Légende pour ce chapitre et ceux à venir:

Un nouveau "personnage" apparait, ses interventions sont en gras et italiques.
Paroles de l'Autre.


Chapitre I. Balançoire divine

21:52; 20 Juin 1991.

Surrey, Little Whinging, Privet Drive; 4

La famille Dursley est une famille relativement respectée dans le petit quartier de Little Whinging. Cette notoriété était tant due au père de famille qu'à leur situation des plus banales. En effet, du haut de son mètre quatre-vingt Vernon Dursley avait de quoi impressionner, non pas à cause d'une musculature des plus développée mais plutôt par une circonférence s'approchant chaque année un peu plus de sa hauteur. Ajouté à ceci sa moustache grisâtre et son aspect rougit continuel, causé par la quantité d'énergie dépensée pour le maintenir debout et assurer le reste de ses fonctions vitales, Vernon n'avait rien à envier à ces lourds pachydermes de mer et leurs quatre tonnes de graisses. Son fils, Dudley, lui ressemblait trait pour trait, à une moustache près, et semblait partager le rêve commun des membres masculin de la famille, celui de développer une gravité propre. Seule la mère était une anomalie dans le décor, une fleur dans le désert, une otarie dans un parc aquatique pour orques. Fine, élancée et maniérée, Pétunia éveillait sans s'en rendre compte la curiosité du voisinage. Loin de se douter des sujets de conversations des « pies » comme elle se plaisait à les appeler, qui étaient bien souvent liés à la question de la reproduction entre une sardine et un éléphant de mer, elle voyait en ceci la marque de la jalousie dans laquelle baignait son élégante famille au sein de ce quartier.
En effet, en dehors de leur physique atypique pour ce quartier anglais, les Dursley avaient une situation économique parfaitement stable et enviable et, par-dessus tout, ils étaient réputés pour avoir une vie des plus banales possibles. Rien ne leur arrivait jamais, aucun bouleversement, aucun problème de quelque nature que ça soit, de quoi rendre envieux le plus paisible des Hobbits de Tolkien.

Cependant, cette famille cachait un secret qui, s'il venait à être dévoilé, en viendrait à éclipser complétement le fait que Dudley avait réussi le miracle impressionnant de rouler sur un de ses camarades de classe, à seulement onze ans. Un secret dont ils avaient honte, un secret pire que choléra et peste réunis. Pétunia avait une sœur sorcière.

Heureusement pour elle sa sœur, Lily Potter née Evans, était morte il y a de ça plus de dix ans maintenant. D'aucuns l'affubleraient de noms d'oiseaux à cause de cette pensée joyeuse quant à la mort d'un membre de sa propre famille, mais ils ne savaient pas ce qu'était ce monde, ces sorciers et leurs manigances, leurs sorts, leurs potions et leurs Loup-garou. Mais ce problème avait été résolu en quelque sorte lors de la mort de la jeune femme, celle-ci emportant dans sa tombe la sombre part de l'histoire de sa famille.
Mais comme le dit le proverbe, un malheur de vient jamais seul et son unique enfant, sorcier lui aussi, ayant survécu au massacre par un miracle de quelque nature que ce soit fut déposé devant sa porte un soir. Elle avait vu le panier contenant l'enfant en allant sortir les ordures, elle avait lu le mot qui l'accompagnait, et par-dessus tout elle avait reconnu l'écriture sophistiquée et soignée qui caractérisait les lettres maudites que sa sombre sœur recevait chaque vacance durant leur enfance. Albus Dumbeldore voulait qu'elle prenne soin d'une monstruosité comme celle-ci ? Qu'il le fasse lui-même, ils étaient de la même race après tout. C'est ce qui lui avait traversé l'esprit lorsqu'elle avait déposé le panier contenant l'enfant, sur le siège d'une balançoire dans un parc à quelque centaine de mètres de chez elle. Depuis ce sombre jour d'octobre, plus personne n'avait entendu parler du jeune et tristement célèbre Harry Potter, et la famille Dursley était retombée dans le calme et la lourde monotonie les caractérisant.

Jusqu'à cette nuit de Juin. Jusqu'à ce que le destin frappe à nouveau à leur porte sous la forme d'un jeune garçon aux cheveux d'ébènes, à la silhouette féline et aux yeux d'un émeraude à en faire rougir le plus pur des rubis.

- Bonsoir madame, avez-vous quelques minutes à nous accorder pour parler de notre seigneur à tous, Jéhovah ?

Le jeune garçon attendait avec la patience et l'immobilité de celui qui a l'habitude de se voir refuser son offre. La mine de la personne qui venait de lui ouvrir la porte avec l'amabilité d'un bouledogue dont on viendrait de mordre les baladeuses valait, à ses yeux, tout l'or du monde. En effet Pétunia, ledit bouledogue, aurait reconnue entre mille les yeux qui la fixaient sans ciller, ainsi que la cicatrice qui ornait une partie du front du garçon. Cependant elle ne savait absolument pas quoi dire, pour la simple et bonne raison que son neveu mort depuis dix ans venait lui demander de parler de Dieu.

- Madame ?

Je crois qu'il y a erreur sur la marchandise là. On ne va pas avoir assez d'une nuit je crois. Essayes autre chose, de plus réaliste qu'un témoin de Jéhovah veux-tu.

- Bonsoir madame, prospecteur des impôts.

Tu ne sais pas ce que ça veut dire réaliste hein ?

- Bonsoir madame. Je me présente, Harry Potter, jeune commercial dans la vente, l'assurance et l'entretien de balançoires. Avez-vous quelques minutes à m'accorder avant que mes concurrents n'arrivent ?


Voilà le premier chapitre est fini !
Quelques remarques vont avec cela dit.

Tout d'abord il s'agit d'un chapitre plutôt court car il était censé servir de prologue au départ, mais mes plans ayant changés je n'ai pas eu le cœur de changer tout le début de l'histoire simplement pour le rallonger. Du coup, bah il reste tel quel.

Ensuite j'ai eu un petit soucis technique dans la mise en page. Logiquement les paroles de l'Autre devaient s'afficher en italique, en plus petit et en gris. Mais j'avais oublié que ce site ne permettait pas tout ceci, du coup c'est un peu plus laid en gras et en italique, mais ça a l'avantage de se démarquer du reste du récit ^^"

N'hésitez surtout pas à laisser un petit commentaire, peu importe ce dont il s'agit, ça fait toujours plaisir o/

Sur ce, je vous dit à vendredi prochain pour le chapitre 2, Alea jacta est.