LA BELLE ÂME
Chapitre 2 :
LadyHinata1 merci pour ta review. Tu es la première à avoir posté un commentaire ! Oui tu n'es pas la seule à me dire que l'histoire a l'air cheloue haha. Mais c'est bien une drarry, même si j'avoue que je n'avais jamais écris une drarry de ce genre.
Faim de Lou – j'aime bien ton pseudo, tu tapelles vraiment Lou ?- merci pour ta review. J'espère que la suite ne te décevra pas !
Blair18 merci pour ta review. Oui tu n'es pas la seule à me dire ça haha. Je crois que les gens ont peur que ce soit complètement what the fuck :)
Hakuronchu merci pour ta review. Oui le karma est un gros bâtard avec Harry qui a suffisamment pris cher comme ça.
Guest merci pour ta review. Je suis contente que le premier chapitre t'ait plu :)
Liloupovitch merci pour ta review. Voici la suite, j'espère que tu ne seras pas déçue :)
Toundra95 – la fille sous-marin- en effet maintenant j'ai souvent le plaisir de lire tes reviews. C'est cool car elles sont toujours constructives et encourageantes. Oui j'aime beaucoup les deux possibilités : soit ils continuent de se comporter comme des adolescents et les autres ont tourné la page, soit c'est l'inverse et ils s'ignorent complètement. Là en effet ce sont des vrais gamins, c'est un choix que j'ai fais sinon il n'y aurait pas eu de fiction haha.
Wild Shelby tu as écris la vie d'une goutte d'eau ? Où ? Dis moi qu'elle naissait dans les yeux de Draco et mourrait sur les lèvres de Harry. Comment ça se fait que ton ordinateur ait supprimé tes anciens écrits – le petit bâtard- ?
POV Harry
Je me réveille dans la forêt la plus dense que je n'ai jamais vue. Les arbres sont noires, mais dépourvus de feuille, c'est super effrayant, et en fait ils montent si haut que je n'aperçois même pas les nuages. Le ciel a l'air d'être un peu blanc, il fait un temps de chiotte.
Les arbres sont si proches les uns des autres qu'il fait presque noir, ici. Merci Dumbledore pour tes indications précieuses – comme toujours, il me plante en plein milieu et me souhaite bonne chance pour survivre-.
J'ai envie de m'asseoir là et de m'apitoyer sur mon sort – je suis mort quand même, j'ai bien le droit de me lamenter un peu-, voire de pleurer un peu, mais quelque chose d'hideux, d'immense et – par Gryffondor- poilu entre dans mon champs de vision.
Une seule explication possible : Je suis en enfer.
Je sursaute et pousse un cri aiguë – Adieu, virilité-.
La bestiole la plus monstrueuse que la terre aie jamais portée se trouve en face de moi – non, en fait, elle avance vers moi-. Doux Merlin ! Aragog est presque un top model à côté de cette créature ! J'ai à la fois envie de vomir et de prendre mes jambes à mon cou, mais mon instinct de survie est plus fort et je déguerpis rapidement.
Ou alors je pourrais vomir et courir mais il n'y a que Dean qui soit capable de cet exploit – je me souviendrais toute ma vie de cette soirée à la Mandragore Dansante-. (1)
J'essaie de ne pas me prendre les arbres en pleine poire, mais c'est plus facile à dire qu'à faire, parce qu'il y a en a partout.
"Hé ! Attends !"
Mais c'est que ça parle, en plus ! Bon sang, je l'entends me courir après. Si cette chose me touche, je ne m'en remettrai jamais. Elle est énorme, noire, dégoûtante, pourvue de pattes et poilue.
Franchement, même Hagrid n'en voudrait pas – et c'est dire !-.
" Mais attends moi !"
OU EST MA BAGUETTE ? Si seulement j'avais pu me réincarner avec ma baguette à la main, j'aurais lancé un bon vieux stupéfix et ce mutant arrêterait de me poursuivre.
Je crois que je l'ai semé. En fait, je suis à la lisière de la forêt, je vois la lumière au loin. J'avance doucement – je viens de taper un sprint quand même- et me fige lorsque j'entends cette voix que je reconnaîtrais parmi mille autres.
"Teddy, viens t'asseoir, mon cœur."
Ginny ?
"Ginny ? Ginny ? C'est moi, Harry ! Où es-tu ?"
Soudain, le monde se met à bouger. Littéralement. Je pousse un cri horrifié et m'accroche à un arbre – ou un pilier, ou quoi que ce soit-. Bordel, c'est quoi ça ? Un tremblement de terre ?
"Bon sang, tu ressembles tellement à Harry comme ça."
La voix de Ginny me semble lointaine et proche à la fois, c'est trop étrange. C'est comme si elle venait du ciel. Je m'approche de la lisière de la forêt et jette un regard inquiet aux alentours.
Ce qui me surprend, c'est la luminosité du monde autour de moi. J'étais dans une forêt noire les dix premières minutes de ma nouvelle vie, alors c'est normal que je sois aveuglé, mais tout est tellement... blanc. Et grand. En fait, tout est trop grand. Je distingue une chaise immense – tellement immense qu'au début j'ai des difficultés à comprendre que c'est une chaise-, et... Ginny. Bordel, elle est immense ! À côté, Olympe Maxime, c'est un mini-pousse !
Elle ne semble pas me voir... en même temps elle est si grande.
"Viens t'asseoir avec moi."
Elle parle en regardant la terre sur laquelle je suis... Soudain, tout se met à bouger de nouveau, puis les arbres changent de couleur. Ils passent de noir à blanc un peu argenté. C'est laid et ça manque de m'aveugler.
"Cheveux blonds, comme Malfoy, hein ?" Fait la voix de Ginny.
"Oui, parce que cousin Draco est aussi blessé."
Je me fige. C'est la voix de Teddy. J'ai l'impression qu'elle vient d'en bas... de sous la terre.
Mais qu'est-ce que Ginny vient de dire ? Cheveux blonds... Par Merlin, est-ce que je suis sur la tête de mon filleul ?
"Oh Merlin, tu es encore plus laid qu'avant, Potter ! Je ne savais pas que c'était possible."
Je me retourne vivement et la bête horrible de tout à l'heure me fait face. Elle me fait un sourire sardonique – c'est effrayant de voir cette expression si humaine sur cette face de mutant-.
"Ne m'approche pas !" Je cri en reculant.
"Potter, c'est moi ! Doux Merlin, mais t'es encore plus con que quand tu étais un être humain, ma parole !"
Je me fige.
"Je... je ne suis pas un être humain ?"
La bête ricane et je recule encore d'un pas.
"T'as toujours pas compris ? Tu es sûr que tu es un Auror, Potter, ou tu fais juste semblant ?"
Je croise son regard -gris, trop gris- et manque de m'étouffer.
"Malfoy ?"
"Qui veux-tu que ce soit, Du con ?"
La bête fait une tête bizarre. Si elle avait des sourcils, je crois qu'elle les hausserait, sauf qu'elle n'en a pas et que le résultat est répugnant.
Je la fixe quelques secondes puis j'éclate de rire et elle affiche un air franchement dégoûté.
"Qu'est-ce qui te fait rire comme ça ?"
"C'est juste que... Savoir que Draco Malfoy, l'auto-proclamé bogosse de Poudlard... est devenu une bête dégoûtante, c'est vraiment... vraiment trop drôle !"
"Je suis un poux, abruti ! Et toi aussi, d'ailleurs !"
J'arrête aussitôt de rire et le regarde, horrifié. Franchement, je pensais plutôt me réincarner en quelque chose de majestueux, comme un lion par exemple, ou un aigle... Mais un poux ?
J'ai sauvé l'Angleterre de ce connard de Voldemort, le Karma aurait quand même pu être plus sympa !
Malfoy – puisque, apparemment c'est lui- me jette un nouveau regard dégoûté – et dire que j'arrive à lire les expressions faciales d'un poux...- et tourne les talons – enfin, les pattes-.
Il se barre ? Tant mieux, je n'aurais pas à supporter sa présence plus longtemps.
Je soupire et me concentre de nouveau sur Ginny et Teddy. Qu'est-ce qu'il se passe ? Où sont-ils ? Enfin, où sommes-nous ?
"Hé !"
Je fais volte-face et... un poux, puisque c'est ça que nous sommes, m'adresse un grand sourire – ça fait peur à voir-. Il avance vers moi et je reconnais le monstre qui m'a poursuivi tout à l'heure : il est plus claire que Malfoy, qui lui est un poux bien noir.
"Ça va pas, vieux ? T'as pas l'air dans ton assiette !"
S'il me touche, je vomis.
"Euh... Si, ça va."
"Je te connais pas. T'es du secteur oreille ?"
"Pardon ?"
"Tu t'es perdu, t'es pas dans ton secteur, non ? Tu es du secteur nuque ? Haut du crâne ? Oreille droite ?"
Putain, il fume des feuilles de mandragore ou quoi ? De quoi est-ce qu'il me parle, bon sang ?
"Quoi ?"
"Bon, laisse tomber. Je m'appelle Dodo, et toi ?"
Il me parle lentement, comme si j'étais un demeuré. Un poux pense que je suis un abruti, génial.
"Euh... Harry."
"Viens, Harry, sinon tu vas rater le spectacle !"
Il tourne les talons – les pattes- et commence à avancer rapidement.
"Où est-ce qu'on va ?"
"On va dans mon secteur, puisque t'as pas l'air de savoir où est le tien ! T'inquiètes, les potes sont sympas, ils vont bien t'accueillir. Et puis je vis dans le meilleur secteur : le front. C'est de là où on a la meilleure vue ! On peut suivre le spectacle !"
"Le spectacle ?"
"Ben ouais... Le spectacle des êtres humains ! Tu sais qu'il s'est passé un truc hallucinant ce matin ? L'être humain avec les lunettes a eu un accident ! Teddy – notre humain-hôte – est à l'hôpital avec l'être humain aux cheveux longs et oranges."
Il pousse un soupir à fendre l'âme et continue :
"Je suis dégoûté de ne pas être né sur sa tête. Cet être humain a les cheveux très longs, et parfois quand notre hôte et cet humain se font des enlaçades..."
J'imagine que "enlaçades" signifie "câlins"...
"Quand ils se font des enlaçades, je peux discuter avec les copains qui vivent sur sa tête. Il paraît qu'ils peuvent faire du toboggan dans ses cheveux ! T'imagines !"
Il s'arrête quelques secondes, l'air rêveur – enfin, je crois- puis continue :
"Enfin, nous, on n'a pas à se plaindre, quand même. Notre être humain sait faire changer notre habitat de couleur ! C'est classe, quand même ! C'est pas ces frimeurs qui peuvent en dire autant ! Ah, on est arrivé, Harry. Viens, sinon on n'aura plus de places !"
Il accélère la foulée et je le suis tant bien que mal. Je retiens un cri de dégoût quand je vois que l'endroit est infesté de... poux qui me font tous un petit signe de la patte – vision cauchemardesque- et Dodo pousse ses congénères pour qu'on puisse s'asseoir, tous les deux.
En effet, on a une super vue... sur Ginny et Hermione qui parlent au Docteur Coalman - le Médicomage qui s'occupe de Théo-.
"Donc... Harry n'est pas mort ?"
La voix de Ginny tremble un peu mais je reconnais cet air déterminé qu'elle avait avant le coma de Théo – l'air qu'elle a quand elle prend une décision-. Le docteur fait une tête bizarre :
"Techniquement, son corps est mort : son cœur ne bat plus. Mais... C'est très étrange, nous avons remarqué qu'il reste encore de la magie en lui. Il en est de même pour Monsieur Malfoy. Je... Je ne comprends pas ce que ça signifie, Madame Nott."
De la magie dans mon corps ? C'est normal, non ? Je suis un sorcier, j'ai toujours eu de la magie en moi.
"Tiens, tu t'appelles comme lui !" Me fait Dodo en me donnant un petit coup de patte – vade retro, créature de l'enfer !-.
"La magie d'un sorcier meurt toujours avec lui", récite Hermione d'une voix blanche – j'en connais une qui a appris sa leçon.
La terre sous mes pieds – pattes- s'agite et je comprends que Teddy pleure.
"Je porte malheur. Tous les gens qui m'aiment meurent", fait-il d'une petite voix.
Gin' se tourne vivement et le prend dans ses bras.
"Regarde !" Me fait Dodo, soudain très agité. Regarde les faire du toboggan, ces bâtards !
Les poux autour de moi font des petits signes aux poux sur la tête de Ginny – je comprends mieux pourquoi elle se grattait tout le temps ces derniers jours- et je retiens mon souffle quand le Docteur dit à Hermione :
"Je suis désolé, Mademoiselle Granger, mais votre ami est mort... Je ne peux pas le brancher comme Monsieur Nott, le coma ne servirait à rien... Il est mort."
"Harry a encore de la magie en lui ! Je sais que son cœur ne bat plus mais avouez que ce n'est pas normal, Docteur !"
"Ce n'est pas parce que ce n'est pas normal qu'il y a un quelconque espoir..."
Hermione a l'air plutôt énervée. Où est Ron ? Il n'y a que lui qui peut l'apaiser quand elle est comme ça.
Elle se penche sur le docteur et ils parlent à voix basse, je n'entends rien – et d'ailleurs je pense que c'est le but. Teddy ne doit pas entendre ça-.
Quand ils se séparent, le Médicomage tire la même tronche que Ron et moi quand Hermione nous empêche de fumer un joint de mandragore parce que l'on réviser, et Hermione a l'air d'avoir libéré tous les elfes de maison du continent.
Narcissa Malfoy arrive soudain et se jette sur le Médicomage. Ses cheveux sont décoiffés et ses yeux gonflés, et j'ai de la peine pour elle. Cette femme m'a sauvé la vie et ce n'est pas sa faute si son fils est un connard. Elle l'a même supporté pendant vingt-trois ans, en fait elle mérite une médaille, cette pauvre femme.
Elle hausse un peu la voix mais je n'entends pas distinctement ce qu'elle dit parce que Teddy est retenu sur les genoux de Ginny qui n'a visiblement pas envie qu'il entende une nouvelle altercation entre le Médicomage et un proche. Narcissa Malfoy est sa tante après tout, et même si je déteste Malfoy, je sais que lorsque je emmène mon filleul chez Andromeda, il voit sa Tante et son Cousin - il ne m'en parle jamais mais je vois les cadeaux que Malfoy lui offre pour son anniversaire-. Il commence même à prendre certaines de ses mimiques, comme le haussement de sourcils ou le sourire narquois, c'est terrible.
Ginny prend Teddy par la main et on transplane tous à la maison. Je me sens à la fois blasé et ému – blasé, parce que je n'ai pas eu le temps d'assimiler le fait que je suis mort, et ému parce que Teddy pleure, et Ginny a les yeux rouges-.
Je sais que je n'étais pas l'amour de sa vie – c'était Théo- mais on était proches, elle et moi, et heureux à notre manière, et j'ai peur pour elle, et pour Teddy. Je ne sais pas comment ils vont se débrouiller.
J'ai pensé à mettre Teddy sur mon Testament – Hermione m'a forcé à le mettre à jour après la Guerre- et à déclarer Ginny comme Tutrice Légale – on en a longuement discuté avec Andromeda, et elle est d'accord-, mais Ginny avait un avenir devant elle, une carrière, une vie, et j'ai peur qu'elle ne s'en sorte pas, maintenant qu'elle est seule.
"Tu pleures, Potter ?"
Je sursaute vivement.
"Ta gueule, toi ! C'est ta faute si on est ici !"
Malfoy – Merlin, j'ai tellement de mal à intégrer que cette chose soit mon ennemi juré- éclate de rire – c'est laid et effrayant, d'ailleurs tous les poux reculent d'un pas, moi compris- et me jette un regard bizarre.
"Tu crois qu'ils vont nous incinérer ?" Demande t-il tranquillement, en fixant ses pattes, comme si on était à une Garden-Party.
Bordel, le type est tellement dépourvu de cœur que sa propre mort ne l'émeut pas !
"Ne fais pas cette tête, Potter. T'es mort, y a rien à faire. Personnellement, j'ai demandé à être incinéré. Hors de question que j'aille bouffer les mandragores par la racine !"
Qu'est-ce qu'il a, à me parler comme si on était amis ? C'est quand même à cause de ce connard que je suis mort !
"Ta gueule", je fais froidement. "C'est de ta faute si on est ici. À l'heure qu'il est je devrais être avec ma famille."
"Mais tu seras bientôt avec ta famille, Potty", répond tranquillement Monsieur Connard. "Ils sont tous morts, non ?"
Dodo me jette un regard bizarre mais c'est trop tard, je me jette sur Malfoy en poussant un cri de rage. Il tombe par terre – enfin, sur le crâne de Teddy- en émettant un gargouillement étrange -j'espère qu'il est en train de s'étouffer avec son propre sang-.
Bordel ! Ça fait du bien de cogner sur ce salaud ! Je plante mes dents dans son cou blanc, je balance mon poing dans sa mâchoire, j'essaie de casser son petit nez pointu, je lui arrache une touffe de cheveux argentés, je...
"Potter ! Potter, arrête, putain !"
Il se dégage prestement et je ricane :
"Quoi, on a mal, Malfoy ?"
"Mais tu es débile, ma parole ! Tu n'as pas remarqué... ça ?"
Il s'avance et me touche la patte. Je sursaute, me recule et tout redevient comme avant.
"C'était quoi ça ?" Je demande d'une voix un peu trop aiguë à mon goût.
"C'est bien ce que je me suis demandé, avant que tu ne plantes tes dents dans mon cou – t'es un putain de sauvage !-."
Dixit le type qui m'a griffé lors de notre dernière bagarre. Il me jette un regard méfiant mais avance sa patte vers moi, attendant mon approbation. Je tends la patte moi aussi, et sa peau – sa carapace ?- entre en contact avec la mienne.
Le geste est purement scientifique, on veut savoir ce qu'il se passe, et pourtant je ne peux m'empêcher de penser à cette poignée de main que j'ai refusée il y a plus de dix ans. Je sais qu'il y pense aussi, parce que sa patte tremble légèrement – le type est capable de ressentir des émotions, finalement ? Ou alors il a juste un peu froid ?-.
Une sensation étrange me parcoure le corps et je croise son regard. Mes yeux descendent le long de son visage -agaçant, blanc comme toujours, mais surtout... surtout humain-.
"Quand on se touche, on retrouve nos apparences humaines", je dis d'une voix blanche.
"Sois pas con, Potter. Sinon Teddy serait en train de hurler à la mort parce qu'on écraserait sa petite tête", réplique Malfoy avec une grimace – mon toucher te dégoûte ? C'est réciproque, ne t'inquiètes pas-.
"Je pense qu'on a le sentiment de retrouver nos corps d'avant", fait-il d'un ton docte." Ce que je ne comprends pas, c'est comment ça se fait."
"Vous êtes un peu bizarres, vous deux".
La voix de Dodo me fait tourner la tête et Malfoy lui jette un regard noir.
"Mêle-toi de ce qui te rega..."
"CODE ROUGE ! CODE ROUGE ! "
Le poux qui est posté tout au bord du crâne de Teddy – à quelques millimètres de son front- déboule en courant, coupant la charmante remarque de Malfoy.
"CODE ROUGE !" Hurle Dodo en me poussant. "Viens, Harry, dépêche toi !"
Il a l'air d'avoir vraiment peur alors même Malfoy ravale son venin et le suit sans poser de questions. Je ne comprends pas vraiment à quoi correspond ce code rouge, je ne suis pas un expert en langage poux, mais ça a l'air plutôt important.
"Allez, Teddy, dépêche-toi", fait la voix de Ginny au dessus de ma tête.
Oh, Ginny. J'étais tellement secoué de ma découverte avec Malfoy que j'en avais oublié d'écouter sa voix.
"Tu aurais dû me dire que ça te grattait de nouveau. Allez, viens dans le bain, on va t'en débarrasser".
Oh. Code rouge. J'accélère la cadence et mon cœur s'affole dans ma cage thoracique. Je vais mourir. Encore. Dodo se tourne vers moi et s'exclame :
"Ok, Harry, il n'a pas encore enlevé son habillement, dès qu'il le passe par dessus sa tête tu sautes dessus d'accord ?"
"Euh... D'accord".
"Elle va mettre Teddy dans l'eau et une fois qu'il y sera tu n'auras plus d'échappatoire", répète Dodo plus lentement. "C'est ta seule chance de survie. Tu as compris ?"
"Compris", je répète.
Je ne peux me sentir ému par ce poux qui ne me connaît pas mais qui prend la peine de me sauver la vie.
"Putain, Potter, c'est pas le moment de pleurer ! Bouge !"
A chaque fois que je pense que Malfoy ne peut physiquement pas être plus désagréable qu'il ne l'est déjà, il me prouve le contraire. Ce type parvient à se surpasser, c'est bien.
Dodo saute sur le t-shirt de Teddy et s'écrie :
"Allez, Harry !"
Je m'élance à mon tour mais une fois accroché fermement, je tourne la tête et vois Malfoy qui est resté à terre.
"Qu'est-ce que tu fais, Du con ?"
Je ne sais pas pourquoi je me préoccupe de son sort. J'ai l'impression d'être de nouveau à Poudlard, pendant la Bataille Finale... Dans la Salle sur Demande.
"Harry ? Harry, qu'est-ce que tu fais !"
La voix de Dodo retentit et ce n'est qu'à ce moment là que je réalise que j'ai lâché le t-shirt de Teddy. Je tombe lourdement à côté de ce connard de Malfoy qui me jette un regard bizarre.
Il s'est cassé la patte dans sa course, je crois, et je me précipite sur lui. Je pose ma patte sur lui, frémis alors que je sens mon corps redevenir humain - oui, je sais, ce n'est qu'une illusion, mais les sensations semblent très réelles !- et hurle :
"Episkey ! Episkey !"
" Arrête ! Ça ne peut pas marcher ! La magie est dans le corps du sorcier, pas dans son âme !" Braille t-il.
"Facile à dire pour toi, tu n'as pas d'âme !" Je réplique hargneusement.
"Tu..."
"Allez, Teddy, enlève ton caleçon et rentre dans ce bain. On va faire comme la dernière fois, d'accord ?"
Oh, merde.
"Allez, fais disparaître tes cheveux, Teddy." (2)
La forêt de cheveux autour de nous se volatilise et un poux qui, comme nous, n'a pas pu sauter sur le t-shirt, nous fait face. Il hurle lorsque Ginny pose sa baguette au dessus de lui et prononce :
"Evanesco."
Malfoy se tourne vers moi et ça me bouleverse, je ne sais pas trop pourquoi - peut-être parce qu'il a son apparence humaine et que je sais qu'on va mourir pour la deuxième fois aujourd'hui, peut-être parce qu'on est deux dans cette galère- tandis que Ginny s'exclame :
"Oh ! Qu'ils sont gros, ces deux là ! Mon pauvre Teddy, ça devait vraiment te gratter... Allez, zou ! Evanesco !"
C'est la deuxième fois que Malfoy et moi on meurt dans les bras l'un de l'autre.
C'est la deuxième fois que je meurs à cause de cet abruti.
o
o
o
Oh, Merlin, que le réveil est douloureux !
"Malfoy ?"
J'ouvre lentement les yeux. On dirait que je me suis enfilé dix whisky pur feu.
"Malfoy ?" Je répète un peu plus fort.
Pas de réponse. Ce connard est vraiment mort, cette fois-ci. Je devrais me sentir soulagé - un monde sans Malfoy est un monde meilleur- mais je me sens un peu bizarre.
J'aimais bien cogner sur ce type.
Je ne déteste pas vraiment Malfoy. Disons que s'il se vidait de son sang devant moi, je ferais quelque chose pour le sauver. Au bout d'un moment.
C'est juste qu'il me cherche tout le temps des poux - sans mauvais jeu de mot- et que ça fait du bien de se défouler sur quelqu'un. Je me suis toujours défoulé sur lui après tout, je ne vois pas pourquoi on aurait dû arrêter sous prétexte qu'on est devenus adultes.
Ron considère que son plaisir d'enfant est de se gaver de chocogrenouilles, il le fait toujours et personne ne lui en tient rigueur.
"Elle est morte, Papa ?"
Oh. La voix est beaucoup trop forte. Ce qui ne signifie qu'une seule chose : Je me suis encore réincarné en quelque chose de petit. Petit et vulnérable. Petit et non magique ?
Je n'aime vraiment pas ça.
"Ne la touche pas, mon cœur. Elle pourrait encore te piquer."
"Elle bouge. Je crois qu'elle n'est pas morte !"
"Allez, Emma, sors de là. Et viens dire au revoir à Vernon et Pétunia."
Oh non. Vernon et Pétunia ne sont pas des prénoms si courants. Ça ne peut pas être une coïncidence...
"Papa ! Regarde ! Elle s'est relevée ! Elle est vivante !"
De tous les endroits sur Terre où j'aurais pu me réincarner...
"Emma, ça suffit. Laisse cette abeille tranquille. Sinon tu vas l'énerver et elle va te piquer. Allez, viens."
Il faut que je tombe sur cette maudite maison ?
"Papa... Les abeilles ça a les yeux de quelle couleur ?"
"Qu'est-ce que j'en sais, moi ?"
"Elle, elle a les yeux verts. Normalement, les abeilles ont les yeux noirs, non ?"
J'entends le père grommeler et tente de regarder autour de moi. Oh... On dirait que je suis complètement bourré. C'est comme ça que voient les abeilles ? Tout est tellement déformé...
"Je ne sais pas, Emma Chérie. Allez, viens."
C'est indéniable, je suis dans le jardin du 4, Privet Drive. Retour à la case départ. J'ai à la fois envie de rire -nerveusement-, de pleurer - comme une madeleine - et de vomir - sur l'oreiller d'Oncle Vernon-.
Ceci dit, j'ai dû prendre une bonne décision dans ma vie de poux, parce qu'être une abeille est beaucoup plus sympa qu'être un poux... D'abord, je peux voler.
Je peux voler, bordel !
La petite fille et son père ont disparu. Oncle Vernon et Tante Pétunia sont hors de ma vue - tant mieux pour eux, sinon je les aurais piqués-.
J'hésite quelques secondes puis je m'élance dans les airs, hésitant d'abord, puis plus rapidement ensuite. Je fais des loopings, j'hurle de bonheur, je sens le vent dans mes ailes, le soleil sur ma peau... Bordel, c'est tellement jouissif.
Je vole comme un fou pendant un certain temps. Dix minutes ? Une heure ? Je ne sais pas exactement.
"Mais c'est quoi ton problème ?!"
Je m'interromps soudainement, alarmé par la présence d'un de mes semblables. Il -elle ?- semble furax et je le -la ?- regarde, étonné.
"Quoi ?" Je demande.
"Tu m'as indiqué l'emplacement d'une fleur qui a déjà été butinée ! T'es con, ma parole ?" (3)
"Hein ?"
"Comment ça "Hein ?" Tu faisais la danse de la fleur !"
Il a butiné de la Mandragore ou quoi, celui-là ?
"Qu'est-ce que tu racontes ?" Je demande, agacé.
"Ah d'accord ! Toi aussi tu t'es pris un coup de tapette !"
Putain, mais de quoi il -elle ?- parle ?
"De tapette à mouches ! L'humaine nous tape avec quand elle nous voit ! Ça déboussole, hein ? Tu vois, le type là-bas ? Il s'en est aussi pris une, depuis il regarde l'humaine comme s'il allait la bouffer."
En effet, une abeille est posée sur la barrière du jardin, occupée à fixer quelque chose - sûrement Pétunia- à l'intérieur de la maison.
Soudain, elle se tourne vers moi et je croise son regard - gris-.
Mais les abeilles ont les yeux noirs.
Mon estomac se serre et je me dirige vers la barrière.
"Hé ! Qu'est-ce que tu fais ! Reviens, on doit travailler !"
Je fais signe à l'abeille de me laisser tranquille, et je l'entends bougonner quelque chose sur la Chef et la Reine qui ne vont pas être contentes.
Bordel, j'aime tellement voler !
J'adore ma nouvelle vie !
Ok, Harry, concentre toi.
Je me pose à côté de Malfoy qui me regarde bizarrement.
"Un vrai gamin", fait-il.
"Je suis encore mort à cause de toi !" Je dis d'un ton accusateur.
"Personne ne te forçait à me sauver -encore...-. Même mort, ton complexe du sauveur est toujours là. Et puis avoue qu'être un poux ne te faisait pas franchement bander. Je t'ai vu voler, ne dis pas que tu n'apprécies pas tes nouvelles ailes."
J'hausse les épaules - enfin, j'essaie, et l'effet n'est pas très concluant- tandis qu'à l'intérieur, Pétunia sert une part monstrueuse de gâteau à Dudley - il n'est pas sensé être à la FAC, celui-là ?-.
"Je croyais que tu étais mort pour de bon", je dis.
"Hé bien non, Potter. T'es pas encore débarrassé de moi !" Ricane t-il - enfin... Je crois-.
On se perd dans la contemplation de Tante Pétunia en train de hurler sur Dudley parce qu'il s'est brûlé avec son thé.
"Moi, je savais que tu étais vivant, quelque part."
"Comment ça ?"
"T'es increvable, Potter. T'as survécu au Seigneur des Ténèbres. C'est pas un vulgaire sort anti-poux qui allait avoir raison de toi !"
Je rêve ou il me parle presque gentiment ? C'est parce que j'ai essayé de le sauver tout à l'heure ?
"Ces gens sont monstrueux. Je les observe depuis tout à l'heure et plus je les regarde, plus j'ai envie de vomir. Je comprends mieux pourquoi mon père déteste les moldus."
Il esquisse un sourire un peu amer - enfin, je crois- et je me tourne vers ma Tante, qui ouvre la fenêtre.
"Tu viens ?"
"Où tu vas, Potter ?"
"Ben quoi, elle a ouvert la fenêtre ? T'as pas envie de te balader un peu ?"
Je fonce dans l'interstice et Malfoy me suit. Pétunia est trop occupée à chanter -faux- pour s'occuper de nous. On quitte la cuisine et passe dans le couloir. Je m'arrête un instant devant mon placard. Puis on va dans le salon, où Oncle Vernon roupille devant la télévision, les pieds sur la table basse. Il est encore plus gros que dans mon souvenir.
"Tu as vu leur fils ? Il est terrifiant, je trouve."
"Draco Malfoy, terrifié par un moldu ?" Je fais en souriant.
"Façon de parler, Potter. C'est juste que cette famille pue l'hypocrisie. Je les ai vus parler avec leurs voisins, puis je les ai entendu parler de leurs voisins. Crois-moi, leurs oreilles doivent sacrément siffler à l'heure qu'il est."
Je ne fais aucun commentaire sur sa famille qui, selon moi, se pose là niveau hypocrisie. Je m'arrête devant ma chambre - qui est fermée - et tente de passer par le trou de la serrure.
"Qu'est-ce que tu fiches, Potter ?"
"Personne ne t'a demandé de me suivre !" Je réplique, agacé.
Je parviens à passer et regarde autour de moi. C'est devenu un débarras, maintenant.
"Tu fous quoi, Potter ? Tu veux acheter la baraque ou quoi ?"
Où est-ce qu'ils ont mis le reste de mes affaires ? Pas que j'avais grand chose, bien sûr, mais il y avait deux-trois photographies de mes parents, et des dessins de Dean... Je n'ai pas pensé à venir les récupérer après la Guerre.
"Mais lâche-moi, Malfoy ! Pourquoi tu restes toujours avec moi, de toute façon ?"
Il me regarde bizarrement. Je rêve ou il est embarrassé ?
"Qu'est-ce que... Tu as peur, Malfoy ?"
Je ne savais pas que les abeilles pouvaient rougir. Il me jette un regard noir et je ricane.
"C'est juste que j'ai vu la femme s'en prendre aux abeilles avec une chose bizarre et plate, en plastique. Elle m'a tapé avec ! J'ai eu super mal !"
"Une tapette à mouches", je dis, amusé.
En le regardant mieux, c'est vrai qu'une de ses ailes est un peu tordue.
"Pardon ?" Fait-il.
Bien sûr ! Quand on était des poux, on était sur la tête de Teddy, dans le monde sorcier. Mais là, nous sommes chez les moldus, et Malfoy sait que les moldus ont inventé plein de moyens divers et variés pour tuer les insectes. Il est médicomage, il a été obligé de prendre des cours de culture moldue pour en apprendre plus sur leurs médecines. Il reste avec moi car je suis un sang-mêlé qui a été élevé par des moldus...
"Elle a essayé de te tuer avec une tapette à mouches. Utilisée pour tuer les mouches, en général."
"D'accord."
Il se détourne de moi - il est moins laid en abeille qu'en poux, mais je ne me ferais toujours pas à l'idée que cet insecte, c'est Malfoy- et je poursuis mon inspection de la chambre.
"Je peux savoir ce que tu cherches ?"
Je l'ignore et repasse par le trou de la serrure. Il me suit en bougonnant et j'entre dans la chambre de Dudley.
"Pouah, ces moldus manquent vraiment de goût", fait Malfoy derrière moi.
Le type a apparemment décidé de me suivre absolument partout.
Il vole quelques secondes et se fige en apercevant la photographie que je fixe depuis que je l'aie aperçue.
"Bordel... mais c'est toi !"
"Oui."
Je ne sais pas pourquoi Dudley a une photographie de moi. Je ne sais même pas où il l'a trouvé. Je crois que c'est Madame Figgs qui l'a prise, quand on avait huit ou neuf ans. J'imagine que c'est la seule photographie de moi enfant qui existe. Dudley était déjà gros à l'époque. Il fixe l'objectif, les joues gonflés - sûrement des gâteaux- tandis que je me tiens tout raide, mal à l'aise. Mes lunettes sont scotchées sur la branche gauche et je porte une chemise dix fois trop grandes pour moi.
"Potter... Ces moldus... Ce sont tes moldus ?"
"Oui. J'ai grandis ici."
(1) Oui, ceci est le nom d'un bar. Oui, Madame.
(2) Teddy étant un métamorphomage, il devrait pourquoi dégager ses cheveux non ? Et du coup c'est bien plus pratique pour Ginny de chasser les poux.
(3) Wikipédia : La danse des abeilles est un terme utilisé un système de communication animale par lequel des abeilles butineuses transmettent aux réceptrices restées dans la colonie la distance et la direction de la source de nourriture où elles peuvent obtenir le nectar et le pollen des fleurs nécessaires à la production de miel. Au cours de ces danses, elles émettent avec les ailes un son particulier et transmettent l'odeur du nectar dont elles veulent communiquer leur position. Les réceptrices restent en contact avec la danseuse. Ces danses exécutées sur les rayons d'alvéoles sont d'autant plus vives, et de longue durée, que le nectar est abondant et riche en sucre, renseignant également sur les plantes qui cessent d'être productives et sur celles qui le deviennent.
