Alors alors... Merci pour vos gentilles reviews pour le premier chapitre^^ Pas vraiment de pairing pour ce chapitre (du moins pas encore^^)

Les petites discussions

- Lestrade et Mycroft couchent ensemble.

John Watson, après environ une minute de bug bien compréhensible, referma son journal pour regarder son colocataire. Ce dernier, affalé sur le canapé depuis plusieurs jours resta immobile, au point que le blond se demanda s'il n'avait pas rêvé. C'était çà, décida-t-il après quelques instants de silence; il avait rêvé. Il ramassa son journal et entreprit de retrouver sa page.

- Tu ne me crois pas.

Ce n'était pas une question.

- Pardon? Tu as dit quelque chose?

Sherlock Holmes consentit à ouvrir les yeux et lui décocha un regard noir par dessus ses mains jointes.

- C'est la vérité, tu l'aurais remarqué aussi si tu te donnais la peine d'observer.

John Watson leva les yeux au ciel en soupirant, bien, Sherlock s'ennuyait depuis trois jours maintenant et ils venaient d'atteindre le point de non retour. ça devait bien arriver un jour, il était même surpris qu'il ai tenu si longtemps. A partir de là, le brun commencerait à tourner en rond et à échaffauder des théories abracadabrantesques sur tout et n'importe quoi, surtout sur n'importe quoi, de l'avis de John. Et plus le sujet paraissait insignifiant et tordu, plus il s'y consacrait. John en avait eu le parfait exemple un mois auparavant quand le détective s'était mis à éventrer des sachets de farine dans tout l'appartement et dans les escaliers pour analyser les traces qu'y laissaient les courants d'air. Mme Hudson était entrée dans une colère noire quand elle s'était aperçue que les sacs avaient été volé dans ses placards et qu'elle n'avait plus de quoi cuisiner des scones. Sans parler du temps qu'il avait fallu pour nettoyer cette foutue farine une fois l'expérience terminée. John en faisait encore des cauchemars.

Il se pinça l'arrête du nez, au moins cette fois le brun avait trouvé un sujet qui ne nécessitait pas l'utilisation massive de farine. Bien. C'était parfait. Vraiment.

- Je t'écoute.

C'était comme si il venait d'appuyer sur le bonton "on"; Sherlock se redressa souplement comme une marionnette accrochée à des fils et s'assit en tailleur face à lui.

- Parfum, dit-il simplement.

- Parfum? répéta John après un silence.

Le détective leva théâtralement les yeux au ciel.

- Mais oui, tu n'as pas remarqué? Non, évidemment que non, ajouta-t-il pour lui même. La dernière fois, Lestrade ne portait pas le même parfum que d'habitude, j'ai mis un moment avant de retrouver où j'avais senti cette fragrance.

Sherlock lui adressa un sourire diabolique et sorti son portable de la poche de sa robe de chambre.

- C'est tout? s'étonna John, ton frère et Lestrade couchent ensemble parce qu'ils ont le même parfum?

- Evident.

- Je trouve ça un peu léger. Des centaines de gens portent le même parfum, ça ne veut pas forcément dire qu'ils couchent les uns avec les autres. Et Greg est hétéro.

Sherlock haussa les épaules tout en pianotant sur son téléphone.

- Plus maintenant, asséna-t-il, et ce n'est pas un vulgaire parfum, c'est une eau de toilette hors de prix. Lestrade n'a pas les moyens de se payer des flacons à quatre cent cinquante livres.

- On lui a peut-être offert.

- C'est une fragrance sur-mesure que Mycroft se fait envoyer personnellement. Il la paie très cher pour être sur que personne n'aura la même. Son snobisme le perdra. Et c'est sans compter que la dernière fois que nous avons vu Lestrade dans son bureau il avait l'air épuisé.

- Sherlock, il y des milliers de raisons pour...

- Complètement épuisé, poursuivi le brun, il était sur le point de s'endormir debout, et pourtant il ne s'est pas assis.

Il décocha un regard triomphant à son colocataire tout en posant son téléphone sur la table basse. John ouvrait et fermait la bouche à la manière d'un poisson rouge qui aurait sauté hors de son bocal.

- Très éloquent, comme toujours. Donc il ne s'est pas assis, la sodomie étant une pratique douloureuse il est évident qu'il...

- Il était peut être blessé, parvint à articuler le blond qui essayait de ne pas penser à la dernière phrase du brun, il a peut être...

- Non je ne crois pas, coupa le brun.

John se retint de ne pas l'étrangler avec la ceinture de son foutu peignoir.

- Greg est hétéro, soutint bravement John.

- Pas Mycroft, il a du réussir à convaincre Lestrade de...

- Les gens ne changent pas d'orientation sexuelle sur demande Sherlock.

Le brun le regarda en haussant un sourcil et il y eut un moment de flottement bizarre durant lequel John fut affreusement conscient des battement affolés de son coeur. Il s'ébroua.

- Et tu as tort sur un point. "La sodomie étant une pratique douloureuse" sans rire, je suis curieux de savoir où tu as lu ça.

Le blond avait décidé de changer de point d'attaque, au moins ça c'était un sujet où il était certain de s'y connaitre plus que le détective.

- Je ne l'ai pas lu.

- Bien c'était sans doute pour une enquête sur un viol mais...

- Ce n'était pas pour une enquête.

John s'immobilisa. Durant un instant une colère froide l'empêcha de respirer puis Sherlock remua et tout redevint à la normale. C'était juste John et Sherlock qui débattait d'un sujet dans leur salon, pas de quoi se mettre en colère. Il expira et détendit ses poings qu'il ne se souvenait pas avoir serrer.

- Tu n'es pas...

- Non.

Sherlock évita soigneusement son regard tout en tripotant son téléphone. La fureur glacée du blond fut de retour, comme un pic douloureux dans son estomac. Il avala sa salive.

- Je pensais que Mycroft t'en avait parler. La voix du brun était basse, presque un murmure, hésitante. Le genre de chose que John ne pouvait pas supporter.

- Me dire quoi?

Sherlock regardait obstinément l'écran de son portable.

- Pour Sebastian.

Un schéma commençait à se dessiner. Un schéma parfaitement déplaisant.

- Mycroft ne m'a rien dit. Sebastian? Comme dans Sebastian Wilkes?

Le brun hocha la tête.

- C'est ton ex? John décida subitement de faire machine arrière, ça ne le regardait pas, il n'avait pas le droit de poser toute ses questions. Excuses-moi, articula-t-il, je n'ai pas à te demander tout ça, ça ne me regarde pas.

Les épaules du brun se détendirent un peu et ce dernier planta son regard clair dans celui du médecin.

- Nous n'étions pas ensemble.

John ne parvint pas à décider si c'était une bonne nouvelle ou non.

- Bien, dit-il tout de même.

- Nous avions un arrangement, c'est tout.

- Tu n'as pas à te justifier.

- Je ne SORS pas avec les gens.

- Bien. Donc... du sexe sans sentiments... je vois.

- Non, plutot du sexe contre de l'héroïne.

- Bi... Je te demande pardon?

Tiens, nota distraitement John, le colère était de retour.

- C'était après ma première cure de désintoxication, Mycroft me surveillait et ne me laissait que le strict minimum pour mes études. Je me suis débrouillé. Et puis tu commences à me connaitre, tu penses sérieusement que j'aurais fait ça par sentiments.

- J'imagine que non.

John crut qu'il allait être malade. Comment en étaient-ils arrivés là? Ils discutaient paisiblement (bon d'accord peut être pas) et voila qu'il lui prenait l'envie d'aller foutre le feu dans le bureau de Sebastian Wilkes. Après y avoir enfermé Wilkes bien sur.

- Tu es en colère.

La voix de Sherlock était presque douce.

- Brillante déduction.

Le brun pencha la tête sur le coté en l'observant.

- Je n'y crois pas, tu m'as laissé serré la main de cet enfoiré, je me suis assis face à lui dans ce putain de bureau et je l'ai écouté raconté tous ces trucs sur toi.

Le détective eut l'air étonné.

- Tu n'es pas en colère contre moi.

- Bien sur que non! explosa le blond, puis plus bas, j'aurais du lui casser la gueule.

Sherlock Holmes cilla, destabilisé. Il s'était attendu à tout sauf à ça. Plus surprenant, la colère de John faisait echo à la sienne, hors, il avait oublié qu'il était en colère. Il avait passé ces quinze dernières années à l'enterrer, elle et tous les souvenirs s'y rattachant au font de son palais mental. Parce qu'il n'avait pas à être en colère. Des centaines d'êtres humains pratiquaient le sexe sans sentiments et ne paraissaient pas en être dégoûté pour autant. Il n'était pas logique que lui-même ait envie de cracher au visage de Sebastian Wilkes chaque fois qu'il le voyait. Ce n'était pas logique. Il leva les yeux vers John. John qui ne le traitait pas de cinglé, John qui ne lui demandait pas comment l'idée lui était venue de se prostituer contre quelques grammes d'héroïne auprès d'un camarade de classe. John qui voulait frapper Sebastian. C'était bien.

- Je savais ce que je faisais...

- Et lui aussi. l'interrompit john. Il savait parfaitement à qui il s'adressait. L'addiction à l'héroïne est l'une des pires qui existe. Il n'avait qu'a...

John se leva brusquement et commença à tourner en rond dans la pièce. Il fallait qu'il se calme, qu'il trouve un défouloir, n'importe quoi pour faire retomber la pression, peut être qu'il devrait appeler Greg pour aller boire un verre. Et puis il se souvint comment toute cette conversation avait commencée et il chassa l'idée.

- Je ne comprend pas.

Sherlock s'était levé de son sofa et avait l'air contrarié.

- Quoi?

Le blond n'avait pas eu l'intention d'abboyer après lui comme ça, Sherlock ne parut même pas le remarquer.

- L'utilité de "lui casser la gueule" ça ne changera rien. Ce qui est fait est fait. Et je te rappelle que j'ai une part de responsabilité la dedans, acheva-t-il avec un haussement d'épaules.

John prit une profonde inspiration.

- J'en ai envie. Si tu avais l'occasion de casser la gueule au type qui m'a tiré dans l'épaule tu ne le ferais pas?

Leurs regards se croisèrent à nouveau, les lèvres de Sherlock s'étirèrent en un lent sourire.

- Je suppose que je ferais en sorte que ça ressemble à un accident. Son sourire disparut. Mais il faut prendre en compte la suite. S'il ne t'avait pas tirer dessus tu serais probablement encore en Afghanistan et on ne se serait jamais rencontrés. En fait je crois plutôt que je lui demanderais pourquoi il ne l'a pas fait plus tôt.

Le blond resta confus un instant. La logique de son colocataire venait de désamorcer sa colère avec une efficacité remarquable.

- Tu sais, articula-t-il, je crois que c'est le truc le plus romantique qu'on m'ai jamais dit.

Sherlock haussa ironiquement un sourcil.

- Je suppose que le fait que ce soit moi qui te l'ai dit soit révélateur de l'état de ta vie sentimentale.

John éclata de rire. Sherlock le suivit, il avait toujours l'air un peu surpris quand il arrivait à faire rire John. Il fallait dire que John devait être la seule personne sur terre à être sensible à son sens de l'humour. Son téléphone vibra contre sa paume.

- Affaire résolue, déclara-t-il triomphalement après l'avoir consulté.

- Quelle affaire? demanda John en s'essuyant les yeux.

- Lestrade vient de me demander le numéro privé de Mycroft.

John le dévisagea avec des yeux ronds comme des soucoupes.

- Oh seigneur, souffla -t-il.

Fin

Merci de m'avoir lue!