » Ricana Mendell.
-« Mendell, écoutez-moi. N'aggravez pas votre cas. Vous faites l'objet d'un mandat d'arrêt. Si ce n'est pas nous qui vous arrêtons, d'autres le feront bientôt. Vous n'allez pas ajouter le meurtre d'un flic à votre casier?» tenta la blonde en tendant la main vers l'homme en signe d'apaisement.
L'homme sembla réfléchir un instant, il regarda la porte, ramena son regard sur l'arme d'Emma, posée au sol entre eux deux puis d'un coup sec il trancha la gorge de l'inspecteur.
Il n'eut pas le temps de s'enfuir. Emma se rua sur son Glock et lui tira une balle en pleine tête. Il s'effondra en travers de la terrasse. Emma se rua sur son coéquipier et comprima la plaie sur le côté gauche de son cou comme elle avait appris à le faire à l'école de police.
-« Nolan ! Nolan ? Ou êtes-vous bon sang ? »
David Nolan apparut terrifié à l'entrée du cabanon.
-« Allez prévenir les secours, je dois continuer le point de compression».
Il y avait du sang partout. Le shérif n'avait jamais vu ça et était comme tétanisé. Emma l'interpella sans ménagement :
-« David, bougez-vous, Jeff a besoin de vous pour lui sauver la vie!».
Le shérif réagit alors, il partit en courant jusqu'à sa voiture, et appela l'hôpital pour signaler deux victimes. 5 minutes plus tard, Deux ambulances arrivaient sur les lieux. Le Docteur Whale rejoint aussitôt Emma et Jeff. La jeune femme paniquait :
-« Docteur, je vous en prie, il vient juste de perdre connaissance, j'ai pourtant fait ce que j'ai pu pour contenir l'hémorragie, sauvez-le je vous en prie! ».
Le médecin lui demanda de dégager sa main du cou de son équipier afin d'examiner la plaie. Emma avait les mains couvertes du sang de Jeff et celui-ci ne bougeait plus. Elle était persuadée qu'il était déjà mort.
-« Vous avez fait du bon boulot et il a eu de la chance. L'artère est touchée mais seulement à moitié sectionnée. La plaie est nette, je devrai pouvoir réparer ça sans trop de difficulté. Cependant, il faut que son cœur tienne le coup. Connaissez-vous son groupe sanguin?
-« Il est B+ comme moi, nous avons donné notre sang lors de la collecte la semaine dernière. »
-« Très bien ! Dans ce cas, on peut lui faire une transfusion de suite si vous êtes d'accord. »
-« Je… Vous voulez lui donner mon sang ? »
-« Oui, le plus vite sera le mieux pour faire remonter sa tension donc si vous êtes un donneur compatible, ce sera le plus simple. A moins que vous ne le souhaitiez pas mais puisque vous êtes donneur volontaire, je suppose que cela ne vous pose pas de problème.»
-« Non, Non, pas du tout. Faisons ça ! »
Et c'est ainsi que pendant son transfert à l'hôpital de Storybrooke Jeff reçut le sang d'Emma alors qu'une infirmière maintenait un pansement sur sa plaie pour en limiter le saignement. Le médecin lui voyageait dans la deuxième ambulance avec Mendell qui, contre toute attente, n'était pas mort, ou du moins pas encore.
L'intervention de Jeff fût relativement rapide et, comme le docteur l'avait annoncé, tout se passa bien. Whale vint prévenir Emma qui avait voulu rester sur les lieux pour attendre le résultat. Une fois rassurée, celle-ci suivit enfin le Shérif David Nolan qui avait proposé de l'héberger chez lui plutôt que la laisser aller seule dans l'unique auberge du village. Il disposait d'une chambre d'amis et son épouse, il en était certain, serait ravie de faire sa connaissance. David ne s'était pas trompé, Marie-Margareth - quel drôle de prénom - semblait ravie d'accueillir une étrangère. Emma était épuisée et malgré la gentillesse de ses hôtes, elle alla rapidement se coucher.
Elle fut plusieurs fois réveillée en sursaut dans la nuit, elle revoyait la séquence de la veille dans le désordre: le sang de Jeff sur lui, sur elle, le couteau, elle entendait le cri qu'elle avait poussé et revoyait le sourire narquois du criminel, et puis le bang de son arme, suivi du corps de Mendell qui s'écroule. Et c'est là qu'elle réalisa enfin : il n'était donc pas mort ? Elle avait pourtant cru l'avoir touché en pleine tête, dans un geste de colère, un pur réflexe alors qu'il lâchait Jeff pour s'enfuir.
Elle avait dû crier dans son sommeil car lorsqu'elle se leva pour aller boire un verre d'eau, elle tomba nez à nez avec la femme du shérif. Il n'était que 5 heures du matin et il faisait encore nuit noire.
-« Ça ne va pas ? »
-« Non pas vraiment. Je pense que je viens juste de réaliser ce qui s'est passé hier et en particulier, que j'ai abattu un homme ! »
-« Il n'est pas mort d'après ce que m'a dit David »
-« Non et ce n'est pas ce qui m'enchante le plus ! »
Marie-Margareth fut choquée de cette réponse.
-« Comprenez-moi bien. Cet homme est un violeur récidiviste, tellement courageux qu'il s'attaque à des jeunes femmes en les droguant pour ne pas qu'elles puissent se défendre. A ce jour, on lui connait une vingtaine de victimes. Cet homme a égorgé mon équipier devant moi. Je ne vais pas pleurer sa mort s'il devait y rester ! »
La petite brune comprenait les arguments de l'inspectrice mais toute cette violence la dépassait. Ici à Storybroke, il ne se passait jamais rien et c'était tant mieux car son mari étant shérif, elle n'aurait pas voulu qu'il en soit autrement. Les deux femmes discutèrent jusqu'au matin. Vers 7h David les rejoint pour déjeuner puis proposa d'amener Emma à l'hôpital pour voir Jeff dès la première heure, ce qu'elle accepta bien évidemment. En arrivant, Emma eut le plaisir de trouver Jeff éveillé :
-« Ma sauveuse ! » dit celui-ci d'une petite voix pour ne pas tirer sur son bandage. Il souriait!
-« Idiot, tu m'as fait la peur de ma vie et tu as ruiné mon jean tout neuf ! »
-« Le doc m'a dit comment tu m'avais doublement sauvé la vie, en obstruant ma plaie et en me donnant ton sang… on est liés maintenant: frères de sang! Tu peux me demander tout ce que tu veux,… euh enfin,… presque…».
A le voir sourire comme ça, Emma reprit du poil de la bête et oublia vite les cauchemars de la nuit. Elle était tellement contente d'avoir sauvé son équipier et de pouvoir annoncer à Grace que son papa allait bien. Ils discutèrent quelques minutes profitant de la joie qu'ils éprouvaient à se retrouver puis vint le moment de parler de Mendell :
- « Le Docteur Whale m'a dit ce matin qu'il est toujours en réanimation. Tu tires vraiment comme un pied Swan! Le rater à 2 m, ça craint!»
- « Tu l'as dit! Et en plus, s'il s'en tire, ce crétin est capable de me coller un procès aux fesses! »
Jeff souriait mais il savait qu'il y avait une part de vérité dans ce que venait de dire Emma. Quoi qu'il advienne de Greg Mendell, elle allait sûrement avoir des ennuis. Elle avait abattu le demi-frère du Gouverneur de l'Etat de New-York! »
Les ennuis ne tardèrent pas à arriver. Emma était restée 2 jours de plus à Storybrooke pour finir son rapport avec David pendant que Jeff se remettait de sa blessure. Il fût autorisé à quitter l'hôpital le samedi et ils reprirent la route ensemble pour rentrer à New-York. Le lundi matin, en arrivant au poste, Emma était attendue par Graham et un homme en costume. Cela ne présageait rien de bon. L'homme était un inspecteur des affaires internes. Le gouverneur avait porté plainte pour violences policières envers son demi-frère et elle était directement visée. Elle eut droit à un interrogatoire en règle sur les circonstances de l'altercation et l'homme partit ensuite non sans avoir fait un aparté avec Graham. Et c'est donc suite à ça que Graham lui avait annoncé qu'elle était suspendue jusqu'à nouvel ordre. Elle pouvait rentrer chez elle. Dans l'immédiat elle conservait son salaire.
Ce fut donc cet événement qui décida Emma à tout quitter: Manhattan, la police, New-York même. Elle avait besoin de se ressourcer, de faire un break, de se sentir utile. Ici elle était désormais en cage, bridée. Et là, elle repensa à Boston. Elle avait été contactée quelques semaines auparavant par une association qui recherchait des adultes passés par l'orphelinat pour s'investir dans l'animation auprès des orphelins. L'idée était séduisante : créer un réseau d'entraide entre générations d'orphelins. Cela correspondait parfaitement à ce que Graham avait fait pour elle quand elle était ado et cela serait sûrement plus utile que de rester cloîtrée chez elle en attendant que l'enquête interne soit close. Elle posa donc une année sabbatique, renonçant à son salaire mais s'engageant à rester à disposition de ses collègues pour les besoins de l'enquête. Il lui restait maintenant à trouver un pied à terre à Boston. Elle ne connaissait personne là-bas à part Ruby, sa copine de fac qui était devenue agent immobilier. Elle l'appela sur le champ.
-« Allo, Rub?, c'est Emma »
-« Emma? Emma comme maintenant que je suis flic à NY je n'ai plus le temps de faire la fête avec ma meilleure copine?»
-« Oui Rub, c'est bien moi, je suis désolée. J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour toi. »
-« Tu te maries et tu te maries ? »
-« Je ne vois pas où est la bonne nouvelle là-dedans, haha ! »
-« Bon c'est bien toi, que puis-je pour toi ma belle ? »
-« Je débarque à Boston la semaine prochaine, pour un an minimum à priori et j'aurai besoin que tu me trouves un petit appart, pas trop cher mais pas trop miteux quand même. Tu m'as dit être la meilleure ou presque. C'est le moment de me le prouver! »
Ruby questionna son amie sur ce quel recherchait, mais celle-ci n'avait quasiment aucune exigence sauf peut-être l'existence d'un parking pour son carrosse jaune. Même le secteur géographique n'était pas une contrainte.
-« Si tous mes clients étaient aussi peu exigeants que toi ! »
-« Ouais mais ils sont également un peu plus friqués »
-« Tu n'as pas tort, écoutes, je vois ce que je peux faire et je te rappelle dans 2 jours, OK?»
Le lendemain, une certaine Régina Mills pressait Ruby de lui trouver la locataire idéale pour l'appartement qui jouxtait le sien et pour lequel elle n'avait pas trouvé de candidat depuis un mois qu'elle avait le dossier en main. Ruby y vit un signe du destin et rappela Emma pour lui proposer le deal du siècle : Un superbe appartement avec vue sur la baie, dans un quartier chic pour le prix d'un studio en rez-de-chaussée. Et en prime, une place de parking en sous-sol. L'appartement était libre immédiatement. Emma ne pouvait qu'être intéressée. Elle décida de se rendre à Boston pour se rendre compte par elle-même.
*: New York Police Department
**: La traduction est-elle vraiment nécessaire? Courtoisie, Professionnalisme, Respect.
Voilà, vous connaissez maintenant mes deux héroïnes (enfin, pas les miennes mais ce que j'en ai fait;)) et leur entourage. Leur histoire commune commence au chapitre 3. A suivre…
Maintenant j'attends vos reviews. Merci d'avance.
