"Hysteria"

par Shini-sama.

Chapitre 1 : Tu connaîtras la trahison.

Couple : Grimmjow X Ichigo

Rating : M

Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à Tite Kubo.

Inspirations : « Hysteria » de Muse (à écouter ^^) et ma fiction originale (il y a quelques similitudes entre cette fiction et mon œuvre originale).


Chapitre 1 : Tu connaîtras la trahison.

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« Lorsque le cœur du soldat saignera, l'« Hysteria » s'emparera de lui,

et alors le monde se noiera dans les larmes de son chagrin puis sombrera dans la noirceur de son âme ».

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_Aizen-sama, nous avons trouvé quelque chose qui pourrait vous intéresser.

Ce matin-là, alors que le soleil fraichement levé bénissait de ses rayons la contrée sous le gouvernement du seigneur Aizen Sosuke, ses gardes parcouraient le marché local en quête de « viande » appétissante pour leur seigneur.

Ulquiorra Schiffer, de son teint blafard et de ses yeux émeraudes plissés, tentait désespérément d'échapper aux rayons éblouissants de l'astre du jour - sans succès néanmoins - tout en se tenant devant la monture de son seigneur, fièrement assis, parcourant de ses yeux avides la foule se pressant autour des tentures des marchands.

_Qu'as-tu donc trouvé d'intéressant? demanda le seigneur avec un petit sourire satisfait.

Aizen savait qu'il pouvait faire confiance à son dévoué soldat, et se réjouissait déjà de la nouvelle qu'il allait lui transmettre. Schiffer était un exécutant émérite, sachant mieux que personne remplir les désirs de son supérieur.

Un long doigt blanc s'éleva et Ulquiorra désigna une allée de marchands :

_Un homme, un paysan, Aizen-sama, est prêt à tout pour résorber ses dettes et est prêt à vendre son fils au meilleur acheteur.

Aizen haussa un sourcil en même temps qu'il laissa échapper un petit rire. Ce genre de choses était lot commun dans le pays; on vendait fils et filles pour faire vivre le reste de la famille, Sosuke avait acheté de la sorte un tas de jeunes personnes qu'il avait ensuite fait soldats ou femmes de chambre. Mais récemment, sa recherche s'était plus précisément focalisée sur les jeunes hommes, agréables à regarder, au corps svelte et au physique androgyne, pour s'en faire un partenaire parfait pour ses longues soirées d'hiver. Bien entendu, il avait déjà femmes et hommes le satisfaisant à tour de rôle mais il s'ennuyait de ces mêmes visages jour après jour; ce qu'il désirait était trouver la perle rare, l'homme qui le ferait chavirer et serait pour lui le trésor d'une vie.

Non pas qu'il désirait tomber amoureux, ce n'était pas de cela dont il était question, mais plutôt voulait-il posséder un jeune homme dont tout le monde attesterait la beauté et que chacun voudrait toucher et coucher dans son propre lit. Il voulait voir la jalousie de ses subordonnées et collègues jusque dans leurs yeux, pour avoir su capturer et garder cet objet du désir de tout un chacun bien au chaud, si bien qu'il serait le véritable maître que tout le monde enviait.

Et après de longs mois de recherche il s'était avéré que le trésor qu'il voulait s'octroyer n'existait pas et qu'il n'y avait, en sa région, aucune beauté rare – féminine comme masculine – qui puisse accomplir cette tâche.

_Oh? As-tu vu le jeune homme en question?

L'intérêt d'Aizen sembla se réveiller à cet instant, serrant entre sa paume de main, les reines de cuir de son destrier. Car il n'avait pas encore perdu espoir quant à sa quête inespérée, et il en avait fait part à son fidèle Ulquiorra dont le devoir avait été désormais de parcourir la région, et celles voisines, pour trouver de quoi satisfaire ses rêves les plus fous.

Aizen était un homme respecté, à fier allure et satisfaisant toujours son empereur dont il était l'un des plus proches collaborateurs politique et militaire. Les jeunes femmes de bonne famille l'observaient d'un œil intéressé alors qu'il trônait presque royalement sur son grand cheval blanc, son kimono noir entrouvert sur son torse laissant apparaître les formes avantageuses de ses pectoraux et une peau hâlée envoûtante. Sa monture portait ses insignes de seigneur : un magnifique « 5 » noir en calligraphie ancienne, définissant sa place dans l'ordre des plus puissants seigneurs de l'empire japonais.

L'homme était veuf et cela depuis plusieurs années déjà, se refusant à épouser une princesse étrangère au grand malheur de l'empereur. Mais Aizen Sosuke aimait cette vie sans lendemain, ne pas savoir qui partagera son lit la nuit suivante, rencontrer de nouveaux visages faisant battre son cœur, séduire et charmer, voilà ce qu'il aimait par dessus tout.

Le désir d'accaparer un cœur insaisissable...

En plus de sa place de choix aux côtés de l'empereur, Aizen était également l'un de ses plus gros fournisseurs en soldats et il y trouvait là richesse et honneur. La rumeur disait qu'il était lui-même un vaillant maître d'arme en la matière et qu'il avait formé bon nombre de soldats hauts placés dans l'armée impériale.

Il était sans conteste l'un des seigneurs de l'empire le plus propice à écraser ses voisins et à gravir les échelons du succès le plus rapidement, aussi ses confrères avaient-ils peur de lui et prenaient grand soin à ne jamais le froisser ou entrer en conflit avec lui.

En conséquence, la région sous son gouvernement était prospère et tranquille, le commerce allant bon train avec les contrés voisines et recevant, plusieurs fois l'an, la visite de la famille impériale, apportant toujours plus de prestige à l'immense demeure du seigneur.

_Je n'ai pas vu le jeune homme, Aizen-sama, répondit Ulquiorra de son ton inexpressif, gardant ses beaux yeux brillants braqués sur lui. Cet homme semble garder sa progéniture à l'abri des regards. Sans doute le jeune homme n'est-il pas au courant des plans de son paternel.

_Mmm? réagit Aizen en haussant un sourcil. Je me fis à ton avis Ulquiorra. Cela fait tellement longtemps que je n'ai pas dépensé ma fortune que je suis prêt à sortir mon or pour n'importe quoi aujourd'hui!

_Je ferai de mon mieux pour vous satisfaire, Aizen-sama.

_Mph... Dis-moi plutôt comment est le paternel?

La question resta quelques instants sans réponse, sans doute désarçonnant le fidèle soldat du seigneur. Mais Schiffer tourna un instant ses yeux en direction de l'emplacement qu'il venait de désigner et se résigna à répondre :

_C'est un homme robuste et vaillant. Brun, à l'apparence plutôt sauvage et qui ne semble pas avoir sa langue dans sa poche.

_Je vois. Dans ce cas, il ne me reste plus qu'à rencontrer ce paysan. Mène-moi à lui!

La monture d'Aizen se mit soudain en mouvement, suivant lentement les pas légers de Schiffer, guidant l'escorte jusqu'au paysan en question. Une certaine excitation venait d'envahir Aizen et il était bien rare de le voir aussi enthousiaste pour quelque chose - ou quelqu'un - qu'il n'avait vu, ni touché. Mais pourtant, le puissant homme avait comme le pressentiment que cette journée était la bonne et qu'enfin sa perle rare se présenterait à lui.

L'homme était assis au coin d'une ruelle crasseuse, le vêtement sombre cachant son corps reposant à même le sol, poussiéreux et froissé. Ses cheveux d'un noir de jais étaient ébouriffés lui conférant un air de fou, bien que son visage reflète l'apaisement et la sérénité. Il n'était rien de plus qu'un vieil homme sur la pente descendante, mal nourri et puant tel un animal aux yeux du grand Aizen Sosuke, qui sur le moment, se demanda si Ulquiorra n'avait pas perdu la tête...

Il stoppa sa monture à quelques mètres de l'homme, ordonnant à Ulquiorra d'un signe de tête de parler. Le brun s'exécuta, d'un pas paresseux et peu précipité. Le seigneur n'aimait guère se frotter aux paysans, ni parler avec eux – sauf lorsqu'il s'agissait d'affaires importantes. Mais il se surprit à détailler l'homme avec attention, et si son fils présentait la même musculature, la même taille et la même allure viril alors il se pourrait bien qu'il ait fait tout ce chemin pour rien...

Le paysan tourna son visage ridé vers l'envoyé du seigneur et ouvrit des yeux surpris :

_Le seigneur Aizen aimerait discuter avec toi à propos de ton fils ainé. S'il lui plait, il te paiera le prix que tu souhaiteras, déclara Ulquiorra, la main sur la garde de son sabre.

Le paysan resta quelques instants immobiles, comme s'il eut été sourd, puis son visage se releva lentement pour observer Aizen, droit et fier sur sa monture. Leurs yeux se rencontrèrent brièvement, en silence, et enfin le paysan inclina sa tête pour saluer le noble et avancer vers lui. Les pour parler pouvaient commencer...


Une main fine et agile soupesa la bourse encore vide de toute pièce d'or, d'un geste bien rôdé. Un soupir se fit entendre et le jeune homme qui trônait misérablement derrière son étal de fruits et légumes abaissa ses épaules sous le coup de la fatigue. Trois heures qu'il était là, attendant le client pour vendre la mince récolte de son père, et il n'avait encore rien gagné... Les fruits et légumes qui n'avaient pas bougé sur l'étal semblaient se défraichir au fur et à mesure des minutes, et si personne ne les achetait dans l'heure qui s'écoulait ils n'auraient plus qu'à les jeter et tout serait perdu.

_Encore une journée de perdue, se lamenta le jeune homme aux cheveux oranges.

Il n'y avait plus rien à faire : même en exposant leurs produits sur le marché personne n'en achetait. Peut-être était-ce dû à la réputation de son père, peut-être tous les clients savaient-ils qu'il était ruiné et que ses récoltes tombaient en décrépitude...?

Et bien qu'il eut tout fait pour parvenir à changer les choses, rien ne s'était arrangé si bien que Ichigo s'en était trouvé découragé, alors qu'il avait tout fait pour garder le moral et pour soutenir son père. Lui qui n'avait même plus eu les moyens d'élever ses deux jeunes sœurs qu'il avait placées en pensionnat quelques mois plus tôt. Karin et Yuzu étaient certainement mieux là où elles étaient...

Ichigo s'était donc démené nuit et jour, se trouvant plusieurs petits travaux pour subvenir convenablement aux besoins de la famille, mais il fallait avouer que ses efforts n'étaient pas suffisants. Ils ne parvenaient pas à payer tous les impôts imposés par ces nobles, à cultiver leurs terres, à se nourrir correctement et se loger dignement.

Il était tout simplement désarmé face à cette situation catastrophique. Il avait faim, il se sentait sale... depuis combien de temps n'avait-il pas pris de douche ou mangé un repas copieux? Des semaines certainement...

Il se détestait lui-même pour se trouver dans un tel état et ne pouvait supporter la vue des nobles passant fièrement devant son étal, ignorant royalement ce qu'il présentait pour gagner ne serait-ce que quelques pièces pour acheter du pain. Comment cette vie pourrait-elle plus dure?

Une main se posa soudain sur son épaule et le jeune homme sursauta, faisant battre son cœur à la chamade, comme jamais. Perdu dans ses pensées, il n'avait pas vu ni entendu son père s'approcher de lui. Les yeux sombres d'Isshin l'observèrent intensément en silence et le visage du jeune homme se contracta; son père avait bien l'air fatigué, comme si un immense poids venait de s'installer sur ses vieilles épaules engourdies.

Mais avant qu'il n'ait pu lui dire qu'ils n'avaient encore rien vendu, Isshin l'invita à le suivre sans raison apparente cependant, et le jeune rouquin – bien qu'un peu interloqué par cette soudaine demande – fut bien obligé d'obtempérer, surtout en constatant que son père évitait très soigneusement son regard et que son visage était bien plus pâle qu'à son habitude.

_Que se passe-t-il? demanda-t-il, se laissant emmener à travers les étals du marché bondé.

Mais Isshin restait désespérément muet, évitant de répondes à chacune des questions de son fils. Quelque chose paraissait étrange au fils ainé, son père n'était d'habitude pas si fermé, il savait que quelque chose était arrivé, une chose grave très certainement mais il ne pouvait deviner de quoi il s'agissait. Lorsque enfin ils arrivèrent devant un groupe de soldats en uniforme, l'orangé sembla commencer à paniquer quelque peu et exigea des réponses de son père :

_Qu'est-ce qu'il se passe, nom d'un chien? Des soldats du seigneur Aizen...?

Mais à sa plus grade surprise, Isshin resta en retrait et sans lui expliquer pourquoi, le laissa à la merci des soldats qui le poussèrent un peu plus loin, le trainant contre sa volonté jusqu'à un homme étrange et au visage fermé que Ichigo n'avait encore jamais vu.

_Papa! s'écria le jeune homme piégé par son propre sang, se débattant avec toute l'énergie qui lui restait. Papa!

Mais avant qu'il n'ait pu chercher son paternel des yeux, les soldats le menèrent loin de son étal jusqu'à un homme étrange qui attendait paisiblement, les mains sur les hanches et les yeux braqués sur lui. Cet homme à l'apparence coincée et au visage laiteux faisait froid dans le dos, mais le rouquin ne sembla pas y faire attention à cet instant précis.

_Vous êtes qui vous? cracha-t-il à un Ulquiorra immobile, l'observant amèrement.

_Ulquiorra Schiffer, répondit le soldat, même si la façon dont tu m'as demandé mon nom n'est pas la plus polie qu'il soit.

Le jeune homme le fusilla du regard, ses bras pourtant fermement retenue par les gardes d'Aizen, il continuait à se débattre et cherchait désespérément du regard son père qui semblait s'être volatilisé dans la nature.

Que se passait-il donc? Pourquoi était-il ainsi retenu... et pourquoi son père l'avait-il mené à ces hommes et avait soudain disparu...?

Soudain, l'homme à la peau blanche et aux yeux d'émeraude saisit son menton pour l'immobiliser, certainement ennuyer de le voir gesticuler aussi vivementS. Ichigo laissa échapper un hoquet de surprise mais resta tranquille, pétrifié par les yeux angoissants qui ne se trouvaient plus qu'à quelques centimètres de son visage. Il pouvait presque sentir le souffle chaud de l'homme contre sa bouche :

_Ton père est parti, si néanmoins c'est lui que tu cherches si avidement, lui souffla-t-il d'une voix froide et trainante. Il a eu ce qu'il voulait, maintenant c'est à toi de faire ce que tu dois faire. Le seigneur Aizen a payé quatre coffres de pièces d'or pour toi, sans t'avoir vu au préalable. Sois heureux que ton père soit un bon marchand, il a su te vendre et donner envie à Aizen-sama de te posséder. Ses descriptions étaient... on ne peut plus réalistes, si ce n'est mieux, tu plairas à Aizen-sama sans soucis. Alors tiens-toi bien.

Le seigneur Aizen? Se demanda le jeune orangé, choqué et atrocement nerveux de s'entendre dire que son père venait de le vendre... Aizen... sama? Le posséder? Comment? Pourquoi? Qu'était-il donc arrivé...?

Son père s'était débarrassé de lui! Son père avait... non, il n'aurait jamais fait cela, cet homme mentait, il ne pouvait devenir un esclave parmi les autres...!

Son cœur se serra et il eut l'impression que tout son monde s'écroulait autour de lui. Son propre père ne pouvait avoir fait une telle horreur!

_Promets que tu te tiendras bien devant le seigneur, ordonna Ulquiorra en maintenant fermement son menton entre ses doigts congelés. Si tu ne te tiens pas bien, je me verrai dans l'obligation de te punir. Ce ne sera, hélas, pas très agréable pour toi je le crains.

Mais le jeune homme, profondément blessé par le trahison de son paternel, n'écoutait pas les paroles de Schiffer.

_Papa..., marmonna-t-il en serrant les dents et sentant son cœur saigner sous la trahison dont il faisait l'objet. Pourquoi...?

_Cela ne sert à rien de te lamenter, ton pauvre père n'est plus là. A présent, ton seul soucis sera de satisfaire Aizen-sama, ton maître. As-tu compris?

Sentant ses nerfs lâcher et le sang bouillir dans ses veines, Ichigo répondit à sa manière et de la seule façon qu'il pouvait à l'homme qui le retenait contre son gré : il cracha au visage du soldat de toutes ses forces, dispersant sur le visage blême des traces de salive transparente, y déversant toute son amertume et sa désolation.

Ulquiorra s'essuya le visage d'un revers de main, nullement déconcerté par cette agression dégoûtante.

_Très bien, si c'est ainsi que tu comptes t'y prendre. Allons voir ton nouveau maître.

Sa main gracieuse et fine lâcha le menton de l'orangé, puis il fit signe à ses hommes de l'amener à sa suite. La troupe traversa le marché, créant dans son sillage des groupes de discussion de paysans alarmés, voire paniqués par ce qu'il se passait.

« Ce n'est pas le fils Kurosaki? » disait l'un, « qu'a-t-il fait de mal pour se faire arrêter par la garde du seigneur? » disait un autre.

Ichigo ne pouvait que garder la tête basse et se laisser entrainer par ces hommes sans pitié. Qui étaient-ils pour agir ainsi? Qu'avait-il fait de mal pour mériter une telle honte, un tel châtiment?

Et pourtant, le jeune homme était bien innocent. Son seul crime était sans doute d'être jeune et agréable à regarder, d'être en bonne santé et d'avoir un corps bien formé.

_Agréable à regarder en effet! s'extasia Aizen-sama en menant sa monture toute proche de son nouvel achat. Je ne regrette en rien mon argent dépensé!

Les yeux méprisants et noirs d'Ichigo se levèrent jusqu'à lui; s'il avait pu le tuer par son simple regard, le jeune homme l'aurait fait. L'homme à cheval discerna aisément l'animosité dans les beaux yeux du jeune homme, mais cela ne sembla pas le choquer, au contraire.

_Alors comme ça tu te nommes Ichigo? reprit-il, tirant de son fourreau, son sabre dans un geste élégant. Un prénom oh combien appétissant. J'espère néanmoins que tu seras tout aussi sucré et délicieux que ton nom le laisse croire.

Les gardes qui maintenaient la victime l'obligèrent à relever son visage en direction du seigneur, et ce dernier ne manquait pas une miette du spectacle, appréciant – à l'aide de son sabre – le corps à moitié dénudé du jeune homme, caressant de la pointe de son arme les muscles saillant de son acquisition, amenant le roux à se débattre toujours plus hargneusement.

_C'est ça, montre-moi à quel point tu es une bête sauvage, se réjouit le seigneur en se penchant sur sa monture pour observer de plus près le jeune orangé. Je prendrai bien plus de plaisir à te briser, à te dresser et à t'apprivoiser. Cela faisait longtemps que je n'avais pas rencontré de specimen aussi hargneux.

_Va te faire voir, Aizen-sa... Ouch!

Avant que son insulte à l'encontre du seigneur n'eut traversé ses lèvres, un coup violent frappa Kurosaki à la mâchoire, envoyant sa tête valser et faisant s'écrouler ses jambes sous lui. La force du coup avait été si soudaine qu'il en avait vu des étoiles et se trouvait maintenant quelque peu étourdit. Quelques gouttes de sang perlèrent à la commissure de ses lèvres, réveillant dans ses yeux une flamme de colère encore jamais vue.

_Ulquiorra, je t'en prie, ne me l'abime pas avant que je puisse m'amuser avec lui, demanda le seigneur en souriant doucement.

_Je vous prie de m'excuser, Aizen-sama, s'inclina Schiffer en massant brièvement son poing endoloris par le coup qu'il venait de donner. Mais s'il n'apprend pas maintenant le respect... je ne peux considérer les insultes à votre encontre.

_Certes, je le sais bien. Cependant, ta façon de faire ne m'a jamais plu aussi, c'est moi qui m'occuperai personnellement de le punir. As-tu compris?

Les yeux émeraudes semblèrent s'agrandir légèrement à l'entente de l'ordre donné. Le brun n'était sans doute pas d'accord avec cette décision mais ne protesta pas :

_Compris, Aizen-sama.

_Bien, alors maintenant rentrons. J'ai très envie d'étudier ma nouvelle acquisition.

_Aizen-sama, le retint alors le brun, ne prévoyez-vous pas quelque chose pour votre frère? Un cadeau pour son retour de campagne...?

Aizen haussa un sourcil et adopta une expression surprise. Il était rare d'entendre Ulquiorra se soucier d'autrui de cette manière et c'est pour cette raison qu'il releva l'inquiétude de son soldat à l'encontre du retour de son frère :

_Gageons que Grimmjow nous reviendra avec un souvenir de sa campagne. Pas besoin de se donner la peine de lui trouver un amuse-gueule, il sait les trouver for bien tout seul, répondit le seigneur quelque peu amusé par cette pensée. De plus, tu sais très bien que nous n'avons pas les mêmes goûts en ce qui concerne les petits plaisirs, n'est-ce pas Ulquiorra?

L'homme au teint blafard sembla détourner son regard précipitamment, baissant sa tête de manière significative, comme si la dernière réplique d'Aizen lui était - quelque part - destinée.

_Bien sûr, finit par souffler Schiffer. Ce n'était qu'une simple question.

_Rentrons maintenant.

Et Sosuke fit demi-tour sur son destrier pour ouvrir la marche du retour vers sa riche demeure. Les soldats à sa suite se mirent en marche, le suivant de très près et ils s'éloignèrent lentement laissant derrière eux le triste cortège qui retenait Ichigo, au commandement d'Ulquiorra. Ce dernier attendit d'ailleurs que le groupe de tête se soit éloigné, puis se tourna vers le roux qui, reprenant ses esprits, observa Schiffer avec un sourire en coin, moqueur :

_On dirait que c'était la seule fois où tu auras pu te défouler, vieux, lui lança-t-il, sa voix pleine de dédain.

Mais Ulquiorra ne répondit pas à sa provocation et se contenta de le remettre en garde :

_Je n'aurais aucun scrupule à t'arracher le cœur si tu avais le malheur d'insulter à nouveau Aizen-sama. Sers-le bien, donne-lui ce qu'il désire et tout ira bien pour toi.

Le brun fit volte-face pour suivre l'escorte du seigneur, entendant à peine les rires d'Ichigo qui, se laissant trainer par les hommes qui le soutenaient, n'avait aucune raison de se laisser faire par ce soldat étrange :

_Si tu veux qu'il soit bien servi, fais-le toi-même, espèce de dégénéré!

C'est ainsi que Ichigo se retrouva conduit jusque dans les riches quartiers de la ville, jusque dans la demeure immense et luxueuse du seigneur Aizen, gardant en mémoire l'amer goût de la trahison de son père qui n'avait fait que l'abandonner au plus offrant.

Et même si son cœur était animé d'une rage folle à son encontre, l'envie de s'enfuir de ce palais pour retrouver son géniteur était bien la plus forte...