Bonsoir tout le monde ! :) je me réjouis des commentaires que j'ai eu, cela m'a fait énormément plaisir et m'a beaucoup motivée, même ceux de Lunch ne m'ont rien fait au final xD C'est pour cela que je publie la suite, en espérant qu'elle vous plaira toujours ;) ah pour celles qui me lisent et qui ne m'ont pas sur facebook. Je lance un sondage, quelle fiction voulez-vous en avoir la suite? Etant en mode remaniement scolaire donc plus de cours, je dois limiter l'écriture :/ donc dites moi ce que vous préférez ! Envoyez moi un MP ou par FB si vous voulez, le but étant que j'en ai le maximum pour me décider ensuite ^^ voilà voilà !
Sur ce, je laisse place à la lecture ;) enjoy reading
Navrée de ne pas avoir le temps de répondre aux reviews ;_; là je publie à la va vite déjà ! Mais merci à tous, honnêtement, je me rattrape la prochaine fois promis :o
Mes doigts se tortillaient dans tous les sens, le stress montant un peu plus au fur et à mesure que les minutes défilaient. Neji m'avait fait appeler à son bureau, il était précisément neuf heures quarante-six et j'attendais déjà depuis un quart d'heure devant la porte. La veille, Uchiwa m'avait appelée. La veille, j'avais lu son article puis j'avais répliqué à mon tour. J'avais entendu le rire d'Hinata depuis la salle de pause, j'en avais donc déduis que mon texte lui avait plu. Seulement voilà. Ce que je redoutais devait forcément arriver, et l'appel tranchant de mon patron avait suffit à me plonger dans une torpeur plutôt désagréable. Je n'avais fait que me défendre bon sang !
Le bruit de la porte me réveilla brusquement de mes songes et je tournais légèrement la tête pour voir qui sortait du bureau. Ce n'était que Rock Lee, le rédacteur en chef de la rubrique « sport ». Je vis un léger sourire se dessiner sur son visage en m'apercevant, et j'avais du mal à savoir si ce sourire était du au fait qu'il me voyait, ou plutôt à ce qu'il m'attendait.
« Sakura ! s'exclama t-il en me serrant la main. J'ai lu ton article ce matin, c'était plutôt…
— Dis-moi la vérité, le coupai-je aussitôt. Il est furieux je suppose ?
— Euh… Furieux n'est pas le terme exact. Je dirais plutôt amer. »
Amer ? C'était encore pire que ce que je craignais ! Un long cri plaintif résonna dans mon esprit, mais je me forçais à sourire, sachant parfaitement que j'allais avoir droit à une sanction. Neji n'était le genre d'homme à faire une exception.
« Haha, ne t'en fais pas ! Au pire il criera un peu, mais rien de bien méchant, je le connais bien. Et puis entre nous, j'ai trouvé ton article excellent ! Ça lui apprendra à cet Uchiwa !
— Merci Lee… murmurai-je. Tu crois qu'il faut que j'attende qu'il m'appelle ou je peux entrer ?
— Non, il t'attend. Courage, ça va bien se passer, ajouta t-il en levant son pouce pour me rassurer. »
J'esquissais un infime sourire puis inspirant un grand coup, passais à côté de Lee et frappais à la porte. Un bref « entrez » suivit la seconde d'après et m'armant de courage, je poussais la porte et la refermais doucement.
Neji était debout devant la fenêtre, ses bras croisés sur sa poitrine. Son costume lui seyait à merveille pour ne pas changer, et ses cheveux descendaient en cascade dans son dos, sans qu'une mèche ne soit décalée, rien. Sa beauté me sidérait toujours autant. Mais il fallait que je me ressaisisse, je n'étais pas là pour le dévorer du regard ! Et même, Neji ne m'appartenait pas.
« Tu m'as faite demandée ? murmurai-je d'une petite voix, tout en fixant le bout de mes escarpins. »
Je l'entendis aussitôt soupirer avant de se tourner vers moi, son regard nacré me balayant littéralement sur place. Ses yeux étaient particulièrement froids, j'avais peine à croire qu'il puisse être le cousin d'Hinata. Son regard à elle était tellement chaleureux à côté de celui du sien. Ce qui me dépitait le plus était que j'avais choisi avec un soin tout particulier ma tenue. Pas non plus provocante, juste ce qu'il fallait pour tenter de l'amadouer ne serait-ce qu'un peu par mes atouts. Il avait beau être à la tête d'un des journaux les plus lus au monde, il n'en restait pas moins un homme !
« Assieds-toi, m'ordonna t-il sèchement en désignant la chaise devant son bureau. »
Je m'exécutais sans oser lui jeter un regard, et me calais dans la chaise en tortillant toujours mes doigts, les jambes croisées offrant ainsi à sa vue une infime partie de ma peau. Tout était bon à prendre ! Quoique… Je n'étais pas tout à fait certaine de produire l'effet escompté. Quoique… Je n'étais pas tout à fait certaine de produire l'effet escompté. Là, je commençais à regretter partiellement le coup que j'avais mis en scène. Tout ça était de la faute à Uchiwa ! J'entendis brièvement Neji s'asseoir à son tour et je m'autorisais à lever un œil vers lui pour voir l'expression de son visage. Son regard était fixé sur deux journaux et je reconnus sans peine le numéro du Yomiuri de la veille et le nôtre, datant d'aujourd'hui. La même page trois pour les deux.
« Tu comptes me fournir une explication sur cet article j'espère ? lâcha t-il d'une voix sèche. »
Et voilà, c'en était fini de moi. Le ton de sa voix me faisait froid dans le dos, j'avais seulement envie de m'enfuir de son bureau à toutes jambes. Pourquoi avais-je écouté Temari en fin de compte ? Mais surtout, pourquoi je redoutais tant sa colère ? Je déglutis avec peine et ouvris péniblement la bouche pour parler.
« Je… C'était euh…
— Ecoute Sakura, m'interrompit-il en soupirant à nouveau. Je vais être clair, tes petites joutes verbales avec Uchiwa Sasuke n'ont en aucun cas à interférer sur notre entreprise. Tu m'as bien comprise ?
— Neji je…
— Tu as peut-être une explication convaincante à me fournir pour m'expliquer ceci ? s'écria t-il en frappant la paume de sa main sur mon article. »
Mon cœur fit un bond au même moment où sa main s'abattit sur son bureau, glaçant mon sang au point que j'avais presque envie de me ruer dans les toilettes pour vomir. C'était la première fois que je voyais une telle expression de colère dans son regard, et je devais avouer que j'étais littéralement effrayée. Ses yeux nacrés que j'avais pourtant toujours trouvé si envoûtants, me renvoyaient réellement l'amertume qui bouillonnait en lui. Parce que oui, je voyais bien qu'il se contenait pour ne pas totalement exploser. Peut-être était-ce en quelque sorte un traitement de faveur de sa part, je ne pouvais pas en être entièrement convaincue. Neji avait toujours été indéchiffrable à mon sens.
Lentement, je vis son poing se serrer et je déglutis un peu plus, cherchant une quelconque phrase à dire pour détendre un tant soi peu l'atmosphère. C'était la seule idée qui me venait actuellement pour que sa colère s'atténue ne serait-ce qu'un peu. Mais que pouvais-je répliquer face à ce qu'il m'avait dit ? J'étais parfaitement consciente que mon acte était puéril, mais tout de même ! Il ne pouvait pas m'en vouloir d'avoir répliqué face à ce… ce… Je fermais les yeux pour réprimer ma fureur à la simple pensée de ce type. Non, je ne pouvais pas ne rien dire face à Neji. Je devais me défendre, et en y réfléchissant bien, mon geste était parfaitement justifiable.
« Neji, commençai-je doucement tout en rouvrant les yeux pour les poser dans les siens. Je reconnais que c'était réellement stupide de ma part d'agir sans ton consentement. Et je suis désolée d'avoir pu nuire au journal mais…
— Mais ? m'interrompit-il en me sondant avec cette même expression réprobatrice. »
Je luttais pour réprimer un frisson devant son regard et cessais brusquement de tordre mes doigts. Ce geste ne faisait que prouver mon sentiment de culpabilité, et puisque j'étais devant Neji, je devais agir normalement. Je devais tout simplement assumer.
« Mais tu ne peux ignorer le fait qu'Uchiwa Sasuke m'a littéralement insultée dans son article, repris-je, la voix un peu plus ferme. Ça ne relève même plus du domaine journalistique, mais personnel à ce niveau là. De toute manière tu as du lire mon article non ?
— En effet je l'ai lu. D'où tiens-tu ces propos d'ailleurs ?
— Mais de lui-même. Il m'a appelée hier, pour me ridiculiser un peu plus que je ne l'étais déjà. Tu trouves cela normal peut-être ? ajoutai-je avec mépris.
— Je pense que tu n'avais pas à riposter de cette manière. Peut-être que lui peut se permettre de régler ses comptes au sein de sa rubrique mais…
— Alors tu lui donnes raison ? m'écriai-je en me levant, complètement outrée. »
Mon corps s'était mû sans mon autorisation et mon souffle était quelque peu saccadé. Je gardais mes yeux braqués sur Neji, sentant la colère me gagner de plus en plus. Etait-il sérieux ? Cela n'avait donc aucune importance qu'Uchiwa se soit foutu de moi ainsi ? Sidérée, j'étais tout simplement consternée devant son comportement. J'étais d'accord pour dire que j'étais responsable de mes actes, mais tout de même, de là à prendre son parti à lui !
« Rassies-toi s'il te plaît. »
Me mordant la langue pour l'empêcher de se délier et de crier encore plus, je tombais lourdement sur la chaise, croisant les bras sur ma poitrine. Son regard ne cillait pas, il n'avait même pas l'air étonné que je m'énerve. Cela m'agaçait, j'avais le sentiment d'être incomprise. Et venant de la part de Neji, cela ne faisait qu'accentuer ma noirceur. Même si c'était lui, il n'était jamais resté de marbre face à moi !
« Ce que j'essaye de t'expliquer Sakura, c'est que ta petite comédie influence directement la fiabilité de l'Asahi. Si le Yomiuri n'a aucun scrupule à faire paraître de tel article, c'est son problème. Je suis désolé, mais je ne peux pas tolérer ce genre d'incident qui peut avoir de lourdes conséquences, répondit-il, son regard se détachant de ma personne.
— C'est bien ce que je dis, tu es du côté de ce…
— Uchiwa Sasuke a beau être la pire des enflures, il n'en reste pas moins un brillant chroniqueur. Je me moque de savoir quelles sont ses méthodes, c'est lui que ça regarde. Et je sais que tu as beaucoup donné pour pouvoir obtenir un entretien avec Ko Seina, mais tu dois te résoudre Sakura.
— Me résoudre ? demandai-je en arquant un sourcil. Je crois que tu ne saisis pas très bien la situation Neji…
— Au contraire, j'ai parfaitement compris, reprit-il en posant de nouveau ses yeux nacrés sur moi. Profiter de la parution de ta rubrique pour régler tes comptes avec lui… ça je ne le comprends pas. Je sais mieux que quiconque que tu es douée, alors ne gâche pas ton temps et ton talent pour des choses aussi futiles que ces enfantillages. »
Je fronçais les sourcils à l'entente de sa dernière phrase et baissais les yeux, incapable de supporter son expression. Il prétendait comprendre, mais il était évident que ce n'était pas le cas. Ou alors il n'avait pas compris que j'avais besoin de soutien dans cette affaire. De son soutien.
« Bon, j'imagine que cette discussion est terminée, murmurai-je en décroisant les bras et en me levant. Il faut que j'aille préparer mes articles. A moins que tu n'aies autre chose à ajouter ? demandai-je en le toisant légèrement. »
Imperceptiblement, je le vis esquisser un rictus amusé qui pouvait se traduire par un sourire de sa part. Peut-être trouvait-il amusant le fait que je lui tienne tête ! Puis il lâcha un soupir avant de fermer les yeux.
« Tu peux retourner dans ton bureau Sakura. »
Je n'attendis pas un autre mot de sa part et contournais la chaise pour me diriger vers la porte, non sans lui jeter un dernier regard. Déjà il saisissait une pile de dossiers, alors que nous venions à peine de terminer. Décidément, son sérieux valait tout son mérite. Son physique aussi. J'avais beau eu avoir envie de lui crier mon mécontentement, je n'en avais pas moins eu le temps de me rincer l'œil à loisir. Si mes joues étaient rouges, ce n'était pas uniquement du à ma gêne ou à ma colère ! Et j'étais frustrée à l'idée que ma stratégie n'avait pas franchement fonctionné.
Avec difficulté, je m'arrachais à sa contemplation et ouvrais la porte avant de la claquer derrière moi. Puis au moment de relever la tête, je sentis que l'atmosphère était pesante et je levais aussitôt mon visage pour m'apercevoir… qu'un petit groupe de commères attendait sur le côté. Sans rire. J'avais donc crié si fort que ça ?
« Vous avez un problème ? demandai-je avec dureté en leur jetant un regard sombre.
— Euh… commença l'une d'entre elles en rougissant.
— Mais c'est quoi ce rassemblement là ? Poussez-vous du passage ! entendis-je crier derrière elles. »
Aussitôt, le petit groupe s'écarta pour laisser la place à Nara Shikamaru, responsable de la rubrique « politique ». Il tenait dans ses mains une pile de journaux, visiblement anciens, et son regard s'attarda brièvement sur moi.
« Oh salut Sakura, marmonna t-il sans entrain particulier. C'est toi qui provoque ce remue-ménage ?
— Ce sont elles qui sont venues jouer les curieuses, répliquai-je en les gratifiant d'un sourire narquois qui les fit déguerpir peu à peu. Tu veux peut-être que je t'aide ?
— Honnêtement, ce ne serait pas de refus. Je me suis encore lancé dans une galère, j'te raconte pas… »
J'attrapais une pile de journaux pour l'alléger et il m'emboîta le pas pour prendre la direction de son bureau. C'était réellement lourd mais je m'efforçais de rester concentrée pour ne pas tout lâcher, sans quoi sinon j'aurais à nouveau droit à divers sujets de moquerie. D'ailleurs, de quoi se mêlaient ces gourdasses ? Mon entretien avec Neji ne les regardait en rien, et elles me connaissaient assez pour savoir de quelle manière j'allais réagir en m'apercevant que j'étais odieusement épiée. Le petit rire sarcastique d'Uchiwa Sasuke résonna brusquement dans mes tympans et je réprimais un juron entre mes dents en repensant à ma discussion avec Neji. Shikamaru poussa de son pied une porte entrebâillée et je m'y engouffrais à sa suite, posant avec soulagement les journaux à l'endroit qu'il m'indiquait.
« Ouf… murmurai-je en m'essuyant le front. Mais qu'est-ce que tu vas faire de tout ça ?
— J'en ai besoin pour des recherches. Des idéologies à la con, ce genre de trucs…
— Que tu adores pourtant, lançai-je dans un petit rire.
— J'avoue aimer cela, même si ce n'est pas non plus ce qui me branche le plus. Mais bon, tu connais le flemmard que je suis. Au fait c'est quoi cette tenue ? On a quelque chose à fêter ? me lança t-il sur un ton sarcastique. »
Je lui rendis pour seule réponse un sourire taquin, nullement gênée à vrai dire. Shikamaru avait beau être un flemmard confirmé, il avait parfaitement cerné à quel jeu je jouais avec Neji. Il fallait dire qu'il en avait dans la caboche ! La seule personne qui était réellement au courant de la situation était Hinata. Etant mon assistante, sa cousine, mais avant tout mon amie, je me voyais mal lui cacher la vérité. La situation était déjà assez complexe comme ça, alors qu'Hinata le sache était davantage un soulagement pour moi. J'avais au moins une alliée dans tout ça.
« Je suppose que tu es au courant non ? Tout le monde doit en parler, lâchai-je en levant les yeux au ciel.
— Tu parles de ton article ? En effet, j'en ai eu vent. Les ragots vont bon train ici, tu le sais mieux que quiconque.
— Malheureusement… Oh, tu as vu Temari ce matin ?
— Temari ? Je crois qu'elle est partie interviewer des activistes d'une association purement féministe, enfin tu sais ce qu'elle a l'habitude de faire quoi !
— Sois un peu moins dur Shikamaru, sans nous, vous autres hommes ne seraient rien, lui fis-je remarquer en souriant.
— Bof, ce n'est pas mon avis. Regarde toi, si tu n'avais pas Uchiwa comme concurrent tu t'ennuierais ! répliqua t-il tout en étalant divers journaux sur son bureau.
— Je m'ennuierais ? Ah, tu veux rire j'espère ! Sans lui le monde journalistique se porterait largement mieux, crois-moi !
— Il faut toujours des idiots dans son genre. Enfin, il est quand même assez célèbre pour sa plume, il faut reconnaître qu'il est doué.
— Doué peut-être, intelligent ça un peu moins. Je n'ai jamais vu un type aussi borné que lui ! grommelai-je. Tu trouves ça fairplay le coup bas qu'il m'a fait pour mon interview avec Seina ?
— Non, c'est sûr. Mais je pense que tu devrais arrêter de te prendre la tête pour ce con, c'est tout.
— Tu raisonnes comme un sexiste Shikamaru, répondis-je en fronçant les sourcils. Tu devrais fréquenter davantage Temari, ça te ferait le plus grand bien !
— Plutôt éplucher ces vieux journaux toute ma vie que de l'accompagner à ces réunions, bougonna t-il en riant légèrement. »
Je souriais une dernière fois puis regardais ma montre. Déjà dix heures passées !
« Ah je vais devoir te laisser Shikamaru, je suis en train de prendre un retard monstrueux sur mon planning ! lâchai-je en soupirant. On se voit plus tard !
— Pas de soucis Sakura, répondit-il en me faisant un bref geste de la main. »
Tournant les talons, je refermais la porte derrière moi pour que personne ne vienne le déranger et me dirigeais à nouveau vers mon bureau. Je n'avais pas encore pris ma tasse de café matinale, mais à vrai dire mon entrevue avec Neji m'en avait véritablement sapé l'envie. Et encore, je n'avais eu raison de ne pas m'empiffrer ce matin vu l'état nauséeux dans lequel je m'étais trouvée devant lui. Bizarrement, je stressais nettement moins, peut-être parce qu'il s'était un peu adouci vers la fin. N'empêche. Je n'avais pas obtenu entière satisfaction, ou plutôt ne pas savoir de quelle manière Uchiwa avait réagi m'agaçait. Lui ne s'était pas gêné pour m'appeler !
Au départ hésitante, je m'approchais de mon bureau pour saisir le combiné tout en composant lentement son numéro. Je ne l'avais jamais appelé, et j'étais un peu gênée de le faire. Qui plus est j'avais encore la sensation d'être une gamine… Oh et puis à charge de revanche ! Pourquoi devrais-je être la seule de nous deux à être sérieuse ? Doucement, j'entendis la tonalité à l'autre bout du fil. Ce bruit me parut interminable, j'avais l'impression que les secondes s'écoulaient mais que personne ne daignait vouloir répondre. Quoi, il était trop occupé peut-être ? Soupirant, j'allais raccrocher lorsque le bruit cessa enfin.
« Bureau de monsieur Uchiwa, que puis-je pour vous ? »
Aussitôt, je fronçais imperceptiblement les sourcils. C'était une voix féminine à l'autre bout du combiné. Se pouvait-il… qu'il ait une secrétaire attitrée ? C'était du grand délire !
« Allô ? reprit la voix avec insistance.
— Euh, oui bonjour, bafouillai-je, toujours abasourdie. J'aurais aimé parler à Uchiwa Sasuke, est-il disponible ?
— Et vous êtes ? lâcha la voix avec un mépris non contenu. »
Bon, je ne connaissais pas l'identité de cette femme mais je ne supportais déjà pas sa voix. On aurait dit Uchiwa au féminin vu le ton qu'elle employait avec moi ! Comme si elle était au dessus de tous, alors qu'elle n'en demeurait pas moins que sa banale secrétaire. Pathétique.
« Vous n'avez pas besoin de savoir qui je suis, lui fis-je remarquer. Je veux simplement savoir s'il est là, j'aurais aimé lui parler un moment.
— Une groupie c'est ça ? soupira-t-elle.
— Pardon ? marmonnai-je en arquant un sourcil.
— Ecoutez, enchaîna-t-elle. Monsieur Uchiwa a horreur des gens de votre genre, il n'a absolument pas de temps à vous consacrer. Si vous voulez un autographe, envoyez une lettre comme tout le monde à la rubrique destinée au courrier des lecteurs du journal et nous verrons si nous pouvons accéder à votre demande. Inutile de rappeler pour protester et bonne journée madame, ajouta la voix avant de raccrocher. »
Le bruit du combiné qui venait d'être reposé sur son support avec violence me fit grimacer et je me reculais pour masser mon oreille. On venait tout juste… de me raccrocher au nez ? Oui, c'était ça. Et pour couronner le tour, on venait de me prendre pour une fan de ce crétin à l'égo surdimensionné ! Je lâchais un rire, c'était de loin la meilleure blague que l'on venait de me faire. Surtout que j'avais clairement eu l'impression qu'elle avait récité un texte, comme si elle avait fait ça toute sa vie ! On aurait dit une palourde qui psalmodiait bêtement ce qu'on lui avait appris. Bon, ce n'était pas non plus surprenant. Pour un type de sa trempe, il n'avait pas besoin d'avoir une secrétaire particulièrement intelligente non plus.
Une fois mon rire calmé, je recomposais le numéro et collais le combiné, me raclant la gorge pour reprendre une voix claire et assurée. Cette fois, elle ne tarda pas à décrocher et une part de mon esprit se demanda vaguement si elle avait aussi l'habitude que ses fans ne lâchent pas le morceau.
« Bureau de monsieur Uchiwa, que puis-je pour vous ? »
Ah, cette fois sa voix était encore plus dédaigneuse. Il est vrai que l'amabilité est une notion particulièrement rare de nos jours, et il était évident qu'elle n'en connaissait pas la définition.
« Oui bonjour, je voudrais parler à monsieur Uchiwa s'il vous plaît, c'est important.
— Encore vous ? s'écria-t-elle à l'autre bout. Bon sang vous êtes bornée ou vous ne comprenez pas quand on vous explique quelque chose ? Il n'a pas de temps à perdre avec des gens comme vous, suis-je assez claire ?
— Et vous, vous êtes payée pour quoi ? Parce qu'il est clair que vous ne connaissez pas votre métier de secrétaire, sinon vous m'auriez déjà passé votre crétin de patron sans broncher ! lâchai-je d'une voix sarcastique.
— Mais… pour qui vous prenez vous pour parler de lui de cette façon ? Je vais l'appeler et il vous dira lui-même le fond de sa pensée, comme ça cela vous fera passer l'envie de le harceler continuellement !
— Mais je n'attends que ça depuis plusieurs minutes justement, que vous l'appeliez, répondis-je en riant légèrement, incapable de me contenir. Oh, peut-être serait-il plus poli que je vous donne mes coordonnées non ? Je ne voudrais pas déranger ce cher monsieur Uchiwa sans qu'il ne sache à qui il a affaire.
— Très bonne idée ! Si vous recevez une visite de la police, vous ne vous étonnerez pas après ça ! Votre nom ?
— Haruno Sakura, de l'Asahi Shimbun. »
Aussitôt, je crus entendre un petit cri étouffé et j'esquissais un sourire à l'idée d'une secrétaire complètement paniquée, en plus d'être paumée. Vraiment, son travail laissait à désirer. C'était la première fois que j'avais affaire à une secrétaire aussi peu disposée à transmettre un appel. De ce côté-là, il n'avait pas de soucis à se faire, elle dissuadait largement les groupies de par son apathie ! Un crépitement de fit entendre et je compris que dans sa surprise elle avait du poser le combiné, pour le reprendre à l'instant.
« Je vais le chercher, ne quittez pas, murmura une petite voix aiguë. »
Un bruit retentit à nouveau et je décollais le combiné pour inspirer longuement, cherchant à enfouir dans les limbes de mon esprit l'envie de rire qui me tiraillait à nouveau, et ce depuis le début de cette conversation complètement saugrenue. Celle-là était à marquer dans les annales, j'avais tout simplement hâte de pouvoir la raconter à Hinata et Temari. Sifflotant, je m'asseyais dans mon fauteuil et me tournais vers la fenêtre en posant à nouveau le combiné à mon oreille. Soudain, des bruits de pas rapides se firent entendre et un violent « laissez-moi seul » retentit dans l'appareil. J'aurais pu la plaindre, mais honnêtement, elle l'avait mérité.
« Vous êtes toujours là ? murmura la voix grave que je connaissais par cœur.
— Vu les efforts assidus que j'ai du fournir pour obtenir ne serait-ce que quelques minutes de votre si précieux temps, vous ne pensiez tout de même pas que j'allais raccrocher ? répondis-je narquoisement, sentant en même temps mon épiderme frémir. »
Je maudissais réellement mon corps. Même Neji n'arrivait pas à me faire ressentir autant de sensations rien qu'en me parlant. Peut-être que c'était une sorte d'intimidation, certes malsaine. Néanmoins, je m'amusais beaucoup de la situation. Je devais probablement être la première personne à qui il venait répondre au bureau de sa secrétaire plutôt que dans le sien. Un jour faste en somme !
« Je suis désolé, vous auriez du directement dire que c'était vous, Karin m'aurait retranscrit l'appel sans tarder.
— Le problème voyez-vous, c'est que j'ai à peine eu le temps d'aligner une seule phrase que votre si aimable secrétaire m'avait confondue avec une de vos groupies.
— Vraiment ? lâcha t-il d'une voix agacée. Je verrais cela avec elle plus tard, mais soyez assurée que la prochaine fois que vous m'appellerez, je serais le premier à vous répondre.
— Quel honneur ! répliquai-je d'une voix sarcastique. Apprenez-lui plutôt les règles de courtoisie ou changez directement de secrétaire.
— Hum, ça je ne le peux pas. Elle vous a peut-être semblé ignorante mais je vous assure que ses compétences sont remarquables.
— Sur votre bureau peut-être ? osai-je murmurer, histoire de lui rendre la pareille vis-à-vis de ce qu'il m'avait dit à propos de Neji. »
Un rire résonna aussitôt à mon oreille et je ne pus m'empêcher d'esquisser un sourire victorieux, satisfaite de mon juste retour des choses. D'ailleurs je ne savais même pas comment il pouvait être au courant de ma liaison avec Neji. Y avait-il une taupe au sein de l'Asahi ? J'entendis sa gorge se racler et il cessa brusquement de rire.
« Bien joué, je dois reconnaître que vous êtes une adversaire particulièrement redoutable mademoiselle Haruno.
— Par rapport à quoi ?
— Pour tout. Vous arrivez à me tenir tête, ce n'est pas donné à tout le monde.
— C'est que je suis plutôt de nature rancunière, si vous voyez ce que je veux dire, répondis-je en insistant bien sur la fin.
— Hn, j'avais oublié. Brillant article en tout cas, j'ai particulièrement ri en le lisant.
— Contente de l'entendre. Vous au moins n'avez aucun mal à assumer cette image, je n'ai même pas eu besoin d'inventer de calomnie.
— Mais moi non plus ! Ko vous a-t-elle rappelée ?
— Très amusant Uchiwa, répliquai-je avec dureté.
— Ne vous énervez pas, c'est si rare que je puisse vous parler. J'avais même peur que vous ne vouliez plus m'adresser la parole après notre discussion de la veille, sans omettre le fait que vous m'avez raccroché au nez.
— Vous étiez en train de vous foutre de moi je vous ferais remarquer ! Et à cause de vous, j'ai bien failli écoper d'une mise à pied alors j'ai mes raisons d'être énervée justement ! vociférai-je en haussant la voix.
— Ah, votre patron n'a donc pas trouvé votre réponse à son goût. J'aurais cru qu'il m'en voudrait davantage mais visiblement ce n'est pas le cas puisque je n'ai eu aucunes retombées de sa part. La liberté d'expression serait-elle restreinte dans votre entreprise ?
— Elle ne l'est pas je vous rassure. Le problème, c'est qu'à cause de vos conneries je me suis faite réprimandée alors que je n'ai fait que répliquer à votre article déplacé. Je ne serais même pas étonnée que vous me disiez que vous étiez en train d'en rédiger un encore plus salé, renchéris-je avec mépris.
— Détrompez-vous, je ne suis pas aussi mesquin, répliqua t-il d'une voix un peu agressive. Vous me prenez réellement pour le dernier des connards à ce que je vois, moi qui pensais que vous aviez un peu plus d'estime pour mon travail. »
Impossible. Je rêvais ou il avait l'air contrarié ? Je roulais des yeux, me demandant s'il comprenait réellement ce que j'essayais de lui dire. Peut-être trouvait-il normal le fait que je m'en prenne plein la gueule par Neji par sa faute, mais moi, je ne pouvais pas le tolérer. Que sa voix me fasse autant d'effet ou non.
« J'ai de l'estime pour votre écriture. Vous avez du talent et vous le savez. Pour ce qui est du reste, cela laisse encore à désirer. Ne me dites pas que vous trouvez que vos pratiques sont correctes tout de même ?
— Je vous en prie Sakura, nous en avons déjà parlé la dernière fois ! soupira t-il, visiblement ennuyé. Vous n'allez pas m'en vouloir pour l'affaire Seina toute votre vie !
— Oui mais vous ne comprenez pas à quel point c'est agaçant de… Une minute, je rêve où vous m'avez appelée par mon prénom ? murmurai-je en fronçant les sourcils.
— Vous avez mal entendu, tout le monde sait bien que vous n'écoutez que ce que vous voulez entendre.
— Non j'ai très bien entendu. C'est la première fois que vous prononcez mon prénom je crois.
— Vous êtes gênée ? ricana t-il à l'autre bout. Depuis le temps, cela ne devrait même pas vous choquer.
— Je ne suis pas gênée, répliquai-je en sentant tout de même le rouge gagner mes joues. Mais d'habitude c'est toujours mademoiselle Haruno. D'où ce revirement soudain ?
— Hn, je sens bien que vous êtes gênée. Admettez-le, Sakura. »
Je réprimais un juron entre mes dents pour atténuer mon agacement. Il m'énervait franchement avec ses airs hautains ! Oui, j'étais gênée, mais c'était parfaitement justifié ! Nous n'étions ni amis, ni même des fréquentations, non nous étions de lointaines connaissances, très lointaines. Rien ne lui permettait de prononcer mon prénom. Et le gargouillis dans mon estomac était uniquement du au fait que je commençais à avoir faim, rien de plus !
« Faites comme bon vous semble Uchiwa, finis-je par murmurer à mon tour. Je vais devoir vous laisser, en continuant cette conversation j'accumule davantage de retard dans ma publication.
— Dommage, juste au moment où cela devenait intéressant.
— Cette discussion est loin d'être intéressante.
— Dans ce cas, pourquoi m'avoir appelé ? »
Sur le coup, je ne trouvais pas de réplique correcte à lui sortir. Il n'avait pas tout à fait tort ce crétin, mais pas complètement raison non plus. Je l'avais appelé pour connaître sa réaction quant à mon article, comme il l'avait fait pour moi. Mais…
« Je… je reconnais vous avoir appelé parce que je m'ennuyais, répondis-je en bafouillant un peu. Mais n'y voyez pas là une attention particulière c'est clair ? C'était uniquement pour me distraire.
— Je pourrais vous distraire d'une toute autre manière vous savez ? lança sa voix sur une pointe d'amusement. Pourquoi ne pas déjeuner ensemble un midi, cela nous donnerait l'occasion d'échanger notre point de vue sur les manières de faire les choses au sein de notre rubrique. Qu'en dites-vous ?
— Hum, je regrette mais je ne déjeune jamais à l'extérieur. Je n'ai pas le temps, moi.
— Décidément vous êtes une vraie rabat-joie mademoiselle Haruno. Peu importe, cela me convient. Pour le moment.
— Pour le moment ? Qu'insinuez-vous par là Uchiwa ? demandai-je en arquant un sourcil.
— Vous comprendrez plus tard. Sur ce, je vous laisse, j'ai également du travail qui m'attend.
— Hum… Bien, je vous laisse baver vos injures sur vos propres collègues.
— C'est cela ! Allez, au plaisir de vous voir très bientôt, Sakura, murmura t-il une dernière fois en riant doucement. »
J'allais rétorquer quelque chose mais le claquement d'un combiné m'en dissuada radicalement. Je fixais le combiné, toujours aussi dépitée, avant de le reposer sur son support en soupirant. Il aurait au moins pu me laisser le temps de… De quoi ? Prononcer son prénom ? Je me frappais le front, maudissant ma stupidité. Bien sûr que non, je n'avais pas à prononcer son prénom ! C'était tout simplement de l'impolitesse, et je ne comprenais même pas comment j'avais pu le laisser prononcer le mien avec tant de naturel. Encore une fois, cela montrait bien à quel point il se croyait au dessus des autres…
Un coup frappé à ma porte me sortit de mes songes et j'invitais Hinata à entrer, laquelle me gratifia d'un faible sourire.
« Bonjour Sakura, et excuse-moi du retard, j'ai mis un temps fou pour trouver des sujets !
— Oh ne t'en fais pas Hinata, je n'ai même pas encore commencé, je suis comme dirait Shikamaru dans une galère pas possible ! répondis-je en me levant.
— Ton euh… rendez-vous avec Neji a duré aussi longtemps que ça ? demanda-t-elle d'une petite voix, visiblement gênée.
— Non, mais j'ai du passer un coup de fil qui lui m'a pris du temps. Il ne t'a pas fait de remarques j'espère ?
— N-non, tu n'as pas à t'en faire de ce côté. Et toi, il ne t'a pas mis de sanction j'espère ?
— Heureusement non… lâchai-je en soupirant. Mais il m'en veut, je l'ai parfaitement senti dans son regard crois-moi. Et ce n'est pas faute de lui donner raison, ce que j'ai fait était vraiment…
— Grandiose oui ! s'exclama-t-elle sous mon regard surpris. Oh Sakura, cela faisait longtemps que tu n'avais pas sorti un article pareil ! Il n'y a pas à dire, toi et Uchiwa Sasuke formez vraiment la paire !
— Haha, répondis-je un peu gênée par sa dernière phrase. Tant mieux si ça t'a plu, j'aurais aimé que Neji soit de cet avis lui aussi.
— Je suis sûre qu'il l'a aimé, seulement il est trop fier pour te le dire. Tu sais à quel point il a de l'estime pour toi.
— Hum, tu as sans doute raison. N'oublions pas que c'est de Neji dont on parle.
— Exactement, répond-t-elle en souriant. Oh et si cela peut te rassurer, j'ai entendu plusieurs appréciations de nos lecteurs en ville. C'est simple, tout Tokyo parle de ton règlement de compte avec Uchiwa Sasuke !
— Tu es sérieuse ? demandai-je, encore plus surprise.
— Mais oui ! Vous provoquez l'engouement avec vos articles et vos piques cinglantes, normal avec ce genre d'affaires que le Yomiuri et l'Asahi soient les deux quotidiens les plus lus du Japon. Enfin, ne reste pas sur le jugement de Neji, fies-toi à ton instinct surtout. Il ne sera jamais du côté du Yomiuri de toute manière.
— Ça non ! renchéris-je en soupirant. Ce que tu dis me rassure, ma crédibilité n'est peut-être pas totalement perdue.
— Ne t'en fais pas Sakura, tu restes une rédactrice de talent. Tiens, voilà ce dont tu auras besoin pour rédiger tes articles, tu as du pain sur la planche ! ajouta-t-elle en posant une pochette assez remplie sur mon bureau.
— Merci Hinata, la remerciai-je dans un sourire. »
Elle tourna les talons et au moment où je m'asseyais de nouveau dans mon fauteuil, je la vis se tourner à nouveau vers moi.
« Tu veux qu'on mange ensemble ce midi ? Je peux aller chercher des bentos au combini du coin.
— Hum, c'est gentil mais je suis tellement débordée que je crois que je vais me passer de repas ! Merci quand même.
— D'accord, fais moi signe si tu changes d'avis, me lança-t-elle avant de sortir tout en souriant à mon clin d'œil. »
Une fois la porte claquée, j'ouvrais la pochette et commençais à sortir toutes les feuilles qu'elle contenait, gémissant au vu de la tâche fastidieuse qui m'attendait. J'étais comme qui dirait « mal barrée ». Je me décidais tout d'abord à consulter mes mails, étant donné que je ne l'avais pas encore fait aujourd'hui. Trente deux, j'avais largement de quoi faire ! J'effaçais au fur et à mesure ceux qui ne m'intéressaient pas, notamment toutes les publicités ô combien inutiles, jusqu'à ce que mon regard soit alarmé par la provenance d'un mail. Un mail de Neji. Je regardais la date, il me l'avait envoyé peu après que j'eusse quitté son bureau. Etrange, en temps ordinaire il n'envoyait jamais de mail parce qu'il considérait toujours cela comme une perte de temps.
Curieuse et à la fois angoissée, je cliquais dessus pour l'ouvrir et lire les trois phrases et le dernier mot qui constituaient le dit mail.
Désolé d'avoir été dur ce matin. Si tu n'as rien de prévu ce soir, on pourrait se retrouver quelque part pour dîner. Il y a quelque chose dont j'aimerais qu'on discute. Neji.
Expéditif comme mail. A se demander s'il ne lui avait pas fallu faire un effort quasi surhumain pour l'écrire. Enfin, c'était tout de même incroyable de sa part. Pas très romantique comme invitation, mais ça n'en demeurait pas moins une. Je lâchais un soupir en contemplant l'écran. J'étais au fond de moi encore énervée du fait qu'il ne m'ait pas témoigné plus de soutien que ça. Mais d'un autre côté, les moments que je pouvais passer seule avec lui étaient rares, voir inexistants par moment. Il y avait même des jours où j'avais l'impression de n'être qu'une employée comme une autre, alors que je ne l'étais pas vraiment non plus. D'accord, je n'étais peut-être pas spéciale pour lui, mais il ne me témoignait pas non plus une attention particulière.
N'ayant de toute manière pas la force de lutter, je lui répondais évasivement que j'étais libre et qu'il n'aurait qu'à m'envoyer un mail sur mon portable pour me donner le lieu de rendez-vous. Chose faite, je jetais un coup d'œil rapide aux sujets qu'Hinata m'avait apportés. Mon estomac cria son mécontentement et je posais ma main dessus pour estomper le bruit, sachant parfaitement que ça ne changerait rien au fait que oui, je mourrais de faim. Je songeais vaguement à ma conversation avec Uchiwa qui avait clairement sous entendu vouloir m'inviter un midi et je pestais mentalement contre moi. Ce n'était pas le moment de me déconcentrer, j'avais du boulot !
Pourtant, ce n'était pas faute d'être déconcentrée par ce crétin. Je devais le reconnaître, lui avoir parlé m'avait complètement vidée de mon stress, notamment grâce à sa secrétaire si talentueuse. Même là, j'avais encore envie de rire. « Vous comprendrez plus tard ». Que devrais-je comprendre plus tard ? Le sens de sa phrase me dérangeait, je ne savais pas exactement de quelle manière je devais l'interpréter. Oh et puis après tout, qu'est-ce que j'en avais à faire ? Il restait mon concurrent avant tout.
Une fois que je fus sûre que mon esprit était concentré sur les feuilles que je fixais, j'appuyais mon coude sur mon bureau et laissais ma tête reposer sur mon poing, réprimant un bâillement, ce qui n'eut pour effet que de faire perler des larmes à mes cils. Je les essuyais rapidement et reposais mon regard sur la feuille que j'étais préalablement en train de parcourir. Mais, bien malgré moi, mon attention se dirigea vers le téléphone posé en évidence à côté de mon ordinateur portable. Comme s'il cherchait à m'inciter à saisir le combiné et à composer… son numéro. Celui d'Uchiwa Sasuke. Subitement agacée, je lâchais un soupir avant de détourner la tête. Oser penser à lui… m'exaspérait franchement. Je m'exaspérais.
Et voilà ! 8) alors, vos avis? Dites moi tout, ne soyez pas timide ^^
Je remercie également Aede, qui m'apporte un excellent soutien sur cette fiction, étant devenue ma bêta pour la bonne cause, j'ai de la chance de l'avoir. Merci à toi du fond du coeur. Bref bref... J'espère que cela vous a plu, et que vous n'êtes ET ne serez pas déçus :)
Je vous embrasse, votre Mireba-chan toujours... gougoule x'D
