Ce type allait me rendre dingue! Ça allait faire plus d'une heure qu'il mastiquait, la bouche ouverte, son chewing gum, juste derrière moi. J'en pouvais plus, j'étais à deux doigts de craquer. Encore une vingtaine de minutes à tenir…ça me paraissait une éternité. Ce vol me semblait interminable. Si j'avais pu j'aurai prit une place en classe affaire, mais pour ça il aurait fallu que j'en ai les moyens ! Ou que je sois quelqu'un à qui on la propose gracieusement. Mais ce n'était pas mon cas, ou en tout cas, ça ne l'était plus…
Car moi, Rachel Berry, je n'étais plus personne. Il y a encore 8 mois, j'étais à Broadway, celle que l'on appelait l'étoile montante. J'étais en train de vivre un véritable rêve. Mon nom était à l'affiche de ma comédie musicale préférée, Funny Girl. Tous les soirs, la salle était comble et les critiques avaient été unanimes et plutôt flatteuses. Mais j'avais fait de mauvais choix… Car oui, vouloir plus grand que Broadway était un mauvais choix. Et choisir Los Angeles et la télévision avaient été les suivants. La série, tant attendu du célèbre réalisateur Lee Kitton, avait finit dans un placard au fin fond du sous-sol de la Fox au bout du deuxième épisode seulement, m'entrainant, moi et mes co-partenaires au sommet du top 100 des Loosers de l'année.
J'avais voulu quitter Los Angeles rapidement, mais pour aller où ? Je ne voulais pas revenir à New York, je ne pouvais pas. Et puis j'y aurais été seule… Kurt et Blaine avaient rendus le loft après leur séparation et je savais que tous les deux avaient quitté New York. Je n'avais donc pas eu d'autre choix que de revenir à Lima.
Lima…voilà j'y étais. Le type derrière moi venait juste de jeter son chewing gum. Il avait bien sûr attendu qu'on atterrisse pour le faire ! J'avais qu'une envie, quitter cet avion. Mais quitter cet avion, c'était comme sauter à pieds joints dans la réalité.
Mes pères étaient là, au beau milieu des amis et familles venues attendre les autres passagers. Mais sur leurs visages, il n'y avait ni joie ni sourire pour m'accueillir. Non pas que mes pères n'étaient pas contents de me revoir ! Ça allait quand même faire 6 mois que je ne les avais pas vu…mais eux, comme moi, n'avaient pas souhaité ce qui était en train de se passer.
Voilà que les larmes me montaient aux yeux. J'avais l'impression, depuis une semaine, de n'être qu'une fontaine avec les vannes grande ouvertes. Et sentir les bras protecteurs de mes pères m'enlacer n'arrangeait rien. Cela faisait longtemps que mes pères ne m'avaient pas prit dans leurs bras de cette façon.
« Allez viens, on rentre à la maison… »
Voilà exactement les mots que je redoutais d'entendre. Avant « ma » maison c'était Broadway, et me voici revenu à Lima…
Durant le trajet qui nous menait à la maison, et oui, fallait que je m'y fasse (!), mes pères me donnèrent les dernières nouvelles de la ville. Le dentiste s'était marié, la place de l'hôtel de ville avait été refaite après les fêtes, le Breadsticks faisait de nouveaux plats à emporter et la patinoire avait enfin rouvert ces portes…passionnant !
Après avoir grignoté un peu pour faire plaisir à mes pères, je me suis réfugiée dans ma chambre. Elle était comme figée dans le temps. Rien n'avait bougé en deux ans. Me revoilà à la case départ… pleurant à chaudes larmes dans mon lit à cause de mes échecs.
J'avais passé deux jours sous la couette, au grand dam de mes pères qui passaient me voir de temps en temps, me forçant à manger un peu. Mais au bout de ma énième barre de céréales, j'en pouvais plus de rester coucher. Je pris une douche et pris la décision de faire un peu de rangement. Tout d'abord du tri dans ma penderie. Il y avait là dedans des trucs que je ne mettais plus depuis le lycée. En défaisant ma valise, et oui, je ne l'avais toujours pas ouverte (!), j'étais tombée sur mon portable. Dernière connexion avec le monde extérieur…voilà pourquoi ça faisait deux semaines qu'il était éteint. Il me fallu plus d'une dizaine de minute pour décider de le remettre en marche. Et ce que je redoutais se confirma quand, à peine allumé, il se mit à clignoter de tous les côtés. Ma messagerie était saturée, et j'avais des textos à lire, à n'en plus finir. Ecouter les messages c'était vraiment trop dur pour le moment, donc, après mettre installé confortablement sur mon lit, j'entrepris de lire tous mes textos…
Il y en avait des tas de Kurt les premiers étaient compatissants et réconfortants, les suivants étaient des demandes de nouvelles, et, devant mes non réponses, les derniers étaient carrément…Kurt ! Il me faisait passer pour la pire des amies en ne lui donnant pas de nouvelle. Il y en avait aussi de Mercedes, Sam, Brittany et Artie. Ils avaient été tous bien veillant. Santana, elle, m'en avait envoyé quelques uns, et c'était du tout Santana… Elle critiquait les critiques, menaçait de leur envoyer ses amis Latino et se décernait à elle seule le droit d'être méchante dans les critiques me concernant. Rien d'étonnant ! Mr Schuster m'avait envoyé des messages de réconfort, et s'attendait à avoir de mes nouvelles. Et puis il y en avait un, un seul de Finn…
Finn… On était passé du stade « fous amoureux », à « ne m'adresse plus la parole » en si peu de temps. Mais c'était difficile de tirer un trait sur notre histoire…et puis je ne le voulais pas vraiment. Nos chemins s'étaient éloignés l'un de l'autre mais il y avait encore quelque chose qui nous liait. Et puis, il y avait eu, bien sûr, le mariage de Mr Schuster où là… ça n'avait aucun sens… mais lors de cette soirée, nous avions simplement envi d'être ensemble, comme si rien ne comptait autour. On s'appelait de temps en temps, rarement… La dernière fois que l'on s'était vu, c'était à Thanksgiving. La famille Hummel-Hudson avait décidé d'organiser le repas de Thanksgiving et nous nous étions tous retrouvé, enfin tous ceux qui avaient pu venir cette fois-ci, autour des parents de Finn et Kurt. Mes pères et la mère de Santana s'étaient joints à nous. Nous avions passé une très bonne soirée, mais…en ce qui concerne Finn et moi, nous n'avions échangé que quelques banalités. Ah ! Et puis il y avait eu son message pour la bonne année. J'étais en représentation mais il avait laissé, sur ma messagerie, ses vœux pour la nouvelle année, me souhaitant d'être heureuse et de poursuivre mes rêves… Super ! On en était où quatre mois plus tard ?
Donc, son texto… Lui, au moins, avait fait simple : « ça va ? ». C'était il y a presque dix jours…au moins, il ne m'en voulait pas de ne pas lui avoir répondu.
Je ne savais pas par quoi commencer…ou par qui ? Devais-je faire simple et appeler Mercedes ou Santana ? Ou devais-je m'infliger la colère et les inquiétudes de Kurt ? Allez, courage, Berry ! Allons-y pour Kurt.
« Oh mon Dieu ! T'es pas morte ? » avait-il hurlé en décrochant !
Kurt et son extravagance…mais c'était à peu près ça, j'étais morte de l'intérieur, et morte de honte d'avoir inquiété mon meilleur ami.
« Désolée Kurt, j'aurai du appeler plus tôt »
C'était un bon début, commencer par des excuses…
« Rachel ! J'étais mort d'inquiétude ! J'ai appelé partout à L.A, mais on m'a dit que t'étais parti. T'es où là ? »
Allez prend toi la vérité en pleine face, et annonce-le…
« Ici…à Lima… » Je du me concentrer pour ne pas pleurer.
« Mais c'est super ! On va pouvoir passé du temps ensemble » Super ? Il rigole là j'espère… « Rejoins-moi au Breadsticks, tu dois avoir des tas de choses à me dire… »
Il fallait que je l'arrête…
« C'est pas possible pour le moment…heu, j'ai des tas de choses à faire là maintenant ! » Possible non ? « Je te rappelle dès que je peux hein ? » Alors convainquant, ou non ?
« Dommage…mais bon, on va avoir le temps de se voir, maintenant ? » Vas-y, remets-en un couche… Heureusement que je connaissais Kurt et qu'il était mon ami, sinon je jurerais qu'il me torturait volontairement.
« Oui, Kurt, on passera du temps ensemble… Je dois te laisser là. Mais je te rappelle, ok ? »
« Ok. Tu m'as manqué Rachel, tu sais ? » Contrôle tes larmes…
« Tu m'as manqué aussi Kurt… »
Voilà, ça c'était fait… Je n'aimais pas mentir, hormis s'il le fallait pour obtenir un rôle ou pour tout autre chose du show bisness. Mais là, j'étais incapable de voir qui que ce soit…
Je pris un peu de temps pour répondre à tous les autres. Je m'étais décidé pour un message assez vague, n'en dévoilant ni trop, ni pas assez pour éviter les questions en retour.
« Merci pour vos messages de réconfort. Je me repose au calme. J'espère vous voir bientôt. Je vous embrasse, Rachel. » Envoyés !
Voilà, ça c'était fait. Mais pour Finn… Il ne m'avait pas envoyé de message de réconfort, il savait trop bien que ça ne servait à rien. Il n'avait rien dit des critiques faites par la presse, probablement parce qu'il ne les avait pas lu. Il était le seul à m'avoir posé la question de but en blanc, à savoir, comme j'allais… Bonne question ! Je n'arrivais déjà pas à répondre à la question pour moi-même, alors trouver quoi dire à Finn, c'était peine perdu ! Je remettais ça à plus tard…
