Bon bah finalement, je me laisse tenter. Je fais de cet ancien OS une mini fic! Bonne lecture!
Tu vois Rory, finalement, rien ne peut changer réellement. Voilà six ans que tu es né et j'ai toujours aussi peur de toi. Comment un petit bout de six ans qui me fait mourir de rire quand il me sourit sans ses deux dents de devant, pourrait-il me fait plus peur que tu-sais-qui en personne ? Simplement parce que justement cela fait six ans que tu m'a habitué à toi. Six ans que tu m'as rendu dépendant de ma famille.
Ca fait peur de se dire que d'ici quelques années il faudra que je te laisse partir. Peur de voir que tu grandis à vu d'œil. Tellement que tu n'as même plus besoin de moi pour tartiner tes tartines du matin. Tellement que t'as mère n'a plus le privilège de pouvoir te lire une histoire avant que tu t'endormes.
Six ans… six ans que je te regarde t'endormir presque chaque soir avec cette vision indéniable qui me laisse dans un sentiment bien contradictoire : tu grandis. Il n'y a qu'à voir ces traits tracés dans le couloir près de la porte. Tu sais, ceux que l'on doit rendre invisibles pour ne pas que ta mère nous reproche d'écrire sur les murs. J'aimerais ne pas les voir bouger et pourtant, quel bonheur de voir que j'ai bien fait mon boulot. Tu es en pleine santé, vif comme un vif d'or et un futur très bon gardien de quidditch.
Oh à propos… ne vas surtout pas répéter à ta mère que je t'ai fais effectuer ton premier vol sur un balai aujourd'hui. Tu sais comment elle est avec la future naissance du bébé… Plus rien n'est laissé au hasard. Et si elle apprend que j'ai failli à ma promesse de ne pas te faire voler avant ton entrée à Poudlard… « Il y a des professeurs qui sont là pour lui apprendre ça Ronald ! »… Parce que c'est vrai qu'un joueur de quidditch professionnel n'est pas des mieux placé.
Qu'est-ce que je raconte moi… on ne peut tout de même pas reprocher à une mère de vouloir protéger son enfant. Elle a raison, peut-être que je ne suis pas le plus prudent des pères mais au moins, je fais tout ce que je peux pour m'améliorer. La preuve ! Ce n'est tout de même pas un éclair de feu que tu as chevauché ! Et puis surtout, je t'ai interdit d'aller au dessus de six mètres. Ensuite elle ira dire que je ne sais rien t'interdire.
C'est pas vrai… je sais t'interdire des tas de choses. Comme… Comme… comme passer des heures à lire dans ta chambre ! Tu vois, ça je sais que c'est pas bon pour toi de t'enfermer à l'intérieur. Puis surtout… tu es trop jeune pour devenir rat de bibliothèque.
Et puis… je te force à demander la permission à ta mère avant de sortir de table. Et oui, si tu ne le fais pas, tu peux être sûr que pour une raison ou une autre elle trouvera le moyen de me dire que je dois montrer l'exemple. Alors adieu pour moi le petit café dégusté sur le canapé du salon, et bonjour les chaises dures de la cuisine.
Ta mère a toujours été comme ça mon Rory. Dès notre première rencontre elle a trouvé le moyen de me dire ce que je devais faire, et ça n'a jamais cessé. Mais tu vois, je suis sûr d'une chose. Je sais que si elle ne le faisait pas, je serais capable de me débrouiller. Mais ça ne serait pas pareil. Ca non. Ta mère et toi, vous avez la capacité surprenante de me rendre sûr de moi. Je sais que si j'arrive à avoir votre soutient alors rien ne peut m'arriver.
Ta mère, elle a la faculté de m'ouvrir les yeux sur la personne que je suis. Le bon comme le mauvais passe dans ses filets. Et elle, elle me les retransmet. Tantôt à coup de « Je te l'avais dis Ron ! », tantôt à coup de regard si profond que je deviens quelqu'un. Ce quelqu'un. Celui qui me rend heureux d'être sur Terre, me rend heureux d'être père et mari.
Tu sais, j'en ai entendu des belles choses sur ce que devait être l'amour. J'en ai lu des beaux poèmes dans le journal intime de Ginny. Oh à propos, je t'ai déjà dis que ce qu'il se passait entre nous deux ici devait rester secret ? Si c'est pas le cas, voilà c'est fait.
Je te disais donc, j'en ai lu des belles choses… crois-moi, je pensais tout connaître en théorie. Il y avait ceux qui disaient que l'amour pouvait baisser au fil des années… je ne vois pas comment j'aurais pu moins aimer ta mère. Et puis il y avait ceux qui pensaient que ce sentiment devait s'accroître au fil des ans… Là non plus je ne suis pas d'accord. Ta mère, même si j'ai mis du temps à m'en rendre compte, je l'ai toujours aimée au maximum de mes capacités.
Pourquoi je te raconte tout ça moi… tu dors paisiblement et je t'embrouille la tête avec tout ça. Je me fais peur parfois à avoir les mêmes manies que ta mère.
Nous vivons dans une maison de fous et ça ne va pas s'arranger avec la venue au monde du numéro quatre. Nous en avons mis du temps avant de nous décider à le laisser entrer dans notre antre. C'est bien logique quand j'y pense… ta mère était bien prise dans son travail et je n'avais pas envie de lui retirer ce bonheur. Et puis surtout, tu étais toujours à nos yeux notre bébé. Sauf qu'à partir du moment où tu sais affirmer haut et fort que tu n'en es plus un, le terme commence à être problématique.
Alors nous avons décidé qu'il était temps d'agrandir notre famille.
Tu verras, c'est agréable d'avoir une petite sœur. Enfin parfois. Les poupées et dînettes très peu pour moi… mais après tout, si c'est une fille, tu feras comme moi avec Ginny… Quelques bonnes cachettes pour cacher ses jouets et elle n'aura plus d'autres choix que de jouer avec toi.
Deux, c'est peu comme enfant quand j'y pense… Certes, sept n'est pas le meilleur chiffre mais deux… ça sonne trop parfait. Et Merlin sait si nous le sommes le moins du monde. Mais bon, voyons les bons côtés de la chose. Tu n'auras jamais à partager ta chambre où à emménager dans le grenier. Tu auras tes propres habits et tu n'auras pas à te battre pour avoir le dernier des yaourts au chocolat. Voilà pourquoi j'aurais voulu être l'aîné… tu pourras jouer sur ça si ta sœur à le caractère de ta mère et parle de ce qu'elle appelle l'égalité homme/femme.
Après tout c'est vrai… elles ne l'ont pas cette égalité. Non, elles ont bien plus que nous. Parce que elles, elles ont cette chance de pouvoir mettre au monde. Cette chance de pouvoir aimer sans demi-mesure sans pour autant devoir se cacher aux yeux des autres. Elles, elles ont le pouvoir de faire un métier d'homme, et que l'on en dise : « Quelle femme courageuse ! ». Elles, elles peuvent décider ce qu'elles veulent sans reproches, parce qu'une femme qui prend des décisions est toujours bien vue.
Elles, Rory, elles ont ce merveilleux don de la nature… celui qui leur donne la possibilité de nous remettre dans le droit chemin.
Finalement, j'aimerais que ce bébé soit un garçon… on ne serait pas trop de trois hommes dans cette maison. Et même là, elle ne serait pas perdue.
En tout cas Rory… ce bébé pourra être ce qu'il veut mais par pitié, ne profites pas de sa venue pour prendre un peu plus d'altitude. Où que tu ailles, il aura toujours un petit fil qui te raccrochera à moi… à tes racines.
