Chapitre 2
« Léa ? »
Sursautant, elle tourna la tête et découvrit Yann à quelques pas d'elle, les sourcils froncés.
Le vent s'était levé et quelques boucles chocolat lui venaient dans la figure, dissimulant en partie son regard sombre et également sa célèbre cicatrice.
Obtenue lors d'un combat, elle partait de son sourcil gauche pour arriver à sa pommette.
Une balafre parmi tant d'autres...
Esquissant un minuscule sourire, Léa s'enquit :
« Est-ce que ça va ? »
« Je me le demande. »
« Comment ça ? »
« Tes yeux sont brillants de larmes, Léa. »
« C'est vrai ? Je ne m'en étais pas rendue compte. »
Mais alors qu'elle levait la main pour s'essuyer les yeux, Yann l'attrapa par le poignet.
« Que se passe-t-il ? »
« Rien du tout. »
« Léa... »
« C'est vrai. »
« Tu ne pleures pas sans raison. »
Sentant son cœur se serrer dans sa poitrine, elle se dégagea et fit quelques pas.
Face à la mer, elle le questionna :
« Est-ce que tu l'aimes toujours ? »
« Qui ça ? »
« Agnès. »
« Pourquoi est-ce que... »
« Yann, elle serait partie avec toi quand vous aviez quinze ans ! Ne me dis pas que c'était une amourette sans lendemain ! »
Elle s'était tournée vers lui, le regard vert brillant de larmes, meurtri.
Il la dévisagea durant quelques secondes puis il lui répondit :
« Oui, je l'aimais. Mais c'était il y a dix ans, Léa. »
« Et alors ? »
Il soupira, passant une main dans ses cheveux.
« C'est vrai que quand je l'ai revue, ça m'a fait... un choc. Mais mon amour pour elle a finit par disparaître, Léa, je te le jure. C'était un amour impossible, je me suis fait une raison. »
Elle ne répondit pas, le fixant simplement.
Puis elle fit volte-face, ses boucles rousses suivant le mouvement au ralenti.
Quand elle quitta le pont du bateau, Yann soupira à nouveau.
Elle allait avoir du mal à le croire, il le savait.
Et pourtant, elle devait le faire car ce n'était que pure vérité.
