Chapitre 2
Le lendemain, le temps passait lentement pour Oscar. Elle devait bien admettre qu'il était étrange de mener sa vie comme elle en avait l'habitude sans croiser le regard d'André et que cela ne serait pas temporaire mais définitif.
Il avait toujours été là, même si ils n'étaient pas dans la même pièce, elle savait qu'il n'était pas loin. Elle se sentait vide. Il lui manquait terriblement. Sa présence, sa voix, son regard, ses rires, ses remarques et opinions sur tous les sujets l'avaient toujours accompagnés. Elle soupira.
Elle n'arrivait à rien de constructif dans son travail. Sa tranquillité d'esprit était perturbée.
«C'est pas possible !Mais concentres toi ! » se dit t'elle à elle-même en reprenant sa lecture.
Malgré tout ses efforts, elle n'arriva pas au bout de la première ligne.
Les heures ne défilaient pas et tout son être réclamait la présence d'André. Enfin fut l'heure de partir et cette fois, elle n'allait pas faire d'heures supplémentaires.
Il était impatiente de rentrer . Lorsqu'elle arriva au château. Elle entendit son rire. Elle se dirigea dans le petit salon. Il était avec son père et grand-mère vêtue d'un magnifique ensemble vert bleuté. Il y avait aussi un modéliste et des tas de tissus dans la pièce.
Le général remarqua sa fille .
« Ah Oscar, vous tombez bien mon fils ! Que pensez d'André dans ce vêtement ? »
« Ca sera peut être l'ensemble qu'il portera pour le bal »
Oscar fronça les sourcils.
« André préfère le marron et puis c'est bien moins salissant » dit t'elle courroucée.
« Mais enfin, ma petite »dit Grand-mère « Ce n'est pas le but ici ! »
André n'avait rien dit. Il se demandait pourquoi Oscar semblait fâchée et il ne savait plus trop pourquoi, mais il lui paraissait qu'Oscar en disant cela , avait fait référence à quelque chose, mais il ne se rappelait plus vraiment quoi.
Oscar ne restera pas plus longtemps dans la pièce. Si c'était pour voir cela, elle aurait mieux fait de ne pas quitter la caserne.
Une fois dans sa chambre, elle retira ses bottes en les jetant. Elle était en colère. Elle se rappelait de cette journée comme si cela avait été hier.
Fersen était paré une nouvelle fois d'une divine tenue.
« Dites moi Fersen, vous portez toujours des vêtements splendide. Quel est donc votre couturier ? »
« Seriez-vous intéressée Oscar ? »
« Je n'ai pas trop l'occasion de porter autre chose que mon uniforme, mais on ne sait jamais » dit t'elle.
Le gentil comte lui donna donc l'adresse de son tailleur. Elle venait d'être promue Colonel et l'envie lui prit d'offrir à André du changement. Elle en avait assez de le voir chaque jour habillé de ses sempiternelles costumes marrons qui se ressemblaient tous. Un peu de couleur lui ferait du bien.
Elle proposa donc l'idée à André.
« Quoi ? Tu plaisantes Oscar ? »
« Tu n'en as pas assez de porter toujours la même chose ? » dit Oscar ennuyée « Je suis sûre que des couleurs un peu plus claires… »
« Je préfère le marron ! et puis c'est moins salissant » interrompra André.
« Oui, mais tu n'as pas envie de te faire beau de temps en temps ! de changer ! »
« Envie de me faire beau ? Mais enfin Oscar, pour plaire à qui ? ».
Oscar, en ce temps là n'avait pas trop bien comprit pourquoi , ses paroles ne lui avaient pas plu maintenant elle se doutait de la raison pour laquelle, elle l'avait mal prit.
« Quel imbécile ; dire qu'il a osé me dire « Je t'aime depuis que tu m'es apparue dans un éblouissement sans fin !, oui ! ce jours là, il devait pas avoir encore eu l'illumination divine ! »
Oscar sauta sur son lit.
« Et là monsieur qui est sensé m'aimer plus que sa vie, fait des essayages pour plaire à ses prétendantes ! Il se moque de moi ! Parce que même après son « éblouissement sans fin » ce rustre a toujours porté ses foutus ensemble marrons … c'est vrai , si l'uniforme des gardes française n'avait pas été bleu, je ne l'aurais jamais vu porter une autre couleur ! On voit pour qui il fait des efforts… En plus depuis qu'il sait que toutes les jeunes filles sont folles de lui, il il a prit la grosse tête et se permet d'être arrogant ! » Elle prononça cette dernière phrase en songeant à son attitude la veille dans la salle de bain.
Oscar dina seule avec André et elle prit soin d'éviter le sujet du mariage que celui-ci n'aborda pas non plus. Cependant la tempête couvait en elle. Grand –mère apporta le dessert.
« Mon André, je t'ai fait ton gâteau préféré, à la cerise et au chocolat » dit t'elle.
Oscar lança un regard noir. Elle l'avait surement fait exprès.
« Oh c'est adorable grand-mère merci » dit André.
Oscar et André furent servis. Oscar ne voyait plus que la part dans l'assiette de son ami. Sa fourchette s'approcha et il piqua la cerise pour la mettre sur le coté. Ce simple geste annonçant le début d'une manie qu'André possédait depuis qu'il était gamin. Cela la mit hors d'elle. Elle n'allait pas subir aujourd'hui, en plus, l'agression du gâteau à la cerise. André était loin de s'imaginer en découpant sa première petite part en triangle, le sourire aux lèvres, de l'orage qui allait s'abattre sur lui…
« aaaaaaaaah ! j'en ai assez ! Plus de vingt ans que tu manges ce gâteau de la même façon ! » hurla Oscar.
André qui ne s'attendait pas du tout à cela, sursauta et ruina son deuxième triangle. Il regardait Oscar avec stupeur et incompréhension.
« Mais, enfin, Oscar ! Ca ne va pas ? J'ai bien le droit de manger comme je veux… »
« Non ! ca m'énerve, tu ne peux pas manger comme tout le monde ? »
« Je suis encore libre de faire ce que je veux avec ma part de gâteau, j'adore le manger comme ca je voudrais pas pourquoi je changerai ! »
« Ah bah oui, pour ce foutu gâteau, tu ne changes pas tes habitudes ! Tu lui restes fidèle ! » vociféra t'elle. « Tu sais quoi ! Ne cherches plus de fiancée, ni l'amour, tu l'as déjà trouvé, il est dans ton assiette ! » dit Oscar.
« Oscar, tu as bu ? »
« Je repars pour la caserne ! Amuses toi bien au bal ! Je plains de tout cœur la malheureuse qui sera élue ! »
Dix minutes plus tard, André vit Oscar vêtue de son uniforme partir. Il n'avait absolument pas comprit la réaction de son amie.
Pour les gardes françaises, se fut une nuit blanche. Leur colonel avait décidé qu'il était bon pour eux de faire des exercices de nuit.
Au petit matin, Alain décida de parler à son supérieur.
« Colonel… Puis je vous suggérer de mettre votre énergie à ramener André auprès de vous plutôt que de martyriser des soldats qui commencent à peine à vous estimer… »
« Ce ne sont pas vos affaires Alain »
« Non, mais ca va bientôt le devenir, si vous continuez comme cela… »
Quelques heures plus tard, Oscar qui contrairement à ses hommes était toujours très réveillée et toujours très en colère, prit une décision.
« Très bien André ! Tu m'as dit que tu m'aimais…Tu m'as fait vivre un enfer en me déclarant tes sentiments, puis tu m'as provoqué en t'incrustant aux gardes françaises alors que je t'avais dit que je ne voulais plus te voir et tu as fini par avoir ce que tu voulais ! Maintenant il va falloir que tu assumes tes actes » pensa t'elle.
Oscar ne rentra pas de la semaine au château. André était inquiet. Il avait prit la décision d'accepter la proposition du général, en pensant que cela aurait fait réagir Oscar. Certes, elle avait eu quelques réactions envers lui ,mais pas dans le sens qu'il espérait. Elle l'avait insulté, traité de vieux moche et borgne. Le malentendu dans la salle de bain était inespéré mais n'avait pas non plus porter ses fruits comme il aurait aimé. Le voir habillé comme un prince, l'avait laissé froide et son inexplicable colère sur sa façon de manger demeurait un mystère. Pour clôturer le tout , elle était partie. Il se demandait si il avait bien fait d'agir ainsi…Un fol espoir l'avait envahi lorsqu'elle lui avait dit qu'elle n'avait aucune envie de se marier, y voyant là un message. Un signe qu'il avait du mal comprendre. Dans quel pétrin, venait t'il de se mettre ?
Pourtant, il ne pouvait s'empêcher de rêver au bal des prétendantes : Oscar arriverait, parée de la plus belle robe du royaume de France. La femme Oscar viendrait se présenter à lui pour lui demander de faire d'elle son épouse. André soupira. Il repensait à ce jour où il avait vu Oscar mettre une robe pour Fersen. Comme elle était belle. Si seulement…Il se disait qu'il ne fallait pas trop qu'il rêve, pourtant…son imagination reprit le dessus. Oscar, sa belle Oscar, rougissante, lui demandant si elle voulait toujours bien de lui et puis ils danseraient…
André souriait à cette pensée.
Le bal battait était commencé depuis quelques minutes. André était assailli de jeunes et jolies jeune femmes qui lui posaient multiples questions. Sofia de Fersen était l'une des plus motivée et fut la première à décrocher l'honneur d'une danse.
Le général de Jarjayes et Grand-mère veillait au bon déroulement des événements.
« Tout cela me semble très prometteur » dit le militaire.
Sofia avait beau être ravissante, elle ressemblait trop à son frère pour que l'incroyable charme suédois puisse avoir un quelque conque effet sur André. Il ne pensait qu'à une seule chose, voir apparaitre la femme de ses rêves :Oscar.
Le général de Jarjayes était d'excellente humeur et proposa à grand-mère de danser. Grand-mère en fut ravie.
Ils commençaient à peine leur danse que le général s'arrêta.
« Qui à t'il ? Je vous ai marché sur le pied ? »
« Non ,Oscar est là »
« Comment ? »
Il s'apprêtait à la rejoindre mais celle ci le devança et dit en lui passant devant :
« Plus tard, j'ai à faire ! père ! »
Oscar se dirigeait vers André d'un pas ferme et rapide. Le jeune homme était de nouveau entourée d'une dizaine de jeunes prétendantes. Oscar écartait sans ménagement les jeunes femme, pour passer.
« Faites-place » dit t'elle.
Les demoiselles était outrées et André reconnut la voix d'Oscar. Il se retourna aussitôt avec un large sourire qui se ferma à la vue de sa bien aimée. Elle était là , devant lui, le regard incisif, et en uniforme.
Oscar regardait les jeunes femmes et dit de sa voix claire et autoritaire.
« Le bal est terminé mesdemoiselles ! Je vous invite à prendre la direction de la sortie ! »
Les jeunes dames murmuraient entre elles que tout cela était scandaleux. Le général de Jarjayes pâlit rien qu'à l'idée de devoir une fois encore devoir fournir des explications et des excuses à tous ses gens. Il le savait, les Jarjayes avait à la cour, une réputation de fous furieux et cela n'allait pas s'arranger après cet événement.
Il fonça vers sa fille.
« Oscar, je vous demande de vous expliquer ! »
« J'ai changé d'avis, je veux me marier »
« Quoi !? Mais enfin, vous changez d'avis comme de chemise mon enfant »
« Tel père, telle fille ! » dit t'elle.
« André, dites quelque chose ? Vous avez le droit de refuser ! C'est votre bal »
« Il a déjà décidé ! il est d'accord ! » dit Oscar
« Mais il n'a rien dit Oscar ! » dit le général.
« C'est à cause de l'émotion » répondit t'elle.
« En fait … » dit André tout de suite interrompu par le général.
« Ah tu vois, Oscar, il veut s'exprimer ! »
Oscar se tourna vers André.
« Amour ! tu m'as voulu , tu m'as ! maintenant les seules explications que je veux entendre c'est comment tu as pu me dire que tu m'aimais et accepter d'en épouser une autre ? » dit Oscar hors d'elle.
« Ah bon ? Vous l'aimez André ? » dit le général, un peu dépassé par les événements.
« C'est-à-dire qu'Oscar, j'espérais que cela te fasse comprendre…Je voulais que tu viennes mais j'avais dans l'idée quelque chose de plus romantique »
« J'ai pensé, figures toi, à mettre une robe, me coiffer, me parfumer, me maquiller … »
« Ah, et pourquoi, tu ne l'as pas fait ? » dit André.
« Je me suis rappelée tes dires mon adoré…, comme quoi tu ne t'attachais pas aux apparences et en particulier chez moi… J'ai donc préférée rester naturelle ! »
André se mordit la lèvre inférieure.
« Eh bien » fit le général « Vous auriez pu me le dire plutôt , vous savez combien cela coute d'organiser un tel bal ! » cria t'il retrouvant toute son allure autoritaire. « Oscar, vous me rembourserez chaque louis d'or que j'ai dépensé et cette fois, c'est vous qui irez vous confondre en excuse auprès de tous ces gens ! » dit t'il en partant tel une tornade.
« Il a plutôt bien réagit » dit Oscar
« Je m'attendais à pire » confirma André.
Grand-mère osa enfin les approcher.
« Vous allez vraiment vous marier ? »
« Il semblerait que je n'ai pas le choix » plaisanta André et reçut simultanément des deux femmes de sa vie un coup sur la tête.
« Aie » cria t'il
Quelques minutes plus tard, il ne restait plus qu'Oscar et André dans la salle de bal.
« Tu acceptes de danser Oscar » dit t'il en faisant signe à l'orchestre qui était resté , de jouer.
« Avec plaisir » dit Oscar rougissante.
Ils ne firent pas plus de quelques pas de danse qu'Oscar et André s'arrêtèrent pour s'embrasser.
C'est à ce moment Qu'Alain et Yvan entraient dans la pièce. Ils étaient partis peu de temps après Oscar car ils avaient un message urgent à lui remettre.
Les deux hommes restaient muet face au spectacle qu'il voyait. Les jeunes amoureux ne percevaient pas leur présence trop investi dans leur baiser passionné.
« Yvan ! je ramasse mon argent demain ! » dit Alain avec un large sourire.
« J'y crois pas ! Tu avais raison , il sont… »
« Ouais ! » dit Alain béa de satisfaction en pensant à ce qu'il allait pouvoir offrir à sa sœur avec l'argent des paris.
Fin
Voila, je voulais une petite fic lègere et courte. j'espere qu'elle vous a plu.
