Artémis découvrit le Q.G de Central. Bradley la logea dans une aile à part, arguant que les militaires ici n'étaient pas très civilisés et qu'il valait mieux qu'ils ne la voient pas. Artémis douta de ses paroles. Enfin, elle n'avait rien à craindre de lui, même s'il ne semblait pas net. Artémis avait une grande chambre, une salle de bain pour elle seule, et des toilettes perso. Ca lui convenait, c'était mieux qu'au labo. Un peu plus tard dans la matinée, Pride vint la chercher pour commencer son entraînement.
Il avait réservé tout un terrain militaire. Le premier excercice consistait à arrêter divers projectiles. Artémis tendit une main, et stoppa tout les disques habituellement réservés pour le tir. Pride eut un sourire. Voilà qui serait utile. Artémis s'entraînait tous les jours. La jeune fille était à présent capable d'arrêter les balles en plein vol. Même un obus de char ne pouvait l'atteindre.
" Lâchez les chimères." ordonna Pride.
Des cages furent emmenées sur le terrain, et ouvertes avec précaution. De grosses chimères à tête de lion sortirent. Apercevant Artémis, elles se ruèrent vers elle. Celle-ci tendit deux mains auréolées de violet, et les chimères quittèrent le sol. Elles restèrent ainsi suspendues dans le sol. Artémis les sépara, puis les fit se cogner violemment les unes contres les autres.
" Excellent Artémis. Je crois que tu es prête à aller sur le terrain." fit Pride en la rejoignant.
Elle ne répondit pas. Le lendemain elle fut envoyée dans un coin du pays où sévissait un conflit depuis plusieurs semaines. Artémis avait ordre de neutraliser les faction ennemies. Juste avant son intervention, on donna l'ordre aux unités présentes d'évacuer. Parmi celles-ci se trouvait celle de Roy.
" Qu'est-ce que ça veut dire ? Pourquoi doit-on s'en aller maintenant ?" demanda Roy au général de son unité.
" Je n'en sait pas plus que vous Mustang. Mais les ordres sont les ordres."
Il ordonna le repli, et tous les soldats refluèrent vers leur base temporaire. Personne ne comprenait ce qui se passait. Riza et Jean virent passer une voiture banalisée. Ils échangèrent un regard d'imcompréhension.
" A toi de jouer Artémis." fit Pride dans le véhicule.
" Très bien." répondit la jeune fille.
Elle sortit du véhicule, camouflée sous une cape verte à capuche. Artémis décolla. Elle avait découvert récemment qu'elle pouvait voler, en pensant simplement à se soulever grâce à ses pouvoirs. La jeune fille atterrit derrière les lignes ennemies, sur un toit de maison. Elle leva une main. Une petite boule apparut. Artémis la fit grossir, grossir jusqu'à ce qu'elle soit plus grosse qu'elle. Puis elle la lança sur les gens en bas. Pride observa l'explosion avec une longue-vue. D'autres suivirent, à différents endroits. Cela dura trois bonnes heures avant qu'Artémis ne revienne, avec un colis.
" Excellent. Vraiment très bien pour une première mission." la félicita Pride.
Artémis garda le visage caché sous sa capuche. Le colis qu'elle avait ramené n'était autre que le chef de la révolte, pour l'heure inconscient.
" Puis-je rentrer ?" demanda-t-elle.
" Je t'en prie."
Elle décolla vivement. Quelques instants plus tard, les militaires apprirent l'extraordinaire nouvelle : le chef de la rébellion venait d'être capturé.
" Mais c'est quoi ce délire ? Quand et comment l'a-t-on alpagué celui-là ?" s'étonna Breda, les poings sur les hanches.
" Et qui surtout." enchaîna Kain.
" Décidément cette armée est de moins en moins nette." fit Roy en aparté.
Seule Riza l'entendit. Elle approuva intérieurement. Un peu plus tard, Roy décida d'aller jeter un oeil aux lignes ennemies. Il fut accompagné de Jean et Riza. Ils arrivèrent en voiture à mi-chemin entre la base et le champ de bataille, et firent le reste du trajet à pieds.
" Qu'est-ce que ... y'a eu l'apocalypse ici ou quoi ?" s'exclama Jean en découvrant l'étendue des dégâts.
Il ne restait plus que des ruines. Et encore.
" C'est tout comme. Mais qu'est-ce qui a bien pu causer ça ?" ajouta Roy.
" Des alchimistes d'Etat peut-être." avança Riza.
" Impossible, il n'y avait pas avec nous. A part moi bien sûr." contredit le colonel.
" Alors on dirait bien que l'armée a en sa possession une arme secrète particulièrement puissante." dit Jean.
" Mais pas encombrante. Tout à l'heure on a vu passer une voiture banalisée, juste avant qu'on nous annonce la fin du conflit." reprit Riza.
" Et alors lieutenant ?" demanda Roy.
" Et alors j'en sais rien. Je disais simplement que ça doit être discret."
N'ayant plus rien à faire ici, les trois militaires revinrent à la base. Cette histoire intriguait Roy au plus haut point. Il alla vérifier l'armement. Des fusils, les munitions qui vont avec, des grenades ... rien d'extraordinaire. Le colonel se gratta la tête. Bon sang, ce genre de chose ne passait inaperçu tout de même !
" Quoique ! Personne n'a vu à quoi cette arme ressemblait. Hawkeye et Havoc ont juste vu une voiture, hors je doute que ce soit ça." se dit-il.
Les soldats rentrèrent au Q.G en se posant toujours des questions. Ils n'avaient pas fini de s'en poser. Chaque fois que les militaires de Central tombaient sur un os du genre un conflit civil, on ne les y envoyait même plus. Et l'affaire se réglait sans que personne ne sache comment. Tout ce qu'ils savaient, c'st que cette arme faisait énormément de dégâts. Lors d'une réunion, un général posa la question qui brûlait toutes les lèvres :
" Généralissime, quelle est donc cette nouvelle arme dont dipose l'armée ?"
Bradley regarda un instant le général Hakuro, qui avait fait cette demande.
" Une chose top secrète que vous n'êtes pas autorisé à savoir."
Les généraux se regardèrent. Comment ça ils ne pouvaient pas savoir ?
" Mais ... c'est tout de même une information importante. Nous sommes habilités à la connaître." reprit Hakuro.
" Pas cette fois. Personne ne sait."
Non personne. Même pas ceux qui avait assisté à l'entraînement d'Artémis. Elle avait effacé sa présence de leur mémoire. La jeune fille pourrait se planter devant eux qu'ils ne la reconnaîtrait pas. Comme personne ne connaissait son visage, et grâce à la satisfaction qu'elle apportait à Bradley, elle pouvait se balader dans Central. Il lui arrivait quelque fois de croiser des militaires, et ça la faisait sourire de penser qu'ils ne savaient pas qui elle était. Ce fut au cours d'une de ses balades qu'Artémis croisa Mustang. Le colonel flânait dans les rues de Central à la pause-déjeuner.
Un peu plus loin dans la rue où il circulait, un emménagement avait lieu. Un piano était suspendu à des cordes, et descendait lentement. Complètement perdu dans ses pensées, Roy ne remarqua rien et allait passer en dessous. Sauf que ... les cordes Roy ... regarde les cordes. Paske là, elles vont casser. OH ROY ! LEVE LES YEUX BON SANG ! RO ...
Des cris le tirèrent de ses pensées. Le colonel leva les yeux pour voir l'instrument lui tomber dessus. Le seul réflexe qu'il eut fut de fermer les yeux. Le colonel se sentit projeté, et le piano tomba avec fracas. Roy se redressa, et le vit en morceaux à quelque pas de lui. Sa respiration était saccadée. Il venait de l'échapper de justesse.
" Est-ce que ça va ?" fit une voix féminine.
Roy détourna lentement les yeux du piano qui avait faillit le tuer, et découvrit une jeune fille qui ne devait pas plus de vingt ans. Elle le regardait d'un air serein, deux mèches brunes encadrant sa frimousse. Plutôt mignonne en fait.
" Vous allez bien ?" répéta-t-elle.
" Euh ... je ... je crois."
Artémis l'aida à se relever. Roy vit qu'il faisait une tête de plus qu'elle. Cette dernière remarqua qu'il tremblait. Roy aussi, et il s'empressa de cacher ses mains.
" Merci ... de votre aide." dit-il en reprenant son attitude un peu hautaine.
" Pas de quoi. Mais regardez où vous marchez la prochaine fois." répondit Artémis avant de mordre dans une pomme verte.
" C'est noté." fit-il en regardant à nouveau le piano.
" Je vous raccompagne au Q.G ?" proposa Artémis.
" Qui vous as dit que je travaillais là-bas ?" releva Roy.
" Eh bien, je doute que vous vous trimbaliez en uniforme juste pour le fun."
Roy se traita mentalement d'idiot. Il accepta qu'Artémis le raccompagne. Pendant le trajet, il jeta de temps à autre des petits coups d'oeil à la jeune fille. Elle portait un petit haut parsemé de cerises qui donnait au colonel l'envie de mordre dedans.
Et puis, vu qu'il faisait une tête de plus qu'elle, il avait une bonne vue sur ... BING !
" Aouf !" s'exclama-t-il en se tenant la tête.
" Décidément ! C'est à se demander si vous n'êtes pas mirot !" s'exclama Artémis en se tournant vers lui.
" Nan ! J'y vois bien en temps normal ! Saleté de lampadaire !" répondit Roy.
" Ouais ben ça t'apprendra à mater mon décolleté." songea Artémis.
En tant que télépathe, elle avait capté toutes les pensées du brun. Roy la rejoignit, et ils continuèrent leur route. Roy grommela mentalement contre le lampadaire pendant un moment.
" Y va finir par me hérisser à jurer comme un charretier !" se dit Artémis.
La grille du Q.G enfin en vue, ce qui permet à Roy de penser à autre chose.
" Est-ce qu'on pourrait se revoir ? Demain à midi par exemple ?" demanda-t-il.
" Si vous y voyez mieux oui. On se retrouvera ici. Au revoir."
" A demain !"
Artémis fit un signe de la main, et partit de l'autre côté. Elle, elle logeait à l'autre bout de la caserne, au troisième étage. La jeune fille entra par la cour arrière, et vola jusqu'à sa fenêtre. Pride arriva l'instant d'après.
" J'ai une mission pour toi. Je voudrais que tu aille me cueillir une bande de trafiquants d'armes." annonça-t-il.
" Bon. Où ça ?" dit-elle.
" Le sous-fifre qu'on a capturé refuse de parler. Mais toi tu saura bien découvrir ses petits secrets." répondit l'homonculus.
" Amenez-le moi on verra bien." répondit Artémis.
Pride ressorti de la chambre, et alla chercher le prisonnier. La jeune fille songea qu'elle ferait pas mal de sonder les pensées de son employeur. Elle n'arrivait toujours pas à lui faire confiance. Le généralissime revint avec le prisonnier qu'il balança dans la chambre d'Artémis. Elle le releva avec ses pouvoirs. Le type fut saisi par la couleur lumineuse de ses yeux.
" C'est bon je sais tout." annonça-t-elle en balayant l'air d'une main.
Le prisonnier s'évanouit et tomba par terre. Pride hocha la tête avec satisfaction pendant qu'elle enfilait sa cape verte. Artémis fit s'ouvrir la fenêtre, et sortit vivement. Pendant ce temps, le généralissime traîna le prisonnier jusqu'aux cachots du Q.G.
" Eh ben celle-là c'est la meilleure !" s'exclama Roy derrière son journal le lendemain.
" Quoi donc ?" demanda Havoc.
" Voilà qu'on nous pique notre boulot." répondit Roy en baissant le papier.
" Comment ça ?" ajouta Breda.
" C'est simple : le gang de trafiquants d'armes qu'on devait démantelé vient d'être arrêté." annonça-t-il.
" Le type d'hier a parlé ?" interrogea Falman.
" Faut croire. Mais ça me semble quand même bizarre. Vu son discours lors de sa capture ..."
" Moi je trouve que c'est plutôt bon pour nous." intervint Riza.
" Ah voui, comme ça on a plus de temps pour la paperasse ! C'est sûr que pour vous c'est tout bénef !" ironisa Roy.
" En attendant, la vôtre s'ennuie sur le bureau." fit remarquer Riza.
"Comptez pas sur moi pour la distraire."
Riza dégaina deux flingues illico presto.
" Pardon ? J'ai pas dû bien comprendre." dit-elle d'un ton glacial.
" Tortionnaire." fit-il entre ses dents et le plus doucement possible.
Roy attrapa un dossier et l'ouvrit.
" Votre stylo. Ce sera tout même plus pratique pour écrire." reprit Riza en lui tendant un stylo.
Roy le prit comme si ça pouvait lui salir les doigts.
" Oubliez pas d'enlever le capuchon surtout."
Roy leva les yeux vers elle. Riza lui adressa un sourire qui dura dix secondes et tourna les talons. Roy secoua légèrement la tête, et fit sauter le bouchon du stylo avec le pouce.
" Allez-y colonel, ça ne mords pas." reprit Riza penchée sur ses propres dossiers.
" Non mais vous oui je suppose. Hayate déteint sur vous on dirait." lança-t-il.
Riza releva la tête et le regarda. Roy lui se tourna et regarda le mur. Riza soupira. Serait-ce mal de lui loger une balle quelque part ?
" Faites votre travail avant que je m'énerve." dit-elle entre ses dents.
La pendule sonna.
" Oh il est midi ! C'est la pause-déjeuner ! A tout à l'heure !" s'exclama Roy en sortant du bureau comme une flèche.
" COLONEL ! Revenez ici tout de suite !" s'exclama Riza en se levant à son tour.
Les soldats dans le couloir virent passer une ogive brune, suivie par une furie blonde. Roy sortit du Q.G et trouva Artémis. Il lui attrapa le poignet et l'entraîna.
" Mais !" s'exclama-t-elle.
" Courez si vous tenez à la vie !" répondit Roy.
Riza arriva dehors. Roy avait filé.
" Et merde !" s'exclama-t-elle.
Elle rentra dans le Q.G en soupirant. Roy lui s'arrêta quand il jugea être suffisamment loin de la caserne.
" C'qui se passe ?" demanda Artémis.
" Oh euh rien. Juste un problème de ... papiers."
Artémis n'y comprenait rien. Roy lui tenait toujours la main, et l'emmena à un petit restaurant où ils déjeunèrent en terrasse.
" Au fait, je ne connais pas votre prénom." fit Roy.
" Artémis. Et vous ?"
" Roy Mustang."
Ils bavardèrent gaiement durant tout le repas. En rentrant, ils croisèrent l'Ultimate Alchemist, autrement dit Edward.
" Tiens salut Ed. Comment va-tu ?" demanda Roy.
" Bien. Et vous-même ? " sourit le blond.
" Aussi. Voilà Artémis. Artémis je te présente Edward Elric, l'Ultimate Alchemist." répondit Roy.
La jeune fille fut saisie par les yeux d'or d'Ed. Lui aussi faisait une fixation sur elle. Roy remarqua leur arrêt sur image, et sourit. Assisterait-il à un coup de foudre ?
" Bon, je resterais bien bavarder avec toi Ed, mais ma pause déjeuner se termine. Je dois rentrer." annonça-t-il.
" Hein ? Oh ben je vais venir, je dois aller remettre un rapport." fit Ed en émergeant.
" Oui je sais, à moi."
Tous trois prirent le chemin du Q.G. Artémis les laissa à la grille. Roy et Edward lui dirent au revoir, et rentrèrent. Ed donna son rapport à Mustang en chemin, puis décida d'aller prendre le soleil sur le toit. Tout à coup, une porte s'ouvrit avec violence.
" VOUS ! AU BOULOT !" cria Riza.
Roy pâlit comme un linge, et échappa son rapport. En voyant sa subordonnée dans un état de rage intense, il fut pris de panique. D'autant plus qu'elle brandissait un 22 long rifle. Tous les militaires présents décampèrent, y comrpis Roy.
" EEEEEDWAAAAAARD !" hurla-t-il en courant.
Ce dernier regarda en bas pour un Mustang poursuivi par une Hawkeye furax. Le jeune homme soupira, et se lança dans le vide. Il attrapa Roy par la veste et l'emema haut dans le ciel.
" Dans quelle cacaterie vous êtes-vous encore fourré ?" demanda-t-il.
" A ton avis ? Pour que Riza soit aussi en rogne ce ne peut être que pour des dossiers." répondit Mustang.
" La routine quoi." soupira Ed en le posant sur le toit.
" Vi. Merci du coup de main." fit Roy en s'asseyant dos à une cheminée.
" Pas de quoi. Mais elle va vous attendre au tournant." répondit Ed en s'installant à son tour.
" Je sais je sais." soupira Roy.
" Si je peux vous donner un conseil, essayez un bouquet de roses et des excuses. Puis mettez-vous au boulot. Ca devrait passer." conseilla Ed en croisant les jambes.
" Tu crois ?"
L'Ultimate haussa les épaules. Ils restèrent là jusqu'au soir. Ed transmuta un bouquet de roses rouges, puis déposa Roy. Quand Riza ouvrit la porte, elle se trouva le nez dans les roses.
" Je suis vraiment désolé lieutenant. Je me mets au travail tout de suite." fit Roy avec une voix d'enfant.
Riza était tellement surprise par les fleurs qu'elle en oublia sa colère. D'autant plus que son supérieur s'attela à sa tâche d'un air déterminé. Riza soupira et ferma la porte du bureau. Roy la regarda avec une mine de bébé.
" Vous me pardonnez Riza ?" demanda-t-il avec la voix assortie à son expression.
Elle le regarda en plissant les yeux.
" S'il vous plaaaaaiiiiit !"
Comment résiter à tant de charme. Elle ferma les yeux et inspira.
" Bon d'accord. Mais ne recommencez pas sinon je vous plombe."
" Merchiii !" sourtit-il comme un gosse.
Riza ne put s'empêcher de sourire devant son charme enfantin. Elle se rassit pour continuer son travail. Quand ils eurent fini, Roy attrapa son manteau et donna le sien à sa subordonnée. Elle le ramena chez lui.
" A demain !" dit-il en lui faisant une bise.
Riza rougit, et en oublia de lui dire au revoir. Puis elle laissa tomber sa tête sur le volant.
" Y m'énerve ! Y me fait toujours craquer." dit-elle.
Elle releva la tête avec un soupir, et s'en alla.
