Okay, okay ! Euh je suppose que c'est maintenant que je dois dire quelque chose, vu que j'avais pas compris qu'il fallait le faire à même le document... Je suis assez lente ne m'en voulez pas !
Bref tout ça pour dire que « À Guren » est le premier bébé que je poste ici. Donc j'espère que vous l'apprécierez. Je m'arrête là pour le blabla commun à tous les premiers chapitres et vous souhaite donc un bon voyage ~
P.S. : J'écris très lentement, donc je posterais de façon assez aléatoire, ah, ah !
Disclaimer : Les personnages appartiennent à Hajime Isayama, sauf certains, que je vous laisse le soin de découvrir, et qui sortent tout droit de mon esprit légèrement amoché.
« Tout ce qui vit meurt un jour.
Que nous soyons prêts à mourir ou non,
Ce jour va inéluctablement arriver. »
Cyua.
Flash spécial
« Mesdames, Messieurs nous nous permettons d'interrompre votre programme afin de vous informer que le criminel de rang SS, Eren Jäger, « Le Titan de Stohess », soupçonné d'avoir commis une dizaine d'homicides, vient d'être arrêté par les Forces Spéciales d'Intervention. Il sera entendu dès son arrivée en prison par des agents spécialement envoyés par le gouvernement. Ce sont, ainsi, des mois de cavale qui se terminent. Son procès aura lieu très rapidement. Bien entendu, nous vous tiendrons au courant des avancées de l'affaire. »
Je soupirais longuement. Combien de temps cela faisait-il ? Une heure ? Deux, peut-être trois ? Que le temps pût paraître long lorsque l'on s'ennuyait comme un rat mort. C'était affligeant de se retrouver face à la monotonie de cette salle, sans aucun moyen de me distraire. Je détestais ça. Tout comme je haïssais le fait d'être enfermé. Emprisonné entre quatre murs à l'instar d'un animal. J'étouffais. J'avais toujours exécré les endroits clos. Je ne supportais pas voir mes mouvements restreints. Mon esprit confiné. En cage. Détenu, captif, à la merci de n'importe qui. Je ne pouvais me défendre, surtout entravé comme je l'étais. Mes yeux se posèrent sur mes poignets enchaînés. Je tirais dessus, plus par réflexe, que par réelle envie de me libérer. Cela serait, de toute façon, inutile. Même si je parvenais, par je ne sais quel miracle, à faire céder mes entraves, je me retrouverais, en l'espace de dix secondes à peine, entouré par une dizaine de flics armés et prêt à tirer sans sommation. Pas le meilleur moyen pour qu'un jour je puisse revoir la lumière du soleil. Autant attendre de voir ce qu'ils me voulaient. Enfin, plutôt de voir comment ils allaient s'y prendre pour me tirer les vers du nez, vu que je connaissais parfaitement les raisons de mon arrestation.
Je laissais mon regard serpenter sur les quatre murs qui m'entouraient. Blancs, dénués de tout artifice, rien qui n'aurait pu m'aider à combattre l'ennui. Aucune originalité. Ça leur trouerait le cul de donner un peu de chaleur à cet endroit ? Ça pourrait peut-être donner envie à des criminels de partager plus d'informations ? Ou pas. Mais ce qui était sûr, c'était que cet endroit était glauque, et que ça ne me donnait absolument aucune envie de partager quoi que ce soit. Étais-je censé avoir peur ? Était-ce seulement pour prévenir toute tentative d'évasion ? De quoi étaient-ils effrayés ? Que je les tabasse à coup de poster ou que je leur enfonce un bout de plastique dans la gorge ? Quoique j'étais plutôt mal placé pour parler quand j'y réfléchissais. En effet, je pensais être la personne pouvant le mieux comprendre cette prudence... Après tout, je connaissais bien quelqu'un capable de tuer avec un simple stylo.
Je soufflais de nouveau. Combien de temps allaient-ils me faire encore poireauter au juste ? Testaient-ils ma patience ou quelque chose de ce genre ? Voulaient-ils que je craque ? Ou alors, devaient-ils se charger d'une autre affaire ? Je ricanais. Vu la couverture médiatique qu'avait été la traque du « Titan de Stohess », j'en doutais fort. Pendant des mois, mon visage et mon nom n'avaient cessé de passer sur tous les écrans du pays. Les journaux n'avaient pas pu s'empêcher d'élaborer toutes les hypothèses possibles et inimaginables afin d'expliquer ce qui aurait pu me pousser à tuer toutes ces personnes... Certaines m'avaient d'ailleurs bien fait rire : pulsions, tentatives de trouver ma voie, sociopathie, pétage de plomb ou tout simplement explosion de colère soudaine, ils avaient dû évoquer tous les scénarios envisageables de séries policières. La seule chose que je n'avais jamais vraiment compris, c'était la raison de mon surnom. Le terme « Titan » se référait aux monstres mythologiques mangeurs d'hommes, non ? Et, à part si j'avais loupé un épisode, je n'avais jamais dévoré quelqu'un. Je n'étais pas très porté cannibalisme. Et puis pourquoi Stohess ? Les flics avaient retrouvé des cadavres aux quatre coins d'Utopie et il y en avait aussi en Eldia... Mais ça, ils n'avaient pas besoin de le savoir...
J'avais entendu dire que donner un « surnom » à un criminel, signifiait lui accorder de l'importance. Pour ma part, je trouvais ça inutile, voire complètement idiot, car celui que l'on m'avait attribué ne correspondait pas du tout à ce que j'étais censé avoir fait, et j'avouais que ça me foutait plus les boules qu'autre chose.
Je pouvais de plus ajouter, en tout état de cause, que toutes ces personnes ayant participé, de près ou de loin, à ma traque, ne comprenaient absolument rien. Une dizaine de morts, hein ? Ils étaient loin du compte. Ils n'imaginaient même pas l'étendue de macchabées qui avait été semée. Il y en avait eu bien plus. Tellement plus. Et moi, Eren Jäger, n'avait jamais rien fait. Ou du moins, pas directement. Je soupirai. Encore. Ça allait vite devenir une habitude...
« Ils ne comprennent vraiment rien. »
Je relevai la tête, lorsque la porte s'ouvrit subitement. Deux hommes entrèrent, leurs mouvements complètement synchronisés, comme s'ils avaient répété leur entrée des dizaines de fois. L'un des deux s'assit calmement face à moi, alors que l'autre se dirigea vers le mur à sa gauche, s'y appuyant nonchalamment. Du moins, c'était le cas en apparence. J'étais persuadé qu'ils étaient tous deux autant sur le qui-vive que deux chats prêts à bondir sur leur proie. J'étais dans le même état qu'eux. Attendant ce simple moment. Cet instant précédant la mise à mort de l'adversaire. Celui où l'on peut distinguer dans le regard de l'autre que l'on a gagné. Tout ce qui vit meurt un jour. C'est une fatalité devant laquelle tout homme se retrouve enfin l'égal d'un autre. Une destinée propre à toute créature vivant sur cette planète. Ce moment où sa vie s'efface à jamais. Ces quelques secondes gravées pour l'éternité dans la pierre, nous empêchant de pouvoir revenir en arrière. Ces derniers instants... Ils voulaient ma mort. Même si dans notre jeu, cette dernière devenait simplement synonyme d'aveux... Allais-je donc mourir aujourd'hui ?
Je les étudiai rapidement. Celui face à moi avait dans la quarantaine, blond, les yeux bleus, il portait la moustache... L'ombre d'un sourire effleura mes lèvres. Mon père l'avait portée, lui aussi. Mon regard se déporta lentement sur l'autre homme. Il semblait plus vieux que le premier, chauve, la peau basanée, le regard effrayant, sûrement à cause des énormes cernes qui cerclaient ses yeux. Tentait-il de m'intimider ? Et l'autre de m'amadouer ? Avaient-ils revêtu les costumes du bon et du méchant flics ? Si c'était le cas, cet entretien allait être vraiment très long et ils pouvaient tout simplement aller se faire voir... Le blond toussota.
« Eren Jäger.
− ... .
− Je veux d'abord être sûr que vous comprenez la raison pour laquelle vous-êtes ici.
−..., je lui intimais de poursuivre d'un signe de tête.
—... Vous a-t-on lu vos droit, M. Jäger ?
—..., je soupirais. Une habitude que j'avais dit. Combien de temps cet interrogatoire, aussi inutile que déplaisant, allait-il durer ? Si vous parlez du blabla sur le fait que j'ai le droit de garder le silence et tout le reste, alors oui, pas besoin de revenir là-dessus.
— Te la joue pas morveux, tu commences déjà à me les casser, grogna le plus vieux des deux.
— Keith, s'il te plaît, souffla le blond. Ne commence pas.
— Tch !
— Bon, soupira le premier, reprenons. M. Jäger, vous êtes accusé de la mort de neuf personnes : cinq hommes et trois femmes... Que répondez-vous à cela ?
— Hum... Si vous le dites.
— Putain, mais t'as compris dans quelle merde tu te trouves ?!, explosa le chauve. Il n'avait pas tenu très longtemps. Neuf putains de macchabées ! C'est la peine de mort à coup sûr qui t'attend morveux !
— KEITH !
— Hum... Probablement.
— ... Eren... Je peux vous appelez Eren ?
— Si ça vous fait plaisir. Vous pouvez même me tutoyer. Après tout Keith c'est déjà permis de le faire, alors pourquoi pas vous… ?
— Hannes.
— Hannes.
— Eren, comme viens de le... Résumer mon partenaire, tu as tué neuf personnes... Et il a raison lorsqu'il te dit que cela peut te valoir la peine de mort. Les jurés n'auront aucune clémence. Les meurtres...
— La boucherie tu veux dire.
— Keith tu ne m'aides pas...
— Rien à branler ! Il sait pertinemment ce qu'il a fait ! La plupart de ses victimes n'avaient même plus de crâne, tellement il s'est acharné sur elles ! Le toubib décrivait leur crâne comme un putain de sac de billes ! Un sac de billes... Moi j'aurais dit un puzzle ! T'imagine la force qu'il faut pour exploser un crâne humain comme il l'a fait ?! Qu'est-ce qui se passait dans ta tête Jäger ? À quoi est-ce que tu pensais quand tu leur éclatais la tête comme une pastèque ? Tu prenais ton pied ? Ça t'excitait ? Hum ? Dis-moi ? T'étais incapable de faire jouir ta copine ? Impuissant, c'est comme ça qu'on dit dans le milieu nan ? Oh, et puis c'est quoi ton putain de délire de leur...
— Keith, pour l'amour de Dieu, vas-tu te taire ?! Cela ne mène à rien ! Alors pour la dernière fois, soit tu te calmes, soit tu sors !
— J'ai participé à l'arrestation de cet espèce de psychopathe Hannes, alors tu peux te mettre tes putains de protestations dans le cul ! Je reste, point barre.
— Alors ferme là, et laisse-moi mener cet interrogatoire bordel de merde ! »
C'était assez drôle à voir. J'en aurais même presque rit, si je n'étais pas persuadé que l'autre chauve me tomberait dessus... Comment pouvaient-ils travailler ensemble ? Ils étaient tellement différents l'un de l'autre. Il ne m'avait fallu que quelques secondes pour le comprendre. Hannes était quelqu'un de prudent, de méticuleux mais surtout de droit et d'honnête... J'étais censé avoir tué neuf personnes, et pourtant il me parlait comme s'il parlait à un adolescent qu'il aurait croisé au détour d'une rue. Son regard était doux, patient... Avenant ? Oui, avenant était sûrement le mot qui se rapprochait le plus de sa façon d'être avec moi. Keith par contre était impatient, brute de décoffrage, prompt à recourir la violence... Pas une seule fois, il ne m'avait regardé comme si j'avais été un être humain. Pour lui j'étais un criminel, un animal que l'on devait enfermer, ou mieux, abattre à vue.
Impuissance ? Plaisir sexuel ? J'avais déjà entendu ça quelque part. Sûrement une de ces séries policières que j'aimais regarder. Dedans, ils évoquaient le fait que le meurtre était une espèce d'exécutoire sexuel. Le seul hic, c'était que la plupart de ces types étaient atteints de trouble de la personnalité antisocial, ou plus communément appelé sociopathie. Ce n'était absolument pas mon cas. J'étais psychologiquement atteint, ça je le savais pertinemment, mais pas de ce trouble là...
« Est-ce que vous avez des enfants Hannes ?
— Pardon ?
— Des enfants.
— ... Oui. J'ai... J'ai un garçon un peu plus jeune que toi.
— ... Ça explique beaucoup de choses.
— Comme ?
— ... .
— Tourne pas autour du pot Hannes. On n'est pas là pour causer de ton gosse.
— Je le sais, Keith, soupira de nouveau Hannes, en se pinçant l'arête du nez. Il n'aimait pas être là. Est-ce parce que j'étais un « enfant » ? Eren, tu as quoi... 18 ans ?
— 19.
— 19 ans..., il avait un sourire dans la voix. Pensait-il à son fils ? Pourquoi...
— Avant j'ai une question.
— ... Je t'en prie.
— Depuis combien de temps travaillez-vous ensemble ?
— Pardon ?
— Vous êtes complètement différents. Vous êtes... Comme l'eau et l'huile. C'est assez déroutant de voir que des personnalités aussi discordantes puissent réussir à s'entendre. Alors j'aurais aimé connaître votre secret, si je puis dire.
— ... Cela fait bientôt 18 ans que nous travaillons ensemble. Et je ne pense pas qu'il y ait de secret... À part peut-être le fait que nous nous connaissons parfaitement l'un l'autre. Je...
— Je vois.
— Bien... Euh où en étais-je, marmonna-t-il encore perturbé par ma question. Voilà ! Dis-moi Eren, pourquoi est-ce que tu as fait ça ? »
Et voilà, on y était. Le mobile du meurtre. Pourquoi est-ce que j'avais tué toutes ces personnes ? Qu'est-ce qui avait déclenché cette folie meurtrière ? Pourquoi est-ce que, soudainement, un gamin d'à peine 19 ans, se mettait à massacrer des gens ? Il y avait forcément une raison, n'est-ce pas ? Je n'avais pas pu faire ça pour le simple plaisir de tuer… Je savais qu'ils allaient me poser ce genre de questions, pourtant je sentais que je n'allais pas tenir… Tout ça ne me disait rien qui vaille.
« Tuer neuf personnes... Pourquoi avoir ainsi ruiné ta vie ? Qu'est-ce qui t'a poussé à ça ? Est-ce que tu avais un lien avec tes victimes ? Est-ce que celles-ci auraient pu te faire quelque chose ? Est-ce que... »
Je le savais… Que je ne tiendrais pas…
Je tiquais. C'était infime. Imperceptible. Ils n'avaient pas pu le remarquer, mais c'était assez pour qu'il décide d'intervenir. Pour me protéger. Contre vents et marées. Encore et toujours. À jamais.
« Bon, écoute-moi bien le vieux, tu commences sincèrement à me casser les couilles avec tes putains de questions de merde. J'ai tué ces putains d'ordures, mais Eren n'a rien à voir avec ça, point barre. Donc, tu vas juste fermer ta grande gueule, et dit à ton putain de clebs de mes deux, d'arrêter de me regarder comme ça, parce que lui, j'ai vraiment envie de lui refaire le portrait façon... Comment tu l'as dit tout à l'heure ? Puzzle, c'est ça ?
— Espèce de petit con !, beugla ce dernier en se jetant sur le garçon.
— KEITH !, hurla Hannes en se précipitant sur le chauve. Attends ! Calme-toi... Quelque chose ne va pas... Qu'est-ce que tu as dit ?
— T'es déjà sourd à ton âge le vieux ? Va falloir aller consulter, ça peut être grave tu sais, ironisa-t-il. Bref, t'as très bien entendu, alors me force pas à me répéter, ça me troue le cul.
— Il est complètement taré Hannes...
— Tais toi Keith ! Tu viens de parler de toi à la troisième personne, n'est-ce pas ? Pour... Pourquoi ?
— Pas de moi. De Eren. Qu'est-ce que tu comprends pas là-dedans le vieux ?
— De. Eren. Alors… Alors si tu parlais de Eren… du fait qu'il n'a pas tué tous ces gens... Tu viens de dire, que toi... que toi, tu l'as fait ? Mais celui que je vois devant moi...
— ...
— Qui ... Qui es-tu, au juste ?
— ... Guren, sourit-il. »
