Titre : Underwater light ou la lumière sous-marine

Auteur : Maya

Anciennes traductrices : Nymia ( 5 chapitre)

Nouvelles traductrices : dinoushette, Lenyka, Manelle

Bêta : Harry Griffondor

État de la fic anglaise : fini après 22 chapitres

État de la fic Française : 2chapitre; Traduis : 5; En cours : 6;

Traduction reprise avec l'accord de Nymia

Bonne lecture et à la prochaine

Eni et Onarluca

Chapitre 2 :

if I Reached Out A Hand

Every time I try the words make little sense

Until you're gone, and everything must change

And so I must resolve to say it

It's just me myself again and I'm just talking to the wall

It's just me myself and I deciding on a plan

Deciding on my plan

And everything must change, change

Inside and out

(Si je tends la main

À chaque fois que j'essaie de donner un peu de sens à mes paroles

Jusqu'à ce que tu sois parti, et tout doit changer

Et je dois me résoudre à le dire

C'est seulement encore moi et moi-même et je parle juste au mur

C'est seulement moi et moi-même et j'ai choisi un plan

Choisi mon plan

Et tout doit changer, changer

Dedans et dehors)

Harry trébucha à l'intérieur de la salle commune de Gryffondor. Il cligna des yeux, levant une main pour se protéger de la lumière et pour protéger ses yeux confus des autres.

Un tonnerre de salutations l'attaqua immédiatement.

« Bravo, Harry ! » Seamus.

« Pauvre Harry, imaginez-vous sauver Malfoy ! » Ginny.

« C'était brillant, Harry, mais est-ce que tu ne pouvais pas le tremper un peu plus ? » Ron.

« Que t'as dit le Professeur Dumbledore ? » Hermione.

Et maintenant que Hermione avait posé la question évidente, chaque visage s'était tourné vers lui, certains qu'il pourrait tout expliquer.

Harry se sentit totalement épuisé.

« Il n'a aucune idée de ce qui est arrivé. » dit-il. « Pas plus que moi. »

Ce fut le silence, et alors un exceptionnel et vigoureux tonnerre de conversations.

« Eh bien, qu'importe la raison, tu as été stupéfiant ! » s'exclama Seamus.

« Tu as dû être sous le choc quand tu as vu Malfoy là-bas. » commenta Hermione.

Malfoy.

Mon Dieu. J'ai besoin de penser à Malfoy.

Il devait s'évader, et alors il devait penser à Malfoy.

Il regarda tout autour dans la salle. Neville Longdubat brandit un gobelet vers lui, son pull et son pantalon éclairèrent l'humeur de Harry.

Maintenant que le monde magique était divisé en deux parties, les deux moitiés étaient devenues extrémistes. Soit on tuait les Moldus, soit on les aimait.

Ceux qui s'opposaient à Voldemort avaient donc embrassé chaque coutume moldue qu'ils pouvaient. Les vêtements moldus étaient communément portés en dehors des cours.

Les gens provenant d'une famille de sang pur comme Neville portaient des choses plutôt étranges. Harry gardait toujours la photo de Colin Creevey de l' « Incident Tutu » en cinquième année.

Hermione posa une main tendre sur son bras.

« Tu sembles un peu fatigué, Harry. »

Il l'a regarda avec gratitude.

« Je le suis. » dit-il vivement.

« Peut-être que tu devrais prendre un peu de repos. »

Les doigts de Harry se refermèrent autour de sa main en un remerciement muet. Elle l'a serra en retour avec cette terrible sympathie.

Tout le monde le salua alors qu'il partait, et alors il était enfin libre.

Harry s'adossa à la porte. Maintenant il devait essayer de comprendre.

Ce qui t'est le plus cher, nous te l'avons ravi.

Pourquoi Malfoy ?

Il pouvait comprendre que ce ne soit pas Ron. Il aimait Ron, il aimerait toujours Ron – mais un éloignement avait grandi entre eux, une petite faille qui enfonçait Harry dans sa solitude.

Ron n'avait jamais été très bon pour l'empathie. Il n'avait pas compris, il y a trois ans, que Harry ne serait jamais entré dans le Tournoi des Trois Sorciers sans le lui dire.

Maintenant Harry avait vraiment besoin de compréhension, et Ron ne pouvait lui en donner.

Cela n'avait pas aidé que Ron ait dévoué tant d'heures pour être l'abruti petit ami de Hermione.

Si ça avait été Hermione… Elle était la plus intelligente, la seule parmi eux tous qui était la plus à même de comprendre.

Ou si ça avait été Sirius. Sirius avait été au loin pendant la cinquième et la sixième année de Harry, mais maintenant il enseignait à l'école, aidant Lupin dans son travail. Lupin avait essayé de s'occuper de la Botanique et de la Défense Contre les Forces du Mal, et Sirius avait été la bienvenue avec cette chaleur à moitié désespérée qui était montée si souvent ces derniers jours.

Harry avait espéré qu'ils deviendraient plus proches, bien que ces rêves dorés d'adolescent de treize ans avaient depuis longtemps disparu.

Encore, si cela avait été Hermione, ou Sirius…

Si cela avait n'importe qui d'autre que Malfoy !

Harry marcha rapidement à travers la pièce et s'assit sur le rebord de la fenêtre, ramenant ses jambes sous lui et pressant sa joue contre la froide vitre.

Il ferma ses yeux.

C'était donc Malfoy.

Un visage pâle et moqueur apparut immédiatement contre ses paupières fermées.

Harry était vaguement surpris par combien l'image avait été claire et immédiate. Il supposa qu'il était assez habitué à Malfoy. Cet imbécile avait été autour de lui pendant des années, après tout.

Mais qu'est-ce que la familiarité ? La familiarité provoque du mépris. Dans le cas de la familiarité de Harry avec Malfoy, cela multipliait le dédain comme des lapins.

Qu'est-ce qui avait changé pendant ces trois ans ?

Presque rien.

Malfoy était toujours le même petit imbécile malveillant. Harry le haïssait toujours.

Plus maintenant, apparemment, selon une maudite coupe et son propre traître de subconscient, il ne le détestait plus.

Comment avait changé Malfoy ces trois dernières années ?

Presque pas.

Non… peut-être que ce n'était pas juste.

Il y avait eu la chose - Lucius Malfoy. Le père de Malfoy avait été tué durant leur cinquième année. La rumeur qui avait filtré à travers le monde magique était qu'il avait essayé de doubler Voldemort dans une attente pour gagner plus de pouvoir, et Voldemort l'avait exécuté.

Harry ne connaissait pas les détails. Avec la guerre qui commençait, les familles qui disparaissaient, la peur partout… personne ne s'y intéressait assez pour enquêter.

Harry avait même ressentit une sinistre satisfaction, se souvenant comment Lucius Malfoy avait failli tuer Ginny, comment il s'était tenu dans le cercle des Mangemorts et avait regardé un garçon de l'âge de son fils combattre sans espoir le Seigneur des Ténèbres, et avait ri…

Rétrospectivement, cette satisfaction semblait presque horrible. Harry n'avait jamais ressenti la plus petite parcelle de sympathie pour Malfoy. Tout ce à quoi il avait pensé était – « Eh bien… ça le fera taire. »

Ils seront les premiers à partir, maintenant que le Seigneur des Ténèbres est de retour !

Draco Malfoy s'était trompé – son père avait été l'un des premiers à partir.

Et Harry avait, presque inconsciemment, été d'accord avec le franc verdict de Ron 'C'est bien fait pour lui.'

Malfoy n'avait jamais semblé particulièrement chagriné. Lui et sa bande habituelle avaient intégré le Jeune Ordre du Phénix de Lupin, à la grande surprise de beaucoup, et en étaient immédiatement devenus l'élément le plus perturbateur, à l'étonnement de personne.

Dumbledore avait eu raison, alors. M. Malfoy est de notre côté.

Donc Draco Malfoy n'était pas un Mangemort.

Attends. Avons-nous un caractère à l'intérieur ?

Tu le connais sûrement, avait dit Dumbledore.

Malfoy avait toujours été extrêmement ennuyeux, mais en dépit de son père Mangemort il n'avait jamais semblé être un meurtrier. Il ne s'était jamais vengé de la gifle de Hermione en troisième année. Il disait des choses dégoûtantes et agissait d'une pire façon qu'un lutteur de boue professionnel, mais il n'était pas un assassin.

Bien. Harry était près à reconnaître qu'il n'avait pas le cœur du démon le plus malfaisant.

Il ne voyait pas comment cela le rendait la personne qui lui manquerait le plus. Après tout, Malfoy était la personne la plus irritante qu'il connaissait.

Harry appuya son visage plus fort contre la vitre.

Cela dérangeait Harry de ne pas avoir ressenti la plus petite sympathie pour Malfoy. Harry aimait penser qu'il était une - personne relativement décente. Il avait dit à Blaise Zabini qu'il était désolé pour sa mère, et personne n'avait su si la disparition de Mme Zabini avait été causée par la mort, la fuite ou une conversion pour le côté ténébreux.

C'était la chose la plus irritante à propos de Malfoy. Il était le seul qui pouvait amener Harry à son propre niveau.

Oh, il pouvait désobéir aux ordres du Seigneur des Ténèbres sous le sort de l'Imperius… et alors il partait et se comportait comme un imbécile à cause de Malfoy.

Ne pas laisser Malfoy le voir plein de suie et les lunettes cassées. Ne pas laisser Malfoy le voir emmener à l'infirmerie à cause des Détraqueurs. Devoir battre Malfoy au Quidditch.

Harry se souvint soudainement du début de sa sixième année.

Il avait seize ans, et la poussée de croissance pour laquelle il priait était arrivée pendant l'été. Malheureusement, il lui manquait toujours des muscles virils, mais au moins il n'était plus ridiculement petit.

Il savait qui le serait. C'était pourquoi il avait couru dans tout le train comme un fou, plus animé qu'il ne l'avait été l'année précédente et même avant, désespéré de trouver Malfoy et de rire de lui.

Harry se souvenait avec une intensité particulière la brutale poussée de colère qu'il avait ressentie quand il avait couru à l'intérieur d'un wagon et rencontré une paire d'yeux glacials exactement au même niveau que les siens.

Il avait été furieux. Harry se sentait comme si Malfoy avait grandi délibérément pour l'ennuyer.

Ce qui était absurde.

Mais il s'était quand même senti furieux. Malfoy avait cet effet sur lui.

Comme pendant les réunions du Jeune Ordre quand Malfoy faisait une remarque raciste sur les Moldus et Harry reviendrait à lui d'une fade rêverie vers l'outrage. Ou durant ces monotones matchs de Quidditch quand Harry était soudainement galvanisé dans son action par le visage toujours haineux de Malfoy dans la foule. Le garçon qui se montrait en supportant les Poufsouffles aussi longtemps que c'était contre Harry.

Sans mentionner les matchs Serpentard/Gryffondor. Dans le dernier Malfoy avait, d'après une rumeur, gardé un livre des règles du Quidditch avec lui et coché chaque règle qu'il brisait. Il trichait furieusement et de manière éhontée, mais il jouait définitivement plus pour gagner.

Lui et Malfoy avaient fini le match en se criant dessus jusqu'à ce que Mme Bibine tire de force Harry au loin. Harry avait été vivant en bouillonnant de colère.

Harry s'était sentit… vivant.

Harry se leva du rebord de la fenêtre, avec beaucoup de précaution.

Il marcha vers son lit et s'allongea dessus, regardant la célèbre et pâle lumière de la lune et les ombres que le mur à son opposé. La lumière se tordait faiblement contre le plâtre, comme si elle avait été épinglée là.

Il n'aimait pas Malfoy. Il n'avait jamais aimé Malfoy.

Ce qui t'est le plus cher, nous te l'avons ravi.

Mais Malfoy était devenu – d'une manière ou d'une autre – important à ses yeux. Il était le challenger que personne d'autre n'osait être. Il donnait envie à Harry de se lever et de l'étrangler, mais au moins il donnait envie à Harry de se lever. Il fournissait – une raison de vivre à Harry.

C'était très dérangeant.

Et ça avait été ainsi depuis des années. Pas que Malfoy n'ait jamais fait plus. Il avait simplement été lui-même, une aiguille sous la peau de Harry, une douleur constante et enrageante.

Harry ne s'en était jamais rendu compte – et maintenant qu'il l'avait fait, il était consterné.

La vie avait actuellement atteint un niveau où il s'accrochait à la colère pour vivre. Où seule la colère pouvait faire battre le sang dans ses veines, faire crépiter le bout de ses cheveux, apporter le monde dans une réalité tranchante et le faire réagir à cela.

C'était comme s'il était accro à l'adrénaline, et Malfoy était son dealer. Et cela – cela était devenu d'une manière ou d'une autre plus important que ses amis.

Qu'est-ce qu'il avait dit à propos de lui et de sa vie ?

C'était une insulte pour ceux qu'il aimait. Et si Malfoy était important pour lui, même d'une façon tordue et terrible… c'était affreux que Harry n'ait pas été désolé pour son père.

Harry s'assit et tira les rideaux autour de son lit.

Il était horrifié de réaliser qu'il était concentré durement sur le monde maintenant. Il était perdu dans une dépression, et chacun de ses souffles sortait rapidement et avec force.

Il se tortilla sur son lit, comme s'il essayait de sortir vivement à travers de l'eau, de partir au loin de tout cela.

Cela ne pouvait pas être vrai. Il n'était pas sûr – ça ne semblait pas entièrement vrai.

Bien que cela semblait inconfortablement près de la vérité.

Il devait tout découvrir à propos de ça. Si Malfoy était important pour lui, ils ne pouvaient demeurer rivaux. Il devait y avoir une raison qui expliquait pourquoi il touchait tant Harry.

Harry devait découvrir ça aussi.

Il était parti aussi loin qu'il le pouvait seul. Et Dumbledore ne pouvait pas l'aider.

Il n'y avait aucun intérêt à penser encore. Mais il pensait, il continuait de réfléchir. Il pensa alors qu'il se jetait légèrement et avec excitation, oubliant d'enlever ses vêtements et de se glisser sous la couverture.

Demain…

Demain, il devra faire face à Malfoy.

« Harry, tu sembles un peu nerveux. »

Harry sursauta.

« Je – euh, non. Je vais bien. » Dit-il.

Hermione le regardait avec inquiétude, son morceau de pain grillé en équilibre dans les airs. Harry essaya avec désespoir de paraître comme s'il n'avait pas été debout pendant la moitié de la nuit, ne portait pas les mêmes vêtements que la veille et ne regardait vraiment, vraiment pas les portes pour voir quand Malfoy allait arriver.

Hermione le regarda pendant un autre long moment, puis se retourna vers sa tartine.

Je regarde juste la porte, Harry essaya de se projeter dans le monde. La porte. Une porte fascinante. Je ne l'ai pas appréciée convenablement durant ses six et demie dernières années, je dois l'apprécier maintenant.

Le petit-déjeuner passa, et Malfoy n'arriva pas.

Oh allez ! C'était scandaleux. Le petit-déjeuner est le plus important repas de la journée. Les gens ne devraient se balader avec insouciance en le sautant.

Même Crabbe et Goyle étaient là, et Pansy Parkinson et Milicent Bulstrode et Blaise Zabini, toute sa foule habituelle. Connue aussi sous le nom de la 'cour de Malfoy'.

Harry les fixa jusqu'à ce qu'ils le remarquent et lui lancent des regards méchants. Il détourna ses yeux à la hâte.

Ce n'est pas ma faute. Je veux juste lui parler. Tout le monde devrait manger un petit-déjeuner.

« Harry, tu ne manges pas ton petit-déjeuner. » dit Hermione.

Harry, extrêmement distrait, prit un toast et le plongea, et en prit un grand morceau.

Alors il réalisa qu'il venait juste de tremper son toast dans du porridge.

C'était ridicule.

Cela continua toute la journée.

Sept ans, pensa Harry. Pendant presque sept ans j'ai souhaité qu'il tombe dans un quelconque trou noir et le jour où j'essaie de lui parler il disparaît de la surface de la planète.

Oh non. Ca ne pouvait pas être une de ces disparitions, n'est-ce pas ? Pas maintenant.

Harry était choqué de ressentir quelque chose ressemblant à de la peur.

Cette émotion dérangeante fut balayée avec reconnaissance quand il vit les cheveux les plus pâles de l'école parmi un groupe de Serpentards allant vers la classe de Potions.

Génial !

« Allez. » dit-il à Ron et Hermione. « Rapidement maintenant, en Potions.»

Il irait en Potions, et alors Malfoy s'appuierait dédaigneusement sur son bureau comme d'habitude, lui jetterait une remarque grossière, et à la place de serrer les dents et de résister à l'envie de lui balançait un coup de poing, il…

Hum. Eh bien. Il n'avait pas encore vraiment travaillé sur cette partie. Mais il dirait quelque chose, définitivement.

Des mots. C'était ça le plan.

Le plan était totalement inutile.

Malfoy n'alla pas près du bureau de Harry. Tous les autres Serpentards y allèrent, bien qu'ils murmurassent encore plus de propos virulents que d'habitude. Ils semblaient penser que l'affaire entière était complot pour humilier leur chef.

Harry n'avait aucune idée de ce que Malfoy pensait. Il s'assit à l'arrière de la classe comme d'habitude, et était très tranquille

Cela aurait été merveilleux si Rogue avait été aussi calme.

« Bien, bien, bien, M. Potter. » dit-il, son visage paraissant encore plus mécontent que jamais. « Il semble que vos plans n'ont pas pour but uniquement de vous glorifier mais aussi de faire que les Serpentards paraissent mal. Mes congratulations pour une exhibition totalement puérile. »

« Mais Professeur. » dit Ron outragé, « Harry ne pouvait simplement pas… »

« C'était une erreur. » ajouta Hermione. « Harry n'avait pas… »

Harry se retourna dans sa chaise pour voir si Malfoy partageait l'avis de Rogue.

Malfoy regardait avec intensité droit devant, son visage parfaitement blanc. C'était un visage étroit et ascétique qui n'était pas fait pour les expressions, et Harry n'avait aucune idée des pensées qui se cachaient derrière.

« M. Potter. » l'interpella Rogue. « Vos yeux vers le devant de la classe, s'il vous plaît. Où la leçon se déroule-t-elle ? Merci. »

Harry pouvait se sentir rougir. Tout cela était terriblement embarrassant.

Donc il devait parler à Malfoy après la leçon.

Il ne le fit pas. Malfoy était encerclé dans une foule de Serpentards alors qu'il sortait. La même chose pour le déjeuner et Soin aux Créatures Magiques, pour les couloirs, et pour le dîner.

Ils se regroupaient autour de lui comme des abeilles autour d'une fleur, et Harry trouvait cela extraordinairement frustrant.

Pourquoi est-ce que vous l'aimez tous tant ? Il n'est qu'un imbécile ennuyeux.

Des années et des années où Malfoy se montrait partout pour rire de Harry, et maintenant les gens avait décidé de construire une forteresse humaine autour de lui.

Et alors il fut de retour dans la Salle Commune de Gryffondor après une journée très, très fatigante durant laquelle absolument rien n'avait été accompli. Il se sentait découragé et frustré et…

Il en avait assez. Harry était fatigué de traîner autour de Malfoy en attendant que le garçon lui accorde une audience.

S'il voulait aller parler à Malfoy, il irait parler à Malfoy.

« Je sors me promener. » annonça-t-il à la Salle Commune en général, et courut dehors avant que quiconque puisse lui offrir de l'accompagner.

À mi-chemin des donjons des Serpentards, Harry changea d'idée.

C'était risible. Il ne voulait pas parler à Malfoy. Il détestait cet imbécile. Il ne voulait certainement pas aller se balader au milieu des Serpentards et paraître comme un complet idiot devant Malfoy.

Oh, mon Dieu. Encore cette absurde anxiété.

Harry se souvint quand il avait écouté la chanson de Saint Valentin de Ginny en seconde année, et le désespoir qui l'avait saisi quand il avait réalisé que Malfoy allait aussi l'entendre. La stupide opinion de cet idiot était importante à ses yeux, pour une quelconque raison.

Il devait trouver pourquoi.

Harry prit une profonde respiration et se dépêcha dans les couloirs, se concentrant sur le fait d'aller à la Salle Commune des Serpentards avant qu'il ne perde sa confiance.

Une fois qu'il l'atteignit, il tambourina sur la surface de pierre nue que Harry se souvenait être l'entrée des Serpentards. Tout à fait Serpentard, pensa-t-il, d'avoir une entrée cachée des autres maisons. Les Serpentards faisaient toujours des trucs comme ça, et apparaître au fond d'un lac où personne ne voulait les voir, et alors refuser de parler à des gens toute la journée.

Il frappa le mur avec plus de véhémence.

Le mur derrière lui s'ouvrit, et il se retourna et essaya de sembler comme s'il faisait face à ce côté tout ce temps.

« Honnêtement, Pritchard, as-tu encore oublié le mot de passe de Serpentard ? » dit Malcolm Baddock, un quatrième année petit et paraissant assez inquiétant.

Il s'arrêta et resta figé quand il vit Harry Potter, le champion de toutes ces choses gryffondoresques, semblant chiffonné, décidément nerveux et se tenant sur le seuil des Serpentards.

« Euh. » dit Harry, perdant le contrôle de sa langue au moment crucial.

Baddock cligna des yeux, et parut atterré que Harry soit toujours là.

Harry souhaite avec désespoir pour de l'assurance. « Euh. » dit-il encore, en se maudissant. « Euh. Hum. Est-ce que je peux voir Malfoy, s'il te plaît ? »

Là. Pas franchement éloquent, mais il avait certainement transmis son message.

Malcolm Baddock le fixa juste un moment de plus, et alors se retourna et lança : « Tout le monde ! Venez vite ! »

En quelques secondes, Harry se retrouva à faire face à une immense foule de Serpentards, se bousculant et regardant longuement pour garder en mémoire cette incroyable vision.

Devant, il y avait Pansy Parkinson et Blaise Zabini, portant des grimaces identiques.

Cela avait été une mauvaise idée.

« Que veux-tu, Potter ? » s'enquît Blaise, son sombre visage suspicieux et distinctement non avenant.

Pansy croisa les bras, comme si Harry allait essayer de forcer l'entrée de la Salle Commune.

Harry déglutit. « Est-ce que je peux voir Malfoy, s'il te plaît ? »

Oh, bien. Maintenant il était devenu un perroquet, répétant d'une manière hystérique la même phrase encore et encore.

« Pourquoi ? » demanda Pansy d'un ton froid et dur. « Que projettes-tu de faire encore ? »

« Rien ! Je n'ai rien fait du tout ! » protesta Harry. « J'ai juste besoin de lui parler ! »

Blaise et Pansy échangèrent deux regards durs, et semblèrent arriver à une décision.

« Eh bien, tu ne peux pas. » l'informa Pansy brusquement, en commençant à fermer l'entrée.

« Bon Dieu, qu'est-ce qu'il se passe ici ? » demanda une voix impérieuse et de mauvaise humeur. « Certains d'entre nous essayent de faire un quelconque travail, vous savez… »

Il n'y avait pas d'erreur possible sur ce ton aristocratique, pas plus que sur ces cheveux blonds presque blancs alors que Malfoy avançait vers le devant de la foule.

Harry ressentit simultanément du soulagement et l'éclair de peur qu'il avait ressenti quand il avait pensé que Malfoy avait disparu.

Il réalisa qu'il n'était pas seulement effrayé par ce qui pourrait arrivé à Malfoy, mais aussi pas ce que Malfoy pourrait faire. Si Malfoy était important pour lui – Malfoy pouvait le blesser. Et Malfoy aimait faire du mal aux gens.

Quand Malfoy atteignit le devant de la foule, il se tint debout en le fixant pendant un moment, ses yeux gris élargis. Il semblait aussi abasourdi que Malcolm Baddock l'avait été.

« Toi ! » s'exclama-t-il d'une voix blanche. Alors, il réfléchit un instant et à peu près comme le voulait Harry, il demanda froidement, « Que veux-tu ? »

Je resterai calme.

« Je veux parler avec toi. » dit Harry, et il rougit d'une façon incontrôlable.

Malfoy s'adossa à l'encadrement de la porte avec une facilité insouciante, ses bras croisés. Il le regardait avec ces yeux opaques, réflectifs, argentés et ne donnant rien.

Harry remarqua qu'il portait un pull blanc et des jeans. Il était un des très peu nombreux Serpentards en vêtements moldus.

« Eh bien, je suis là. » répliqua Malfoy. « Parle. »

Harry regarda autour de lui les effectifs Serpentard semblant dangereux, en rang sur le pas de la porte comme des dents dans la bouche d'un requin.

« Ne pouvons-nous pas parler seul à seul ? » demanda-t-il avec désespoir.

Malfoy parut vaguement surpris, mais alors il chassa de la main l'horripilant bourdonnement derrière lui.

« Je suppose. » dit-il lentement. Il dépassa le seuil, Harry recula de quelques pas quand il le fit.

Le mur de pierre coulissa et se referma, cachant les visages stupéfaits des Serpentards. Harry était heureux de cette amélioration.

Alors se tourna pour voir Malfoy, qui était maintenant adossé d'une manière désinvolte conte le mur, et retourna à son travail d'être nerveux.

Il commençait à comprendre pourquoi passer pour un imbécile aux yeux de Malfoy était si terrible. Malfoy avait beaucoup trop de confiance en soi pour un garçon de son âge, et cela semblait mettre automatiquement dans une position d'infériorité.

« Alors – euh. » dit Harry. « Est-ce qu'on pourrait trouver une salle de classe vide pour parler, ou quelque chose ? »

Il ne voulait sûrement pas traîner dans les couloirs où n'importe qui pouvait les voir et répandre des rumeurs sur Dieu-sait-quoi dans toute l'école.

Malfoy haussa un pâle sourcil.

« J'ai déjà passé trop de temps dans des salles de classe, merci. Nous pouvons allez marcher autour du lac. »

« Malfoy, c'est glacial dehors et aucun de nous n'a de cape ! »

« Et alors ? » s'enquit Malfoy. « Tu as dit que tu voulais parler. Je veux marcher autour du lac. C'est là que nous pourrons parler – à moins que, bien sûr, tu aies changé d'avis. »

Harry se rappela, à ce moment-là, qu'il détestait toujours Malfoy.

« Bien. » dit-il, entre ses dents serrées.

Malfoy sourit d'un de ses légers petits sourires triomphants et suffisants. Harry sentit son sang bouillonner dans ses veines.

« Splendide. » dit Malfoy. « Allons-y. »

Le vent balayait de coups dévastateurs autant la terre grise que l'eau. Tout semblait soumis et aplati par lui, jusqu'à ce que vous remarquiez les petites rides rebelles sur la surface du lac. Le vent devint coupant comme une épée venant du ciel, un ciel qui était tellement couvert de nuages que seule une occasionnelle teinte grise acier venait déranger cette immensité blanche.

Harry était gelé, et le vent semblait avoir adopté ses cheveux et ses robes comme des jouets à assaillir en tournant autour.

Malfoy se promenait légèrement en avant, les mains dans ses poches, comme s'il marchait dans un doux jour d'été. Ses cheveux blonds étaient seulement un petit peu agités par le vent, aussitôt levés et réarrangés pas des doigts invisibles, chassant une ombre de son front.

Harry se demandait ce qu'il allait bien pouvoir dire.

Tout ceci était joliment loin de ce qu'il avait imaginé, et maintenant il avait un hautain Serpentard sur les bras attendant des mots sur lesquels il n'avait pas encore réfléchi.

Ils marchèrent en silence pendant un moment, Malfoy semblant assez à l'aise avec le silence et la météo. Il avait perdu toutes les traces d'incertitudes qu'il avait pu montrer plus tôt.

Finalement, il se retourna. Ses yeux semblaient plus foncés à l'extérieur, s'harmonisant avec le ténébreux et capricieux gris du lac derrière eux.

Son accent traînant était toujours le même.

« Est-ce que tu voulais simplement céder à une petite envie de silence, Potter ? Parce que j'ai rendez-vous avec un chocolat chaud et un livre de cours, et franchement tout ceci devient assommant. »

« Un – un livre de cours ? » balbutia Harry. Cela semblait bizarre que Malfoy puisse faire quelque chose d'aussi banal que d'étudier.

« Eh bien, oui, Potter. Ceci est une école, tu sais. J'avais pensé que même toi tu aurais travaillé après toutes ces années. Les classes tendent à être impliquées. »

« Ta gueule, Malfoy. » dit sèchement Harry. « J'essaie de dire quelque chose. »

« Dis-le, alors. »

Malfoy s'arrêta et regarda Harry d'un air presque amusé mais son regard amenait au challenge.

« Euh. » dit Harry. « Ah. Hum. C'est que… »

« Je pense que ce n'est pas un de tes jours de lucidité. »

« Malfoy ! » explosa Harry. « Pourrais-tu juste être calme, et prétendre pour une seconde que tu es à moitié une personne décente ? J'ai vraiment quelque chose à dire, et je ne peux rien dire tant que tu continues de m'interrompre avec tes méchants commentaires. »

Malfoy haussa les épaules. « Certainement. »

« Tu seras calme ? » demanda Harry, suspicieux.

« Je n'ai pas toute la journée pour écouter ton bêlement pathétique. Je me tiendrai bien. » promit Malfoy. « Sur mon honneur de Serpentard. »

Harry était extrêmement dubitatif à propos de la validité de cette promesse, mais…

« OK alors. Je, euh, tu sais hier et le lac, hum, le truc ? »

Il fit une pause et attendit pour une réponse. Malfoy l'observait en silence, et ce n'est que lorsque Harry eut remarqué le petit sourire jouant sur ses lèvres qu'il réalisa.

« Tu peux parler quand je te pose une question, pour l'amour de Dieu ! »

« Oh, je peux ? » demanda Malfoy innocemment. « Tellement désolé. Je ne voulais pas interrompre le cours de ton histoire. Bien sûr que je m'en souviens, espèce d'idiot. »

« Euh. Est-ce que tu ne t'es pas, d'une certaine façon, poser des questions sur tout ça ? »

« Pas vraiment. Je l'ai mis sur le compte de mon irrésistible attrait sexuel et je n'y ai plus repensé. La vie est trop courte. »

Harry avait conçu un nouveau plan. Tuer Malfoy, cacher le corps dans le lac, et alors voir s'il lui manquait vraiment tant que ça.

« Malfoy, arrête d'être stupide. » s'exclama-t-il. « J'y ai pensé. »

« À quelle conclusion es-tu arrivé, Garçon Prodige ? Je n'ai aucun doute que ce soit brillant. »

Les yeux de Malfoy disait : Imbécile.

Harry baissa les yeux, et fixa le lac. Le train de ses pensées serait déraillé par des impulsions insensées de taper Malfoy s'il continuait de le regarder.

« Oh, crache le morceau, Potter. »

Harry prit une courte inspiration et plongea dans une explication.

« Eh bien… Dumbledore a dit que ce n'était pas un accident donc je n'avais aucune idée de quoi penser, mais je savais que je devais me débrouiller tout seul donc j'ai passé toute la nuit à penser et j'ai pu seulement arriver à une seule raison possible et c'est celle-ci. Tu sais que nous sommes en quelque sorte des rivaux ? »

« Non. » répondit Malfoy. Harry se tourna et loucha vers lui avec incrédulité. « Nous sommes ennemis, Potter. » il élabora avec condescendance. « Tu me détestes et je te déteste. Nous aimerions voir l'autre frire. Ce n'est pas une joviale et petite compétition de Quidditch. C'est une haine virulente qu'il y a entre nous deux. »

Oh… Bien, cela promettait.

Harry scrutait toujours Malfoy. Malfoy avait levé une main vers ses cheveux et attrapé de façon inconsciente une mèche rebelle entre ses doigts, tordant la fine fibre alors qu'il attendait que Harry continue. Il semblait assez pensif.

« N'importe. » dit à la hâte Harry. « C'était juste – je pensais à ça, et c'était la seule raison possible. Et maintenant je n'ai aucune idée de comment exprimer ça, mais euh, donc, j'en suis arrivé à la conclusion que ton opinion pouvait assez compter pour moi, laquelle de toute évidence était une conclusion idiote, mais je ne peux toujours pas penser à n'importe quoi d'autre, et je voulais voir si c'était vrai. Et je ne pouvais pas imaginer comment ça se pourrait, puisque foncièrement tu sembles être, sans vouloir t'offenser, une de plus horribles personnes du monde entier, mais si tu ne l'es pas cela pourrait un peu expliquer tout ceci et je voulais juste voir et trouver pourquoi donc hum… Euh. »

Harry était profondément reconnaissant de devoir arrêter ses jacassements parce qu'il était essoufflé.

Malfoy pencha sa tête sur un côté, semblant hésiter entre amusement et stupéfaction.

« Potter, tu es un con et en plus complètement incohérent, est-ce que tu essaies d'être mon ami ? »

Harry exhala brièvement. « Oui. »

« Oh. Hmm. »

Malfoy semblait pensif encore une fois. Harry n'était pas familier avec cette expression de Malfoy. Cela remplaçait son habituel sourire en coin par un regard abstrait, et c'était presque agréable.

Il regarda ça pendant un moment.

Finalement, Malfoy dit : « Qu'est-ce que j'y gagne ? »

Cette question franche et totalement serpentarde stoppa Harry.

« Qu-quoi ? »

« Eh bien, si je suis ton ami est-ce que je peux avoir le mot de passe de Gryffondor comme cela je pourrais y aller furtivement et laisser des animaux morts dans le lit de Weasley ? »

« Non ! »

« OK, est-ce que tu me diras tous les petits secrets cochons de Weasley et Granger comme cela je pourrais les embellir et les répandre dans toute l'école ? »

Harry était déchiré entre une envie de rire et l'horreur. « Non ! »

« Est-ce que je pourrais te tromper et te tourner vers le Côté Noir ? »

« N… » Harry s'arrêta, et le regarde avec une certaine inquiétude. C'était, après tout, une question relativement sérieuse. « Est-ce que tu voudrais le faire ? »

Malfoy plissa ses lèvres, ce qui rendait ses pommettes aussi tranchantes que des couteaux.

« Pas particulièrement. Bien que ce serait assez amusant. »

Harry secoua la tête avec incrédulité.

Et oui, dans un doux divertissement. Personne ne pouvait tout à fait être aussi évidemment méchant que Malfoy, et d'une certaine manière il était tellement éhonté à propos de cela que vous lui pardonniez presque.

« D'accord. » dit enfin Malfoy.

Harry cligna des yeux. « Tu- tu acceptes ? »

« C'est la signification commune de la phrase, oui. »

Harry ne pouvait pas contenir sa perplexité. « Pourquoi ? »

« Ahhh… » Malfoy inclina sa tête en arrière, regardant le ciel. La ligne de sa gorge semblait vulnérable soudainement. « Je ne suis pas sûr. Appelle cela de la curiosité morbide. »

Harry ressentit étrangement un sentiment de perte. Il avait fini ce qu'il avait voulu, et maintenant… Qu'était-il supposé de dire exactement à Malfoy ? Lui parler de combien Rogue était pourri ? L'appeler Draco ? L'idée elle-même semblait impossible.

Ils marchèrent pendant une minute, et Harry risqua un autre regard vers Malfoy.

Il regardait Harry, et à cet instant il était lui-même assez balayé par le vent. Il semblait plutôt perdu, le fixant sous cette frange argentée.

« Qu'est-ce que tu fais avec tes amis ? » lui demanda Harry, impuissant.

« Je leur dit quoi faire, puis de dégager et de me laisser en paix. »

« Oh. » Cette idée ne paraissait pas très attractive à Harry.

« Est-ce que tu feras ce que je te dirai ? » demanda Malfoy vivement.

« Non ! »

« Oh. » dit Malfoy d'un ton morose. « Eh bien… qu'est-ce que tu fais avec tes amis ? »

« Euh, nous parlons beaucoup de combien tu es horrible. »

« Tu peux faire ça. Je le prendrais comme un compliment. »

Harry était silencieux. Une partie de lui, lui criait de dire à Malfoy que tout cela avait été une mauvaise idée, et de partir en courant.

Le reste ne… voulait pas exactement le faire.

Le visage de Malfoy faisait légèrement la grimace contre le vent.

« Pendant que nous avons ce silence gêné, remarqua-t-il d'une voix inhabituellement petite, pourrions-nous aller l'intérieur ? Je suis totalement gelé. »

Harry ne pu pas s'empêcher de rire encore.

« La ferme, Potter. »

« Je te l'avais dit, Malfoy. »

« Et je t'ai dit de la fermer ! »

Malfoy se retourna et commença à marcher vivement vers le château, abandonnant sa façade de gracieux promeneur.

« Je voulais seulement aller voir ce morne paysage pour la Magie Créative. » rouspéta-t-il.

« Pour… ? » Harry avait un lointain souvenir d'une liste, et de discussion de travail dans la Salle Commune. « Oh, le cours. Est-ce que c'est bien ? »

Malfoy s'arrêta brusquement. « Est-ce que tu plaisantes ? C'est le meilleur cours du monde. »

« Oh. J'ai juste pris ceux que Ron a choisi, » admit Harry. « Je ne savais pas vraiment à propos de quoi ils étaient. »

« Pour s'écrier bruyamment… C'est ce qu'ils procurent, en lançant des moldus dans des écoles magiques. » Harry était sur le point de faire une objection à ce commentaire raciste, mais Malfoy continuait négligemment, marchant dans le vent et parlant fortement au-dessus de son épaule. « Le Magie Créative est comme… Eh bien. C'est une transcendance du talent. »

Harry était blanc.

Malfoy soupira avec impatience.

« C'est comme – il y a des sorciers et des sorcières qui peuvent faire des livres totalement fantastiques, ou des pièces de théâtre, ou des peintures, en étant capable de transformer la magie et le talent en une même chose donc même les Moldus sont sous le charme… Donc même les Moldus disent que c'est juste comme de la magie. »

Harry n'avait jamais vu Malfoy devenir enthousiasme avant. Il remarqua, pourtant, que les gestes extravagants que Malfoy utilisait communément à des fins cruelles s'adaptaient bizarrement à cette exubérante description. Les yeux de Malfoy brillaient, et Harry ne se souvenait pas de l'avoir déjà vu paraître aussi ouvert.

Harry paria que l'entière salle commune des Serpentard était malade d'écouter Malfoy parler de ce cours – clairement son préféré.

Encore, il devait admettre, il était presque charmé. Malfoy agissait comme un gamin.

Même quand ils avaient été plus jeunes, Malfoy n'agissait pas comme un enfant.

À moins de compter les beaucoup trop fréquents moments où il ressemblait à un morveux.

« Les Moldus se demandent où le temps est passé après avoir entendu un concert Créé par Magie ou après avoir vu une peinture Créée par magie. Parce que la magie efface le temps, elle les emmène brièvement dans une autre dimension, et puis ils retournent dans leur propre dimension sans jamais savoir ce qui est arrivé mais en sachant qu'ils ont expérimenté… quelque chose, continua Malfoy avec enthousiasme, et… est-ce que nous pouvons nous dépêcher, Potter ? Il commence à faire noir, et je gèle ici. »

« Les Serpentards sont tellement fragiles. » dit Harry.

« Oh, la ferme. Et marche plus vite. Je vais mourir d'une pneumonie. Tu ne peux pas marcher plus vite que ça ? J'ai froid, j'ai froid, j'ai froid ! »

Ah. Un autre moment de ressemblance avec un horrible marmot.

Harry accéléra. De toute évidence, Malfoy ne devrait pas être autorisé à agir de cette manière dictatoriale, mais… d'une certaine manière cela semblait naturel, venant de lui.

C'était certainement un changement de la politique des Gryffondors : 'ne souffle pas trop fort sur Harry ou il se brisera'.

Malfoy continua de se plaindre jusqu'à ce qu'ils soient en sécurité à l'intérieur.

« Nous sommes au chaud maintenant. » dit Harry en riant. « Arrête de pleurnicher. »

« Je ne pleurnichais pas, j'étais sur le point de mourir d'hypothermie. » rouspéta Malfoy. « Je… Hummm. »

Malfoy leva les yeux, et Harry suivit son regard.

Ron et Hermione venaient vers eux.

« Harry, nous t'avons cherché dep… » commença Ron, et il s'arrêta brusquement.

Les yeux de Malfoy étaient luminescents et contemplatifs dans l'ombre qui cachait son visage.

« On se voit demain, alors. » murmura-t-il. « Même heure, même endroit. »

Il partit, sa pâle tête était au milieu du chemin avant que Harry n'ait la chance d'accepter. Harry réalisa que ça n'avait pas été une demande mais un ordre.

Le garçon était insupportable. Mais le traître subconscient de Harry avait peut-être quelque chose à voir avec ça.

Secouant la tâte, Harry rit un peu plaintivement, et fit quelques pas en avant pour rencontrer Ron et Hermione.

« Harry… est-ce que c'était Malfoy ? » demanda Ron avec incrédulité.

« Euh... » dit Harry.

À suivre