Enfin le chapitre 2 !

Je suis vraiment désolée pour l'attente ! La réalité c'est que j'avais fini ce chapitre depuis déjà un mois et demi mais, suite à des problèmes de santé, je n'ai pas pu le poster immédiatement... ^^'

Je rassure ceux qui suivent cette fic : je ne l'ai pas abandonnée et j'ai pleins d'idées pour les deux ou trois chapitres suivant !

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent toujours pas (sinon j'aurais déjà écrit une préquelle à HP) mais l'intrigue si.

Bonne lecture ! :D

La dernière marche de l'escalier grinça et l'homme marqua un temps d'arrêt. Il observa silencieusement le vieux couloir aux tapisseries poussiéreuses. Après un mouvement d'hésitation, il se dirigea vers la porte qu'il avait reconnue comme étant celle de la salle à manger. Un silence pesant régnait sur la maison dont l'atmosphère devenait étouffante. Le temps semblait ralentir au fur et à mesure qu'il s'approchait de la porte. Il était maintenant immobile devant le grand battant de bois sombre. Jamais il n'avait ressenti avec autant de certitudes l'importance du choix qui s'offrait à lui.

Il pouvait encore faire demi-tour, fuir une fois de plus. Il trouverait une excuse, détournerait le regard et ferait comme si de rien n'était. Il mentirait à son ami comme il savait si bien le faire et retournerait dans sa petite vie faite d'illusions. Bien en sécurité dans sa triste routine, il observerait de loin la déchéance de celui-ci avec un léger pincement au cœur.

Arrête ! Arrête de te mentir : la culpabilité te rongerait…

Ou bien il serait courageux cette fois-ci. Et honnête. Il avancerait sans frémir et sauverait son ami comme celui-ci l'avait déjà fait pour lui il y a longtemps. Il ne chercherait plus à se défiler. Il l'aiderait en prenant le risque que ses mensonges soient éventés. Après tout, c'était son dernier ami. Il valait plus que tout ce qu'il possédait d'autres. L'homme prit une grande inspiration avant de décider.

Sirius tendit l'oreille aux bruits qui lui parvenaient du couloir. Il était là. Immobile. Derrière la porte. Il lui semblait entendre le souffle rauque de sa respiration et le bruit sourd de son cœur à travers l'épaisseur de bois qui les séparait. Il attendit un instant en silence, les yeux toujours clos, la tête renversée en arrière.

Il va partir. Il n'entrera pas. Il va fuir.

Le grincement de la porte qui s'ouvrit doucement le fit sursauter. Il se redressa d'un coup, tourna violemment la tête dans la direction opposée et fixa résolument le vide.

« Bonjour… », murmura timidement Remus depuis l'embrasure de la porte.

Il est entré ! Que fais-t-il là ? Pourquoi n'est-il pas parti ?

« Tu ne devrais pas boire si tôt dans la journée… », ajouta Remus d'un air faussement détendu.

Et comme il n'obtenait aucune réponse, il se dirigea vers la cuisine pour se préparer une tisane. Il fouilla les placards et trouva un sachet de thé dans une boite à biscuit en fer blanc mais pas de tasse propre. Il se résolut à laver rapidement l'une des coupes qui trainaient dans l'évier parmi la montagne de vaisselle sale. D'un coup de baguette, il fit chauffer de l'eau dans une vieille bouilloire toute cabossée et la versa dans son verre. Il remua le sachet de thé un instant, le jeta dans la poubelle et alla s'assoir en face de Sirius dans la salle à manger. Celui-ci n'avait pas changé de position et fixait toujours le sol avec force, les sourcils froncés et le visage fermé.

Pars ! Je ne veux pas te voir. Je ne veux plus.

« Sirius ? », appela Remus en se penchant doucement sur la table, « Il faut qu'on parle… ».

Sirius laissa échapper un grognement sourd de mécontentement mais Remus ne se laissa pas impressionner par cette démonstration de mauvaise humeur. Il haussa les sourcils et attendit patiemment une réponse plus détaillée.

Ne me regarde pas comme ça !

« Je n'ai rien à te dire. », ajouta Sirius d'une voix rauque avant de reprendre une gorgée de whisky tiède.

Un silence pesant suivit cette déclaration. Personne ne savait quoi dire de plus et chacun contemplait le fond de son verre. Remus fut tenté de rentrer chez lui maintenant et de prendre un bon bain chaud pour oublier cette atroce soirée. Pourtant, il ne bougea pas et se contenta de jeter un regard peiné à son ami.

« S'il te plait, parles-moi. », murmura-t-il en jouant avec le tissu de la manche de sa veste. « Je m'inquiète de te voir comme ça… ».

Ne me mens pas !

« Tu n'avais pas l'air de t'inquiéter tant que ça hier soir ! » souffla Sirius d'un ton chargé de reproches. Il avait redressé la tête et transperçait Remus d'un regard chargé de frustration et de colère, contenue à grande peine. Celui-ci savait que la vraie épreuve commençait maintenant. Il savait depuis qu'il était entré dans la pièce que la conversation finirait comme ça. Qu'il devrait faire face à un Sirius déchainé et accusateur qui ne l'épargnerai pas.

« Je ne voulais pas que ça se passe comme ça ! Tu m'as forcé et je n'ai pas su quoi faire… », se justifia-t-il précipitamment. Il ne voulait pas que son ami puisse imaginer qu'il avait profité de sa faiblesse pour faire quoique ce soit. Sa réaction ne fit que décupler la colère de Sirius. Celui-ci se leva d'un bond et renversa sa chaise en arrière.

Ne remets pas la faute sur moi !

« Tu n'aurais pas dû te laisser faire ! Ou bien c'est ce que tu voulais au fond… », lança-t-il, les yeux flamboyants. Il pointa son index en direction de Remus d'un air venimeux avant de saisir son verre et de le vider d'une traite. Il en avait marre. Il n'en pouvait plus de sentir un soupçon de culpabilité lui coller à la peau. Dans le fond, il savait qu'il avait tort de s'emporter mais la fatigue et la nausée étaient venues à bout de ses scrupules.

« Non ! C'est juste que… Je n'aime pas te voir à la dérive. Et je sais que tu as besoin de mon aide. », répondit faiblement Remus en esquivant un geste pour se lever à son tour. Soudain, Sirius eut un vertige et il dut se cramponner au bord de la table pour ne pas tomber. Il sentit sa vision se troubler un instant et vit du coin de l'œil Remus se précipiter à son secours. Il repoussa sa main tendue d'un geste vif en essayant de retrouver sa dignité.

Ne me dis pas ça ! Pas avec ces yeux la ! Je suis un adulte maintenant ! Plus un gamin…

« Je n'ai pas besoin d'aide. Encore moins de la tienne ! », siffla-t-il rageusement avant de trébucher. Il s'en voulait d'être si minable. Même plus capable de tenir debout seul ! Il aurait voulu que son ami l'insulte, le frappe ou même l'abandonne. Cela aurait été moins douloureux que de voir la déception, la tristesse et l'inquiétude se refléter dans son regard. Il ne voulait pas de sa pitié. Il ne la méritait pas.

« Ne me mens pas. Tu sors tous les soirs, tu bois n'importe quoi et tu couches avec tout ce qui bouge ! »s'exclama Remus, perdant lui aussi son sang-froid. Il attrapa fermement le bras gauche de Sirius et l'aida à se redresser. Il ramassa sa chaise et le rassit doucement dessus. Sirius se dégagea violemment de son emprise avec un grognement indistinct.

« Et alors ?! J'ai perdu suffisamment de temps dans ma vie pour ne pas en profiter maintenant ! » Il n'en pouvait plus. Il étouffait dans son peignoir : son corps se couvrait de sueurs froides. Ses mains tremblaient violemment tandis que sa gorge était désespérément sèche. D'un geste hésitant, il attrapa son verre avant de se souvenir qu'il l'avait fini quelques minutes plus tôt. Il le reposa maladroitement sur la table en jurant entre ses dents. Sa respiration devint de plus en plus haletante et son regard se troubla. Il se redressa pour aller chercher de quoi boire dans la cuisine mais un nouveau vertige le prit et il s'écroula sans force contre le dossier de sa chaise.

Je n'en peux plus… De l'air… J'ai soif !

« Sirius, je ne te reconnais plus… », dit prudemment Remus en lui tendant le reste de sa tisane pour qu'il puisse se désaltérer. Sirius s'empara de la coupe avec avidité et en vida le contenu en deux gorgées. De la tisane lui dégoulinait sur le menton et le torse mais il n'y faisait pas attention. Le regard hagard, il s'immobilisa sur sa chaise tandis que sa respiration ralentissait petit à petit. Après trois minutes silencieuses, il reprit plus calmement : « Tu ne te reconnaitrais plus si tu avais été enfermé douze ans en étant innocent. Je n'ai besoin ni de ton aide ni de toi alors laisse-moi. ». Il semblait être redevenu lui-même. Remus poussa un discret soupir de soulagement : « D'accord. Je te laisse à la simple condition que tu me prouves que tu peux t'occuper de toi seul. ».

« Je n'ai plus quatre ans. Je sais m'occuper de moi tout seul ! », s'exclama Sirius avec un claquement de langue irrité. Sa voix avait cependant perdue en force et il ferma les yeux derrière ses longs cheveux noirs pendant un instant pour reprendre contenance.

« Alors prouve-moi que tu peux tenir une journée sans boire et sans ramener une inconnue de boite pour te tenir compagnie. »,reprit Remus, le visage sérieux. Sa voix trahit cependant une certaine irritation qu'il se maudit immédiatement de ne pas avoir retenue plus discrètement. Sirius semblait ne s'être aperçu rien. Il releva la tête et répondit avec une moue de défi : « C'est facile. ».

« Prouve-le-moi. »déclara Remus en lissant sa veste d'un geste de main. Il fixa Sirius dans les yeux sans ciller et celui-ci finit par détourner les yeux. Il réfléchit un instant en triturant la ceinture de son peignoir avant de se redresser sur sa chaise et de ramener machinalement ses cheveux vers l'arrière de son crâne. Il n'était plus sûr de rien. Il ne se souvenait plus à combien de temps sa dernière journée sans alcool remontait et, malgré l'apparente assurance qu'il affectait devant son ami, il redoutait le manque.

Normalement ce n'est pas si difficile. Bien sûr que je peux me passer d'alcool et de compagnie ! Ce n'est pas comme si ma vie se résumait à ça… Je fais d'autres choses aussi… Je n'aurais qu'à lire… Ou me promener… Les autres y arrivent bien alors pourquoi moi je ne pourrais pas ?

Il attendit quelques secondes supplémentaires, poussa un léger soupir. Il allait le faire, il lui montrerait qu'il était le plus fort et n'avais besoin de l'aide de personne.

« Très bien ! Il est onze heures et je resterai sobre et seul jusqu'à onze heures demain matin. », répondit-il avec détermination en tendant sa main à Remus. Celui-ci la saisit avec un petit sourire en coin : il reconnaissait enfin son ami d'enfance dans les yeux brillants de défi de l'homme qui lui faisait face. Ils échangèrent une vigoureuse poignée de main avant de se séparer.

« C'est tout ce que je te demande. » approuva Remus avant de se diriger vers la porte de la pièce. Il se retourna une dernière fois pour observer son ami, le fixant droit dans les yeux. « Je passerai te voir demain. Bon courage. » lui dit-il afin de conclure cette longue conversation. Il sortit alors de la maison d'un pas décidé.

Une fois seul dans la rue, il leva la tête vers le ciel pour contempler les nuages, un grand sourire sur les lèvres. Il avait fait le bon choix, il le sentait. Pour la première fois de sa vie il serait actif, il déciderait enfin du chemin qu'il suivrait et aiderait son ami à en faire de même.

Il releva le col de sa veste miteuse pour se protéger du froid et commença à se diriger vers son appartement. Soudain une bourrasque de vent le fit frissonner et l'angoisse lui serra le cœur quand il repensa au pari qu'il venait de faire. Il savait que le manque d'alcool et la solitude étaient très difficilement supportables pour Sirius dont le comportement devenait alors imprévisible. Il lança un dernier regard vers l'emplacement où se trouvé le perron de la maison quelques instants plus tôt et pria de toutes ses forces pour que son ami ne fasse pas de bêtises. Il ne se le pardonnerait pas.

Sans un mot, il rentra chez lui.

Aha ! Alors, qui va gagner ce pari ? Je vous laisse le temps d'y réfléchir ! (oui c'est une excuse pour ne pas poster régulièrement... :p)

N'hésitez pas à laisser des avis positifs ou négatifs pour que je puisse progresser !

Merci à vous ! 3