DISCLAIMER : —The Walking Dead, Daryl Dixon et les personnages (…) appartiendront toujours à leurs créateurs. « DAMAGED HEROES » appartiendra toujours à MonDieu666, (qui m'a donné son autorisation pour traduire sa fanfiction) ainsi que son scénario et la moindre des lignes qui vont suivre. Je ne suis qu'une humble traductrice.
NOTE DE TRADUCTRICE :
Merci beaucoup aux revieweuses ! J'espère que l'aventure de "DAMAGED HEROES" vous plaira jusqu'à la fin. En tout cas, j'ai toujours trouvé que cette histoire était magnifique sur plusieurs points. Mais je suppose qu'on viendra à en reparler dans quelques temps.
Je ne m'étends pas plus sur le sujet et vous souhaite à tous une bonne lecture.
CHAPITRE 2
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Beth le regarda s'éloigner. Ses doigts tremblaient un peu et si elle était sincère envers elle-même, cela n'avait rien à voir avec sa rencontre avec le rôdeur. Elle en avait assez vu jusqu'ici pour être aujourd'hui complètement insensible face à la chair pourrie et la mort en général. Une fois le danger passé, tout redevenait normal. C'était comme ça, à présent.
Non. Elle était troublée à cause de sa conversation avec Daryl. Elle n'avait aucune idée de comment elle avait réussi à parler avec autant de détermination en regardant son visage froid et incrédule.
Elle s'était attendue à ce qu'il l'envoie tout bonnement paître, mais il ne l'avait pas fait. Il savait parfaitement ce qui était en train d'arriver à Carl et honnêtement, elle avait été stupide de penser qu'il ne l'avait pas remarqué. Il était un excellent traqueur et chasseur. Ce qui exigeait un sens aiguë de l'observation et Beth ne savait pas pourquoi elle avait cru que ses talents s'arrêtaient seulement aux proies et pas aux gens en général.
Beth laissa Daryl prendre une certaine distance avant de le suivre. Ses épaules droites et sa façon de marcher laissaient voir qu'il en avait ras-le-bol. Mais au moins, il avait dit oui et Beth était contente de cette victoire.
Quand elle atteignit la zone la plus peuplée de la prison, Beth aperçut Maggie, de garde près de la clôture. Les yeux méfiants de sa sœur étaient fixés à l'extérieur et sur les réfugiés. Les personnes qui venaient de Woodbury étaient pour la plupart beaucoup trop jeunes pour se battre ou au contraire, beaucoup trop âgées. Il n'y avait pas énormément de combattants parmi eux, mais on ne pouvait jamais savoir d'où allait venir la menace, ces jours-ci.
La main de Maggie reposait sur le manche de son couteau. Ce n'était pas parce qu'elle se sentait en danger, mais c'était une habitude qu'elle avait prise. Elle l'avait presque constamment à la main. Beth était un peu jalouse de la force de sa sœur. Maggie n'aurait jamais laissé tomber son couteau. Daryl n'aurait jamais dû avoir à la sauver. C'était sans doute la raison pour laquelle ils écoutaient toujours quand Maggie parlait et que Beth restait silencieuse, même si elle n'était pas beaucoup plus jeune que Maggie.
Beth a vu quelque chose briller au doigt de sa sœur.
— C'est très joli, tu sais.
Même si elle savait que Maggie ne l'avait pas vue s'approcher, elle ne sursauta même pas sous la surprise.
— De quoi ?
— La bague. Tu la portes depuis quand ?
— Depuis que nous avons en quelque sorte gagné, répondit Maggie avec un sourire.
— Oui, en quelque sorte, dit Beth.
Mais à quel prix ? C'était ce qu'elle ne dit pas. Aucun d'entre eux ne mentionnait que le gouverneur était encore là, quelque part. Il était encore une menace, bien sûr, mais bien moins dangereux depuis qu'il avait perdu presque toute son armée.
— Ca me rappelle Peter Pan.
Maggie avait l'air abasourdie.
— Quoi ?
— Le Gouverneur, répondit Beth.
Elle marcha près de la clôture, les doigts s'enroulant à travers les anneaux. Elle regarda avec nostalgie vers l'extérieur.
— Comment ça ?
Maggie était franchement amusée des pensées vagabondes de sa sœur.
— Dans le livre, chaque fois que quelqu'un dit qu'il ne croit pas aux fées, une fée meurt. Je me demandais si le Gouverneur perdrait toute sa puissance si plus personne ne croyait en lui.
— Non, répondit fermement Maggie, le gouverneur n'est pas comme ça. Il n'a pas besoin de beaucoup de soutien, mais il est toujours dangereux. On doit continuer à s'en souvenir !
Maggie regarda sa sœur pour s'assurer que son message restera ancré en elle. Beth n'était pas en désaccord. Elle n'aurait jamais osé penser que le Gouverneur était inoffensif.
— C'était juste une idée, dit-elle en essayant d'apaiser Maggie.
Le regard sauvage qui surgissait de temps en temps des yeux de Maggie chaque fois qu'on parlait du Gouverneur commença à disparaître. Mais il y avait encore une solide colère glaciale au fond de ses yeux.
Carl n'était pas le seul possédant une part obscure. La différence était que Maggie n'avait pas autant changé. Elle aimait Glenn, elle taquinait Beth – elle continuait à vivre. Maggie n'effrayait pas Beth.
Elle s'épargna une seconde pour prier. Elle priait de moins en moins ces jours-ci, pensant que Dieu avait déjà entendu ses prières et était trop occupé à écouter tout le monde, surtout au beau milieu de l'Apocalypse. Mais elle pria pour que Daryl réussisse à aider Carl, car Carl devait rester ce qu'il avait toujours été, pour le groupe, pour que cette grande famille ne soit pas brisée.
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Daryl trouva Carl le lendemain matin, en train de polir son flingue. Il ne les avait jamais vu l'un sans l'autre ces jours-ci et Daryl pouvait parfaitement voir pourquoi Beth était si inquiète, au point de venir lui demander de l'aide. Maintenant, il avait l'obligation de la former et de l'entraîner contre les rôdeurs, quelque chose dont il était sûr dont son père serait ravi. Mais un seul problème à la fois.
— Prends tes affaires et de l'eau. Tu viens chasser avec moi aujourd'hui, déclara Daryl sans préambule.
Carl cligna des yeux, mais ne montra aucune réaction.
— Je suis occupé, dit-il avant de retourner à son occupation.
Daryl fixa le dessus de sa tête. Il avait bien besoin d'une coupe de cheveux, mais Daryl ne pouvait sûrement pas se permettre de critiquer le gamin à ce sujet. Il en avait besoin lui aussi.
— T'as l'impression que je t'ai posé une question ? grogna-t-il, ramasse toute ta merde et on y va.
Carl réagit à ce ton de voix. Le ton qui lui disait qu'une bonne claque sur le crâne suivrait s'il continuait à jouer la forte tête et s'il n'agissait pas vite. Daryl s'en doutait parce que, à cet instant précis, il ressemblait à son propre père. Il rejeta un sentiment de culpabilité qui le dérangeait. Il obtenait des résultats et il n'avait pas l'intention de lever la main sur le gamin.
La hâte de Carl face à l'obligation montrait que le môme avait encore un sens aigu de la préservation de soi, ce qui signifiait qu'il n'était pas complètement foutu. Daryl regarda Carl se diriger rapidement à l'autre bout du bloc et crut entendre un petit rire. C'était Merle, et bien sûr, c'était dans sa tête. Marrant de savoir à quel point la Mort n'avait jamais empêché Daryl de se disputer longuement avec son frère aîné. Pire encore, Daryl perdait toujours dans ces disputes.
Carl revint en traînant les pieds et en regardant le sol.
— J'sais, j'sais, dit Daryl d'une voix traînante, comment j'peux oser t'empêcher de jouer au bad boy solitaire ?
— Je ne joue pas, articula Carl.
Daryl entendit la colère sous-jacente dans la voix du gamin mais l'ignora complètement.
— Moi non plus. On y va. Y'a pas mal de bouches à nourrir.
Carl grommela quelque chose d'indistinct.
— On s'plaint pas, on avance, le coupa Daryl d'une voix forte.
On ne gagnait pas avec Daryl Dixon.
Alors qu'ils quittaient le bloc, Daryl vit Beth debout dans l'ombre, le visage à moitié caché, mais ses grands yeux bleus étaient lumineux et plein d'espoir.
Daryl voulut lui dire 'Ne sois pas si heureuse, gamine. Ce sera ton tour de souffrir pour m'avoir foutu dans ce putain de pétrin.'
Carl était à la traîne, que ce soit inconsciemment ou délibérément, Daryl s'en foutait. Il poussa fermement Carl entre les omoplates du bout de son arbalète.
Ils atteignirent enfin le calme complet de la forêt. Pas de voix humaines pour les embêter, seulement le chant des oiseaux et le bruit du vent. Daryl trouvait effectivement l'endroit calme et reposant, même si Carl faisait toujours la gueule.
Chaque fois qu'il essayait de se plaindre, il recevait une réponse rapide de Daryl qui ressemblait à « Ferme ta gueule ».
Daryl avait connu Carl quand il était encore un gamin gentil et mignon, bien qu'agaçant. Il était moins convaincu par son nouveau caractère de trou du cul, mais il ne doutait pas du mal-être qui était bien caché en dessous de tout ça.
Daryl ne s'attendait pas à trouver quoi que ce soit à chasser, les bois étaient presque dépeuplés entre les gens de la prison et les rôdeurs. Il fut surpris quand il vit trois écureuils monter le long d'un arbre, visiblement en train de se poursuivre. Ils avaient presque l'air en train de jouer et pendant un bref instant, Daryl répugnait à les tuer, mais son estomac affamé éclipsa toute sorte d'affection qu'il ressentait pour les animaux de la forêt.
Carl n'avait pas l'air impressionné par leur découverte. Fini l'enfant qui était resté immobile à admirer un cerf, sans pouvoir le tuer.
Daryl le regarda du coin de l'œil, n'aimant pas son expression. C'était une chose d'être fatigué du monde d'aujourd'hui, la vie n'était pas facile pour lui depuis qu'il était gosse. Carl n'avait pas assez de tripes pour être à ce point cynique.
— Tiens, lança calmement Daryl en lui tendant l'arbalète.
Cela lui valut une réaction. Carl avait l'air surpris. Daryl ne laissait jamais personne toucher à son arbalète. Un flash d'excitation passa sur son visage, avant qu'il ne reprenne son expression stoïque, mais concentrée.
Daryl plissa les yeux en regardant les écureuils, apparemment inconscients de leur présence. C'était impossible que Carl puisse toucher l'un d'entre eux, mais bien plus probable qu'ils se disperseraient tous parce qu'il les louperait. Daryl pouvait parfaitement sacrifier un bon repas contre un instant où Carl montrerait une émotion humaine. Il espérait juste que parmi ces écureuils, il y avait un mâle et une femelle. Les humains n'étaient pas les seuls à devoir copuler pour repeupler le coin.
Carl avait déjà vu Daryl charger son arbalète l'an dernier, donc il connaissait la théorie, même s'il n'avait jamais été autorisé à poser un seul doigt dessus. Daryl l'avait déjà menacé pour avoir simplement osé se pencher dessus et ce jour-là, il ne plaisantait qu'à moitié.
Les dents de Carl étaient serrées alors qu'il luttait pour la charger. Daryl fit semblant de ne rien remarquer.
— Qu'est-ce qui te prends autant de temps ? J'aurai eu le temps de me faire une putain de tasse de thé.
— T'as qu'à t'en faire une, alors, lâcha Carl.
Daryl sentit un sourire étirer le coin de ses lèvres face au culot de Carl. Ravalant son sourire, il dit :
— Un putain de rôdeur aurait eu le temps de les bouffer et ils ont même pas d'cerveau !
Il vit les épaules de Carl se tendre et il savait qu'il l'avait énervé. Eh bien, si Beth voulait une approche douce, il n'était sans doute pas la bonne personne.
Dans un geste puissant que seule la force et la détermination aurait pu faire, Carl chargea finalement l'arbalète. Un sourire rayonnant illumina son visage, trop heureux de ce qu'il avait accompli pour songer à reprendre sa façade maussade. Daryl savait qu'il devrait le féliciter. Et s'il avait été quelqu'un d'autre, il l'aurait sans doute fait.
— T'as seulement fait la moitié du boulot. Tu dois encore tirer.
Carl leva l'arbalète vers les écureuils et ferma un œil. Première erreur. Daryl ne le corrigea pas. Carl attendit que l'un d'eux se perche sur une branche avant de tirer. La flèche se planta à la base du tronc d'arbre. Le bruit et les vibrations de l'impact fit fuir les écureuils et suscita un juron de la part de Carl, qui aurait pu faire frémir Daryl s'il avait été impressionnable.
Carl avait l'air d'avoir envie de jeter l'arbalète dans un accès de fureur, mais il se retint. Bon à savoir que Dark Carl avait encore un peu de savoir vivre. Jeter l'arbalète reviendrait à poignarder Daryl en plein cœur.
— Eh bien, à quoi tu t'attendais pour une première fois ? lança Daryl sans sympathie. T'as besoin de t'entraîner.
Quelque chose dans la voix de Daryl força Carl à le fixer, en attendant la suite.
— Si j'me fais un peu trop chier, je t'entraînerais.
C'était une belle façon de dire « arrête de jouer au con et t'auras un bonbon ».
— Ca me semble bien, répondit-il avec un haussement d'épaules désinvolte.
Mais Daryl savait qu'il était excité.
— On rentre. On va raconter ton grand échec à tout le monde. Allez magne-toi.
Il fit un geste pour que Carl passe devant lui. C'était une bonne première. Daryl ne s'attendait pas à ce que tout redevienne comme avant, comme par magie, avec une seule conversation, surtout qu'il n'avait pas beaucoup parlé au môme. Mais il avait réussi à ce que Carl ressente quelque chose en une seule seconde et c'était un très bon début.
Ils prirent le chemin du retour jusqu'à la prison et Carl régla son pas sur le sien, espérant ne pas terroriser tout le monde. Daryl passa devant Carol qui montait la garde.
— Tu fais du baby-sitting maintenant ? demanda Carol avec un ton léger.
Daryl remarqua, pas pour la première fois, à quel point elle avait changé. Le premier jour où il l'avait rencontrée, elle n'était qu'une souris qui n'aurait jamais osé dire d'arrêter s'il avait essayé de la tuer. Maintenant, elle taquinait joyeusement Daryl à chaque occasion.
Elle ne l'évitait pas en se faufilant devant lui comme le faisait Beth.
— Ouais, c'est mon nouveau grade, il lança par-dessus son épaule.
Si Rick était son grand frère, alors Carol était la sage sœur aînée.
— Enervé ?
Daryl ne prit pas la peine de lui demander comment elle l'avait deviné, parce qu'il semblait que Carol était au courant de tout sur la prison. Elle avait appris à se méfier de l'attitude d'Ed au fil des ans. La prudence avait disparue, mais la tendance était restée. Quand vous passiez tant d'années dans une relation abusive, vous deveniez beaucoup plus doué pour lire les émotions des autres.
— Un peu. C'pas si important.
Carol acquiesça et tourna son attention vers l'extérieur.
— On dirait qu'il y en a plus que d'habitude, remarqua-t-elle.
Daryl savait qu'elle parlait des rôdeurs et il était d'accord avec elle. Ils en rencontraient de plus en plus souvent ces temps-ci. Comme ils restaient de l'autre côté de la clôture, ils n'étaient pas une grande menace. Ils devraient cependant les abattre dans peu de temps. Un grand troupeau pourrait facilement abattre la clôture ou la rentre moins solide.
— Va manger quelque chose, ajouta Carol distraitement.
Ses yeux étaient fixés sur un rôdeur particulièrement jeune et Daryl savait qu'elle pensait à Sophia. Il serra doucement son épaule avant de se diriger vers la prison. Il avait à peine passé le pas de la porte qu'il se retrouva déjà bombardé de questions.
— Comment ça s'est passé ? exigea une voix claire et forte.
Beth. Apparemment, elle ne le craignait plus tant que ça.
— Bonjour Daryl ! Comment ça va Daryl ? Tu veux quelque chose à boire ? dit-il sèchement en soulignant son manque de politesse.
Beth rougit. La fin du monde ne signifiait en aucun cas que les filles Greene avaient le droit de négliger leur éducation, même si elles s'adressaient à un redneck comme lui.
— Désolée, murmura-t-elle.
Daryl haussa les épaules. Il n'avait pas été offensé, mais maintenant qu'il savait à quel point elle rougissait facilement, il y aurait probablement beaucoup de possibilité pour la taquiner. Il avait besoin d'un passe-temps.
— Pas grave.
— Alors ? insista Beth sans se laisser décourager.
— 's'est bien passé.
Daryl savait parfaitement qu'il était laconique. Pendant un bref instant, il remarqua sa frustration face à ses réponses à peines articulées.
— Qu'est-ce qui s'est bien passé ?
— On a plus tiré sur des trucs que parlé.
Beth était incrédule :
— Mais tu as dit…
— J'ai dit que je l'aiderai et je vais le faire, mais ce sera sous mes conditions. Pas de conneries copain-copain. On s'entendrait pas d'toute façon.
Beth étouffa une protestation et Daryl souhaita un instant qu'elle dise ce qu'elle pensait. Il pourrait se disputer avec cette jolie colombe tous les jours de la semaine si elle lui donnait l'occasion.
— D'accord, parfait, dit-elle finalement et elle se retourna pour le laisser tranquille.
— Où tu vas ? J'en ai pas fini avec toi, cria Daryl.
Beth s'arrêta dans son élan, essayant clairement de comprendre ce à quoi il pensait.
— J'ai fait ce que j'avais à faire avec Carl. Maintenant, tu dois commencer l'entraînement.
— Ici ? demanda Beth avec incertitude.
— Non, il renifla, ton père me dépecerait vivant s'il sait que j't'apprends des trucs.
— Maggie se bat, souligna Beth.
— Ouaip, mais t'es son bébé. La p'tite mignonne et fragile qu'il doit protéger.
Daryl remarqua que le mot bébé touchait une corde sensible. Beth s'était visiblement raidie et les tâches rouges qui s'étendaient sur ses joues n'avaient rien à voir avec l'embarras. Il avait tapé dans le mille, cependant. Hershel était un homme bon et Daryl avait beaucoup de respect pour lui, mais il n'avait jamais compris pourquoi il laissait Maggie participer aux batailles et traitait Beth comme si elle était faite de verre —en dehors du fait qu'elle était sa cadette.
Personnellement, Daryl ne voyait pas pourquoi il ne voulait pas qu'elle apprenne à se protéger.
Daryl l'entraîna à l'extérieur, là où il savait que leur conversation ne serait pas écoutée par des oreilles indiscrètes. C'était relativement un endroit privé et Hershel aurait du mal à y aller avec ses béquilles. Même s'il essayait de cacher ses difficultés.
Beth croisa les bras, sur la défensive depuis qu'il l'avait définie comme un bébé.
— Alors, apprends-moi des choses.
Daryl se figea. Pour une raison quelconque, ce qu'elle venait de dire avait quelques connotations vaguement sales. Quelque chose dans la façon dont elle avait dit « choses » impliquait toutes sortes de « choses » perverses.
En regardant son visage, il comprit qu'elle n'avait rien voulu dire de fâcheux et Daryl se demanda ce qui n'allait pas avec lui quand il avait pu penser que la petite Beth Greene avait pu penser au sexe. C'était une adolescente et il était un putain d'homme adulte.
— Baston, dit-il en s'adressant à personne en particulier, à l'exception de peut-être le bon Dieu.
— On commence par quoi ? Je sais déjà comment on tue des rôdeurs.
— J'ai vu des certains trucs qui m'disaient le contraire, répondit-il d'une voix traînante.
Beth fronça les sourcils.
— Des techniques de base. Si jamais tu dois te battre avec quelqu'un.
Beth n'avait pas besoin de lui demander pourquoi elle aurait besoin de se concentrer sur comment se battre avec un être humain. Ils en avaient tous eu la preuve il y a peu de temps. Comme avec Carl, il allait devoir s'y prendre à petits pas avec Beth. Elle n'était pas totalement sans savoir. Elle savait comment tirer et elle avait envie de vivre, ce qui était deux facteurs importants, mais Beth n'avait pas vraiment envie de se battre. Elle n'avait pas la même étincelle qui coulait dans les veines de Maggie.
Pas assez de tripes, c'est ce que Merle aurait dit.
Eh bien, Daryl ferait en sorte de changer cela. Il lui montra en premier lieu comment donner un bon coup de poing, le pouce placé de manière à ne pas casser.
C'était beaucoup plus relaxant que d'être avec Carl. Beth ne voulait pas nécessairement être là, mais au moins, elle ne fulminait pas. Elle continuait à poser des questions au sujet de Carl, comme s'il gardait délibérément un secret pour l'énerver.
— Concentre-toi où t'arriveras à rien, reprocha-t-il.
Il essayait de garder une voix plus douce. Carl répondait à la force, mais il pensait encore que Beth était comme un animal effrayé. Il ne savait pas pourquoi il la rendait si nerveuse, mais il était évident que c'était l'effet qu'il avait sur elle, surtout quand il élevait la voix quand il se sentait frustré par ses erreurs.
Daryl n'était pas impressionné par ses faibles coups de poings qui atteignaient ses paumes ouvertes. Ils ne briseraient même pas une feuille de papier et blesseraient encore moins un être humain.
— T'essaies même pas, lança-t-il sèchement oubliant son auto-promesse d'être gentil avec Beth.
— J'essaie ! affirma-t-elle.
Elle mit un peu plus de force dans son prochain coup de poing.
— Pathétique, répliqua-t-il.
Sa bouche se serra dans une ligne mince et elle essaya à nouveau. C'était déjà beaucoup mieux pour le moment et Daryl se rendit compte qu'il la guidait dans la bonne direction. Sur une intuition, il baissa les mains :
— Que Dieu nous aide si on doit compter sur toi. On serait tous morts.
Il se tourna à moitié avec l'intention de partir. Beth poussa un petit cri de colère et frappa sa joue. Pas assez fort pour le mettre à genoux, mais suffisamment pour laisser une ecchymose. L'angle maladroit avait fait en sorte que ses doigts heurtent plus durement sa peau. Daryl pouvait sentir un mince filet de sang glisser le long de sa joue. C'était juste une petite coupure et loin d'être en colère, il se sentait heureux.
Le visage de Beth était subitement consterné.
— Je suis vraiment désolée Daryl, haleta-t-elle.
— Je vais bien.
Il avait reçu tellement de coup dans sa vie que sa tête était devenue bien plus dure.
— Mais tu saignes, nota Beth avec inquiétude, laisse-moi regarder.
Pour la première fois, Daryl entendu un ordre provenant de la bouche de Beth. Il fit un pas hésitant vers elle, mais pas assez près pour qu'elle puisse avoir un bon aperçu. Elle redressa la tête et ferma la distance. Avec des mains habiles et douces, elle le força à pencher la tête pour mieux voir.
Qui aurait su qu'il fallait que ce soit une urgence médicale pour que Beth prenne de l'assurance ? La jeune fille n'avait pas hésité une seule seconde. En cet instant, elle ressemblait bien plus à une femme confiante qui était habituée à écouter les gens. Il rejeta cette pensée. C'était une chose stupide de toute façon. Il avait probablement passé trop de temps au soleil.
— C'est pas profond, songea-t-elle.
Daryl aurait pu le lui dire, mais il garda sa bouche fermée. A sa grande surprise, elle dénoua la chemise attachée autour de sa taille et utilisa l'ourlet pour essuyer le sang. Beth dut se dresser sur la pointe des pieds pour combler la différence de hauteur. Debout à côté d'elle, il se rendit compte à quel point Beth était minuscule. Maggie avait clairement obtenu des gènes d'Amazone.
Contre toute attente, elle leva la main pour toucher la cicatrice près de la racine de ses cheveux.
— C'est quoi ça ?
— Une balle, répondit Daryl d'un ton bourru.
Elle se tenait trop près de lui et il pouvait sentir son souffle. Elle le touchait doucement.
— Je m'en souviens, déclara-t-elle.
Elle sembla brusquement se rappeler d'à quel point elle était proche de lui. Elle fit un pas en arrière et à la consternation de Daryl, il vit qu'elle rougissait à nouveau. Avec une horreur abjecte, il se rendit compte qu'elle n'était pas la seule.
C'était juste une ado, il n'avait pas le droit de réagir de cette manière. C'était à cause de sa foutue compassion, se dit-il, et il ne s'y était juste pas attendu. Elle était habituée à prendre soin des autres, se souvint-il. Beth et Carol assistaient souvent Hershel s'il avait besoin d'aide médicale. Elle élevait pratiquement Judith. La blessure de Daryl venait juste de déclencher son instinct maternel.
— Je dois rentrer, j'ai laissé Judith avec Sasha, balbutia Beth.
Elle disparut avant que Daryl n'ait pu prononcer un seul mot. Il resta debout au même endroit, en se demandant juste ce qui venait de se passer.
