Voici donc la deuxième partie de Wiegenlied, cette envolée lyrique écrite par la formidable Cris que j'ai eu l'occasion de rencontrer au Twific Meetup de Nashville il y a quelques semaines de cela.

Les personnages de la saga Twilight appartiennent à Stephenie Meyer.

Merci pour vos commentaires, et bonne lecture.

Chapitre 2

EPOV

Te sentir contre moi.

Ton goût.

Ton parfum.

Je sais que je devrais être pétri de culpabilité. Je devrais me haïr, détester le monstre que je suis, pour ce que je t'ai fait – ce que j'ai pris, volé, arraché de toi sans permission. Je suis pire que les nomades auxquels ma famille a choisi de ne pas se calquer. Je n'ai pas seulement pris ton sang. Ce n'était pas un moment de satiété volé, rouge ardent, un cri de douleur, et puis plus rien.

C'est tellement, tellement plus.

Tu te tords dans mes bras, luttant faiblement contre les flammes qui, je le sais, te consument. Des petits gémissements haletants de douleur s'échappent de cette belle bouche qui fait la moue, et tu es encore si chaude, si moelleuse contre moi. Je le veux – toi, tout de toi. Tout ce que tu es. Je veux m'enfouir en toi, m'immerger dans les doux sons de plaisir que tu n'as pu t'empêcher d'exprimer, thésauriser ton parfum dans une bouteille et ne jamais le porter, de peur que quelqu'un d'autre ne puisse prendre une bouffée de ce qui est à moi.

Je ne suis même pas entièrement sûr de ce que je fais, et je sais que tu es tout aussi perdue que moi. Tes mains se resserrent sur ma peau, essayant désespérément de te rapprocher de moi. Je ne me fais pas d'illusions – tout ce que tu cherches est quelque chose de froid pour apaiser la brûlure – mais je ne proteste pas non plus. Nous sommes chez moi avant que je ne réalise où je t'ai emmenée, et tu émets un petit gémissement quand nous entrons dans la chaleur à l'intérieur. Même le changement subtil du froid humide de la forêt Olympique à la chaleur sèche à l'intérieur de la maison est insupportable pour toi, et je le sais. Juste un moment, je te promets en silence. Juste un moment et je ferai tout ce que je peux pour te garder au frais. Ça n'aidera pas, pas vraiment. Mais tu as mal et je ne peux pas m'en empêcher.

Je suis dans l'une des chambres d'invités avant que ton cœur ne puisse balbutier un autre battement. Il est lent et laborieux, se dirigeant vers l'immobilité – la mort. C'est la malédiction que je t'ai transmise, et je n'arrive pas à me sentir coupable actuellement parce que je sais que je ne serai pas capable de vivre sans toi. Peut-être que dans une décennie, un siècle, je serai capable de trouver les remords que je sais que je devrais éprouver.

Pas maintenant.

Je te tiens étroitement sur moi et je tire les couvertures du lit, puis je nous presse tous les deux contre les draps frais. À présent que nous sommes seuls je me sens un peu moins frénétique, et je prends le temps de te regarder. De vraiment te regarder.

Tu es parfaite, chaque centimètre de toi. Un camaïeu de couleurs dans les tons de chair – presque aussi pâle que la mienne à certains endroits, d'un rose et rouge alléchants à d'autres. Je t'ai marquée avec une cascade hâtive de profondes ecchymoses : des hanches étroites, un cou gracieux. Ces marques vont disparaître pendant que tu changes, et j'enjoins le réconfort de cette pensée à s'infiltrer en toi – à l'intérieur de ton esprit bienheureusement silencieux.

Je ne serai jamais en mesure de t'expliquer pourquoi j'ai fait ce que j'ai fait, alors tout ce que je peux faire, c'est espérer que tu ne me poseras jamais la question. Je te donnerai le monde, toi, si précieuse, si parfaite. Je te donnerai l'éternité – tout ce que tu veux, parce que je ne peux vivre sans toi maintenant que je sais ce que c'est que de t'avoir. C'est plus que de l'amour, plus que de la convoitise. Mon être désire ardemment ton être – en entier, ce que tu étais et ce que tu deviendras. D'une certaine façon, je n'ai guère eu plus de choix que toi. Dès le moment où tu es entrée dans cette maudite salle de classe, tu es devenue mienne. Ton destin était scellé… mais le mien aussi.

« Bella. » Ton nom est synonyme de beauté, mais tu es tellement, tellement plus que ça pour moi. J'enfouis mon nez profondément dans le creux parfait où le cou rencontre l'épaule, te respirant. Tu es déjà en train de changer, ton parfum de plus en plus fort, de plus en plus suave, mais moins appétissant pour moi. Me retenir, sceller cette dernière blessure et te laisser en vie est peut-être la chose la plus difficile que j'aie faite au cours de mon siècle d'existence… mais je devais le faire. J'ai besoin de toi – pas seulement de ton sang. Je t'ai changée, oui, mais je ne pourrais jamais, jamais te détruire.

Tu es tout. Je passerai le reste de l'éternité à te le prouver.

Ton corps bouge par saccades, se tordant, s'agitant sous le tourment des flammes. Je sais, ma mignonne, je sais. Mais ça fera mal seulement pendant un moment, et ensuite plus jamais rien ne te causera de douleur. Je me déplace au-dessus de toi quand tu tires, te comprimant entre les draps froids et mon corps encore plus froid. Tu gémis et t'agrippes à ma peau, essayant de te presser contre moi autant que tu le peux. Oui. Oui, mon trésor. Je vais refroidir les flammes autant que j'en suis capable.

Il y a des pas dans la maison – des voix, des pensées. Emmett s'inquiète d'annoncer ce qui t'est arrivé à Rosalie. Carlisle et Jasper sont préoccupés avec ce qu'il faut faire maintenant – quoi dire, dans l'éventualité qu'il faille dire quelque chose, à ton père. Devons-nous prendre la fuite ? Devons-nous rester, et prétendre que nous ne savons rien de tes allées et venues, du moins pendant un certain temps ?

Je m'en fiche.

Tout ce qui compte c'est que tu seras avec moi.

Je ne sais pas vraiment ce qui est en train de m'arriver – de nous arriver. Je ne te connais pas, pas de façon rationnelle. Il n'y a aucune raison pour laquelle tu devrais signifier quelque chose pour moi, aucune raison pour laquelle tu devrais être plus que la saveur exquise de ton sang. Mais tu l'es. Je sais si peu de choses à ton sujet. Tu t'appelles Isabella Marie Swan. Ton père est Charlie, notre chef de police modeste mais bien intentionné. Tu as passé le plus clair de tes dix-sept ans en Arizona, tu es diablement maladroite et un petit peu timide. Tu as supplié Eric Yorkie, le jour de ton arrivée, de ne pas mettre un article sur toi dans le journal de l'école. La plupart de ces faits, je les ai glanés dans la tête des autres : tes pensées me sont silencieuses. Je me demande si cela changera en même temps que toi.

Je ne connais pas ta couleur préférée. Je n'ai aucune idée de ce que tu as décidé de faire de ta vie, si même tu as décidé de quelque chose. Je ne sais pas si tu es venue à Forks de ton plein gré ou si des difficultés à Phoenix ont rendu ce déménagement nécessaire.

Mais je connais les battements de ton cœur. Je me rappellerai ce son parfait, humide et rouge, pour toujours. Jusqu'à ce que l'espèce humaine soit le mythe. Jusqu'à ce qu'ils réussissent à tous nous éviscérer avec une de leurs guerres. Je ne sais pas comment le monde finira, mais je sais que je serai à tes côtés quand cela se produira. Ça n'a aucun sens, mais ça n'a pas besoin d'en avoir. Je ne suis pas humain, et dans peu de temps tu ne le seras pas non plus. L'accouplement des vampires entrave la logique humaine, la transcende. Tout ce que je suis… t'appartenait, entièrement, dès que tu as touché ma peau pour la première fois.

J'ai conscience du moment où Esmée et Alice entrent dans la chambre, et un grondement de mise en garde que je ne peux contrôler sort de ma bouche. Je ne les veux pas près de toi. Je ne veux personne près de toi. C'est à moi de m'occuper de toi maintenant – Carlisle l'a dit. À moi.

« Edward, » dit doucement Alice, « nous voulons seulement la baigner. Elle est couverte de boue. Laisse-nous la mettre dans un bain d'eau fraîche. »

Un grognement sourd surgit du fond de ma poitrine, et je ne suis pas désolé. Pas quand c'est de toi qu'il est question. Elles ne s'approcheront pas davantage ; je ne les laisserai pas faire.

« Edward, » dit gentiment Esmée, « s'il te plaît. »

Mais la réponse est non. Tu t'accroches à moi, et je ne ferai rien pour perturber cet état de chose… jamais. Je veux être avec toi à travers toutes les étapes de la transformation. Lorsque tu auras mal, je t'apaiserai. Et lorsque tu ouvriras de nouveau ces yeux magnifiques, la première chose que tu verras en tant que vampire, ce sera moi.

Finalement ma mère et ma sœur abandonnent et s'en vont. C'est juste toi et moi. Lentement, je trace un chemin de baisers le long de ton cou, savourant ces derniers moments où ton cœur bat encore, les gravant dans ma mémoire sans faille. Ta température a chuté, bien que je sois encore beaucoup plus froid. Ma gorge, mon estomac – mon corps tout entier est douloureux d'une soif que je ne parviendrai jamais à étancher, mais je peux la contrôler alors que je presse l'entité solide de mon corps contre le tien. Je ne peux pas prélever davantage de sang de toi. J'ai eu tout ce que je pouvais avoir.

Ta peau est douce, onctueuse comme du sucre liquide sur ma langue alors que je la passe sur ta gorge et sur le pli de velours secret derrière ton oreille. Un gémissement déchire ta bouche, et tes mains faibles, mourantes, essayent tellement fort d'empoigner mes hanches, mon dos. Oui, ma précieuse. Je suis ici avec toi. Je ne m'en vais nulle part. Pas sans toi – jamais plus. Tu ne t'es pas insinuée dans mon monde.

Tu es mon monde à présent.

Alors que tu bouges et que tu te tords, ton corps essayant en vain d'échapper au changement qui te consume, tes jambes se déforment et un de tes genoux se plie, s'accrochant presque parfaitement autour de ma jambe. Je suis juste là, et je ne remets pas en question les implications morales avant d'être en toi une fois de plus. Tu es à moi. Tout le reste peut aller au diable.

Et oh, s'il y a un Dieu, je peux seulement prier et implorer que ce sentiment ne change jamais.

Tu es douce et lisse et parfaite, et le petit miaulement qui quitte ta bouche satinée me dit que oui, tu peux me sentir. Je te retiendrai, mon exquise Bella, de toutes les façons possibles. Je ne peux pas entendre tes pensées, mais je n'ai pas besoin. Ton corps m'en dit assez.

Je n'étais pas présent quand Alice et Jasper ont été changés, mais j'ai été témoin du changement de Rosalie, d'Emmett, et d'Esmée. Ils avaient tous du soutien – tous avaient des proches qui les attendaient, les aidant à travers la douleur. Aucun autre vampire, toutefois, ne changera jamais comme ça. Je ne peux pas effacer la douleur, mais je peux faire de mon mieux pour te distraire.

Certains humains prétendent qu'ils peuvent rendre l'accouchement orgasmique.

Je suis plus que disposé à voir si la création d'un vampire nouveau-né peut être semblable.

Tu es une si petite chose, vraiment. Le peu de résistance de ton corps moelleux me surprend quand je me presse contre toi. Si petite, juste une adolescente de dix-sept ans. C'est presque ridicule, vraiment, de penser que tu aies pu ensorceler un prédateur beaucoup plus âgé et plus fort que toi.

Mais ce n'est pas comme ça que ça marche. J'en ai fait l'expérience dans l'esprit d'autrui à maintes occasions, et maintenant je le sais pour moi-même. Tu es la partie de moi qui m'a manqué pendant un siècle. Je t'ai trouvée, et la douleur avec laquelle je vivais sans le savoir s'est apaisée.

Et donc, parce que je ne peux pas m'en empêcher – parce que je ne veux pas m'en empêcher – je te fais l'amour, aussi lentement et doucement que je le peux. Je joue de ton corps comme d'un instrument bien-aimé ; je n'ai pas à l'apprendre. Je l'ai toujours su avec exactitude, comment te toucher, où et quand t'embrasser ou te caresser. Je ne connaissais pas le son de tes soupirs ou le goût de ta sueur avant aujourd'hui, mais d'une manière ou d'une autre j'en connaissais assez. Je te connaissais.

Et, à ma grande joie, tu réagis.

Je ne peux pas lire ton esprit, mais je peux goûter ta peau alors que la transformation te consume, cellule par cellule, molécule par molécule. Tu es avec moi, gémissant quand une partie de ta peau devient trop chaude, criant avec un soulagement choqué quand je jouis en toi, liquide froid t'offrant un répit momentané des flammes. Et oui, je réussis à te donner du plaisir – un plaisir physique authentique.

Putain oui, j'y parviens.

Tu réponds mieux à ma bouche sur toi, mais tu n'aimes pas quand je m'éloigne de ton corps et que la brûlure s'intensifie. La position requise pour arranger ça n'est pas difficile, et j'étire mes bras le long des lignes douloureusement lisses de tes jambes, ma bouche attachée là où tu la veux, là où tu te languis. Ta chair est encore chaude ici, si humide, si tendre. Si tu étais encore entièrement humaine je sais que je te ferais mal, poussant ton corps au-delà de ses limites fragiles, mais tu ne l'es plus. Tu es en train de changer. Tu n'es pas encore comme moi, mais ça vient.

Alors je savoure l'afflux de sang dans ta chair mise à rude épreuve tandis que je le peux, promenant mes lèvres et ma langue le long de tes doux plis, lapant l'humidité qui coule et coule encore, t'avalant en moi. Ta respiration saccadée et la façon dont tu bouges contre moi me disent exactement comment tu aimes être touchée, quand frotter doucement le plat de ma langue contre ton clitoris gonflé et quand pousser plus fort, par petit coup, utilisant un soupçon de succion pour te faire passer par dessus bord.

Ce n'est pas mon intention, aussi suis-je un peu surpris quand tu déplaces ta tête et que je sens l'effleurement soyeux de tes lèvres sur ma verge, puis je me retrouve dans ta bouche. Je doute que tu saches ce que tu fais – tout ce que tu veux c'est le froid. Mais ça m'est égal. Tout ce que je peux faire c'est me perdre dans la sensation pendant que tu bourdonnes de satisfaction au contact froid.

Et c'est là où j'en suis – où nous en sommes – lorsque ton corps réalise deux choses à la fois : il n'a plus de réflexe nauséeux et n'a plus besoin de respirer.

BPOV

Je… Je ne…

Je. Moi.

Toi.

Nous.

Qu'est-ce que… Je n'ai pas…

C'est comme… comme se réveiller d'un rêve. Ou bien, pas d'un rêve. Des… ténèbres. Je ne… me souviens pas ?

J'ai le langage. Le bruit de mes propres pensées dans ma tête m'est familier. Je pense… Je pense que je me rappelle la douleur.

Ou le plaisir ?

J'halète soudainement alors que tu te déplaces sur moi, en moi, et oui, je me souviens de toi. Mon corps sait ce qu'il fait tandis qu'il réagit, mes hanches basculant, mes jambes s'étirant et s'enroulant ensuite autour de la ferme pression de ton corps contre moi. Oh, c'est une sensation familière, et c'est tellement, tellement bon.

Je ne sais pas ce qui se passe, mais je le sais. J'inspire à nouveau et je peux te goûter sur ma langue, ton parfum riche et onctueux, douce fumée que je respire avidement. Mes mains se resserrent autour de toi, et j'entends un grondement que je sais être de plaisir.

« Bella, » murmures-tu.

Bella. Oui. Je suis Bella. Je reconnais ce nom dès le moment où il tombe de tes lèvres. Tu pousses de nouveau, t'enfonçant profondément, et je pars, dans une spirale ascendante, descendante, je ne sais pas où, mais je peux te sentir avec moi tout le temps. Le plaisir ne t'emmène jamais loin de moi.

« Ma Bella. »

Oui. Quelque chose s'apaise au plus profond de moi lorsque tu le dis, et ça me remplit d'une assurance que je n'ai jamais ressentie avant. Je te connais. Je ne sais pas où je suis, ni pourquoi je ne me souviens pas. Je ne sais même pas pourquoi je pense que je devrais me souvenir de quelque chose avant ce moment. C'est comme si… comme si peut-être c'est ce à quoi nous étions destinés. Toi et moi, enfermés ensemble dans cette étreinte. Ton corps en moi, autour de moi. Pour toujours, juste comme ça. Nous ne sommes pas une roue dans l'engrenage. Ensemble, nous sommes l'engrenage.

Tes mains tenaient mes épaules alors que tes bras étaient sous mon dos, mais à présent tu t'éloignes légèrement. Je n'aime pas ça. Ta place est tout contre moi. Nous sommes faits pour être ensemble. C'est comme ça que nous fonctionnons. C'est notre façon d'être. Je traîne la paume de mes mains dans ton dos – je veux ta poitrine contre la mienne une fois de plus.

Maintenant.

« Bella. » Ta voix exerce une traction sur moi. C'est comme une corde, et j'attends à l'autre bout. Quand tu parles, elle tire. Quand tu parles, je veux plus. « Ouvre les yeux, trésor. Regarde-moi. »

Mes yeux sont fermés ? Je n'avais pas remarqué.

« Ouvre-les, Bella. »

J'ouvre les yeux.

Tu es beau.

Je reconnais l'or parfait de tes yeux dès que je le vois – légèrement bordé de rouge, mais ça ne me dérange pas. Tu es à moi, et quand je te regarde, je sais qui tu es. Une peau si pâle qu'elle est presque lumineuse. Des cils noirs qui embrassent ta peau quand tu clignes des yeux. Des lèvres rouges et –

Aussitôt que je vois ta bouche, je suis fascinée. Ma tête se soulève, j'approche mon visage du tien afin que ma bouche rencontre la tienne. Nous avons la même température, mais je lèche la courbe de ta lèvre inférieure et le goût de toi me submerge. Je ne sais pas si je m'en souviens ou non, mais ça m'est instantanément familier. Doux, fumé ; tu as le goût de ton parfum. Foudre sèche et ozone. Quelque chose au fond de mon esprit vibre pendant un moment. Danger. Mais je t'entends gronder du fond de ta poitrine, je sens le grondement résonner à travers nous deux, et je sais que cette petite voix importe peu. Elle pourrait avoir raison, elle pourrait avoir tort. De toute façon, ça m'est égal.

Nous nous embrassons ardemment, profondément. Il n'y a rien d'autre, rien sauf ton contact, la sensation de tes lèvres caressant les miennes, douces pendant un moment, puis dures une fois de plus, mordantes. Je mords en retour.

C'est si bon.

Tandis que nous nous embrassons, quelque chose enfle en moi et je sais que c'est toi. Tu ne t'es pas retiré – le peux-tu ? Ou bien est-ce toujours censé être comme ça, les pièces d'un puzzle collées ensemble, toujours ? Je ne peux pas réfléchir ; je ne sais pas pourquoi nous voudrions nous désengager.

Tu bouges en moi, juste un peu au début. Un roulement de tes hanches, un délicieux glissement de chaleur luxuriante, et je m'agrippe fermement à toi alors que tu avales les sons implorants que j'émets. Oui. Oui. Ça – c'est pour ça que je suis faite. Pour ça que nous sommes faits. Un autre roulement de tes hanches, et puis tu tentes de te retirer à moitié avant de t'enfoncer en moi. Tu gémis, et je suis tellement emplie de toi, mon corps gainant le tien tandis que tu vas et viens, et je bouge avec toi, aussi, parce que je ne peux pas m'en empêcher. Nous sommes rythmés, constants, fluides, mais une fois que tu t'actives, nous sommes tout sauf tendres. Je suis bruyante ; ton grognement est un parfait grondement de fond alors que nous bougeons ensemble. Vigoureusement, mais ce n'est pas une lutte. Toujours ensemble. Tu nous retournes et je me retrouve assise, tes mains sur mes seins, pinçant les tétons roses et durs tout en poussant en moi, et j'aime ça. Tout ça. Je me penche vers toi, en appui sur mes mains, afin de pouvoir atteindre ta bouche encore une fois. Mon corps est en feu – un feu des plus agréables. C'est familier, c'est étrange, c'est toi avec moi, le flash de rouge derrière mes paupières quand je cligne des yeux, le lancinement là où nous sommes attachés. Je me frotte sur toi avec ardeur. Cet élancement est en train de devenir insupportable. Tellement de plaisir, tellement de tout. Ton goût, ton odeur. La sensation de ton corps autour et à l'intérieur.

« Doucement, Trésor. » Ta voix est profonde. Je la porte comme une couverture. « Je sais. Je sais ce dont tu as besoin. »

L'une de tes grandes mains se faufile entre nous, et tes doigts trouvent le lancinement. Je crie et pousse contre toi. C'est de ça que j'ai besoin. Ce que je désire ardemment. Mon corps est tendu, et je suis réduite au besoin lové dans mes entrailles, l'élancement que d'une manière ou d'une autre tu rends pire et meilleur tout à la fois. Tu accélères, et je tremble maintenant. Plus. Plus fort. La tension, un ressort se serrant de plus en plus tandis que tu me guides en haut et en bas sur toi, te prenant profondément, tes doigts papillonnant sur mon clitoris. Je brise le rythme et je fais pivoter mes hanches, faisant des rotations plutôt que de pomper, et tu prends soigneusement mon petit clitoris gonflé entre deux doigts. Ça tire, ça pince, je ne sais pas trop, mais la tension se rompt et le doux soulagement arrive à toute allure, plaisir liquide, m'inondant toute entière. Je frissonne ; la sensation s'approfondit, devient plus aiguë alors que tu pousses à nouveau, jouant toujours de mon corps, prenant ce dont tu as besoin, donnant ce que je réclame. Tu gémis et je le sens alors que tu te figes, mes yeux s'ouvrant brusquement pour surprendre l'acuité féroce sur ton visage, si proche de la douleur, et pourtant si loin.

Tu bouges en moi, doucement et tendrement maintenant alors que nous redescendons, finissant par nous immobiliser. Je suis… interloquée. Est-ce ça la vie ? Toi, moi… ça ?

Je ne m'en plaindrais pas.

« Bella. » Le besoin dans ta voix est rassasié pour l'instant, et je m'installe sur ta poitrine silencieuse. Tes bras s'enroulent étroitement autour de moi et je me sens… comme si j'étais exactement à ma place. « Je t'aime. »

« Je t'aime. » Ma réponse est immédiate. Je t'entends respirer profondément, et tes bras se resserrent autour de moi. « Quelque chose ne va pas ? »

« Non. Non, Bella, pour une fois tout est parfait. » Ta main remonte dans mon dos, sur mon épaule, et incline ma tête de manière à ce que je te regarde. Tes yeux dorés sont si lumineux. Je sens la douce caresse de tes doigts le long de ma mâchoire, sur le côté de ma gorge, planant pendant un moment, puis continuant d'effleurer. « Tu es tout. »

Mon cœur se gonfle. C'est comme si j'avais attendu ce regard dans tes yeux sans le savoir. Je peux voir exactement ce que tu ressens pour moi, et c'est… une leçon d'humilité. Je ne suis pas seulement aimée. Je suis chérie. Je baisse la tête et dépose un doux baiser à la commissure de tes lèvres.

Tu remues en moi dès que je bouge, et le faible gémissement de plaisir traîné hors de ta gorge est la meilleure des musiques. Je dépose un autre baiser sur ta mâchoire, puis sur ton cou, puis sur cette gracieuse clavicule. Tu es en train de durcir à nouveau, et je sens l'émoi correspondant dans mes entrailles. Oui. Plus.

Sans cesse.

Mais avant que je puisse me redresser pour trouver ta bouche, une autre faim s'écrase sur moi. Ce besoin… c'est profond. C'est instinctif. Mon corps se crispe, puis tremble. Je crie – c'est une soif cuisante, un besoin d'être refroidie, apaisée. Je griffe les flammes dans ma gorge.

« Chut, Trésor. Je sais. Calme-toi, et je vais te nourrir. »

J'entends ta voix, et je te sens glisser hors de moi et te lever, tenant tendrement mon corps contre ta poitrine. Mais tout n'est qu'un brouillard, une sorte de brume moqueuse parce que la soif brûlante ne s'en va pas. Je serre la mâchoire tellement fort que je crains que mes dents ne se fissurent. Mon corps a une autre secousse que je ne peux stopper. Mes dents trouvent ton épaule et se referment dessus.

Le grondement qui te déchire n'est en rien comme avant. Tu bouges, et puis il y a un parfum… un parfum que je ne pouvais pas sentir quand j'étais enveloppée en toi. C'est loin d'être une odeur aussi attrayante que la tienne, mais elle appelle les flammes dans ma gorge, une faim différente exigeant la satiété.

« Il faut que tu boives. »

Oui. Certainement. Il faut que la douleur cesse.

« Tu dois me lâcher, Bella. Tu dois me lâcher pour boire. »

Je ne suis pas sûre de pouvoir. Ma bouche te tire, creusant plus fort, corps saisissant avec angoisse. Il peut sentir ce dont il a besoin, mais il ne peut l'obtenir.

« Pas moi, Bella. Putain, ça fait mal ! Regarde. » Tu déplaces nos corps une fois de plus, et un instant plus tard je sens un liquide chaud et visqueux couvrir mes doigts.

L'instinct prend le dessus. Mes dents te relâchent, mes mains s'emparant du grand bol en métal. Le sang est délicieusement chaud, et mon corps est insatiable. Je le sens dégouliner sur moi alors que j'avale à grandes goulées, à maintes reprises, buvant tout. Tu me tends un autre bol, et je laisse tomber le premier sur le sol avec fracas.

C'est ce dont mon corps a besoin. J'avale le chaud liquide rouge, sentant les flammes s'affaiblir un peu chaque fois que ma gorge se contracte. Ça me remplit, apaisant l'instinct, le besoin agité que je ne comprends pas. Est-ce que c'est ce que j'ai toujours été ? Une créature de désirs, d'instincts ? Animale dans mes obsessions ?

Tandis que la soif s'atténue, je décide que ça m'est égal. Je dépose le bol – le deuxième, troisième, peu importe – et je bondis.

C'est si bon de t'avoir sous moi, à plat sur ton dos, et tu amènes ta bouche à la mienne avec un petit grognement. Oui – ça. Toujours ça. J'ai renversé un des bols en sautant, et maintenant nous roulons dans son contenu, nous marbrant de pourpre. Je constate que nous sommes dans une salle de bain, mais cette pensée est fugace avant que tout ce que je suis ne retombe dans tout ce que tu es.

« Tu as des dents pointues, » gémis-tu, et je vois la faible trace de cicatrice que j'ai mise sur ta chair. Ça… semble approprié, en quelque sorte. Je ne suis pas si désolée que ça, mais je la lape quand même, ma langue sondant le tracé subtil de la cicatrice, m'excusant avec ma bouche, mais pas avec des mots. Je trouve du sang et je le lèche. C'est froid maintenant, à la température de ta peau, et je mordille et suce le long du chemin rouge humide, te sentant trembler, entendant ton plaisir. Ma langue est petite et tu as énormément de peau.

Ça ne me dérange pas.

Au moment où nous sommes tous les deux propres d'avoir été léchés, les flammes sont de retour. J'engloutis un autre bol et tu m'attires sur ta poitrine, appuyé contre un mur moucheté de sang. C'est tellement bon, tellement parfait, et je me blottis dans la douce cage de tes bras. Tu écartes mes cheveux emmêlés de mon visage, ton contact si tendre, comme si tu pensais que j'étais précieuse. Un trésor, ainsi que tu le dis.

« Tu te sens mieux ? » Tu me fixes. Je me délecte de la façon dont j'ai toute ton attention – la façon dont tu as la mienne. Rien d'autre n'existe. Rien d'autre n'est nécessaire.

« Oui. » Je fais lentement le bilan. Ce corps est familier et étrange en même temps. Tout avant que je… me réveille ? C'est encore obscur. Mais je regarde l'or bruni de tes yeux, et je sais qu'il ne peut pas y avoir d'erreur. Nous sommes ensemble. Nous sommes censés être ensemble.

« De quoi te souviens-tu ? »

J'effleure mes lèvres contre les tiennes avant de répondre. Ton goût est trop bon. « Je me souviens de toi. Je t'aime. » C'est vrai. C'est la chose la plus vraie que j'ai.

Ta bouche se recourbe en un sourire des plus tendres. Ça me brise presque le cœur, et je ne sais pas pourquoi. « Tu n'as aucune idée, » murmures-tu, « de combien de temps je t'ai attendue. »

Non, je ne le sais pas. Je mets une main sur ta joue, caressant la douceur de ta peau. « Je suis là maintenant. »

« Oui, tu es là. Et tu ne me laisseras jamais maintenant, n'est-ce pas, Bella ? »

Je secoue la tête. « Jamais. » Cette seule pensée est terrifiante pour moi. Tu es tout. Je ne pense pas que je pourrais fonctionner seule.

Ton sourire s'étire un peu, comme si tu étais soulagé par cette réponse. « De quoi d'autre te souviens-tu ? »

« De toi. Juste de toi. »

Tu inclines légèrement la tête de côté, ton regard pensif. « Comment je m'appelle, Bella ? »

J'ouvre la bouche pour répondre, mais rien ne sort. Je suis… Je ne sais pas. Je te connais, oui. Je t'aime. Mais je ne peux pas te dire comment tu t'appelles.

« Shhh. » Tu m'attires plus près, et je mets ma tête sous ton menton et te laisse me tenir. Je commence à paniquer, et j'ai besoin de toi. Comment se fait-il que je ne sache pas ton nom ? « Ça va, » me dis-tu alors que je m'accroche à ta peau. « C'est normal d'être confuse au début. Tu n'as pas à avoir peur. » Je laisse tes mots, ta voix, apaiser la crainte en train de sourdre en moi. Si tu dis que je ne devrais pas m'inquiéter, je te fais confiance. « Je m'appelle Edward. Edward Cullen. »

Aussitôt que tu le dis, ça me revient. Ton nom s'élève du brouillard dans ma tête, et je suis satisfaite.

« Je t'expliquerai davantage plus tard, » dis-tu, doux et apaisant, « mais pour l'instant – »

« Non. » Je secoue la tête. Je sais qui tu es. Je sais ce que nous sommes ensemble. Plus d'explications. Je n'ai besoin de rien d'autre. « Ramène-moi dans le lit, s'il te plaît. »

« Bella… » Tu t'éloignes, et la manière dont tu me regardes, pesant mes mots, ne m'importune pas. Je sais ce que je veux. « D'accord, » finis-tu par dire, et tu me soulèves à nouveau dans tes bras.

Le temps passe.

Il y a d'autres personnes dans la maison avec nous, et finalement je les rencontre. Ces gens sont peut-être familiers, je ne sais pas vraiment. Je ne m'en soucie pas non plus. Tout ce que je veux, c'est toi.

Nous quittons rarement la maison, et seulement pour aller chasser après que tu m'aies appris comment me procurer le sang dont j'ai besoin. Le reste du temps, je me fonds en toi.

Il est commun pour nous de sortir dehors habillés et de revenir sans nos vêtements. Je ne peux m'empêcher de succomber à mon besoin de toi, et toi non plus, et le tissu ? C'est délicat.

Aujourd'hui tu marches derrière moi, et je peux dire, à la façon dont tu glisses tes mains sur mes hanches, que ce jean ne va pas résister. Mais avant que tu ne puisses déchirer le denim, quelque chose attire mon œil.

Là, dans la boue. À moitié envahie par les fougères. Une truelle rouillée et des morceaux brisés de terre cuite s'effritant dans la terre. Je me penche et je cueille un fragment dans la boue.

« Bella. » Il y a quelque chose dans ta voix que je n'ai jamais entendu avant. Tu m'implores. Je ne sais pas pourquoi. Je te donnerai n'importe quoi – tout. Je l'ai déjà fait. Tu tends ta main. Je laisse tomber la poterie cassée et je prends ta main tendue à la place.

o ~ O ~ FIN ~ O ~ o

Merci mlca66. Pour tout.

Aux reviewers anonymes: je ne peux pas vous répondre, mais vos commentaires m'ont fait très plaisir :0)