Pour mieux me détruire
Chapitre 1
Il faisait sombre, trop sombre pour distinguer quoi que ce soit à plus de deux mètres. Il faisait froid aussi, plus froid que Drago ne s'y attendait. Il avait atterrit en plein milieu d'un bois, loin du manoir, sûrement à plus d'une centaine de kilomètres. Au moment de transplaner, le jeune homme n'avait pas encore décidé de l'endroit où il irait, et c'est au dernier moment, juste à temps, qu'il avait choisi cette forêt.
Soudain, se souvenant de la présence de la sorcière blessée, il baissa les yeux et la trouva, inconsciente, étalée sur le sol. Mais qu'avait-il fait ? Il avait pensé la sauver d'une mort certaine, il avait été certain de la bonté de son geste, mais avait-il réellement bien agit ? Ici, au milieu de cette forêt, blessée et sans possibilité de recevoir de soins convenables n'allait-elle pas aussi mourir? Non, il ne fallait pas qu'elle meure ! Si Hermione venait à mourir, il se retrouverait seul, livré à lui-même, sans pouvoir rentrer chez lui, sa tante et son père furieux après lui. Le seigneur des ténèbres dans une colère noire voudrait sa mort, et il l'aurait. Indéniablement il aurait sa mort. Mais si la jeune fille restait en vie, il aurait une chance de s'en sortir, il n'aurait pas agi pour rien et ils pourraient survivre ensemble. « Ensemble », ce mot paru étrange à Drago. Jusqu'à il y a une heure il n'aurait jamais employé cette expression pour le désigner lui et Granger. Granger. Cette fille qu'il détestait de tout son être depuis maintenant sept ans, cette née-moldue, cette miss-je-sais-tout, cette insupportable fille qu'il adorait ridiculiser dès que l'occasion se présentait. Il la haïssait et pourtant il venait de la sauver des griffes de Bellatrix Lestrange, sa tante folle à lier pour laquelle il avait toujours ressentit de la peur et un profond dégout. Mais au fond, pourquoi avait-il sauvé la jeune femme ? Il venait de mettre sa vie en jeu pour la sauver. Pourquoi ? N'était-ce pas une façon de se sauver lui-même ? N'était-ce pas une manière de se prouver que, malgré la marque, malgré cette guerre à laquelle il participait, il était toujours humain, qu'il était toujours capable de ressentir de bons sentiments comme la compassion ou la bonté ?
A ses pieds, Hermione ne bougeait pas. Elle avait les yeux fermés mais Drago pouvait voir les traces des larmes qui avaient ruisselé sur ses joues. Elle avait souffert. Elle avait souffert jusqu'au point où elle n'avait pu lutter plus longtemps. Le jeune blond s'agenouilla près d'elle et posa sa tête sur la poitrine de la sorcière. Légèrement, très légèrement il pouvait sentir son torse se soulever, preuve qu'elle respirait toujours. Drago poussa un soupir de soulagement et se laissa tomber aux côtés d'Hermione. Il s'allongea et regarda le ciel, noir, sans étoiles, la lune à peine visible derrière la cime des arbres. Il allait attendre qu'elle se réveille mais lorsqu'elle le ferait qu'allait-il faire ? Qu'allait-il lui dire ? Il ne savait pas lui-même ce qui l'avait poussé à la sauver alors comment allait-il bien pouvoir lui expliquer ? Et quand bien même il y arriverait, rien ne lui disait qu'une fois la sorcière revenue à elle et un minimum rétablie, ils ne recommenceraient pas à s'insulter, à se frapper, à se haïr. Mais s'ils voulaient survivre, rien de tout cela ne devait arriver. S'ils ne s'entendaient pas, ils courraient tous deux à leur perte. S'ils ne se supportaient pas et partaient chacun de leur côté, il mourrait et elle aussi. Mais s'ils mettaient toute leur haine de côté pour un moment, s'ils s'acceptaient, que feraient-ils ensuite ? Seul Drago avait sa baguette et c'était le seul et unique objet en sa possession désormais. Il n'avait même pas de vêtements de rechange, pas d'eau, pas de nourriture. Rien. Il n'avait rien et Hermione non plus. Comment survivraient-ils sans rien ?
Désirant se sortir toutes ces interrogations de l'esprit, Drago se redressa et porta son attention sur la jeune femme couchée près de lui. Il vérifia à nouveau qu'elle vivait puis l'observa attentivement. Elle avait considérablement maigri depuis l'année précédente. Il y a un an elle était mince, maintenant elle était presque maigre. Le jeune sorcier ne put s'empêcher de se demander dans qu'elles conditions, Granger, Potter et Weasley avaient vécus jusque-là. Quand Bellatrix lui avait demandé de reconnaitre le garçon défiguré, il avait su immédiatement qu'il s'agissait de Potter. Tous le savaient mais ils voulaient être certains de ne pas commettre d'erreur en appelant le mage noir. Si le garçon n'avait pas été Harry Potter, Drago n'osait pas imaginer la colère de celui qu'ils appelaient « maître ». Mais il n'avait pas confirmé l'identité du garçon. Pourquoi ? Sûrement car il ne voulait pas voir le seigneur des ténèbres devant lui, dans sa propre maison, et aussi certainement car il ne voulait pas que Potter ne meurt. Si celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom tuait Potter, qui le tuerait lui ? Qui tuerait Voldemort ? Car au fond de lui Drago voulait que Voldemort meurt, il le désirait plus que tout. Il était la cause de tous ses malheurs, il était aussi fou que sa tante et Drago savait que la seul personne en mesure de le tuer était Potter. C'était lui l'élu.
Il n'y avait pas que la silhouette d'Hermione qui avait changé. Son visage aussi paraissait différent, ses traits étaient tirés et même en étant inconsciente la jeune femme semblait inquiète, soucieuse. Mais malgré tout cela, Drago du reconnaitre qu'elle était jolie et la position de faiblesse dans laquelle elle se trouvait ne faisait qu'accentuer cette fragilité qui la rendait belle. Que lui arrivait-il ? Non, il ne pouvait pas la trouver belle, c'était Hermione Granger, elle ne pouvait pas être belle. Il l'avait peut-être sauvé mais il la détestait, il n'avait pas le droit de la trouver belle. Il était Drago Malfoy, un sang-pur, elle, une née-moldue, une sang-de-bourbe. Une sang-de-bourbe ne pouvait pas être jolie. Tout en réfléchissant à cela, les yeux du sorcier se posèrent sur l'entaille que Bellatrix avait faite au bras d'Hermione et il s'en voulu d'avoir pensé qu'elle était une « sang-de-bourbe ». Son interprétation de ce mot avait changé du tout au tout ce jour-là et il se jura de ne plus affubler la jeune femme de ce statut. Ce que sa tante avait fait était de la pire cruauté qui soit. Pour elle être né-moldue était une abomination, quelque chose qui devait être puni. Pour Drago, être né-moldue était mal, sale, mais s'il avait déjà menacé Hermione auparavant, il ne serait pas passé à l'acte, il ne lui aurait jamais fait autant de mal que lui avait fait Bellatrix.
Alors qu'il vérifiait pour la troisième fois si elle respirait, le blond ne sentit pas la poitrine de la sorcière se soulever. Il y colla son oreille et n'entendit pas son cœur battre. Pris de panique et ne sachant pas réellement quoi faire, il commença à lui faire un massage cardiaque. Il appuyait de toute ses forces sur le torse de la jeune femme, allant même jusqu'à le marteler de coup de poing. Il lui fit du bouche à bouche mais rien n'y faisait, elle était comme morte. Soudain, il se mit à la détester plus que jamais. Elle ne pouvait pas mourir ! Elle ne pouvait pas mourir maintenant ! Elle n'avait pas le droit de le laisser seul ! Il l'avait sauvé et voilà comment elle le remerciait ! Drago avait pleinement conscience que ses pensées était totalement égoïstes, mais c'est ce qui l'empêchait de craquer, c'est ce qui l'empêchait d'abandonner Hermione à son sort. Il devait la ramener.
« Ne meurs pas ! hurlait-il fou de rage et de désespoir. Putain ne meurs pas ! Ne me laisse pas seul ! »
Brusquement, alors que les coups qu'il lui portait à la poitrine étaient devenus plus violents encore, Hermione se redressa en inspirant violemment. Il arrêta de la ruer de coups et bascula en arrière et s'assit sur la terre humide de la forêt en soufflant de soulagement. Elle le fixait de ses petits yeux noisettes, ces mêmes yeux qui l'avaient imploré de l'aider une heure à peine plus tôt.
« Malfoy… murmura-t-elle d'une voix faible et presque inaudible.
Putain Granger ne me fait plus jamais de frayeur comme ça ! Plus jamais tu m'entends ?! »
Voilà pour le premier chapitre ! La longueur vous convient-elle ? Je n'aime pas les chapitres trop longs, ni les chapitres trop courts alors j'essaie de trouver un juste milieu. Qu'en avez-vous pensé ? J'ai voulu beaucoup insister sur les pensées de Drago (Drago, mon amour…) pour que vous vous rendiez bien compte de la complexité que je veux donner à son personnage. N'hésitez pas à me laisser une review si vous avez aimé ou si vous avez des questions et j'essaierais d'y répondre à la fin du deuxième chapitre, qui devrait sortir samedi prochain au plus tard. A bientôt ^^. –Plume224
