Un chapitre soft avec la découverte d'Orgrimmar par Mayee !
Bonne lecture :)
Chapitre 2 : de nouvelles dispositions
Mayee parvint enfin à la sortie du couloir. Aveuglée par la soudaine lumière qui contrastait avec l'obscurité étouffante de la galerie, elle fit quelques pas hésitants sur le chemin de terre battue avant de s'arrêter en grimaçant. Elle ne voyait même plus ses pieds ! Pas de quoi être fière, pour une voleuse... Prenant l'air désinvolte d'une habituée des lieux, elle s'appuya contre un mur et plissa les yeux pour scruter les alentours. L'arrivée d'un gigantesque nuage noir lui sauva la mise en plongeant la cité dans une pénombre cendrée.
La ville s'étendait devant la jeune femme. Orgrimmar, ainsi nommée d'après un ancien Chef de Guerre, était nichée au creux d'une cuvette à ciel ouvert ; les chaînes montagneuses de Durotar formaient une barrière naturelle à l'arrière de la forteresse, enfermant même certains édifices du bastion dans la roche. Ces derniers se découpaient sur le rouge de la pierre et le gris de la brume orageuse, bâtisses hétéroclites construites au hasard d'une anfractuosité ou d'un replat. Une immense tour se dressait seule au milieu de la dépression : sur un soubassement de pierre s'empilaient plusieurs étages disparates où alternaient blocs rocheux, madriers de bois, contreforts de corne et bâches de cuir et sur lesquels apparaissaient quelques fenêtres protégées de papier huilé. A mi-hauteur de ce donjon s'ouvrait une vaste plate-forme reliée aux bâtiments environnants par de fragiles ponts de cordes. A quoi pouvait-elle bien servir ? Ignorant la réponse, Mayee s'avança vers le pied de la tour où régnait une grande agitation.
Quelques minutes plus tard, elle se retrouva un milieu d'une foule bigarrée qui rassemblait des quidams manifestement venus des quatre coins de Kalimdor. On était cependant bien loin des brutes qui se battaient à la grande porte. Ses instincts de voleuse prirent rapidement le dessus et déjà elle repérait les issues de secours ou les cachettes potentielles. Il ne lui fallut que quelques secondes pour distinguer dans la cohue les marchands des riches clients ou des pauvres aventuriers qui cachaient mal leur misère. Repérant un bourgeois replet à la bourse bien remplie – celle qu'il portait à sa ceinture, du moins – elle lui emboîta le pas et pénétra à sa suite dans une construction au plafond bas. A l'intérieur se pressait une multitude d'acheteurs, vociférant, bousculant et frappant à tour de bras dans l'espoir d'attirer l'attention des Orcs fatigués qui présidaient aux enchères. Mayee, émerveillée par la profusion des richesses et la variété des marchandises, laissa échapper sa proie pour assister au spectacle qui se déroulait sous ses yeux. Elle ressortit quelques minutes plus tard, rassurée de savoir qu'elle ne manquerait pas d'argent dans cette cité.
Elle s'arrêta à l'ombre de la tour pour observer les habitations derrière elle. Les gardes, de hauts Orcs en armure pesante, se fondaient assez discrètement dans le paysage, mais les yeux vifs de la jeune femme décelèrent bientôt l'itinéraire des différentes patrouilles. Orgrimmar n'était finalement pas une si grande ville. Alors qu'elle s'en faisait la réflexion, elle sentit quelqu'un tirer sur son vêtement. Baissant les yeux, elle se retrouva nez à nez avec un gobelin au teint verdâtre - comme tous les gobelins, me direz-vous. Celui-ci portait accroché sur la poitrine un écriteau indiquant « guide » en grandes lettres maladroitement tracées. Il avait manifestement repéré que la voleuse venait tout juste d'arriver, et il avait sauté sur cette opportunité avant que ses concurrents ne le fassent.
- Bonjour mademoiselle. Bienvenue à Orgrimmar, prestigieuse ville des Orcs, capitale de Kalimdor, résidence du légendaire Thrall ! Vous avez de la chance, je suis justement le meilleur guide de la région ! Pour un prix raisonnable, je peux vous faire découvrir les moindres recoins de la forteresse, en commençant ici, dans la Vallée de la Force, avec l'Hôtel des Ventes, la tour d'envol, la...
- Ah, justement, je me demandais ce que c'était, mais...
- … banque ou les tavernes, continua-t-il. Nous ferons ensuite un petit tour par la Herse, pour nous rendre dans la Vallée de l'Honneur, la Vallée des Esprits ou la Vallée de la Sagesse.
- C'est très aimable de proposer, mais cela ne m'int...
- Je suis sûr que vous mourrez d'envie de voir où habite Thrall, la coupa-t-il. Peut-être même l'apercevrez-vous, si vous êtes chanceuse !
- Ah, j'espère bien, je suis là pour ça. Mais...
- Entendu alors. Dix pièces d'argent pour deux heures de visite, vous ne trouverez pas mieux ! Les pourboires sont bienvenus, la vie est chère ici ! Mais vous aurez droit à tous les ragots du coin, je vous le promets, pouffa-t-il.
Mayee le laissa patiemment finir sa tirade avant d'ajouter :
- Mais je ne pense pas avoir besoin d'un guide pour découvrir tout cela moi-même. Et puis... Je n'ai pas d'argent.
Elle sembla d'un coup devenir invisible aux yeux du petit être qui fait demi-tour en grommelant, cherchant une victime plus convenable. Elle eut presque pitié de lui en le voyant s'éloigner dans ses guenilles étriquées. Tout le monde ne fait pas preuve de la même honnêteté que moi, ricana-t-elle en son for intérieur. Quoi qu'il en soit, elle savait maintenant qu'Orgrimmar s'étendait bien plus loin qu'elle ne le pensait. La jeune femme partit donc à la recherche d'un garde, espérant se renseigner sur un moyen d'arriver jusqu'au Chef de Guerre. Le premier factionnaire sur lequel elle tomba lui indiqua gracieusement le chemin de la Vallée de la Sagesse.
Désormais pressée de se débarrasser de sa corvée de messagère, Mayee se hâta vers le fort où elle savait pouvoir trouver Thrall et ses conseillers. Elle traversa une grande rue couverte, bordée de nombreuses boutiques à l'air peu engageant, avant de se retrouver de nouveau dehors. La pluie commença à tomber, obligeant la jeune femme à courir vers le porche devant elle, sans lui laisser le temps d'observer l'oppidum de plus près. Les deux gardes postés à l'entrée se retournèrent pour la regarder passer, troublés par les formes voluptueuses que révélaient ses habits trempés, mais ils ne firent aucun signe pour l'arrêter et ils ne lui posèrent aucune question. La sécurité ne semblait pas être la principale préoccupation dans cette partie du bastion.
S'attendant à être interpellée à tout instant, la voleuse pénétra dans l'antichambre, simple salle aux murs nus et au centre de laquelle était creusée une sorte d'arène éclairée de braseros. Elle se rapprocha doucement des flammes pour se réchauffer, ignorant les regards appuyés des Orcs rassemblés là. Ces derniers avaient tous atteint un âge respectable et semblaient plus aptes à lancer un sortilège de leur lit que de lutter sur un champ de bataille. Mayee se détourna d'eux pour s'approcher de la seconde porte. Cette fois-ci, les gardes lui barrèrent la route ; elle eût tout de même le temps de jeter un coup d'œil dans le couloir qui s'enfonçait sous la montagne vers une pièce ronde, avant que son intrusion n'alerte un elfe de sang assis à l'entrée.
Soulagée de rencontrer enfin un compatriote, elle abandonna le parler commun qu'elle utilisait depuis plusieurs jours pour s'adresser à lui en sin'dorei. Reconnaissant l'insigne d'un ambassadeur et avisant la plume à sa ceinture, elle expliqua respectueusement à son aîné qu'elle était dépositaire d'un message du Régent pour le Chef de Guerre. L'émissaire la toisa de haut avant de lui répondre :
- Donnez-moi donc ce courrier.
- On me l'a confié pour que je le remette à Thrall, Ambassadeur. Je ne sais pas si je peux... murmura-t-elle.
- Si le Régent a jugé bon de vous le faire porter plutôt que de l'envoyer par wyverne, cela ne doit pas être très urgent. Donnez donc !
Mayee sortit l'étui de cuir de sa besace, ne pouvant se décider à le donner au greffier qui lui réclamait. Celui-ci sentit son hésitation et s'adoucit légèrement.
- Très bien. Laissez-moi le lire. S'il s'agit de quelque chose de vraiment important, je vous laisserai l'amener à Thrall en personne. Et dans le cas contraire, n'ayez crainte, je lui remettrai en main propre dès que j'en aurai l'occasion. Vous devez comprendre que nous ne pouvons pas laisser passer ainsi le premier venu...
- Vous avez sûrement raison, admit-elle en lui tendant le parchemin dans un soupir.
La suite sera beaucoup plus salace, préparez-vous !
