Comme promis voilà la suite… N'hésitez pas à me laisser un petit com', merci beaucoup à ceux qui l'ont fait ! :)
Chapitre 2 :
Castle coupa le contact de la voiture, mais il n'en sortit pourtant pas tout de suite. Qu'allait-il dire ? Comment allait-elle l'accueillir ? Il soupira puis posa ses mains sur le volant pendant un instant et observa les alentours. La pluie s'était arrêtée depuis quelques minutes, quel sale temps pour un début d'été. Il se décida finalement à ouvrir sa portière avant que Kate n'appelle la police pour déclarer un pervers qui squattait son jardin et l'observait depuis sa voiture.
Castle replongea dans ses pensées. Il avait erré pendant plus d'un mois, comme un zombie, nuit et jours dans son appartement, incapable de dormir, de manger ou de sortir de ses idées macabres. Son estomac avait fait une chute libre et son cœur s'était serré lorsqu'elle lui avait demandé de partir et de ne pas essayer de la joindre. Son amour propre avait également pris un coup mais ce n'était pas ce qui l'inquiétait, il avait eu peur et n'avait jamais cessé d'avoir peur pour elle. Les journées s'écoulaient bien trop lentement. Il n'avait pas d'inspiration pour écrire et franchement aucune envie de se plonger dans un nouveau livre malgré les appels incessants de sa publiciste. Son ex-femme avait même débarqué dans son appartement, énervée et presque inquiète de son silence. Il lui avait promis de réfléchir à une nouvelle intrigue et de commencer à écrire au moins un chapitre. Autant dire qu'il n'en avait rien fait. Il avait même finit par prendre l'habitude de sa fille : chercher du réconfort devant la porte ouverte du frigidaire. Ses journées se découpaient entre s'occuper de sa fille, grignoter, parfois, et contempler la photo de Kate qui trônait sur son bureau.
Sa mère avait finit par s'exaspérer de son inactivité et elle n'en pouvait plus de le voir se languir toute la journée. Elle lui donna alors un ultimatum : oublier cette fille qui lui avait brisé le cœur ou aller la chercher et essayer de réparer ce qui pouvait encore l'être. C'était le Wake up call dont il avait besoin. Il se doucha, se rasa, changea de vêtements et peigna ses cheveux. Alexis eu presque une attaque en le croisant dans les escaliers du loft tellement cela le changeait.
Castle pris une résolution ce jour là. S'il voulait reconquérir Kate, il fallait qu'il abandonne l'enquête sur le meurtre de sa mère comme elle le lui avait demandé un an auparavant. C'était soit l'un soit l'autre et il avait fait son choix !
Il amassa les différentes photos qui trainaient sur son bureau, les dossiers qu'il avait accumulés au fur et à mesure de ses nuits blanches et les déchiqueta. Il alluma ensuite sont rétroprojecteur. Doucement, l'image d'une Kate souriante apparu sur le toile blanche. Elle était adorable sur cette image et il ne savait vraiment pas pourquoi il l'avait choisie pour faire son murder board. A y réfléchir, il n'avait pas vraiment d'autres photos d'elle…encore quelque chose qu'il voulait changer. Rick inspira profondément, s'il elle lui laissait la chance de vivre à ses côtés, il prendrait des photos d'elle à chaque instant et les garderaient dans ses poches pour l'avoir près de lui même lorsqu'elle ne l'était pas. Il effaça le dossier de son ordinateur et la photo disparu.
Le cœur un peu plus léger et l'esprit clair, il prépara son sac. Il prit quelques t-shirt, caleçons et chaussettes, il ne voulait pas qu'elle s'imagine qu'il s'installait. S'il la retrouvait, bien sûr. Il ne savait d'ailleurs pas exactement par où commencer… Il avait quelques idées en tête mais n'était sûr de rien. Il ne pensait pas qu'elle soit revenue au commissariat après ce qu'il s'était passé, pas tout de suite en tout cas, Kate avait besoin de guérir seule. Il pensait plutôt à un endroit calme, peut-être à l'étranger… Une pensée lui traversa l'esprit, un jour où ils avaient déjeunés ensemble, elle lui avait parlé des étés passés en famille dans ce qu'elle appelait « la cabine ». Il savait que c'était à la campagne près d'un lac mais c'était à peu près tout. Il fallait qu'il passe chez son père pour avoir plus de détails.
Castle essaya de déglutir pour ravaler la boule qu'il avait dans la gorge, mais sans succès. Il se passa alors la main dans les cheveux, inspira et sonna. Deux minutes s'écoulèrent. Il leva la main pour sonner à nouveau lorsque la porte s'entrouvrit. Les yeux de Jim s'écarquillèrent quand il eu reconnu son visiteur.
« Vous avez du culot de venir ici » dit-il la mâchoire serrée.
Castle ne pensait qu'à Kate, il s'en fichait des convenances, « J'ai besoin de savoir où est votre cabine ». Comme Jim ne parlait pas, il ajouta « Je voudrais retrouver votre fille. Elle est partie sans me dire où elle allait. » Il ferma les yeux un instant et inspira profondément « Je sais que je suis responsable, au moins en partie, de ce qui s'est passé, mais si vous me laissiez juste lui parler…J'ai juste besoin de savoir si elle va bien. Après si elle ne veut pas de moi je partirais et vous n'aurez plus jamais à me voir. ».
Son interlocuteur le considéra un instant, il haussa les épaules « Je ne peux pas vous empêcher d'essayer de la retrouver si vous avez une chance de réussir à la faire rentrer. Je sais qu'elle a besoin d'espace mais j'aimerai vraiment lui parler. Si vous la retrouvez, ramenez moi ma Katie s'il vous plait. » Jim avait maintenant l'air triste plus que prêt à lui sauter à la gorge, Castle s'empressa d'acquiescer. Les coordonnées en main, il se mit en route.
Le paysage défilait devant ses yeux comme dans un conte. Depuis qu'il avait quitté New York, ce n'était que des petites routes qu'il avait empruntées, et un sentiment d'apaisement qui s'était emparé de lui. La campagne était paisible et la verdure lui donnait l'impression de revivre, loin de la pollution et de la sensation de confinement de la ville.
Castle n'arrêtait pas de tourner et retourner dans sa tête ce qu'il allait dire. Le fait qu'il écrive des livres pour gagner sa vie ne l'aidait pas vraiment dans ce genre de situation. Il ne voyait pas comment lui expliquer qu'il n'avait pas réussi à dormir depuis qu'elle l'avait chassé de l'hôpital, qu'il s'en voulait terriblement pour ce qui lui était arrivé, qu'il était même aller voir son père pour savoir où elle était et qu'il ferait n'importe quoi juste pour la voir sourire…tout ça sans être trop intrusif bien sur ! Le manque de sommeil était en train de le rattraper. Il s'arrêta dans une station essence pour prendre un café et il en profita pour demander au caissier s'il était encore loin du village des Beckett. Après une réponse négative, il se sentit à la fois soulagé et anxieux : il en avait bientôt finit de son voyage mais sa confrontation avec Kate se rapprochait inévitablement.
Il roula doucement sur un chemin en sable et se gara derrière la cabine, une petite maison en pierre brute avec des volets bleu foncé. Il coupa le contact. Et voilà où il en était, incapable de se décider à sortir de la voiture.
Il prit finalement son courage à deux mains et s'extirpa de l'habitacle. Un vent frais soufflait sur la campagne malgré les rayons de soleils qui perçaient doucement les nuages. Il contourna la maison et grimpa les marches du perron, puis frappa à la porte. Personne ne répondit, il colla alors son visage au carreau de la vitre. Aucune lumière ne perçait, elle devait être partie faire un tour. Il décida de visiter un peu les alentours. Il marcha vers le lac où des tentes avaient été dressées pour les vacances. Ce camping sauvage lui rappelait son enfance lorsque sa mère l'envoyait dans des colonies « découverte de la nature ». Il avait toujours adoré ses moments là, il aimait beaucoup sa mère, mais le fait d'avoir grandit sans son père l'avait privé de balade en forêt, construction de cabanes et autres. Ces camps de vacances lui permettaient de combler ces manques et faisaient le bonheur du baroudeur qu'il était.
Un petit garçon qui riait aux éclats, était poursuivit par son grand-frère. Il vint s'aplatir sur les jambes de Castle qui s'accroupit à sa hauteur et lui demanda « tu ne t'es pas fait mal mon grand ? ». L'enfant se releva d'un bon et poursuivit sa course. Castle sourit et se releva. Son sourire s'effaça brusquement lorsque son regard se posa sur une silhouette au bord du lac. Elle était de dos mais il l'aurait reconnu entre mille. Kate se tenait là, bien droite, admirant les reflets du soleil qui jouaient sur la surface scintillante de l'eau.
Elle se retourna en entendant les rires se rapprocher et il l'a vit, de loin, s'en aller avant qu'ils n'arrivent jusqu'à elle. Cette vision lui fit mal, elle qui adorait les enfants et qui ne perdait jamais une occasion de jouer avec eux, elle venait de les fuir. Castle réalisa qu'elle n'était sûrement pas encore tout à fait guérie.
Il erra encore une petite heure au bord du lac et se décida à retrouver Kate. Lorsqu'il arriva à proximité de la maison, il se rendit compte que sa voiture n'était pas visible de la porte d'entrée et que par conséquent, la jeune femme ne devait pas savoir qu'il était venu lui rendre visite. Kate se tenait sur le porche, les bras appuyés sur la balustrade. Elle avait le regard vague et semblait perdue dans ses réflexions. Il prit quelques instants pour l'observer, elle avait beaucoup maigrie, et ses cheveux étaient un peu plus courts mais dans l'ensemble, elle restait la même femme, aussi magnifique, qu'elle avait toujours été. Son cœur faisait des bonds dans sa poitrine, il était très heureux d'être à ses côtés et de voir qu'elle avait l'air d'aller bien. Il hésitait encore sur la manière dont il devait l'approcher lorsqu'elle tourna la tête et que leurs regards se croisèrent. Les yeux de Beckett s'écarquillèrent. Castle esquissa un sourire incertain et dit doucement « hey… ».
Suspens!
