Titre : Ni personne d'autre
Disclamer : Rien à moi, tout à JKR
Paring : HP/DM
Rating : M
Note : Ne prend pas en compte le tome 6 et le tome 7, ou du moins pas en entier. Juste aussi c'est ma première histoire donc, soyons indulgent avec les petits nouveaux! ^^' Au faite, merci beaucoup de l'accueil que j'ai eu, je suis vachement contente! Je ne sais pas encore comment on fait pour répondre aux reviews mais je le découvrirais un de ses jours! ^^''
Pour ceux qui se posent la question je posterais toutes les semaines et j'ai déjà écris des chapitres et donc j'ai de l'avance (que j'espère ne pas perdre ^^''). Encore merci!
Ps: Voilà la correction du chapitre deux! Donc c'est la même chose mais en mieux! ^^ Merci beaucoup Querty pour ton dure labeur! ^^
Chapitre 2:
Mon fils solidement agrippé à mon cou, ses petites jambes autour de ma taille et son nez dans mon cou qui me reniflait, j'entrai dans ma maison. Mes mains étant occupées à tenir les courses, j'ai claudiqué jusqu'à mon salon-cuisine, essayant de garder mon équilibre. Et cette espèce de vieille peau qui ne m'aidait même pas ! Non mais ! Toute une éducation à refaire. Je posai mes sacs sur le canapé, et serrai mon gamin contre moi, lui faisant mon gros câlin « rentré du travail ». Question de tradition. Puis je le posai.
- Merci beaucoup, je vais vous payer, déclarai-je à la vieille qui me servait de baby-sitter pour mon fils.
- Et une part de gâteau pour le retard, peut-être ?
Mais quel monstre ! Même si elle a presque soixante-dix ans, je me méfis. Elle pèse bien cent kilos et fait une demie-tête de plus que moi. Et comme je suis un aristocrate, j'ai l'allure d'une crevette crevée. Vous vous demandez comment c'est une crevette crevée ? Vous avez jamais vu des crevettes ? Fichtre ! Je tendis l'argent à la vieille et sortit le gâteau d'un des sacs. Immédiatement, mon morveux bava littéralement et en demanda à son tour en couinant et tournant autour de moi. Bordel, ce que la génétique est dure parfois. Et des fois je me dis que la vie est vraiment fan de justice. Je m'explique : y a que nos enfants pour nous faire regretter tout ce qu'on a fait quand on était nous-mêmes enfants. Une sorte de vengeance du destin des années après les méfaits. Et comme j'étais un enfant un peu spécial, Gabriel ne me laisse pas un moment de répit.
Mais quand la pénitence s'arrête...
Je coupai une part pour l'autre et lui dis "au revoir" et "à demain". Elle ne me coûtait pas trop cher. Et puis, ça lui permettait de s'acheter un journal ou un livre et ça occupait sa journée. Et avec Gabriel, on ne peut être qu'occupé ! Et dire que c'est à moi de reprendre le relais...
Je vous en pris la vieille, revenez ! Prenez-le et rendez-moi ma jeunesse !
- Papa ? s'exclama justement mon fils.
- Yep ? Qu'est-ce qu'il y a ?
- Je peux avoir du gâteau comme la vieille ?
- Gaby ? Je t'interdis de l'appeler la « vieille » sinon tu seras puni !
- Mais tu l'appelles toujours comme ça toi ! C'est quoi la différence ?
- La différence, mon petit père, c'est que je suis le seul et unique adulte ici et que je commande. Alors quand je dis que tu n'as pas le droit, tu n'as pas le droit !
- Et moi, même si j'ai presque cinq ans, je sais que c'est pas juste.
- La vie est injuste mon bébé, et on ne peut rien y faire !
Gabriel fit sa moue. Enfin ma moue! Je me souviens que je faisais la même à son âge et bordel, le choc. Il se retourna, le nez en l'air et partit d'une démarche digne jusqu'au canapé où il s'installa le plus élégamment possible au vue de sa petite taille. Mon portrait tout crâché. Ce que la génétique est étrange... Je retirai mon manteau et mon écharpe. Je luttai ensuite, seul et désespéré, contre ma seule paire de chaussures qui malheureusement me fit de la résistance. Je grognai dans mon coin et je vis la petite tête blonde me servant de progéniture pointée son petit nez pointu pour me regarder faire.
Mon fils m'aime, j'en suis sûr, mais il pourrait arrêter de se foutre de moi. Je réussis à extirper mes pieds de leur prison pour ensuite me jeter sur mon gamin qui hurla d'un cri perçant. Je le pris dans mes bras et le jetai sur le canapé pour lui faire une séance de chatouilles qui le fit pleurer de rire.
- S'te plaît ! rigola-t-il en essayant de se défendre avec ses petites mains. 'Suis désolé, je me moquerais puuuuuuAhahahaa !
Je consentis à le laisser tranquille au bout d'un moment tout en le gardant bien emprisonné dans mes bras. Il reprit une respiration normale et essuya ses yeux et ses joues de ses larmes, un sourire enfantin sur son visage joufflu. Et en le regardant je me dis que je l'aimais vraiment mon petit morpion. Je n'ai jamais été attiré par les enfants et je répugnais réellement d'en avoir avant, et même quand j'ai su que j'allais en avoir. Mais maintenant, avec ce bonhomme dans mes bras, je me dis que finalement ce n'est pas si mal. Au moins, il me tenait compagnie et puis illuminait ma vie.
De ce sourire qui n'était absolument pas de moi...
Il entoura mon cou de ses bras pour un autre câlin. Gabriel était aussi affectif que taré et c'était pas peu dire. En même temps, je le comprends. Je le laisse toute la journée seul avec la vieille pour aller travailler. Je dois lui manquer. Et Morgane, il me manquait tout aussi fort. Et comme je culpabilise toujours beaucoup de le laisser seul, je suis devenu un expert en câlins, moi qui étais autrefois un peu trop froid pour ça.
Foncièrement, je n'ai pas si changé. Ce que j'ai vécu et ce que je vis en ce moment m'ont forgé le caractère d'une bien meilleure façon que mon père et ses leçons (du genre, me forcer à me mettre à genoux dans du gros sel quand j'avais fait une bêtise, et Merlin que j'en ai fait !). J'en suis d'autant plus conscient car je donnerais ma vie sans hésiter pour mon gamin. Il le sait. Je crois. Il sait que je l'aime un peu trop fort. Je ne suis pas doué pour parler de mes sentiments. Je n'ai jamais réussi. Et pourtant, si je l'avais fait, peut-être que je ne serais pas seul. Seul avec mon enfant. Mais cette leçon, je ne l'ai pas retenue.
Je ne sais toujours pas dire « je t'aime ».
- Tu comptes m'étrangler encore longtemps, Gaby ?
- Ouaip ! C'est parce que je veux du gâteau !
Sale opportuniste ! Je détachai ses mains et regardai son petit sourire en coin. Petit sourire qu'il m'a copié comme beaucoup d'autres choses. En même temps, je suis son seul modèle. Oh, il a bien Rogue mais de lui, il a copié le regarde blasé quand je pète un fusible devant lui. Gaby peut paraître très mâture quand il veut. Mais c'est moi le père !
- Alors, dis-moi ce que tu as fait mon loup de mer ?
- Et ben, j'ai conquis l'île de ta chambre en combattant ton coussin avec mon épée. Il voulait me manger mais j'ai réussi à la fin, même s'il a bien fani me tuer.
- Failli pas fani. Et donc, tu as gagné contre mon coussin.
- Yep, et après j'ai dormi dessus. Comme le Capitaine demande de le faire.
- Quel Capitaine ?
- Bah moi ! Je suis le Capitaine du bateau. Et j'ai dit que mon équiiiiii...
Il arrêta de parler et se mordilla la lèvre, me jetant un coup d'œil. Je savais parfaitement ce qu'il avait. Il avait oublié le mot et malgré ses quatre ans et demi, il était très fier et pour ne pas le froisser, je lui chuchotai le mot.
- Alors j'ai dit à mon épiquage qu'il fallait dormir sur ses ennemis...
Et même pas capable de répéter un mot... Je continuai d'écouter mon fils bavasser sur la conquête de ma chambre, sa sieste dans mon lit (« parce que ça sent bon comme papa! » s'était exclamé mon fils, joyeux) et son rêve où il était un papillon immense avec cinq ailes blablabla. Cinq ailes ? Et elle est où la cinquième ? Dans son cul ? Vivement qu'il apprenne à compter ! Et c'est pas maintenant, malheureusement !
Je le collai devant la télé pour aller préparer le repas. Des pâtes. Et finalement, des haricots. J'ai de la chance, Gabriel est un vrai glouton. Il mange de tout. Malheureusement, il est aussi très bavard alors les repas s'étirent en longueur. Mais j'essaie de ne pas gagatiser sur sa voix fluette parce que j'ai une image à maintenir.
- Papa ! C'est la moche qui donne le soleil à la télééééééé !
Je devrais vraiment arrêter de parler comme ça devant lui... Je partis m'asseoir à côté de lui pour regarder la météo. Gabriel se mit automatiquement sur mes genoux, le pouce dans la bouche. Tiens... Il est où son doudou ? Pfff... sale gosse, il a encore foutu quelque part et qui c'est qui va le chercher ? Bibi ! Je passai une main sur son son petit bidon pour le maintenir pendant que la présentatrice annonçait de la flotte. Encore... Et toujours... Je hais l'Angleterre.
- Papa... il est où le soleil ?
- En RTT.
oO-Oo
Le repas englouti par mon rejeton, le bain expédié, la salle de bains épongée des éclaboussures faites par les gesticulations de mon fils et la cuisine rangée, je pus enfin me reposer. Gabriel jouait tranquillement dans sa chambre avec ses jouets. Monsieur connaissait le planning. Après le bain, il devait jouer dans sa chambre tranquillement, et laisser son père seul tout aussi tranquille. Puis j'irai le coucher en lui lisant une histoire. Je vais vainement essayer de le dégoûter des pirates pour autre chose mais pour le moment, ça fonctionne pas.
Je lui lis des livres qui m'ont appartenu dans mon enfance et mon adolescence. Je n'ai pas assez d'argent pour en acheter plus mais j'étais un grand bibliophile et j'ai une sacrée collection. J'éteignis la télé et la lumière et partis dans ma chambre. Elle était toute simple, beige et blanche. Mon lit double qui n'accueillait que moi, et des fois mon gamin quand il faisait un cauchemar, un lit un peu froid. Un peu comme moi. Au pied de mon lit, mon coffre. Le même que celui que j'utilisais à Poudlard.
Je posai ma main dessus. Caressant le bois usé. Usé d'avoir été trop utilisé. A peu près au milieu, j'y avais gravé mes initiales avec un couteau que j'avais chipé à mon premier dîner dans le château. Mon « D » partait en couille et mon « M » avait une branche plus grande que l'autre. Mais du haut de mes onze ans, je trouvais ça vraiment bien. J'ouvris le coffre. Dedans, tout ce qui me restait de mon ancienne vie. Celle où j'étais heureux. Dans un coin, mes livres : je les avais miniaturisé et ils étaient parfaitement rangés. Juste à côté, bien plié, mon dernier uniforme vert et argent de ma Maison. Je touchai du bout du doigt ma cravate. J'étais persuadé de pouvoir encore rentrer dedans.
Pour me le prouver, je le pris doucement, comme une relique. Je me déshabillai avant de remettre mon uniforme. Quand je serrai ma cravate autour de mon cou, je regardai dans mon miroir sur pied bon marcher que j'avais acheté pour céder à mes penchants narcissiques. J'eus l'impression d'avoir de nouveau seize ans. Je ramenai mes cheveux en arrière, la coiffure que j'avais toujours eu. Je ne sais pas pourquoi, mais me voir ainsi me fit plus mal que je le pensais.
Sûrement parce qu'il me rappelait ce que j'étais avant. Je ne dis pas que j'étais fier de ce que j'étais mais je ne suis pas spécialement heureux d'être ce que je suis devenu. Peut-être qu'il me rappela l'année qui fut à la fois la plus belle et la plus horrible que je n'ai jamais vécu. C'est étrange de dire ça. Comment quelque chose peut être à la fois le meilleur et le pire ? Et pourtant c'est la vérité. Ce fut cette année où j'ai aimé à en perdre la raison et où j'ai sombré par la suite.
Est-il possible d'aimer et de haïr quelqu'un aussi fort ? Oui. C'est ce qui m'est arrivé il y a cinq ans. Et maintenant encore, j'aime et je déteste avec la force d'un ouragan. Je revins à la réalité quand je sentis mes joues se mouiller. Du bout des doigts, je touchai mes larmes, pas si étonné de pleurer. Mon cœur était en morceaux depuis cinq ans et seul l'amour pour mon fils l'avait quelque peu rafistolé, le maintenant en un seul morceau. Il fonctionnait mais faisait un mal de chien à chaque pulsation.
J'entendis la porte de ma chambre s'ouvrir. Gabriel passa sa petite tête blonde par l'entrebâillement de celle-ci et me regarda dans mon uniforme, en larmes. Il baissa les yeux. Il était jeune, mais je l'avais bien éduqué, malgré moi. Je ne compte plus le nombre de fois où il m'a découvert en pleures. Et comme à chaque fois, mon fils referma la porte et retourna dans sa chambre. Ce soir encore, je n'aurai pas la force de m'occuper de lui.
Mes vieux démons étaient de retour et j'y succombais.
A suivre...
Et voilà! A la semaine prochaine! :)
