Bonne année tout le monde !
Me voilà de retour pour écrire la seconde partie de ma fic'. Après plusieurs relecture, je me suis rendue compte que la première partie n'était pas "assez bien écrite", je dirais, et je vais donc essayer de m'améliorer au fil du temps :3

Je vais répondre rapidement aux petites questions posées dans les reviews :
Alors tout d'abord merci pour tous ces avis positifs, cela m'a fait chaud au coeur ! J'avais peur que comme cette fic soit une suite, il y ait des gens qui trouvent que cela ne corresponde pas assez, etc.. Mais je suis contente que cela vous plaise ! ^^
Ensuite, pour la scène du mariage, je me suis bel et bien inspirée d'un comic que j'ai souvent vu sur youtube où il dit "Marry" "marry who ?" "marry me ?", même si en français ça donne pas terrible du coup X)
Quant à la question du lemon, je ne sais pas du tout si je pourrais en faire un ou non. Cela va être dur d'en faire sachant que Sans est juste un.. squelette :p J'essayerais d'envisager cette possibilité, et de regarder comment les autres font !

Bon, maintenant... Bonne lecture ! :3


Cela faisait maintenant une semaine que les monstres s'étaient installés à la surface. Désormais, Underground était terriblement vide et silencieux.
Chara s'avançait parmi les décombres de New Home, un regard nostalgique marqué sur le visage. Il s'approcha de la cheminée, dans la pièce principale. Aucun feu ne brûlait à l'intérieur, comme depuis toujours.
Le garçon s'assit au sol, à côté du vieux fauteuil miteux, posant sa tête sur l'accoudoir pour s'y appuyer et fermant les yeux quelques instants. Il se remit en tête les souvenirs de son enfance auprès de Toriel et d'Asgore, avec son frère Asriel.
Il vit courir ce qui semblait être une pensée vagabonde. Asriel traversa la salle en riant, pourchassé par ce qui semblait être lui-même.
Chara lâcha un sourire. Cette époque lui manquait. Tout ce qu'il voulait, c'était aider les monstres. Mais il avait tout raté. En mourant, il espérait pouvoir sauver sa famille du monde d'en dessous. Maintenant, il regrettait.
Toriel sortit de la cuisine en appelant Chara et Asriel pour les prévenir que la tarte serait bientôt prête, et Asgore, assit sur le fauteuil, se tourna vers sa femme avec un sourire chaleureux marquant son visage.
Chara leva la tête vers cette image, vers son père qui lui manquait au plus profond de son âme.
Mais soudainement, le visage du roi se déforma en offrant à l'enfant un rictus monstrueux. Chara cria de terreur et recula de quelques pas en trébuchant en arrière. Il s'étala sur le sol, les larmes aux yeux. Jetant un bref regard vers Toriel, il remarqua que sa tête était devenue tout aussi difforme. Deux orbites vides d'où coulaient des larmes noires s'élevaient au dessus d'une bouche béante qui semblait vouloir aspirer Chara. Asgore se releva du fauteuil et se tint droit face à l'humain pétrifié.

« C'est ta faute si ta famille est morte. »

Chara sursauta, transpirant fortement. Il se redressa, plongé dans dans son sac de couchage, se trouvant au milieu d'une dizaine d'autres monstres profondément endormis et cachés sous une grande tente en toile imperméable verte. Ils étaient dans un des trente campements où s'étaient réunis les monstres, et le seul bruit qui brisait le silence était le souffle saccadé de Chara en cette nuit de pleine lune, alors qu'il tentait de reprendre un rythme de respiration normal.
Il sortit de son duvet et partit faire un tour dehors.

L'herbe était fraîche sous les pieds du jeune qui regardait le ciel en levant la tête, détaillant les étoiles qui brillaient timidement là-haut. Après avoir fait quelques mètres en dehors de la l'abri, il s'arrêta net en sentant la présence de son frère derrière lui. Asriel posa sa patte sur l'épaule de Chara, qui ne se tourna pas.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? »

L'autre ne répondit pas, restant muet en gardant la tête levée vers les astres qui illuminaient le ciel. Il tremblait encore de cet effroyable rêve qu'il venait de faire, et des gouttes de sueurs perlaient sur son front. Il regrettait ce qu'il avait fait, bien que Frisk lui ait offert une seconde chance en lui permettant d'aider à nouveau, de redevenir humain.
Il se sentait coupable.

« J'ai tué papa... »

Asriel le fixa quelques instants, surpris qu'il avoue cela ; D'autant plus qu'il ne pouvait tromper son frère. Asriel savait très bien que ce n'était nullement la faute de Chara, mais bien la sienne. C'était lui qui avait tué papa alors que Frisk avait essayé de l'épargner. C'était lui qui avait tenté de tuer Frisk au moins des milliards de fois. Même s'il était autrefois une fleur sans sentiment, c'était uniquement sa faute et non celle de son frère.
Mais il resta silencieux et leva la tête vers le ciel, regardant dans la même direction que Chara qui semblait rêvasser. Il sourit en observant une comète qui traversa l'espace, et leva l'index pour la suivre du doigt.

« Il paraît que les humains font des voeux quand ils voient une étoile filante »

C'était la première météore qu'il voyait, et il ne put s'empêcher de s'en réjouir. Fermant les yeux fort en baissant sa tête, il murmura son vœux d'une voix basse et fluette.

« Je voudrais que tout le monde soit heureux à jamais.. »

Le soleil chatouilla le visage des monstres, tous enfouis dans leurs couvertures les uns serrés aux autres. La première à ouvrir les yeux fut Toriel, et elle se leva sans bruit de ce qui lui servait de lit pour aller profiter du matin frais dans la nature. Elle s'éloigna discrètement de la grande tente commune, ne remarquant pas les deux couches vides qui n'étaient autre que celles de Chara et d'Asriel.
En entendant les oiseaux piailler pour se disputer des graines sur le sol, Toriel ne put s'empêcher un sourire rêveur en songeant à la nature qui l'entourait. Elle leva ses yeux vers les grands sapins qui l'encerclait, aux feuillages denses constituant la petite forêt illuminée de toute part sous le grand soleil surplombant le bois.
En continuant son chemin, Toriel s'avança dans une petite clairière où elle y trouva ses deux enfants allongés sur le sol et blottis l'un contre l'autre, profondément endormis. Attendrie, elle s'approcha d'eux et se pencha pour leur agiter tendrement l'épaule dans un geste maternel pour les réveiller en douceur.

« Chara, Asriel, réveillez vous...
- ...Maman ? »

Chara ouvrit lentement ses petits yeux vers sa mère tandis qu'Asriel restait assoupis, un sourire tranquille aux lèvres. L'humain se haussa pour se mettre au niveau de sa mère qui était accroupie, et baissa les yeux dans un geste confus tout aussitôt. Toriel prit doucement son menton entre les doigts de sa patte pour lui relever la tête.

« Chara, quelque chose ne va pas ?
- Dis… C'est ma faute si papa est mort ? »

Toriel fut heurtée par cette question comme si elle se prenait une claque. Elle ne s'attendait pas à cela, et détourna rapidement les yeux de l'autre côté en tentant d'échapper à la question. Elle se releva et recula d'un pas tout en se tournant pour faire dos à Chara. Finalement, elle ouvrit la bouche pour répondre mais rien ne sortit. Elle ne savait pas si c'était la faute de l'humain ou non. Elle aurait voulu lui dire que c'était faux, qu'il n'avait jamais rien fait de mal et qu'il pouvait dormir tranquillement sans penser au malheur qui était arrivé à son père ; Mais il en était en partie responsable et même elle ne pouvait le nier.

« Oui, c'est ta faute. »

La voix de Sans surgit de nul part alors que sa silhouette de squelette s'approchait derrière eux. Chara tourna la tête en même temps que Toriel, et cette dernière hoqueta de surprise, demandant brutalement à Sans de se taire. Celui ci n'obéit pas, et il se pencha vers Chara pour le surplomber en le fixant sans ciller.

« C'est ta faute, Chara. Si tu ne t'étais pas donné la mort, rien de cela ne serait arrivé. Et justement… Si tu ne t'étais pas donné la mort, nous serions encore enfermés en bas. Et vous, les humains qui étiez tombés, vous vous seriez vite lassés de la vie à Underground. Vous seriez remontés après.. Quoi ? Un an, dix ans tout au plus ? Si tu ne t'étais pas donné la mort, Frisk n'aurait jamais pu venir à bout de la barrière car tu serais mort de vieillesse à l'heure qu'il est. »

Sans se tût un instant. Le sourire habituellement présent sur son visage était manquant, et il regardait Chara le plus sérieusement du monde. L'humain soupira et baissa la tête piteusement. Il aurait voulu entendre autre chose, mais Sans avait raison. Il n'y avait absolument aucun espoir pour que son père puisse vivre, et le squelette s'assit à l'endroit exact où il se trouvait pour parler avec Chara bien en face.

« La première fois que j'ai revu Frisk, je lui en voulait. Elle n'a jamais réussi à sauver Asgore, et je le lui reprochait. Mais elle m'a parlé avec le fond de son coeur, elle m'a dit qu'elle avait essayé de le sauver, elle l'a vu mourir tellement de fois qu'elle n'arrivait plus à le supporter. Crois moi, il n'y avait aucun moyen, alors ne te le reproche pas trop. C'est quand même grâce à toi que nous sommes dehors, là. »

Reprenant un grand sourire malicieux, il frotta énergiquement le crâne de Chara avec sa main, ébouriffant les cheveux de l'humain au passage qui s'écarta et poussa la main en riant, passant subitement de la monotonie à la bonne humeur. Derrière, Toriel les regardait d'un air inquiet, et lâcha un profond soupir plein de nostalgie.
Sans avait sans doute raison, il n'y avait aucun moyen qu'Asgore reste en vie, et cela dépitait Toriel. Elle le regrettait, et voulait en elle que tout redevienne comme avant. Tout était si simple avant.
Asriel ouvrit les yeux au bruit des rires de son frère adoptif, et il sourit simplement en le voyant s'amuser, levant les yeux vers le ciel en repensant à son voeux de cette nuit, celui où il souhaitait que tout le monde soit heureux.

« Merci », dit-il d'un souffle en fermant les yeux.

Frisk fut la dernière à se réveiller, ce matin là. Il devait être onze heure lorsqu'elle elle ouvrit les yeux, alors que Sans veillait. Assis à côté de son sac de couchage, il s'était appuyé contre la toile de la tente et regardait d'un air rêveur de l'autre côté, sans voir Frisk qui ouvrait les yeux avec difficulté.
Elle ronchonna, encore mal réveillée, et se redressa lentement, les cheveux ébouriffés et le regard vaseux mais n'échappant pas plus au regard de Sans. Ce dernier sourit à l'humaine en la regardant quelques instants avant de poser délicatement ses doigts squelettique sur la joue fraîche de Frisk, qui frissonna à ce contact.
Derrière, Papyrus arriva à grand pas, tout excité pour parler avec son frère Sans, en criant de sa voix hystérique mais si caractéristique qui le définissait bien.

« SANS ! TU NE DEVINERAS JAMAIS CE QU'IL M'EST ARRIV... »

Il se tut soudainement en voyant l'humaine encore ensommeillée, et se rapprocha pour se pencher au dessus d'elle. Cette dernière leva la tête pour le regarder, le trouvant plus grand que jamais, et lui offrit un petit sourire amical.

« L'HUMAIN A FINI DE DORMIR ? »

Sans mit rapidement son index devant ce qui pourrait être sa bouche en laissant échapper un sifflement léger pour lui demander de baisser le ton, mais Frisk se releva alors pour se tenir droite sur ses pieds, et s'étira en levant ses bras haut vers le plafond de la tente, cédant à un bâillement intense avant de soupirer.

« C'est bon, je suis réveillée !
- TU AS BIEN DORMI ? »

Le grand squelette, sans attendre de réponse, se tourna rapidement vers Sans et son frère aperçut une étoile d'excitation dans ses yeux, alors qu'il se redressait pour se mettre en avant dans toute sa grandeur, prenant un air humble qui fit rire l'humaine.

« MOI, LE GRAND PAPYRUS, AI TROUVÉ UN ANIMAL DANGEREUSEMENT SAUVAGE ET L'AI ÉDUQUÉ, SI BIEN QU'IL EST DEVENU TOTALEMENT INOFFENSIF ! »

Sans ricana, regardant Papyrus avec intérêt avant de sortir un mauvais jeu de mot sur son talent, et ce dernier sourit en se déconcentrant quelques secondes avant de reprendre un air sérieux, levant son doigt en l'air, et répliquant que s'il n'était pas là, il ne savait ce que son frère ferait ; Le tout sous le regard de Frisk qui s'amusait de cette scène de ménage si habituelle dans leur famille. Elle aimait les voir rire ainsi tous les deux, et finit par les laisser de chamailler en sortant de l'endroit pour aller rejoindre Undyne qui parlait avec Alphys un peu plus loin en dehors de la tente.

« Frisk ! »

Undyne fit un signe de main à l'humaine en souriant, alors qu'Alphys sursauta en se tournant vers l'autre arrivant et lui sourit également d'un air embarrassé -à croire qu'elle ne changera jamais-. Tapant doucement sur l'épaule de l'humaine dans un geste familier, Undyne ricana en prenant la parole.

« Tu devineras jamais ce qu'était en train de me dire Alphys ! »

L'intéressée eu l'air de se décomposer sur place en agitant rapidement sa patte en l'air dans un geste futile tout en répétant que ce qu'elle disait n'avait pas une grande importance et que ce n'était pas utile de le savoir, mais l'ex-leader jugea bon de l'embarasser encore plus en continuant de parler.

« Elle me disait qu'elle était très contente que tu sois là, de vrais louanges ! Et c'est vrai que tu as été intelligente pour nous sortir d'ici. »

Frisk se sentit gênée à la place d'Alphys, et du rouge se teint à ses joues. Finalement, elle haussa les épaules en riant confusément, avant de répliquer qu'elle n'avait pas énormément contribué, et que tout était un ensemble de choses. Sans Chara, elle n'aurait rien réussi à faire, et les autres durent bien approuver.

Les journées passaient lentement ici. Cela faisait déjà près d'une semaine que les monstres étaient sortis d'Underground, et tous s'en contentaient. Vivre ainsi, en collectivités, ils en avaient toujours eu l'habitude dans le fond, et chaque jours se ressemblaient. Cela leur faisait du bien d'être de nouveau à la surface, de goûter aux rayons du soleil et de pouvoir sentir le vent leur caresser le visage, et Frisk commençait à se satisfaire de cette petite vie tranquille parmi eux, elle en oubliait presque les dernières années qu'elle avait vécu parmi d'autres humains, elle se sentait heureuse avec Sans et tous les autres, c'était sa famille.

Frisk s'était éloignée de l'ex-leader de la garde royale et de la scientifique pour aller à la rencontre de Toriel qui passait à côté, et lui sourit en lui faisant un petit signe de main. Cette dernière lui rendit le même salut en levant sa patte.

« Alors, ça va ? C'est pas trop dur ?
- Je me sens un peu inquiète pour Chara. Cette nuit, il m'a avoué avoir fait un cauchemar… »

Frisk haussa les épaules, semblant ne pas s'en inquiéter plus que cela. Elle expliqua à Toriel que les cauchemars étaient courants chez les humains, et que personne n'était à l'abris d'un mauvais rêve. Mais elle ne semblait pas se rassurer puisqu'elle détourna les yeux pour regarder sur le côté d'un air soucieux.

« Il a rêvé du passé, quand il était encore humain et qu'Asgore n'était pas mort »

L'humaine se mordit la lèvre inférieure soudainement, un peu plus convaincu qu'il n'était pas en grande forme. Finalement, elle tenta de calmer Toriel en posant sa main sur son épaule dans un geste se voulant compatissant, et lui affirma qu'elle allait le voir de ce pas pour lui parler et savoir si quelque chose n'allait pas. L'autre la remercia en souriant maladroitement, et Frisk partit ainsi chercher Chara.
Elle ne tarda pas à le trouver : Assis à l'ombre d'un arbre, il avait les yeux clos et les bras croisés sur son ventre en ayant l'air de dormir, mais il rouvrit ses paupières en entendant les pas de Frisk craquer sur les feuilles au sol. Il tourna légèrement la tête vers elle lorsqu'elle s'accroupit pour se mettre à son niveau.

« Hey Chara, ça va ? »

L'intéressé acquiesça d'un signe de tête d'haut en bas avant de se redresser en appuyant ses mains sur le sol et détourna son regard en bas tout en attrapant entre ses doigts une feuille rougie par l'automne qui s'emmenait, la détaillant, détaillant sa jolie couleur corail, détaillant ses veines qui la parcouraient et sa tige noircie, détaillant sa texture abîmée et écaillée. Finalement, il releva la tête.

« Toriel t'as dis pour mon cauchemar ?
- Elle m'a dit ce qu'elle savait.
- Je n'avais jamais fais de cauchemars... »

Il se tut quelques secondes en lâchant un profond soupir, repensant encore à lorsqu'il était vivant -autrefois-. Il avait perdu les souvenirs de sa famille parmi les humains, mais Asgore, Toriel et Asriel resteraient gravés dans sa mémoire à tout jamais, ça il pouvait le certifier. Et même si désormais il était dans un nouveau foyer, avec des personnes qui l'aiment et tiennent à lui, cela ne sera jamais comme avant. Jamais.

« C'était terrifiant. J'avais l'impression d'être bien réveillé, j'étais conscient, et d'un coup papa est devenu comme... »

Il coupa sa phrase net alors que les larmes lui montaient aux yeux. Il culpabilisais de la mort d'Asgore, et Frisk le comprit aussitôt puisqu'elle l'entoura rapidement de ses bras dans un geste protecteur, caressa son dos de la paume de sa main pour le réconforter. Elle sourit doucement en l'entendant sangloter contre elle. Elle ne l'avait jamais entendu pleurer, et cela lui faisait sans doute le plus grand bien. Retenir ses larmes n'aurait mené à rien.

« Chara, c'est pas ta faute, c'était ainsi que cela devait se faire.
- M-Mais.. Il.. Il me manque ! »

Il ne pouvait s'empêcher de couper sa phrase par des gémissements. Sa peine semblait immense, si bien que Frisk ne répondit rien pour le laisser se vider de toutes ces larmes qui le tourmentait.
Ils restèrent là un moment, et Chara finit par se calmer. Ses sanglots s'éteignirent jusqu'à ce qu'il s'endorme dans les bras de Frisk, qui lui caressa doucement le sommet de la tête en souriant.
Même si son esprit était un être malin de plusieurs centaines d'années, son corps n'était que celui d'un enfant, avec ses tourments et ses peurs.
Sans arriva derrière Frisk en marchant d'un pas lourd jusqu'à ses côtés. Voyant Chara endormi et appuyé contre les cuisses de l'humaine, il s'assit en tailleur juste à côté, levant son genoux droit pour poser sa main dessus. Frisk tourna son regard vers lui et sourit au squelette sans cesser pour autant de caresser les cheveux de l'autre qui portait désormais sur son visage un air paisible.

« Il avait fait un mauvais rêve, cette nuit. Il n'allait vraiment pas bien…
- Je sais, il s'est levé et est sorti très tôt. Vers huit heures je l'ai retrouvé avec Toriel dans les bois, il lui avait demandé si c'est sa faute si Asgore est mort.
- Tu lui as dis quelque chose ?
- Uniquement la vérité. »

L'humaine soupira en levant les yeux au ciel. La vérité de Sans était souvent trop brutale, et il n'aurait peut-être pas dû se prononcer. Mais elle ne pouvait lui en vouloir, c'était dans la nature du squelette d'être aussi honnête. Elle se contenta d'hausser les épaules sans rien dire de plus et rebaissa son regard vers Chara.
Sans tendit alors sa main vers la joue de Frisk pour l'obliger à tourner la tête vers lui. Il lui sourit en la regardant fixement dans les yeux.

« Tu sais, tu ferais une merveilleuse mère, je trouve. »

Frisk rougit brusquement, ne s'attendant pas à une telle remarque, et bredouilla quelques mots maladroits en riant d'un air embarrassée, tournant la tête aussitôt pour échapper au regard de Sans. Le squelette ricana à cette réaction gênée, et il attrapa alors Chara en le soulevant pour le porter, se relevant en même temps. Il expliqua à Frisk qu'il allait le ramener dans la tente commune pour qu'il puisse se reposer tranquillement, et se retourna pour partir dans l'autre sens, faisant ainsi risette à l'humaine qui restait plantée là, le visage rougis par cette énième taquinerie de Sans.

« C'est pas juste, il se moque de moi.. » murmura-t-elle, un peu vexée.

Après cette scène, Frisk était retournée près du camp. Mais aussi rapidement, Toriel arriva pour lui parler en ne lui laissant pas une seconde de répit puisqu'elle s'approcha d'un air pressé, lui souriant comme à son habitude d'une allure tendre.

« Tu es allée le voir ? Demanda-t-elle en prenant une mine soucieuse.
- Il s'est endormi, Sans l'a raccompagné jusqu'à sa couche, dans le grande tente. »

Elle baissa la tête après cette phrase en soupirant, fuyant les yeux de Toriel. Frisk n'osait pas lui dire que Chara n'allait pas bien et qu'il avait des remords de sa vie passée, ce qui était tout à fait normal, tristement. L'humaine finit par relever la tête en croisant ses bras sous sa poitrine, désolée.

« Il… Il faudra le surveiller, je pense qu'il a besoin d'une mère, plus que jamais, de quelqu'un qui prenne soin de lui... »

Le sourire de Toriel disparut lentement, elle se rendait compte que quelque chose clochait. Elle n'avait jamais été une vraie mère, elle le réalisait maintenant. Elle n'avait jamais vécu parmi les humains, et par conséquent ne savait pas que faire pour en être une. Elle recula d'un pas en poussant un profond soupir désespéré. Elle aurait espéré pouvoir faire quelque chose pour aider Chara.

« Très bien.. -Se taisant quelque seconde en baissant la tête, elle changea de sujet-. J'avais une requête à te faire, par ailleurs. Nos provisions manques, j'aurais besoin que tu partes en villes pour acheter quelque chose qui se mangerait. Tu pourrais y aller avec Sans, il t'aidera à te téléporter jusque là bas, non ? »

Frisk approuva d'un signe de tête d'haut en bas en changeant de ton pour en adopter un plus léger qui lui signalait son accord, et lui dit qu'elle partait aussitôt après avoir trouvé Sans. Toriel, sans ajouter un mot de plus, se retourna et partit dans l'autre sens. Elle était anxieuse et chagrinée et l'humaine le sentait bien, mais elle ne pouvait malheureusement rien faire, si ce n'est d'essayer de la rassurer tant bien que mal.
Elle se retourna également pour quitter Toriel et aller chercher Sans, qui devait être encore aux côtés de Chara dans le tente. Se dépêchant de les rejoindre, elle retrouva le squelette assis à côté, regardant l'humain avec un étrange sourire aux lèvres.

« Sans ? »

La voix de l'humaine fit sursauter Sans, et il tourna rapidement la tête vers celle qui venait d'arriver en rougissant un peu.

« Frisk !
- Tu faisais quoi ? »

il laissa échapper un rire troublé avant de soupirer, attrapant la main de la fille entre ses doigts squelettiques pour l'entraîner vers le bas et qu'elle s'assoit à côté de lui. Sans la colla ensuite contre lui et glissa ses bras dans son dos, apaisé. Frisk, quant à elle, était terriblement gênée qu'il la prenne par surprise comme cela, et elle rougit alors brusquement.

« S-Sans.. ! »

Il la lâcha finalement après une bonne minute ainsi, ayant lui-même du bleu se teintant sur ses joues. Pendant quelques secondes, l'idée de la prendre et de se téléporter loin d'ici avec elle l'effleura, mais il détourna simplement le regard en grattant son crâne avec sa main. Elle sourit en voyant son air embarrassé et déposa ses lèvres sur le front du squelette, avant de prendre la parole.

« Toriel nous a demandé d'aller en ville chercher de la nourriture, il faudrait que tu nous téléporte là-bas..
- Aucun problème ! »

Aussitôt dit qu'il attrapa de nouveau Frisk contre lui, et une flamme bleue les firent disparaître l'un contre l'autre d'ici. Frisk n'ayant pas le temps de se préparer à cela manqua de crier de peur, mais son glapissement disparut en même temps qu'eux deux.
À côté, Chara ouvrit lentement les yeux, se réveillant en voyant la présence de Sans et de Frisk s'évanouir dans les airs. Il ne dit rien -il était de toute manière trop tard, car les deux autres étaient partis-, et clôt ses paupières à nouveau pour se reposer encore quelques minutes de plus. Il sourit pour lui même, sans réelle raison.

« Sans, fais attention quand tu nous téléportes ! »

Frisk se serra contre le squelette de peur de tomber n'importe où lorsqu'ils atterrirent dans l'appartement de l'humaine, en plein milieu du village au pied de la montagne. Elle s'était retrouvé au dessus de lui, allongés sur son lit, et une violente teinte rouge lui pris les joues lorsqu'elle essaya de se redresser pour sortir de la couche, mais qu'il la rattrapa par les mains pour la plaquer sur lui, l'obligeant à rester là.

« Eh, ça te rappelles pas quelque chose ? »

Il planta un regard vicieux dans les yeux de Frisk qui rougit de plus belle, en tournant la tête pour échapper à la question. Elle commençait déjà à avoir chaud, et ce n'était nullement à cause de la température dans l'appartement de l'humaine. Sans pris le menton de Frisk entre ses phalanges pour observer ce visage gêné qui lui plaisait tant.

« Cela faisait longtemps qu'on avait pas été totalement seuls...
- S-Sans, on est pas là pour ç… »

Elle coupa sa phrase par un geignement de plaisir quand il se mit à lécher le cou de la femme avec sa langue bleutée -un de ses points sensibles cachés- et qu'il la releva pour qu'elle se mette à califourchon sur lui, la suivant dans ce mouvement pour en mordre doucement sa peau avec passion de ses petites canines pointues. Elle tenta vainement de le repousser avec sa faible force, mais il n'en profita que d'autant pour la brusquer et la renverser en intervertissant leurs positions pour la culminer de haut, l'aplatissant ainsi contre le lit.
Il l'admira quelques secondes ; il admira ses cheveux lisses qui s'étalaient sur le matelas, il admira son visage qui semblait en demander plus, bien que son regard fuyant essayait de cacher ses véritables intentions et qu'elle se mordait la lèvre inférieure, sans doute pour éviter de parler et de dévoiler ce sentiment qui faisait battre son cœur si rapidement dans sa poitrine. Sans la connaissait, et il savait qu'elle avait besoin de davantage.

« Frisk, tu es tellement mignonne.. »

Les joues de Sans étaient devenues bleues à leurs tour, et il fit un sourire à l'humaine qui était doublement gênée par la situation. Elle le laissa recommencer son manège quelques secondes, puis elle décida soudainement de se retourner sur le côté pour le faire basculer et transposer de nouveau leurs positions. Elle se retrouva à cheval sur son bassin et tendit ses bras en plaçant ses mains sur le matelas, une de chaque côté du visage du squelette qui semblait s'amuser de la situation, se retrouvant sans issus pour la renverser.

« Tu deviens entreprenante, gamine ? »

Il se moquait d'elle ! Mais elle décida de ne pas se prendre à son jeu. C'était lui qui la supplierais d'en avoir plus, à la fin. Elle se pencha au dessus de lui, se demandant ce qu'elle pourrait lui réserver pour la suite, et elle décida d'abord de déposer un baiser sur la bouche du squelette, qui ouvrit sa mâchoire en laissant passer une langue bleutée qui vint se frotter aux lèvres de la fille pour la forcer à les entrouvrir, ne serait-ce qu'un peu, mêlant sa langue mouillée à celle de l'humaine.
Elle profita de ce baisé aussi longtemps qu'elle put, se délectant de ce contact avec Sans. Elle ne tarda donc pas à retirer la veste bleue qu'il portait en tout circonstance, le laissant dans cet habituel tee-shirt blanc qui dévoilait les os de ses bras. Elle glissa ensuite sa main sous ce vêtement pour caresser du bout des doigts les côtes de Sans qui rougit de plus belle et qui essaya rapidement de retirer la main de Frisk de dessous par surprise. Elle remarqua son geste poussé pas l'embarras et en profita, remarquant qu'il semblait sensible à ce contact.

« A-Attends.. F.. Frisk.. »

Son air déstabilisé fit rire l'humaine doucement, et elle sourit en le regardant droit dans ses orbites sombres mais illuminés par cette petite lueur blanche. Bientôt, sans doute d'excitation, une flamme bleutée enflamma son œil gauche alors que Frisk continuait de profiter de ce point faible qu'il avait aux côtes.
N'aimant pas se retrouver en position d'infériorité, il finit par détourner le regard en manquant un frisson de plaisir et se téléporta rapidement en disparaissant dans une grande flamme bleue recouvrant son corps, ce qui eu pour effet de faire tomber l'humaine à plat ventre sur le lit alors que le squelette s'était retrouvé assis en tailleur au milieu de la pièce, son visage teint d'un bleu profond.
Il était toujours habillé simplement de ce t-shirt grisaillé qui remontait d'au dessus de ses côtes, et plongea son visage dans les os de sa main pour se cacher tandis que le tissus de son haut retombait lourdement jusqu'au bas de ce qui pourrait être son ventre.
Frisk se redressa et se tourna vers lui, rougissant également. Ils avaient failli le faire. Mais comment ?
Sans tenta de se calmer en baissant le regard, alors que sa respiration était saccadée, tout comme celle de la fille qui se demandait s'il allait ensuite se passer quelque chose. La flamme dans l'oeil du squelette semblait ne pas vouloir s'apaiser, bien au contraire.

« Sans.. ?
- D-Désolé..»

La fille se leva du lit pour s'approcher de lui et se mettre à genoux à ses côtés, et il détourna le crâne de l'autre côté pour éviter son regard alors que ses joues étaient toujours de cette même couleur bleuâtre qui ne disparaissait pas. Il semblait agité, tentant de se contrôler et de contrôler cette flamme qui s'attisait encore lorsque l'humaine s'approcha de lui.

« Je… J-J'en ai envie, crois moi.. Le squelette se tut quelques secondes, gêné. Mais je ne me maîtrise plus, après.. Ni moi, ni ma magie.. E-Et j'ai peur que quelque chose arrive, que je te fasse du mal.. »

Frisk se sentit émue, et elle posa sa main sur la joue du crâne de Sans pour lui faire tourner la tête, puis elle déposa ses lèvres sucrées sur les dents de Sans, en donnant à cette action toute la tendresse qu'elle pouvait. Ensuite, elle recula son visage de quelques centimètres pour le regarder dans les yeux. Sans semblait s'être calmé, et la flammèche dans son œil s'éteignait finalement. Elle sourit.

« Ne t'en fais pas, Sans, tu ne me feras jamais de mal. »

Finalement, elle se releva sur ses jambes et le squelette fit de même après l'avoir regardé un moment en silence. Il baissait la tête d'un air penaud, mais elle n'y prêta pas attention, prenant la main osseuse de Sans dans la sienne en offrant toujours un petit sourire tranquille à l'autre.

« Bon, Toriel nous a demandé d'aller chercher quelque chose à se mettre sous la dent pour le repas d'aujourd'hui ! »

Sans acquiesça en silence, même après avoir relevé la tête pour la regarder dans les yeux en reprenant son visage si familier et joyeux qu'il avait l'habitude d'avoir sur lui en toute circonstance. Ainsi, elle ne put s'empêcher de lâcher un petit rire en repensant à cette attitude qu'il avait, il n'y a que quelques secondes. "Tellement mignon", pensa-t-elle, alors que le squelette s'interrogeait sur l'origine de cette moquerie.
Finalement, ils sortirent de la maison de la fille pour se diriger vers la place du marché. Sans avait repris auparavant sa veste bleue, dont déjà la capuche recouvrait son crâne pour passer incognito, ce qui marchait relativement bien dans la mesure où personne ne faisait attention à lui.
Cette place n'était qu'à quelques pâtés de maison de là, près du centre du village. Ils n'y arrivèrent qu'en quelques minutes à peine, et Frisk demanda alors à Sans de rester un peu à l'écart et de ne pas se mêler à la foule. Ce dernier obéit, restant appuyé contre un mur un peu plus loin.

Frisk en profita pour aller saluer les marchands qu'elle avait l'habitude de rencontrer autrefois -la place du marché était le seul endroit où l'on pouvait acheter de la nourriture, avec la poissonnerie et la boucherie un peu plus loin-.
Elle était aimée par les commerçants puisqu'elle les connaissait bien ; Tout le monde se connaissait ici. Avec le peu d'argent qu'elle avait, elle acheta ce qu'elle put. Des légumes et des fruits diversifiés, assez pour nourrir tous les estomac du campement, espérait-elle.
Mais alors qu'elle allait payer pour cinq-cent grammes de pommes, une soudaine explosion se produisit derrière, provoquant un léger tremblement de terre qui secoua Frisk. Elle se retourna brusquement, et aperçut au loin Sans qui se tenait droit en position de combat, face à quelques types habillés de noir. Le squelette avait de nouveau cette flamme intense dans l'oeil d'une aura bleutée qui fit frissonner les Humains en face de lui. L'explosion venait évidemment de là, puisqu'à quelques mètres avait été projeté un type qui s'en était sans doute pris à Sans juste avant.

« Mais t'es malade ! On voulait juste un peu d'argent ! » Aboya l'homme à terre, qui n'était visiblement pas trop mal en point malgré la propulsion.

Alors que tout le monde sur la place s'était tourné vers l'origine de l'embrouille, Sans grinça des dents, l'air tendu, et Frisk abandonna rapidement l'idée de payer ses pommes ; Fruits qu'elle rangea par ailleurs dans un sachet en plastique qui lui avait été donné quelques minutes auparavant et qui semblait déjà presque pleins par ses précédents achats, pour ensuite courir vers Sans, poser sa main sur son épaule pour s'accrocher à lui, et lui ordonner de se téléporter maintenant.
Il n'hésita pas une seconde de plus, et le monstre disparut dans une grande flamme bleue en même temps que l'humaine, laissant la place silencieuse pendant quelques minutes, comme si tous ceux présents avaient hallucinés.

Frisk et Sans furent projetés dans l'herbe après s'être téléportés, et ils tombèrent tous les deux sur leurs dos, la fille se faisant presque mal dans la chute. Ils étaient de nouveau au campement, mais tout n'était pas réglé.
Elle se releva rapidement pour surplomber Sans qui était encore à terre, posant sur lui un regard sévère.

« Il m'avait attaq-
- Sans ! »

Le squelette avait essayé de se défendre, mais s'était tout aussitôt fait interrompre par Frisk qui semblait énervée, puisqu'elle le raya d'un simple mouvement de tête en le regardant de haut. Elle croisa ses bras sous sa poitrine d'un geste nerveux en tapant à un rythme régulier son pied sur le sol.

« Tu devais te faire petit !
- Tu voulais que je me laisse marcher sur les pieds ?
- Tu aurais pu le tuer ! »

Frisk soupira après avoir crié ça, ce qui eu pour effet d'interloquer Toriel qui se trouvait juste à côté. Sans baissa la tête sans rien dire de plus lorsqu'elle arriva près du squelette et de l'humaine. Il n'avait pas voulu ça..
Toriel se tourna d'abord vers Frisk pour lui demander calmement ce qu'il se passait. Mais trop énervé, elle ne lui répondit qu'en lui jetant un regard noir. Derrière, Sans se releva avec lassitude avant de répondre.

« J'ai projeté un humain qui me cherchais des embrou-
- Et t'en es fier ? »

Frisk l'avait de nouveau interrompu avant de lever la tête vers le ciel d'un air désespéré. Finalement, elle se retourna en tendant le sachet plastique qu'elle tenait dans sa main depuis le début à Toriel, et cette dernière le pris en observant le contenu quelques secondes.

« J'ai pas pu en prendre plus à cause d'un certain squelette qui s'emporte trop facilement, lâcha Frisk sur un ton accusateur en jetant un coup d'oeil sur l'autre.
- ça devrait aller.. »

Toriel remercia l'humaine d'un simple signe de tête alors qu'elle s'éloignait à l'instant vers la tente du campement, sans doute pour pouvoir rester seule. À côté, Sans haussa les épaules en soupirant. Toriel eu l'air navrée, mais elle laissa faire les choses puisqu'elle se retourna tout en jetant un coup d'œil dans le sac, lequel était tout de même bien garni. On pouvait effectivement retrouver de nombreux fruits et légumes différents à l'intérieur, des aliments tels que Toriel n'en avait que très rarement vu dans l'Underground.
Le squelette, après avoir vu l'ancienne reine partir, pris la décision de ne pas déranger Frisk plus que cela et de la laisser donc seule ; il avait fait assez de dommages comme ça pour n'en rajouter une couche, et partit s'installer près d'un arbre pour s'appuyer contre lui, en observant le campement.

Frisk, assise près de Chara qui avait toujours les yeux clos, inspira puis expira lentement pour se calmer. Elle s'était violemment énervée -pour pas grand chose, au final-, et regrettait maintenant cet emportement.
Se posant quelques secondes, elle leva la tête vers le plafond de la tente en soupirant. Pourquoi s'était-elle ainsi contrariée ?
Le monde des humains lui manquait peut-être un peu. Elle jeta un coup d'œil autour d'elle sur les monstres qui marchaient et parlaient plus loin, dehors. Après coup, elle sentit une petite main se poser sur son bras, et elle tourna soudainement la tête vers Chara qui venait de se réveiller. L'enfant lui sourit et se redressa pour s'asseoir dans son sac de couchage.

« Frisk ? Demanda Chara d'un air encore endormi. Il s'est passé quelque chose ?
- Hum.. Je me suis énervée contre Sans, il s'est fait remarqué et a failli blesser un humain quand nous étions au village, tout à l'heure..
- Je vois.. »

Il laissa sa phrase en suspend, et s'étira après avoir lâché l'avant-bras de Frisk, levant bien haut ses deux mains vers le ciel dans un long bâillement. Après quoi, il s'appuya sur ses deux mains au sol en laissant basculer sa tête sur le côté, vers Frisk, pour la regarder dans les yeux quelques secondes.

« Et alors, tu vas pas le voir ?
- N-Non.. »

Elle parut d'abord surprise par l'idée d'aller voir Sans. Pourquoi ? Elle venait à peine de se disputer avec lui, mais cette pensée lui fit baisser les yeux d'un air confus. Elle voulait aller le voir pour s'excuser, en effet, et Chara lui sourit.
Il la poussa d'un geste joueur sur l'épaule en direction de l'ouverture de la tente vers dehors, pour l'inciter à retourner le voir, tout en lui faisant risette.

« Eh, Chara, fait attention ! »

Elle rit aussi avant de basculer rapidement sur le côté pour tomber directement sur le sol, et se releva tout aussitôt, se mettant maintenant droite sur ses pieds. Chara la suivit, se levant également ; mais maintenant il était beaucoup plus petit qu'elle, et alors qu'il tenta de la pousser à nouveau il ne fit que lui taper doucement le ventre ; Ce qui n'eut pour effet que de faire reculer l'humaine de quelques pas.

« D'accord, d'accord, j'y vais, soupira Frisk en riant toujours. Je vais aller parler avec Sans, promis !
- Vas-y maintenant, c'est pas cool quand vous êtes pas ensembles ! »

Chara s'arrêta alors de la bousculer, et la regarda droit dans les yeux en prenant une attitude faussement sévère, mais il ne put s'empêcher un sourire moqueur alors qu'il plissait les yeux. Avant de partir, Frisk décida d'ébouriffer rapidement les cheveux de l'enfant en agitant sa main sur le sommet de sa tête, avant de se retourner rapidement et de sortir à pas rapides.

« Frisk ! C'est méchant !
- Je sais ! »

Alors que Frisk avait repéré Sans, assis contre un tronc d'arbre et semblant dormir puisqu'il avait les yeux fermés, la douce mais puissante voix de Toriel se fit entendre à sa droite pour appeler tout le monde à manger autour d'une grande planche de bois posée sur le sol, en plein air, spécialement utilisée pour les repas.
Personne ne tarda. Il devait être presque deux heures de l'après-midi, et tout le monde mourrait évidemment de faim, c'est pourquoi tous se dépêchèrent pour aller voir Toriel, en premier Sans qui avait rouvert ses orbites (NP : Je ne sais toujours pas comment il fait…) et qui avait disparu dans une flamme bleue, sans prêter attention ou sans voir Frisk qui s'approchait de lui à pas pressés. Il réapparut près des autres, plus loin. L'humaine baissa la tête, et derrière la voix fluette de Chara la surpris.

« Bah alors Frisk ? Et ta DÉTERMINATION ?
- Je commence à me demander si un couple entre un monstre et un squelette est une bonne idée..
- Tu l'aimes ?
- Bien sûr ! »

Chara donna une petite tape à Frisk, avec sa faible force d'enfant. Avant d'hausser les épaules et de détourner le regard vers Sans, près des autres, qui semblait s'amuser. Chara et Frisk étaient à une dizaine de mètre, si bien qu'ils n'entendaient quasiment rien du sujet de discussion des autres, mais Papyrus semblait être furieux. Sans doute Sans avait formulé une mauvaise blague.

« Moi aussi j'ai cette impression.
- Quelle impression ? »

La plus grande croisa ses bras sous sa poitrine. Elle voyait très bien de quoi il voulait parler, mais elle ne souhaitait pas l'admettre. C'était l'impression de ne pas être à sa place, d'être exclus, d'être différent. Ils étaient deux à le ressentir, et Frisk oubliait parfois que Chara était un humain aussi. Ils n'étaient pas pareils, tout simplement, et se mélanger aux monstres pouvait sembler facile, mais ne l'était pas du tout.

« Ce sont des monstres, et nous sommes des humains, commença Chara en baissant la tête. Nous ne sommes pas faits pour vivre là, et pourtant. Moi, je me sens à ma place. J'ai envie d'être avec eux, de vivre ma vie avec eux, la vie que je n'ai pas eu avant que tu arrives. Nous sommes des humains, et ce sont des monstres pour nous. Mais c'est réciproque. Dans leur esprit, ce sont nous les monstres. Tu comprends ? »

Frisk acquiesça en soupirant. Elle comprenait très bien qu'un jour, ils trouveront tous lassants les Humains, et qu'elle serait contrainte de partir. Elle jeta un coup d'œil vers Sans, un peu plus loin. Il riait, encore. Est-ce qu'il aimerait l'humaine, même après, quand elle vieillira ?
Qui sait ce que réserve l'avenir.

« En tout cas, moi, je me battrais jusqu'au bout pour rester avec ceux que j'aime. Toi non ? »

Il releva sa tête vers Frisk et lui offrit un grand sourire, levant sa main pour tenter de la poser sur son épaule -Quoiqu'un peu plus haute que lui-. L'humaine sourit également, réfléchissant à cette dernière phrase. C'est vrai, elle voulait rester avec les monstres aussi longtemps qu'elle le pouvait, et pour cela elle était prête à sacrifier tout ce qu'il y avait d' "humain" en elle.

« Merci Chara. »

Elle sourit à l'enfant d'un geste sincère, avant de le contourner pour s'avancer vers la table des autres. Toriel l'aperçut, et lui fit un signe de main, semblant heureuse de la voir se joindre à eux. Chara suivit derrière Frisk, et s'assit sur le sol aux côtés des autres. Frisk, elle, se plaça à côté de Sans en le regardant quelques secondes dans les yeux. Il fit de même, avant de poser sa main sur la joue de la fille qui rougit aussitôt.

« Savoir que je pourrais peut-être rester avec eux toute ma vie m'emplis de DÉTERMINATION. »


Merci d'avoir lu jusqu'au bout de la deuxième partie ! J'espère que cela vous plaira autant que ça m'a plu quand je l'ai écris :3

J'ai essayé de faire comme l'on me l'avait demandé, de développer en même temps le côté "monde humain" que le côté "sans x frisk", et les autres personnages par ailleurs.

Pour ceux qui se demandent, au cas où ça prêterait à confusion, la "grande tente" c'est une tente dite "tente marabout", comme le nom était un peu bizarre je n'ai pas osé le placer directement dans le récit x)
J'ai déjà dormi dans une tente marabout, c'est un peu bizarre au début, on est juste vingt dans la même tente, et c'est marrant quand on s'y habitue.
Bref, trève de bavardages sur ma vie !

Laissez des reviews si le texte vous a plu, ou même s'il vous a pas plu, pour formuler des critiques ^w^
Cela me faisait plaisir de voir qu'il y a des gens qui aiment cette suite ! Je m'attendais à plus de critiques que cela, et au final je me retrouve avec pleins de reviews me disant que le texte était bien, ça m'a donné envie de continuer :3

Cette fois, par contre, je pense que la troisième partie arrivera un peu plus tard ! j'ai (malheureusement ;w;) des cours, et donc beaucoup de travails.

Bref, bonne fin de vacance !