Bonjour ! Tout d'abord excusez-moi pour ce long délai et merci à ceux qui m'ont lu. Ne m'en veuillez pas trop pour la courte longueur de ce chapitre.

Bonne lecture.


Cela faisait environ une heure que Mélisande attendait, or elle ne supportait de rester dans l'attente. Elle marchait de long en large sans cesser de jeter des coups d'œil partout autour d'elle, se figeant au moindre bruit suspect. De loin, Aya ne cessait de se moquer d'elle, la comparant à un fauve en cage. Si cette première comparaison plaisait assez à la jeune guerrière, les suivantes l'agacèrent. Si le félin flattait son ego en tant que combattante, être comparée à « un lièvre apeuré » la vexait profondément. Merlin n'était toujours pas là et la jeune femme commençait à s'inquiéter pour lui. Elle espérait sincèrement qu'Arthur n'était pas le genre de seigneur à se venger sur son serviteur lorsqu'il se sentait frustré.

Son cœur fit un bond dans sa poitrine lorsqu'elle entendit un craquement. La vue du jeune serviteur essoufflé, la calma aussitôt. Elle s'était réellement inquiétée pour lui et son imagination avait alors pris l'ascendant sur sa raison, c'est pourquoi elle était réellement rassurée de voir le magicien en vie malgré les actes de la guerrière. Il semblait aller bien, quoiqu'un peu énervé. Lorsqu'il fut à sa hauteur, ce fut une explosion, ce qui rassura d'autant plus Mélisande.

« Mais qu'est-ce qu'il t'a pris de défier Arthur comme ça ? Tu ne tiens donc pas à la vie ? Et si jamais, il t'avait vu en train de faire de la magie ? D'ailleurs Gaius m'a dit que tu lui avais également fait une démonstration de tes talents, souligna-t-il sarcastique. Et puis d'ailleurs qu'est-ce que tu fais ici ?

- Moi aussi, je suis heureuse de te revoir, fit Mélisande malicieuse. Tu ne veux plus me voir ? ajouta-t-elle avec une moue boudeuse.

- Je…Tu es incorrigible, bafouilla-t-il gêné. »

Il sourit enfin à Mélisande de ce sourire qu'elle aimait tant. Celui qui illuminait ses yeux, un sourire authentique et chaleureux.

« Je me suis inquiétée pour toi, confessa-t-elle. Comme tu n'arrivais pas, j'ai eu peur qu'il ne te soit arrivé quelque chose.

- De la part de celle qui débarque de nulle part pour se jeter en face d'Arthur sur son propre terrain d'entraînement, je trouve que la remarque est plutôt mal venue, il se calma en voyant la mine désemparée de la jeune femme. S'il te plaît préviens la prochaine fois… Et puis ne t'en fais pas comme ça, je ne suis qu'un PAUVRE serviteur un peu idiot, alors que veux-tu qu'il m'arrive ? ajouta-t-il avec un clin d'œil.

- Oui... Bien entendu, tu es un idiot et je suis une jeune fille frêle et sans défense… »

Merlin explosa de rire face aux mimiques de la magicienne et à sa voix doucereuse.

« Tu sais que tu pourrais être une parfaite manipulatrice ?

- Merci beaucoup, ça me touche énormément et toi, tu pourrais être un très bon espion. Je suis vraiment contente de voir qu'Arthur ne t'as pas puni pour se venger.

- Arthur n'est pas comme ça. Et puis, je croyais que tu voyais en lui un futur Grand Roi, exagéra-t-il.

- Arrête, tu sais très bien que je suis ici pour la même raison que toi. Et puis, pour l'instant, même si il est plutôt bon combattant, je vois surtout en lui un idiot arrogant.

- Je pense que son égo en a pris un coup. Tu t'es beaucoup améliorée et d'après Gaius tu ne serais pas une mauvaise enchanteresse.

- Oh ça… Ce n'était rien du tout, répondit-elle gênée et balayant la remarque d'un geste de la main.

- Je serais curieux de savoir comment tu as progressé aussi vite. Au fait pourquoi es-tu revenu alors qu'Uther est encore en vie ?

- La vermine survit toujours trop longtemps, cracha-t-elle. Et ma venue est en rapport avec mes progrès. Au fait, j'aurais besoin de m'entraîner de nouveau. Je sais que c'est beaucoup te demander mais penses-tu que l'un des chevaliers accepterait de s'entraîner avec moi ? J'ai encore besoin d'apprendre… A moins que tu ne te dévoues, ajouta-t-elle malicieuse, je suis sure que tu en meurs d'envie, ricana-t-elle.

- Cela ne me dérangerait pas, souria-t-il, mais tu sais que les armes ne sont pas vraiment mon domaine. Je peux toujours demander aux chevaliers, si ces messieurs daignent se battre contre une femme, se moqua-t-il. Plus sérieusement, tu peux m'expliquer la raison de ta présence ?

- Tu n'es pas obligé de leur dire que je suis une femme, ce n'est pas comme si je n'avais pas l'habitude de me faire passer pour un homme mais merci Merlin. Oui, je pense que je te dois des explications. Seulement…avant que je t'en dévoile d'avantage, promets-moi de ne pas bouger et de tout garder pour toi. »

Il acquiesça, muet devant la soudaine solennité de la magicienne.

« Aya…. » C'était un murmure presque inaudible à l'extérieur, perdu dans un souffle. Merlin ne comprenait pas, ça ne semblait pas être un enchantement. Puis soudain, une énergie puissante apparue dans sa tête, elle semblait provenir de Mélisande tout en étant lointaine. Le murmure externe était un cri intérieur, un appel télépathique qui manqua de renverser Merlin tant il était puissant. Le serviteur regardait toujours la guerrière, qui maintenait une main contre son cœur tandis qu'elle fermait les yeux. Soudain, Merlin ne voyait plus la jeune guerrière enjouée et dynamique mais une femme solennelle et qui dégageait une puissance nouvelle. Les deux femmes se superposaient et s'imposaient dans l'esprit du magicien éberlué. Il ne reconnaissait plus son amie, il était complètement perdu lorsque la voix résonna. « Incline-toi devant la puissance ancestrale, toi qui n'est qu'un homme. Emrys, élu du monde magique, vois la toute puissance de la magie ancestrale, que toute la magie qui est en toi respecte celle des dragons. »

Merlin releva la tête en même temps que Mélisande qui regardait le dragon atterrir sans surprise. Elle se tourna finalement vers lui alors qu'il peinait à tenir debout sous la puissance. Elle posa sur lui ses prunelles qui lui semblaient incandescentes.

« Merlin, je te présente Aya, annonça-t-elle. Elle est ma partenaire, mon guide et mon plus grand secret. »