Emerald Street
Janvier 2010, Emerald Street, Mutin.
Dans Emerald Street tout allait bien. Une jeune fille avait décidée que par ce beau temps, elle pouvait bien faire une petite entorse au règlement et aller se promener un peu.
Le ciel était d'un blanc immaculé et le silence de la campagne citadine rendait ce moment du matin presque magique... La petite brunette se disait qu'elle se mettrait bien à faire un petit pas dehors, comme cela, chaque matin, si le paysage était toujours aussi beau... c'en était presque agréable... presque... car il faisait effroyablement froid.
Elle s'en été rendue compte avant même d'être sortie de la pension; le givre avait grimpé aux fenêtres de sa chambre pendant la nuit et avait gelé les gonds de la porte. Qu'elle n'avait été sa surprise quand elle avait presque du défoncer le vieux bois pour pouvoir briser la glace colée aux jointures! Mais au moins, elle était sortie maintenant, ces effort n'avaient pas servis à rien.
Ce qui avait poussé cette jeune adolescente à sortir ainsi, dans le froid mordant, vêtue de son seul pyjama surmonté d'un gros manteau et de bottes assorties à son bonnet était... la neige.
Cela devait faire... hum... 3 ans ? Qu'elle n'en avait pas vue... Cette douce soie glaciale, au touché humide et frissonnant lui avait manqué... Oh non, aujourd'hui elle n'allait pas se rouler dans la poudreuse et s'amuser gaminement à faire des bonhommes de neiges... non... Elle restait sur le chemin à regarder les collines enneigées aux roches robustes et aux contours adoucis par la neige...
Le paysage avait l'air... si changé...
Elle sentit une goute gelée se poser délicatement sur son fin museau. Un de ses doigts gelés vint vérifier qu'il s'agissait bien d'eau, et en sentant une autre lui toucher le dos de la main, l'adolescente tourna son regard vers le ciel.
Un déluge... Un déluge précieux... Une myriade de poudre de fée s'écoulait lentement des nuages... volant aux grés d'une fine lame de vent, virevoltant entre elles, dansant avec la brise montagnarde...
La neige tombait lentement sur Emerald Street.
10 heures était arrivé trop rapidement...bien trop rapidement...
Lentement, la jeune fille tentait de fermer la porte gelée, essayant de ne pas faire un bruit. Elle réussit sa tache, les joues rougies de fierté et brûlantes de la douce chaleur de la maisonnée.
Elle se débarrassa tranquillement de ses chauds vêtements, croyant encore le petit monde bien endormit au chaud dans leur lit.
Alors qu'elle posait son bonnet, une personne apparut part l'une des portes du couloir du hall. L'adolescente le détailla rapidement, mais le reconnu tout aussi vite. Un homme mince, à l'air fatigué et dans la quarantaine, assez petit ayant une fine moustache blonde... son père.
« Bonjours papa.
- Bonjour ma puce »
L'homme marcha en direction de sa fille et déposa un petit baiser sur son front.
« J'allais sortir prendre l'air. Tout est blanc dehors... » Mentit elle avec un petit sourire fatigué. « Tu viens faire un bonhomme de neige avec moi ? »
« Hum, demande à ton frère plutôt, il à l'air de faire plutôt froid en ce moment... » Il se tourna vers l'armoire de l'entré et fouilla rapidement dans diverses clefs tenues par un clou dans un coin du bois « Tu veux bien aller chercher le courrier ?
- D'accord » Répondit la petite brune avec un sourire en enfilant pour la seconde fois de la journée son nécessaire pour sortir.
Avant qu'elle ne referme la porte derrière elle, son père lui fit un petit signe de la main et partit vers la cuisine, la porte en face de laquelle il était apparut.
Spotch, splotch, splotch.
Décidément, elle avait maintenant bien du mal à ne pas vouloir marcher dans cette neige si lisse, qui n'attendait qu'à être piétinée...
« 5 centimètres d'épaisseur » constatât-elle... ce n'était pas grand chose, mais pas mal non plus.
Arrivée à la petite boite jaune au bout de la route de gravier -maintenant recouverte de neige- la jeune fille n'attendit pas pour l'ouvrir.
Comme toujours, il y avait comme d'habitude environ 4 à 6 lettres. 2 ou 3 pour des pensionnaires, 2 pour papa -aujourd'hui que des factures... merde, il n'allait pas être content- et une... pour elle...
Elle ouvrit de grands yeux. Qui pouvait bien lui envoyer une lettre à elle si ce n'était pas pour son anniversaire ou les fêtes de fins d'année ?
Avide d'avoir sa réponse, elle tourna prestement l'enveloppe pour voir qui était l'envoyeur.
« Oliver Davis »
