Edit (04/10/2015): Correction orthographique + Redécoupage des chapitres
Chapitre 2 :
PDV Bella
Le taxi me déposa devant l'immense battisse en pierre grise. J'entrais précipitamment, ne tenant pas vraiment à ce que quelqu'un me voit dans cet état. J'espérais vraiment que ma mère soit déjà partie. Après la dispute d'hier, elle était la dernière personne que je voulais voir.
Je montai dans l'ascenseur et appuyai sur le bouton me menant au dernier étage. Mon étage. Ma mère avait acheté un appartement qui prenait en compte l'intégralité du dernier palier du bâtiment. J'entrais dans mon salon, les murs étaient remplis d'immenses baies vitrées et je me postais quelques instants derrière l'une d'elle pour observer la ville. Quand j'étais arrivée ici à quatorze ans, cette vue était la chose la plus formidable qu'on eut pu me donner.
- Bella ?
Ma mère.
Merde.
Elle était encore là.
Sans prendre la peine de répondre, j'avançais à l'opposé de l'origine de sa voix et entrais dans la salle de bain, j'avais besoin d'une douche.
Je retirai tous mes vêtements et fixai quelques minutes mon corps à travers l'immense miroir de ma salle de bain. Remarquant les quelques kilos en trop de part et d'autre de mon corps.
Je n'avais pas à me plaindre de ce dernier, mais je n'étais jamais entièrement satisfaite. Je savais qu'il plaisait, aucun doute là-dessus. Il plaisait aux hommes et rendait la plupart des femmes jalouses, mais moi, il ne me plaisait pas. Jamais.
Je secouai la tête et entrai dans l'immense douche italienne que ma mère avait fait construire quelques semaines auparavant.
En me plongeant sous le jet d'eau chaude, je senti chacun de mes muscles se détendre. Pendant presque une heure, je restai plantée là. Jusqu'à ce que je juge que ma mère avait dû quitter la maison.
En sortant, j'étais détendue, jusqu'à ce que le bruit de mon sèche-cheveux fasse revenir les tambourinements dans mon crane. Je me dirigeais donc vers la cuisine à la recherche de la boite en carton où ma mère rangeais ces cachets. Semant des flaques d'eau dans mon sillage, je me mis à fouiller le placard dans lequel – je le savais – la boîte tant désirée était gentiment entreposée. Rien dans le premier tiroir, ni dans le second, je dû me dresser sur la pointe des pieds pour atteindre le troisième, faisant ainsi tomber la serviette qui me couvrait.
Tant pis, j'étais seule.
Bingo, le carton était là, je l'attrapai et fouillait à l'intérieur. Pas de doliprane. Et pendant que je rageais intérieurement de devoir supporter mon mal de crane toute la journée, j'entendis un rire.
Ce rire de crécelle, ce rire totalement surfait et hypocrite que je connaissais si bien. Celui de ma mère.
Bordel, pourquoi n'était-elle pas au travail?
Elle entra dans la pièce et j'attrapai ma serviette, lamentablement écrasée au sol. J'eus à peine le temps de l'emmener à ma poitrine avant qu'elle ne rentre. Pire, elle était accompagnée.
Merde, merde, merde, merde ! Murmurais-je avant qu'elle ne lève la tête.
- Bella ! Mon dieu mais qu'est-ce que tu fais comme ça ? Dit-elle en feignant un rire et en repoussant directement une grande blonde, sûrement mannequin de l'agence, vers une autre pièce.
Je ne savais plus ou me mettre, cramponnant ma serviette contre moi, cherchant des yeux n'importe quelle échappatoire. Mais non, aucun trou de souris à l'horizon.
- Je.. je cherchais quelque chose dans le placard, je pensais que tu étais déjà partie..
- J'ai annulé mes rendez-vous d'aujourd'hui, la personne qui m'accompagne est un mannequin très prometteur et je souhaitais l'accompagner à son premier shooting, Dit-elle, acide. D'ailleurs tu viens avec nous. Je veux que tu rencontres Miguel, mon nouveau photographe.
- Maman.. je..
- Tu ne discutes pas !
Je n'avais ni la force ni l'envie de me battre avec elle aujourd'hui, je me contentai de hocher la tête.
- D'accord, laisse-moi une minute pour me préparer, Capitulais-je.
- Parfait et.. Bella.. il faudra qu'on discute.
Génial.
Je retournai dans la salle de bain et enfilai une robe plus décente. Blanche, propre, brodée autour de ma taille et très échancrée dans le dos.
Je n'avais pas la force de me battre contre mes cheveux non plus, alors je les laissai tomber dans mon dos, mis des boucles d'oreilles et sortis accompagner ma fabuleuse mère à la rencontre de ce fabuleux photographe.
Ma mère attendait devant l'ascenseur, je n'osais pas relever les yeux, la personne qui accompagnait ma génitrice venait de me voir a moitié nue. Mais je fus forcée d'affronter son regard quand ma mère décida de nous présenter. Je me munis donc de mon sourire le plus professionnel et relevai la tête.
Ce fus au-dessus de tous mes cauchemars.
- Isabella, je te présente Vicky. Vicky, ma fille, Isabella.
Vicky. La fille de ce matin, la fiancée du mec chez qui j'avais passé la nuit, celle qui me tuait du regard ce matin et qui le faisait à nouveau, maintenant que j'étais de nouveau en face d'elle. Le monde est petit, il faut croire que New-York ne dérogeais pas à la règle.
La grande blonde me gratifia d'un sourire poli mais empli d'une haine à peine dissimulée et retourna son visage d'ange vers ma mère.
-Oui, il me semble l'avoir déjà rencontrée. Lâcha-t-elle alors avec un magnifique sourire Colgate.
PDV Edward
Vicky avait hurlé pendant plusieurs minutes qui me parurent des heures, et elle s'était mise à pleurer. Je détestais la voir pleurer, et cette fois, c'était de ma faute.
-Je n'ai rien fait, Vicky, je te le jure. Dis-je en me rapprochant d'elle pour la prendre dans mes bras.
Elle ne répondit rien et se contenta de se blottir contre moi. J'aimais l'odeur de ses cheveux, j'aimais sentir son corps frêle contre moi, elle me serra de toutes ses forces.
- Je te crois. Dit-elle alors en laissant s'échapper un sanglot.
Je sentais bien qu'elle doutait, je ne voulais pas qu'elle doute. Je relevais doucement sa tête, tenant son menton entre deux de mes doigts et l'embrassait aussi tendrement que je le pouvais.
- Je t'aime Vicky, je t'aime vraiment. Tu es la seule, la seule que j'aime, tu m'entends ?
- J'ai tellement peur, Edward, tellement peur que tu en aies assez d'attendre et que tu ailles voir ailleurs. Murmura-t-elle alors, son regard vert se fixant au mien.
Avais-je précisé que nous n'avions jamais couché ensemble ?
Vicky était un ange, la pureté même. Elle était vierge et voulait attendre jusqu'au mariage. Je respectais sa décision. J'aurais tout fait pour elle.
Elle savait que j'avais eu des aventures avant elle, et appréciait d'autant plus que j'accepte de m'en tenir à un amour platonique. Mais ça faisait bientôt deux ans que nous étions ensemble.. autant dire que j'avais vraiment hâte d'être marié.
Et mon poignet aussi.
Elle se détacha doucement de moi et m'embrassa du bout des lèvres.
- J'ai un shooting cette-après midi, tu m'accompagnes ?
C'était la moindre des choses.
- Oui, bien sûr. A quelle heure ?
- Et bien, je dois aller rejoindre Madame Swan à quinze heures, tu n'as qu'à m'attendre devant le studio, je t'enverrais l'adresse par texto.
- Ça marche. Dis-je alors en lui embrassant le haut du crane.
Et elle s'en alla, un sourire aux lèvres. Vicky n'était pas rancunière pour un sous et elle était amoureuse de moi, alors nos disputes n'étaient jamais bien longues.
Je décidais de prendre une douche. Ma salle de bain n'était pas immense. Disons qu'elle était à taille humaine. J'entrais dans la cabine et après m'être battu tour à tour avec la porte coulissante de celle-ci, puis avec la température variable de l'eau, je me laissais aller à quelques rêveries dans la chaleur de ma salle de bain.
Je ne sais pas comment, mais je me retrouvais pensant à elle.
Isabella. Je l'avais remarquée dès sa rentrée au Chri's. Elle était le cliché même de ce que j'avais fui en m'échappant de chez mes parents. Blindée de thunes qui a tout et ne fout rien. Sa robe était trop courte, ces talons trop hauts. Mais elle dégageait une aura assez impressionnante. J'avais été hypnotisé par chacun de ces mouvements. Elle s'était assise au bar, l'air contrariée, à quelques mètres à peine de moi. Ce qui me captiva fut cet air triste qui se dégageait d'elle alors même qu'elle riait, qu'elle buvait, semblait s'amuser. Jaz avait eu vite fait d'emmener sa copine, plus fade, dans un coin sombre, je ne l'avais pas revu depuis. Elle s'était retrouvée seule, enchaînant les verres de vodka jusqu'à ce qu'un gros lourd sans aucun charisme vienne troubler le calme étrange qu'elle avait formé.
Alors, elle avait posé un regard sur moi et s'était sauvée des griffes de l'affreux gros lourd en prétextant que j'étais son copain.
Je n'aurais pas pu sortir avec une fille pareille. Elle avait l'air bien trop compliquée. Bien trop instable. C'était une fille d'une nuit. Un démon de la nuit. Celle qui vous offrait les meilleures parties de jambes en l'air du monde et s'en allait. J'en avais rencontré beaucoup, des filles comme ça, quand j'enchaînais les bars de Manhattan. Mais celle-ci, celle-ci avait quelque chose de plus.
C'était la reine des démons, et je ne la reverrais plus jamais, c'était mieux comme ça. Même si une partie de moi espérait étrangement croiser à nouveau son regard.
Je fus interrompu dans mes fameuses rêveries par une érection grandissante.
Après m'être « débarrassée » de celle-ci, je coupais l'eau et regagnais ma chambre, mis un simple t-shirt blanc et un jean brut. Je n'avais pas le temps de me coiffer. Et à vrai dire, je ne l'aurais pas fait même si j'eus eu le temps.
Je quittais mon appartement quand mon portable sonna. C'était Vicky, elle m'indiquait l'adresse, comme promis.
Je pris la route à moto. Une magnifique bécane que j'avais réussi à me payer après plusieurs mois de travail. Elle était un peu le symbole de mon autonomie. Ce n'était pas un cadeau de mon père. C'était la mienne, la première chose que j'avais mérité de ma vie.
J'arrivais en avance. J'avais dû rouler un peu trop vite. J'attendais donc devant le studio, comme Vicky me l'avait demandé.
J'eus à peine le temps d'allumer une cigarette. Une voiture s'engagea dans l'allée. Je vis Vic descendre, suivie d'une femme d'une quarantaine d'année. Elle me rappela vaguement quelqu'un.
Et ce n'était pas pour rien.
Derrière elle, une autre femme sortit. Je vis d'abord une paire de Jeffrey Campbell beiges, accrochées à des jambes interminables, une robe blanche, de magnifiques seins, un petit collier en perles et un visage recouvert par de grandes boucles brunes.
Isabella était là.
La reine des démons était encore là.
