Bonjour à tous ! Je poste ce 1er chapitre bien en avance de ce que j'avais prévu mais comme je pars en vacances demain dans un lieu sans Internet jusqu'à fin Août, je me suis dit que ce ne serais pas très correct de ne vous laisser qu'avec un très court prologue. Néanmoins, je suis ravie des réactions que ce dernier a pu susciter ! J'espère qu'il vous a plu et je remercie toutes les personnes qui l'ont lu ainsi que celles qui y ont réagis !
Pour information, la fin de cette histoire est déjà rédigée ainsi que les chapitres « pivots », ceux qui sont nécessaires au récit. Cependant, il reste à ajouter autour des « fioritures littéraires » qui font que la fiction ne soit pas qu'un assemblage d'événements. Mon rythme de publication devrait donc être d'une semaine sur deux (de préférence le Samedi après-midi) une fois de retour de vacances.
Assez parlé, je vous présente le premier chapitre de cette fiction, bonne lecture !
Le 25 Août 2009 – Maison de Severus Rogue et Harry Potter
« - Dis ?
- Quoi ?
- Tu m'aimes ?
- Tu tiens vraiment à me poser cette question après m'avoir réveillé bien trop tôt alors que je me suis couché très tard hier soir ?
- Mais c'est toi qui as insisté en disant que ton rythme de travail ne devait pas interférer sur notre vie de couple.
- Et notre vie de couple consiste à se dire des mots doux à longueur de journée ?
- Pas seulement. Mais si tu penses à autre chose, je suis preneur !
- Rendors-toi Harry, je suis fatigué.
- J'ai vraiment l'impression d'avoir épousé un vieux…
- C'est le cas. Laisse le vieux dormir maintenant. »
Severus soupira et rabattit les couvertures sur sa tête, bien conscient que cette maigre altercation ne suffirait pas à décourager le Gryffondor stupide qui partageait son lit – et accessoirement, sa vie – depuis déjà 11 longues années. Merlin, comme le temps passait lentement lorsque l'on devait s'occuper de deux enfants à la maison…
« - Si tu es réveillé, va voir comment va le petit.
- Il doit sûrement être en train de lire. Tu sais bien quel genre de regard il lance lorsqu'on le dérange en pleine lecture. Merlin, si jeune et déjà si sérieux… J'ai parfois l'impression de voir une parfaite réplique d'Hermione ! T'ai-je dit que lors de notre première année-… »
Et le voici repartit sur une de ses passionnantes anecdotes sur sa scolarité et ses formidables amis. Severus poussa un soupire las avant de se concentrer sur autre chose que le babille du Gryffondor. Mais cela se révéla bien plus facile en théorie qu'en pratique. Ce stupide Survivant ne se taisait-il donc jamais ? Ce qu'il pouvait être bavard… Et dès le matin qui plus est ! N'avait-il donc aucun respect pour le travail harassant qu'il effectuait chaque nuit, ce qui l'obligeait à se coucher tard, donc à devoir compenser son temps de sommeil sur la matinée ? Mais non, évidemment, pourquoi Harry-Stupide-Potter devrait-il s'en soucier ?
« … et c'est là où nous nous sommes rendus compte que malgré tes cheveux gras tu n'étais pas le méchant de l'histoire. Dis, tu m'écoutes ?
- Mmmh.
- C'est dingue ça, s'offusqua Harry, pour parler potions y a du monde mais quand il s'agit de s'intéresser à mes propres histoires, là, y a plus personnes ! »
Seul un énième soupire las lui répondit… Ainsi qu'un regard noir émergeant de sous les couvertures.
« - … Si je fais ce que tu veux, tu me laisseras dormir ? »
Un sourire malicieux s'étira de part en part sur le visage du Gryffondor. Il ne connaissait que trop bien ce regard…
« - Qui te dit que je vais te laisser dormir après ça ? »
Severus lève les yeux au ciel puis soupire de nouveau. Lui qui espérait se reposer lors de cette matinée allait devoir apprendre le respect du sommeil des autres à un Gryffondor insatiable.
Fier de son succès, ledit Gryffondor se hissa à califourchon sur le bassin du maître des potions de Poudlard et entreprit de dégager du mieux possible un peu de peau pâle derrière sa chemise de nuit grise.
« - J'ai quand même du mal à croire que tu sois toujours aussi bien foutu à ton âge sans avoir besoin de potions ou quoique ce soit.
- Mon grand âge te remercie, jeune blanc-bec, mais pour ta gouverne, une année pour un sorcier équivaut à cinq ans pour un moldu. »
Harry cessa son activité et observa Severus avec de grands yeux.
« - Ne me regarde pas avec ton regard de merlan frit. Nous, sorciers, vivons plus longtemps que les moldus car notre horloge biologique est différente de la l'heure.
- Tout cela grâce à la magie ?
- Evidemment, quoi d'autre ?
- Je ne sais pas…
- Harry, soupira Severus, tu n'es pas sans savoir que de la magie coule dans nos veines. Si ?
- Et bien…
- Tu pensais que cela venait d'où ?
- Je n'en sais rien moi…. Enfin, je veux dire… Je ne pensais pas que nous étions fondamentalement différents des moldus…
- Et bien c'est le cas. Nous n'avons rien à voir avec les moldus car nous sommes bénis par la magie et pas eux.
- Mais, ce n'est pas un peu extrême comme définition… ? »
Severus soupire avant de se redresser, dévisageant le Gryffondor abasourdi, assit sur son ventre. Il avait beau pleinement vivre dans le monde magique depuis plusieurs années, certains aspects lui échappaient toujours.
« - C'est ainsi, voilà tout. La Magie choisie elle-même le corps qu'elle va alimenter.
- Attends, tu veux dire que l'on peut mourir si l'on cesse d'utiliser la magie ?
- Précisément. C'est pour nous une fonction vitale, comme le fait de respirer. »
Harry écarquilla davantage les yeux sous un soupire un peu plus amusé de Severus.
« - C'est pour cela que je ne veux pas acheter de lave-vaisselle. Nous ferons notre vaisselle comme tous les autres, à l'aide de la magie.
- Soit… »
Harry prit son air pensif : la mine renfrogné et les lunettes glissant sur le nez. Severus le trouvait craquant dans cette position et voulut lui subtiliser un baiser quand le Gryffondor l'interrompit de nouveau.
« - Mais et les enfants nés de moldus alors ?
- Ben quoi ?
- Ben… Si jamais ils vivent dans un pays reculé et qu'ils n'apprennent jamais qu'ils sont des sorciers ?
- Impossible. Chaque nouvelle naissance de sorcier est automatiquement enregistrée sur le livret des naissances de son pays mais également au sein du Grand Parlement Magique International. Et comme les enfants sorciers sont tellement rares, les gouvernements ont plutôt tendances à vouloir les protéger et se chargeront de leur révéler leur héritage. C'est plus clair maintenant ?
- Oui professeur Rogue. »
Harry lui fit un clin d'œil avant de se pencher vers lui pour l'embrasser doucement, posant sa main sur son torse. Il se redresse ensuite quelque peu pour observer son ancien professeur et lui faire un sourire aguicheur.
« - Mais maintenant, j'aimerais passer à une nouvelle leçon.
- Avant de pouvoir passer à une nouvelle, il faudrait tout d'abord revoir les bases, fit Rogue en glissant ses mains en direction des fesses de son jeune amant.
- Vous êtes bien consciencieux professeur. »
Severus baisse le pantalon de pyjama d'Harry et s'apprête à passer ses mains sur une certaine partie de son anatomie lorsqu'un hibou vint se poser sur la tête du Survivant. Ce dernier, surpris, voulut l'en déloger mais la bête lui hulula dessus avant de lui tendre une lettre. Grognant, Harry la prit et commença à la lire avant de soupirer et de congédier le volatile.
Sous le regard interrogateur et agacé de son amant, Harry lui expliqua :
« - Notre fils nous attend pour petit-déjeuner. Il nous rappelle par ailleurs bien aimablement que nous n'avons toujours pas acheté ses affaires scolaires alors que la rentrée est dans peu de temps et que son parrain lui a promis un cadeau aujourd'hui.
- Nous devons nous habiller et descendre c'est cela ?
- C'est ça.
- Ah les enfants… »
Le 25 Août 2009 – Chaudron Baveur
« - Bon alors, fais voir ta liste… Bon, ton père et moi pourrons te passer nos anciens manuels, les programmes n'ont pas changés en 10 ans. Par contre, nous devrions acheter ton uniforme et de nouvelles capes, peut-être… Un peu de papeterie ne ferait pas de mal également, ton propre chaudron…
- Je devrais en outre passer chez l'apothicaire. Il me manque certains ingrédients pour mes potions.
- Quoi ? Encore avec tes potions, s'exclama Harry.
- C'est mon travail je te le rappelle. Et un bon artisan n'est rien sans ses outils.
- Oh la barbe… »
Avisant le regard de son fils, Harry sut que ce dernier partageait ses impressions, bien qu'il le montre avec un peu plus de retenue et de modération.
« - Bon, voilà ce qu'on va faire Tom, je te donne un peu d'argent et tu vas t'acheter ce qu'il faut à la papeterie et si tu souhaites une chouette ou un tout autre animal à Poudlard. Pendant ce temps, ton père et moi nous occuperons de son matériel en potion, du tien et de ton uniforme. D'accord ?
- Oui père.
- Ne te perds pas surtout, ne parle pas aux inconnus, dis bonjour, au revoir et merci aux commerçants, ne mange pas trop de bonbons – n'oublie pas que ton parrain nous attends à 15h chez Florian Fortarôme – sois prudent sur le chemin et si jamais tu te perds, lance une fusée de détresse dans les airs, entendu ?
- Harry, inutile de le couver autant. Thomasus est grand, il peut se débrouiller.
- Mais c'est encore un enfant Severus, qui sait ce qui peut plus arriver…
- Ne craignez rien père, dit Tom, je serais prudent. Je vous retrouverai sans crainte chez le glacier à 15h.
- Tu vois, il est responsable.
- Bon… »
Après quelques recommandations supplémentaires et une étreintes affectueuse, Harry laissa partir son fils dans le Chemin de Traverse avant de lui-même suivre son amant en direction de l'apothicaire.
« - J'espère que tu ne prendras pas trop de temps…
- Si tu veux, va m'attendre au magasin d'accessoires de Quidditch.
- … Je ne suis plus un enfant, je sais me tenir dans les magasins…
- Alors arrête de râler et suis-moi. »
Pour la forme, Harry râla un peu avant qu'une voix à l'accent italien familier ne l'interpelle.
« - Ça alors ! Si ce n'est pas ce cher Harry Potter ! »
Harry se retourna et vit apparaître les deux frères Fabia : Everett et Antonius. Ce dernier qui s'était laissé pousser le bouc depuis leur dernière entrevue, vint lui serrer la main avec chaleur tandis que son frère aîné demeurait plus en retrait.
« - Et bien, il faut croire que la vie de couple vous réussit, je ne vous ai pas reconnu !
- Ça c'est parce que tu es myope comme une taupe sans tes lunettes Antonius.
- Mais non Everett, enfin ! Soupira Antonius avant de se retourner vers Harry. Comment allez-vous alors mon cher ? Prêt pour cette rentrée ?
- Pour tout vous avouer, je suis un peu inquiet mais également confiant. Cela me fait plaisir de retourner à Poudlard.
- Il n'y a pas que vous que cela réjouit, l'on ne parle que de ça au sein du personnel, vous devriez entendre les commérages !
- Et vous Antonius, comment se passe votre séjour au château, lui demanda Severus.
- Ma foi pas trop mal.
- J'ai entendu dire que vous assistiez Pomfresh et le professeur Chourave.
- Et également ce vieux Rusard ! Cet emploie n'est pas de tout repos mais depuis que j'ai découvert les cuisines, j'y trouve un certain charme ! Tout s'embellit avec un bon repas et un bon vin, vous les Anglais ne savez vraiment pas comment vous nourrir, s'en est un comble tout de même ! Il faudra que j'en touche quelques mots à Dumblydore…
- Dumbledore, Antonius.
- Oui oui, c'est du pareil au même, fit ce dernier avec un vague geste de la main. »
Les quatre adultes restèrent à discuter un moment de tout et de rien avant de se diriger vers l'apothicaire pour acheter des ingrédients manquant tant à Severus qu'à Antonius.
« - Et vous Everett, vous êtes venus rendre visite à votre frère ?
- Oui. Nous allions nous recueillir sur sa tombe avant le départ de mon train. »
Un silence gêné s'abattit sur le petit groupe, ce dont ne semblait se soucier ni Severus, qui continuait son commerce, ni Everett, qui conservait sa mine austère.
« - Vous aussi vous alliez vous recueillir ?
- Et bien oui, j'en avais l'intention…
- J'espère que c'est plus qu'une intention, Monsieur Potter, n'oubliez pas que mon jeune frère est mort lors de votre combat.
- Everett, enfin…
- Tais-toi Antonius. Partons ou je n'aurais pas le temps de rendre mes hommages avant le départ du train. Bonjour chez vous. »
Et sans un dernier regard, le chef de la famille des Fabius partit, peu après suivit par son frère cadet qui prit tout de même le temps de saluer correctement le couple avant de lui emboîter le pas.
« - Quel homme sévère, fit Harry, une fois la cape émeraude de riche facture d'Everett Fabia au loin.
- C'est un homme important. Je crois également qu'il ne s'est toujours pas remis de la mort de Quintus.
- Parce qu'il pense que moi peut-être j'éprouve du plaisir en pensant à sa mort ?
- Non Harry. Mais certaines personnes n'expriment pas leur douleur de la même façon que les autres. »
Un nouveau silence tomba, mais cette fois-ci entre eux deux. Severus continuait de fouiller parmi les étagères tandis qu'Harry se murait dans un silence gêné. Après quelque temps, Severus reprit la parole :
« - Ce n'est pas un homme stupide mais blessé. Un jour, il comprendra.
- Je l'espère… »
Non loin de là, Thomasus Salazar Potter-Rogue terminait ses achats dans la papeterie située non loin du magasin Fleury et Bott. Tom avait trouvé tout ce dont il avait besoin, paya et sortit de la boutique. C'était un jeune garçon ayant atteint sa onzième année, vêtu comme la plupart des enfants sorciers de bonne famille, aux cheveux noirs impeccablement coiffés et aux yeux rouges qui lui conféraient une certaine originalité. Il était irréprochable tant par sa tenue que par son habillement ou ses relations mondaines. Bien jeune, il avait appris à plaire aux autres, ce que ses parents ne voyaient pas toujours d'un très bon œil. Bien qu'il les aimât plus que tout, il n'ignorait pas que la société était cruelle et ne faisait de cadeaux à personne, et encore moins aux personnes trop naïves qui accordaient trop facilement leur confiance dans les autres. Oui, Tom était misanthrope et ne s'en portait pas plus mal : mieux valait vivre seul que mal accompagné.
Tout à ses pensées, il ne fit pas attention au chemin qu'il empruntait et sans savoir comment, se retrouva au cœur de l'Allée des Embrumes, près d'une boutique proposant une promotion sur ses chandelles venimeuses.
Il déglutit et fit demi-tour, il n'avait pas le droit d'être là. Si jamais son père l'apprenait, il lui ferait passer un savon tel qu'il s'en souviendrait encore le siècle prochain. Cependant, alors qu'il allait sortir de cette Allée sinistre, une vieille femme lui agrippa le poignet, le tirant dans une ruelle encore plus sombre et plus crasseuse que tout ce qu'il avait vu jusqu'à présent. Il voulut crier mais cette dernière plaqua sa main rêche contre sa bouche, l'empêchant de parler. Il opta pour une attitude calme et faussement détendu, cherchant tout de même sa baguette magique dans sa poche.
« - Vous voilà, maître, je pensais ne jamais vous revoir… On vous croyait mort… Oui mort, encore… Mais vous ne pouvez mourir maître, vous nous l'avez dit… J'ai toujours eu foi en vous maître et là, je vous ai retrouvé, je vous suis encore fidèle… Nous vous sommes encore fidèle… Certains sont prêts, même si la Marque a disparue… Nous savons que vous reviendrez… Comme vous l'avez déjà fait… Il nous fallait juste faire preuve de patience, comme vous nous l'aviez dit… Oui, comme vous nous l'aviez dit…. »
Avisant son air apeuré dissimulé par de la colère dans ses iris grenats, la vieille sorcière le relâcha. Elle semblait encore vouloir parler et avant que Tom ne puisse prendre la poudre d'escampette, elle reprit la parole :
« - Vous nous avez demandé de vous retrouver… C'est chose faite… Maintenant, laissez-moi poursuivre la mission que vous m'aviez confiée… Je vous en prie, maître, acceptez ce journal… »
La vieille sorcière lui tendit alors d'un air profondément servile un vieux journal en cuir noir où aucune inscription ne transparaissait sur la couverture ou la reliure. Intrigué, il prit le journal et le feuilleta. Il ressemblait à n'importe quel journal intime sauf que ses pages étaient vierges. Etranges si l'on considérait la couleur et l'odeur du papier qui indiquaient un certain vieillissement.
« - Que veux-tu que je fasse de ça, vieille folle ? »
Cependant, nul ne lui répondit. Lorsqu'il releva les yeux, la vieille sorcière avait disparue. Agacé par ce manège, Tom sortit de l'Allée des Embrumes, le journal dans la poche de sa robe. Il ferait mieux de se diriger vers le glacier, l'heure du rendez-vous approchait.
Le 25 Août 2009 – Sur la terrasse de Florian Fortarôme
Harry, Severus et Tom étaient assis en train de déguster l'un des sundaes gratuits que Florian distribuait à ses clients préférés toutes les demi-heures. Severus était persuadé que sans la présence d'Harry, il n'aurait jamais pu avoir une collation gratuite mais ce dernier le rassurait en lui disant qu'il se faisait des idées et que certaines personnes l'appréciaient. Severus se contentait de cette réponse, pour quelque temps du moins.
Ils étaient arrivés un peu en avance pour pouvoir profiter du sundae gratuit et attendaient désormais le parrain de leur fils qui devait les rejoindre sous peu, revenant d'un voyage – à ses dires – périlleux en France.
Enfin, ils aperçurent parmi la foule de sorciers une chevelure blonde parfaitement coiffée à l'aide de gel se frayer élégamment un chemin avant de prendre place à leurs côtés. Malgré les années et les contrariétés, Drago Malefoy conservait sa stature de sang-pur mondain. Il commanda un sorbet et entama la discussion par quelques banalités avant de s'enquérir de leurs nouvelles puis de se tourner vers son filleul.
« - Dis-moi, n'aurais-tu pas grandi depuis la dernière fois ?
- Peut-être, parrain.
- Tu rentres à Poudlard cette année. Es-tu nerveux ?
- Plutôt impatient.
- Tu n'as rien à craindre de toute façon, ce n'est pas comme si tu y allais tout seul. »
Tom acquiesça tout en lançant un regard à ses parents, tous deux professeurs au sein de la noble institution sorcière de Poudlard.
« - Je n'étais pas présent à ton anniversaire et m'en excuse.
- Je sais parrain, un voyage diplomatique.
- Et oui, encore un. Mais, je ne t'ai pas oublié pour autant.
- Je sais, vous m'avez envoyé une carte et des cadeaux par hiboux. J'ai bien cru qu'ils n'arriveraient jamais à faire le voyage tant vous les aviez chargés…
- Un Malefoy n'offre que ce qu'il y a de meilleur enfin. Quoiqu'il en soit, je voulais t'offrir, avec tes parents, un cadeau spécial que je ne pouvais te remettre qu'en main propre. »
Intrigué, le jeune garçon reposa sa cuillère et observa son parrain avec plus d'attention.
« - Tiens, c'est pour toi. »
Drago déposa sur la table une cage recouverte par un tissu sombre. Tom le souleva, découvrant ainsi un superbe serpent – jeune, à en juger par sa taille – de couleur noire et aux yeux dorés. Surpris par le cadeau, il observa le serpent sous toutes les coutures tout en jetant quelques regards à ses parents. Son père (Harry) semblait heureux pour lui tandis que son autre père (Severus) semblait plus renfrogné. Il n'eut pas le loisir d'y songer plus que de raison car Florian revenait avec d'autres sundaes. Drago remit le voile sur la cage puis la donna à son filleul.
« - Elle te plaît ?
- C'est une femelle ?
- Oui. Ce sont les plus agressives.
- Beaucoup, oui. Merci Drago. »
Il vint alors serrer son parrain dans une étreinte chaleureuse.
« - Tu veux lui donner un nom ?
- C'est que… Je n'y ai pas encore réfléchis, je m'attendais plutôt à un hibou…
- Bah, je te laisse tout le temps nécessaire à ta réflexion, tu m'écriras pour m'en donner des nouvelles.
- Promis. »
Le reste du goûter se passa dans une ambiance familiale : les adultes discutaient entre eux de l'année à venir tandis que Tom faisait connaissance avec sa nouvelle amie.
« - Que dis-tu de… Nagini ? »
Le serpent sembla approuver.
Le 31 Août 2009 – Tombe de Quintus Fabius
Tom avait accompagné son père, Harry, pour un dernier hommage sur la tombe d'un de ses amis, mort pendant une grande guerre. Il ne savait pas trop laquelle ni pour quelle raison cette dernière avait eu lieu – son père restait assez évasif sur le sujet – mais il savait qu'il devait rendre hommage à ceux qui y avaient participés. Après leur recueillement, ils rentrèrent afin de boucler les derniers préparatifs pour le départ du lendemain.
Le 1er Septembre 2009 – Couloir menant à la Grande Salle de Poudlard
Le voici à Poudlard. Il était un peu nerveux mais tâchait de rester impassible face au groupe de Première Année qui s'agitait et parlait dans tous les sens. Il avait toujours eu envie de sortir du lot et de se démarquer, et garder son calme en toutes circonstances l'aidait à atteindre son but.
Puis, les portes s'ouvrirent et lui et ses camarades s'avancèrent. Il reconnut ses parents à la table des professeurs et leur fit un discret signe de tête, recevant en retour un sourire chaleureux de la part d'Harry et un signe de tête plus réservé de la part de Severus. Il savait, contrairement à certains de ses camarades visiblement nés-de-moldus, qu'il allait devoir se soumettre au Choixpeau magique une fois que ce dernier aurait terminé sa chanson.
« - Je vais maintenant vous appeler par ordre alphabétique, dit le Professeur Mc Gonagall en tenant un parchemin, et vous mettrez le Choixpeau sur votre tête. Ce dernier décidera de la Maison qui sera la vôtre pour toute votre scolarité. Stoddard Ancrum. »
Un gros garçon à l'air timide et aux tâches de rousseau parsemant son visage s'avança d'un pas hésitant vers le Choixpeau. Ce dernier sembla pensif quelques instant avant de lancer un tonitruant « POUFSOUFFLE ! ». La répartition se fit sans incident et Tom ne fut pas soucieux en ce qui concernait sa future maison : il savait déjà où il irait.
« - Susan Blekinshop.
- POUFSOUFFLE !
- Castor Cook.
- GRYFFONDOR !
- Angelus Dearborn.
- SERDAIGLE !
- Maggie Derleth.
- POUFSOUFFLE !
- Xenophilius Fincher.
- SERDAIGLE !
- Zoticus Flamel.
- SERDAIGLE !
- Ralph Jones.
- GRYFFONDOR !
- Taurus King.
- GRYFFONDOR !
- Aidan Livius.
- SERPENTARD !
- Erin Mc Gruder.
- POUFSOUFFLE !
- Marius Midgen.
- SERPENTARD !
- Undine Oliphant.
- POUFSOUFFLE !
- Simon Plum.
- POUFSOUFFLE !
- Thomasus Salazar Potter-Rogue.
- SERPENTARD !
- Enitxis Rosier.
- SERPENTARD !
- Artemis Thomsonile.
- GRYFFONDOR !
- Ruby Underhill.
- GRYFFONDOR ! »
La Répartition prit fin sur les derniers « Hourrah ! » enthousiastes venant de la table des Rouges et Ors. Tom lui-même avait été plutôt bien accueilli par ses camarades de Serpentard et avait serré quelques mains à son arrivés. Il prit place entre une jeune fille aux cheveux châtains clair et bouclés, aux yeux verts et aux grosses lunettes du nom d'Enitxis Rosier et un garçon livide aux cheveux blond et aux lunettes carré du nom d'Aidan Livius. En face de lui, Marius Midgen, un garçon aux cheveux roux et aux yeux noirs, prit place et lui offrit un sourire qu'il ne sut qualifier au premier abord. Néanmoins, il demeura sympathique envers tous ses camarades, répondant poliment à leurs questions tout en instaurant une barrière tacite autour de sa personne et de sa vie privée par la même occasion. Seuls ses voisins de droite et de gauche ne lui posèrent pas de questions, se contentant vraisemblablement d'écouter les réponses qu'il donnait et d'en tirer leurs propres conclusions. C'était de camarades dans leur genre que Tom devait se méfier le plus. Il devait garder à l'esprit qu'il était désormais à Serpentard et qu'il serait jugé tant sur ses actes que sur ses paroles : il ne pouvait se permettre de commettre la moindre erreur.
Puis, les conversations s'évanouirent lorsque les élèves entendirent leur Directeur, Albus Dumbledore, donner quelques petits coups sur son verre. Il veilla à obtenir l'attention de tous avant de prendre la parole :
« - Chers élèves, avant toute chose, bienvenue à Poudlard ! Que vous veniez d'entrer en Première Année ou que vous soyez un ancien de cette école, je me dois de vous rappeler certaines règles... »
Tom esquissa un sourire en se souvenant des récits de son père qui lui, avait dû enfreindre la presque totalité des règlements de cette institution, au grand dam de son autre père.
« - … Je voudrais également profiter de mon temps de parole pour faire une annonce. Tout d'abord, je vous prierai d'accueillir chaleureusement Harry James Potter qui accepte bien généreusement de prendre le poste de Professeur de Défense contre les Forces du Mal. »
Un vague d'applaudissement suivie cette annonce. Personne n'ignorait qui était Harry Potter et beaucoup attendait son cours avec impatience. Harry, sourit en retour, fit quelques discrets petits signes de main pour saluer et se rassit ensuite, s'étant levé à l'annonce de son nom.
« - Faites-lui un bon accueil et continuez à travailler aussi studieusement que vous l'avez fait précédemment. Je voudrais également signaler que M. Fabia, dirigera le club de duel de Poudlard qui se tiendra tous les Jeudis après-midi. N'hésitez pas à aller vous inscrire. En ce qui concerne les inscriptions dans les autres clubs, adressez-vous à vos préfets et Directeurs de Maisons pour les modalités car je dois avouer, qu'à mon grand âge, je m'y perds un peu. »
Quelques rires suivirent sa déclaration avant que le vieux mage ne reprenne la parole.
« - Ceci étant dit, je vous demanderai d'adopter le plus grand sérieux pour la nouvelle qui va suivre. En effet, je vous annonce que cette année, je pars en voyage et serait très peu présent au sein de l'école. Je nomme la Directrice-adjointe, Minerva Mc Gonagall, Directrice en mon absence. La gestion de sa Maison sera donc la tâche de votre Professeur de Défense contre les Forces du Mal. »
Tom vit ses parents blêmir à l'annonce mais il se doutait que ce devait être pour deux raisons différentes.
« - N'éternisons pas ce discours plus que nécessaire, j'ai déjà bien trop parlé. Je vous souhaite donc un bon appétit ! »
De nombreux cris de joies s'ensuivirent lors de l'apparition des plats, bien qu'une réaction plus modérée soit de mise à la table des Serpentard ainsi qu'à celle des Serdaigle. Tout en mangeant et en discutant avec ses camarades, Tom jetait quelques regards en direction de ses parents. Harry semblait nerveux et Severus énervé. Ce n'était visiblement pas le bon moment pour leur demander conseil.
Le repas se poursuivit dans un calme relatif avant que les préfets ne marquent le coup d'envoi en accompagnant les Premières Années dans leurs salles communes respectives. Leurs Préfets, une fille aux longs cheveux blonds tressés et aux yeux durs du nom de Hebe Lovecraft et un garçon au visage carré et aux cheveux ternes du nom d'Andros Twycross les conduisirent chacun dans leur Dortoir sans oublier de leur donner leur mot de passe – à ne surtout pas oublier ni divulguer – : « Errare humanum est ».
Les trois garons partirent s'installer dans leur dortoir tandis qu'Hebe conduisit Enitxis dans le sien.
« - La chance, fit Marius en s'installant sur son lit, elle a un dortoir pour elle toute seule !
- C'est parce que nous ne sommes pas beaucoup à Serpentard à cette année… Lui répondit doucement Aidan.
- Ouais, y a trop de Poufsouffle et de Gryffondor, c'est pour ça. Mais ce n'est pas ça qui nous empêchera d'avoir la coupe des 4 Maisons ! »
Il ricane avant de commencer à déballer ses affaires. Tom lui, avait déjà rangé les siennes depuis longtemps et, souhaitant couper court à toutes conversations, ferma les rideaux de son lit à baldaquin avant de s'allonger sur ce dernier. En s'allongeant, le petit journal de cuir noir tomba de la poche de sa robe et atterrit non loin de lui. Il lui jeta un coup d'œil désintéressé avant de se tourner de l'autre côté du lit et de fermer les yeux.
Le 1er Septembre 2009 – Appartements de Severus Rogue et Harry Potter
« - Tu as vu ? Il est Serpentard.
- Oui Sev', c'est normal après tout.
- Normal ? Dois-je te rappeler qui il est ?
- Pas la peine Severus, nous savons tous les deux qu'il s'agit de notre fils, Thomasus Salazar Potter-Rogue et rien de plus. Un petit garçon qui vient de faire sa rentrée en Première année à Poudlard et qui a été répartit dans la Maison Serpentard. »
Harry n'employait que rarement un ton et une posture sévère, seulement lorsque la situation le nécessitait.
« - … Tout de même, entre ça et son serpent…
- C'était un cadeau d'anniversaire de la part de Drago.
- Ne te moque pas de moi Harry, fit sévèrement Severus, les sourcils froncés. Je sais que toi et lui avez conspirés pour lui faire ce présent.
- Mais as-tu vu à quel point cela le rendait heureux ?
- Oui, et c'est justement ce qui m'inquiète…
- Allons Severus, il n'y a pas de raison… »
Severus soupire et fait signe à son amant de le rejoindre sur le lit ce que fit ce dernier avec une petite moue boudeuse.
« - Tu sais bien que le risque n'est pas nul.
- De quoi ?
- Qu'il apprenne la vérité sur son identité.
- Tu t'angoisse vraiment pour rien Severus… Moi je pense qu'avec l'amour et l'éducation tolérante que nous lui donnons, nous avons éliminé une bonne fois pour toute Voldemort. Il n'est que Tom, tu le sais aussi bien que moi… Et puis, aurais-tu préféré qu'il aille à Poufsouffle, fit Harry d'un ton taquin ?
- Tout de même pas… Soupira Severus. Mais Serdaigle n'aurait pas été plus mal.
- Allez, je suis sûr qu'il va rapidement se faire des amis. Tu as vu comment il souriait à la table lors du dîner ? »
Severus laisse échapper un nouveau soupire. Parfois, son amant se révélait bien trop naïf et confiant en l'humanité.
Le 1er Septembre 2009
Je n'ai jamais tenu un journal mais je n'aime pas gâcher. Voici donc ma première entrée dans ce journal de bord. Je ne vois pas trop ce que je pourrais y consigner mais il parait qu'utiliser un journal est bon pour le moral. Pas que j'ai le moral dans les chaussettes, aucunement…
J'ai fait ma rentrée à Poudlard aujourd'hui. Je suis à Serpentard. Je m'y attendais. Mes parents m'ont brièvement expliqué en quoi consistaient les quatre Maisons de Poudlard lorsque j'étais plus jeune et j'ai toujours eu une affinité particulière pour cette maison. Peut-être parce que je porte le nom de Salazar et que, comme lui, je peux parler aux serpents. Je l'ai su il y a peu, en discutant avec Nagini. J'étais surpris mais pas effrayé, je me suis toujours senti différent des autres enfants.
Il ne faut pas que mes parents l'apprennent où ils risquent de ne pas très bien le prendre. Nagini m'a dit que les sorciers parlant le Fourchelangue (la langue des serpents) étaient très très rares. Je doute d'en rencontrer un, un jour. Toutefois, cela n'est pas exclu. J'ai envie d'en savoir plus sur mon héritage magique et ce que peux m'apporter cette particularité.
En attendant d'en savoir plus, je préfère la dissimuler. Je dois me considérer en milieu hostile, particulièrement avec mes camarades de chambre : Marius et Aidan sont étranges et dégage une drôle d'aura. Je n'ai pas réussi à mettre le doigt dessus mais je sens quelque chose chez eux qui ne va pas. Il semblerait que je ne sois pas le seul à l'avoir remarqué mais comme leur aura n'est pas ouvertement menaçante, personne n'y prête attention.
Je verrais bien comment les choses évoluent.
Il faut que j'aille dormir. Je commencerai mon enseignement magique demain.
Tom.
