Note : Ceci est une traduction dont j'ai obtenu l'autorisation pour la traduire.
Auteur: Mintapotter
Titre : Don't Speak
Warning : Cette histoire est un slash donc homophobes passez votre chemin, elle contient aussi des scènes M très fortes.
Important : Tous les chapitres commencent par la fin, vous vous y habituerez ! Le titre du chapitre est tiré de la chanson « A rush of blood to the head » de Coldplay !
Merci à Hanakaya ma bêta qui m'a bien aidée !
Chapitre 1 …Regarde les toutes disparaître sans une trace …
"Harry ? Harry, dis quelque chose, allez, ne me fais pas ça. Dis quelque chose Harry ! Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce qui ne va pas ?"
Ron est trempé jusqu'aux os, mais je ne saurais dire pourquoi. Je suis moi aussi mouillé et j'ai froid. Je frissonne mais je ne peux pas m'arrêter. Je pleure et j'ignore depuis quand. Il y a de l'eau partout, de l'eau rouge sur le carrelage si blanc. Je voudrais qu'il m'explique, qu'il me dise ce qui m'arrive, mais il n'a pas les réponses à mes questions. Je ne peux pas lui demander et il ne peut pas me l'expliquer.
Je souhaite juste
Que
Tout
S'arrête.
DpDpDpDpDpDp
Je me suis réveillé ce matin, comme chaque matin de cette année. Je me suis levé avant les autres garçons Gryffondor de 6ème année et j'ai pris une douche pour les éviter. Je ne supporte plus leurs bavardages du matin, leurs gémissements à cause de la lumière du soleil et le fait qu'ils n'ont pas finit leurs devoirs la veille. Ca m'agace qu'ils réussissent à se plaindre sur de si petits détails.
Après ma douche, je m'habille calmement pendant que le reste de la tour se réveille, attachant mes chaussures alors qu'on entend le premier bâillement. Je secoue Ron pour le réveiller, mais je m'en vais avant qu'il ne soit assez lucide pour parler et tenter d'amorcer une conversation.
Alors que je me dirige vers la Grande Salle, je me demande comment il va, comment il se sent, ce qu'il fait. Ce n'est pas comme si je n'appréciais pas d'être avec lui, c'est juste qu'il ramène tout à une dure réalité alors que tout ce que je veux, c'est l'ignorer.
Deux professeurs sont en train de manger dans la Grande Salle alors que j'arrive, Dumbledore est déjà à table et attaque un bol de porridge. Cet homme me dégoûte. Je m'assois seul à ma table et parviens à manger la moitié d'une pomme et à boire un verre de jus d'orange. Après ça, les autres aliments sont repoussants. Les plats sur la table m'écœurent, donc je quitte la Salle aussi vite que je suis arrivé, passant devant Malfoy et son gang alors qu'ils entrent dans la Grande Salle.
Il fait une remarque intelligente sur ma mine de ces derniers jours, mais je l'ignore comme la plupart du temps. Je veux vraiment qu'il se taise, qu'il parte et meure dans un trou, comme ça je ne n'aurais plus besoin d'être confronté à lui tous les jours. Mais mes vœux ne sont jamais exaucés.
Je m'assois sous un arbre près du lac, appréciant le silence du matin, sans filles bavardant et garçons criant, dénué de n'importe quelle vie humaine sauf la mienne. La brise est fraîche mais légère et la lumière du soleil qui brille sur moi est chaude et parfaite. C'est le moment où je suis le plus proche d'être heureux, quand je suis seul avec mes pensées pour unique compagnie.
Finalement, je me rends compte que les cours vont bientôt commencer, donc je conjure mes livres et pars vers le premier cours de la journée. Je rends mes devoirs et prend place aux côtés de Hermione et de Ron, même si je me débrouille pour ne pas leur dire plus de trois mots à la fois dans la journée. Ils échangent des coups d'œil inquiets à chaque cours, mais je les ignore comme je fais avec Malfoy. Même les professeurs ont l'air inquiet, mais je rends tous mes devoirs et fais tout le travail qu'ils assignent à chaque cours, ne leur donnant aucune raison pour me coincer.
Je passe encore une fois le déjeuner seul, sauter ce repas devient une habitude. Le reste de la journée est une image floue, jusqu'au dîner.
C'est malheureusement obligatoire donc je dois y être présent, chaque jour. Du moins, c'est une règle depuis cette année. Je m'assois à ma table et mange quelques petits pois et un morceau de poulet, puis je laisse tomber l'intégralité du plat restant. Ron m'accapare avec des questions de Quidditch, auxquelles je réponds sèchement, tandis que Hermione essaie de savoir comment je m'en sors en cours. J'ai toujours coupé court à une conversation avant qu'elle ne commence; je suis un peu devenu un as pour ça. Finalement, ils renoncent et se replient dans une conversation avec mes autres camarades de classe et me laissent enfin tranquille.
Le repas se termine après un temps interminable et je peux finalement m'échapper.
C'est à ce moment là que ma journée commence vraiment.
Malfoy s'approche de moi d'un air détaché alors que je sors de la Grand Salle, seul, sans sa bande pour une fois.
"Alors Potter, j'ai remarqué quelques changements chez toi dernièrement. Bouder semble avoir remplacé le Quidditch pour toi, hein ?" Son rire est dur, un rire que je méprise.
"Ta gueule Malfoy." Je suis à bout et j'accélère, essayant de mettre de la distance entre lui et moi.
"Oh, on est hargneux ? Pas besoin de me parler sur ce ton là, parle hargneusement à ton Directeur si parfait éventuellement. Il est le seul qui t'a laissé tomber après tout." Il a un petit sourire satisfait à ce moment-là, un sourire comme celui du chat de Cheshire. (Note 'Kaya : Lol, j'imagine bien Dray comme ça, avec les dents juste visibles !)
"Tu ne m'as pas compris ? Tais-toi, s'il te plaît." Je vais plus vite maintenant, la foule est loin derrière nous alors que nous traversons couloir après couloir, montons escalier après escalier.
"J'ai touché un point sensible ! Oui, si tu dois être furieux contre quelqu'un, ça doit être Dumbledore ! C'est lui qui t'a laissé tomber, c'est lui qui a causé la mort de ton parrain." Je m'arrête et laisse les mots atteindre mon esprit, je prends conscience que Malfoy, Draco Malfoy entre tous est au courant pour Sirius. Il est au courant de ma vie personnelle, de mes problèmes intérieurs.
"Arrête." Je chuchote. Ma voix m'a trahie, l'air autour de moi est trop fin pour apporter plus de consistance à mes mots.
"Tout est vrai et tu le sais. Tu le montres chaque jour, combien tu le détestes, combien tu détestes être ici. Je connais tout sur toi Potter, tout ce qui t'est arrivé. Je sais comment tu-"
"ARRÊTE! ARRÊTE !" J'explose, puis implose à l'intérieur de moi. Je peux sentir ma résolution tomber, je revois son image quand il tombe dans le voile, je me souviens du Doloris que j'ai lancé sous l'effet de la rage.
"Pourquoi devrais-je m'arrêter ? Pourquoi devrais-je …" Il parle de nouveau, mais je m'en vais. Je monte les escaliers en vitesse, fais pivoter le portrait de la Grosse Dame, traverse la salle commune et monte d'autres marches, jusqu'à ce que j'atteigne le dortoir. Je m'effondre sur mon lit, la respiration irrégulière, non pas à cause de cette course mais de la colère, de la peur et de la tristesse en même temps.
Je ferme les rideaux et respire profondément pendant un moment, essayant de rassembler mes sentiments, les exploiter. Je déteste lorsque je laisse tomber ma garde, me souvenant ainsi de tout ce qui m'entoure. Me laissant tout ressentir. Si je mange quelque chose déclenchant un souvenir heureux alors ça se termine par quelque chose de triste. Si je parle à quelqu'un et que la phrase « Tu te souviens quand …" sort, ça ne se termine jamais bien. Si je pouvais vivre ma vie dans une coquille, rendre tout silencieux, alors je le ferais. Si je pouvais être seul un instant, j'ai l'impression que je pourrais peut-être me reconstruire.
Je me redresse, il n'y a personne et j'espère que ça durera pour toujours. Je gribouille avec colère une note de toutes mes pensées et vœux sur un petit morceau de parchemin qui était dans ma poche. Des tâches d'encre attaquent le parchemin avec colère, quelques phrases sont incohérentes ou finissent à mi-chemin. Le but n'est pas que ça ait du sens pour quelqu'un, c'est plutôt pour que cela purge mes pensées, pour les supprimer de mon intérieur. J'entends quelqu'un entrer dans la pièce et je froisse le papier dans ma paume, le cachant au reste du monde.
Mais la solitude semble m'être interdite. Ron vient et essaie de me parler. Je le laisse passer les rideaux, ma résolution a échoué. Il me dit qu'il est toujours là et que je dois parler. Il me demande si je vais bien, ce qu'il se passe. Je ne dis pas un mot, j'acquiesce juste aux moments appropriés et secoue ma tête en signe de négation quand il demande si je vais bien. Au moins je ne mens pas. Je lui demande de me laisser seul, donc il part, disant probablement aux autres gars de ne pas me déranger. Je lui en suis reconnaissant.
Je sors le couteau que Sirius m'a donné de sous le sommier de mon lit, coupant le bout de mon doigt alors que j'en fais glisser la pulpe le long de la lame. Je n'ai aucune idée de ce que je vais faire quand j'en arrive là, mais je sais comment j'y arrive, au moins.
Je mets la cape d'invisibilité, qui devrait être illégale, et passe la tête au dehors. Tout ce que j'ai c'est ça, le couteau et la note reposant toujours au creux de ma paume. Je sors du dortoir, et descends, descends, jusqu'à ce que j'atteigne les cachots. Je me souviens à peine du chemin quand je suis allé à la salle commune des Serpentard en deuxième année, mais j'avance d'une manière ou d'une autre et réussis à trouver mon chemin. Le couteau glisse facilement sur la longueur de la porte et je marche dans la salle commune en passant inaperçu, l'air frais du cachot me fait frissonner. Mais ça m'est égal.
Il y a deux couloirs et comme je ne peux pas entrer dans l'un d'eux je prends l'autre, comptant six portes jusqu'à ce que j'arrive devant ce que je pense être le dortoir des garçons de 6ème année.
Effectivement c'est ça, seulement au lieu de tomber sur un enchevêtrement de lits j'entre dans un autre couloir faiblement éclairé, chaque porte étiquetée par le nom de famille de son occupant. Malfoy semble avoir pris la dernière chambre sur le côté gauche du couloir et je me faufile dedans à l'aide du couteau, tout en pensant à ce que je vais faire maintenant que je suis là.
Les murs sont en pierre équarrie et ils sont froids au toucher. Draco est endormi dans un lit une place, et de l'autre côté de la petite chambre, la fenêtre magique projette l'éclat surnaturel de la lune dans toute la pièce.
"Qui est là ?" Demande-t-il, ses yeux gris s'ouvrant soudainement, regardant à travers moi. J'enlève la cape sans y penser une seconde, ne me souciant pas des conséquences. Il halète et se redresse droit comme un i, ayant déjà attrapé sa baguette qui était sur sa table de nuit.
"Qu'est-ce que tu penses foutre ici, Potter ? Comment es-tu rentré bon dieu, sale merde ?" Son ton est mordant et furieux, ses yeux étincèlent de fureur.
"Je dois savoir comment tu as tout découvert sur moi. Comment tu sais tous ce que tu as dit." Il cherche toujours une raison pour me jeter un sort, il est inquiet et effrayé. Je pense que c'est pour ça qu'il est furieux, il ressemble à un chien traqué qui ne peut pas se défendre. (Note 'Kaya : eh bah, Dray, l'est ronchon au réveil ^^)
"Mon père crétin, il a ses façons pour …" Il s'arrête, ses yeux fixés sur ma main et clignant nerveusement des paupières. "Tu n'es pas là pour parler, tu es là pour me planter ! Tu es incroyable Potter !" Il crie maintenant, il a vu le couteau dans ma main et en tire une mauvaise conclusion.
"Non, tu ne comprends pas, laisse-moi m'expliquer …" J'essaie de le calmer avec mes mots mais il s'énerve encore plus.
"Tu es malade et tordu Potter, mais je ne suis pas stupide ! J'ai une baguette et par conséquent je suis le plus fort ici connard, tu as cru que tu pouvais venir ici et me tuer, hein ?" Il est debout maintenant et s'avance vers moi. "Tu ne t'en sortiras pas aussi facilement, je ne vais pas te laisser partir en courant ! Tu vas payer pour ça, crois-moi." Ses mots sont furieux et résonnent fortement dans mes oreilles, je continue à nier de la tête mais il ne cesse pourtant pas de m'accuser.
"Arrête, arrête, arrête s'il te plaît, laisse moi m'expliquer." Je chuchote seulement, le suppliant d'arrêter et d'écouter, mais maintenant il hurle, sa voix prenant de l'ampleur.
"ARRÊTE! ARRÊTE DE PARLER, ARRÊTE!" Je lui crie, l'obligeant à se taire soudainement par mon éclat de voix. Je profite de l'occasion pour me tourner et courir vers la sortie, laissant tomber la note et ma cape d'invisibilité au passage. Je cours dans les escaliers, ignorant l'incendie dans mes poumons, l'épuisement de mes jambes. Je continue de courir jusqu'à ce que j'arrive à mon dortoir.
Je tremble, je suis fatigué, j'ai faim et je suis troublé. Mes camarades de chambre sont tous endormis, mais ils me remarqueront bien assez tôt.
Je me glisse dans la douche et tourne tous les boutons vers le froid. L'eau est gelée, me réveillant de l'absurde rêve de ma vie. Je m'assois contre un mur et frissonne, pensant seulement au son de l'eau m'entourant. Ce n'est pas un léger plic-ploc de pluie, mais un son dur contre les carreaux blancs. J'ai tellement froid maintenant que je me demande si je peux sentir autre chose, si j'ai finalement réussi à devenir engourdi, à disparaître de la réalité sans une trace.
Je sors le couteau et le dirige très, très légèrement sur la peau transparente de mon poignet. Il laisse un fin trait de sang et quand je le vois, je me sens mal. J'essaye plutôt d'y penser comme étant un dessin sur ma peau, pas une coupure mais un dessin.
Je dessine une autre ligne, et encore une autre. Chaque fois, je la fais un peu plus profonde alors que je remonte sur mon bras, essayant de voir combien de temps je peux endurer la douleur. Alors que je suis presque au pli de mon bras, ma main tremble tellement violemment qu'au lieu de me couper superficiellement le couteau reste profondément planté dans ma chair. La douleur n'est pas ce à quoi je m'attendais, j'essaie de tirer le couteau mais je réussis seulement à l'enfoncer encore plus profondément, presque à travers.
Mes dents claquent, mais je ne les entends pas. Je regarde mon bras saigner depuis un moment déjà et je commence à me sentir mal à force de le regarder. Je relève un peu mes genoux et m'assois contre le mur froid de la salle de bain. Mon bras repose sur mes genoux, le sang écarlate pleuvant sur mes jambes et autour de ma taille, tourbillonnant autour de moi dans l'eau, passant de noir à rouge alors qu'il s'écoule.
Je réalise ce que j'ai fais, à quoi ça ressemble.
Je crie.
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"Harry ? Harry, dis quelque chose, allez, ne me fais pas ça. Dis quelque chose Harry ! Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce qui ne va pas ?"
Ron est trempé jusqu'aux os, mais je ne saurais dire pourquoi. Je suis moi aussi mouillé et j'ai froid. Je frissonne mais je ne peux pas m'arrêter. Je pleure et j'ignore depuis quand. Il y a de l'eau partout, de l'eau rouge sur le carrelage si blanc. Je voudrais qu'il m'explique, qu'il me dise ce qui m'arrive, mais il n'a pas les réponses à mes questions. Je ne peux pas lui demander et il ne peut pas me l'expliquer.
Je souhaite juste
Que
Tout
S'arrête.
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