1 h 30 avant la fin.


« Donc, après l'avoir laissé, qu'avez-vous fais ? »

« Je suis rentré chez moi. Je me suis couché et j'ai regardé le plafond. Je n'ai pas dormi, je n'ai jamais pu dormir.

Quand je ferme les yeux je revois toujours cet accident, ce passage de ma vie qui c'est arrêté. Ils hantent mes nuits. Pourtant, tout ce qu'il me reste d'eux ne sont que ces cauchemars et des souvenirs flou, des souvenirs qui s'effacent de jours en jours. J'ai pourtant encore leur nom sur le bout de la langue, papa, maman, maman, papa, eux, encore eux. Je crois que ça à toujours était eux. »

« Vous vous êtes senti abandonner quand ils sont morts ? »

« Non, je n'ai pas ressenti de l'abandon. »

« Alors... Qu'avez-vous ressenti à ce moment-là ? »

« La douleur. Juste la douleur, qui traversait mon corps. »

« Et aujourd'hui ? »

« Toujours cette même souffrance. Je la revis chaque jour. »

« Donc vous dites que vous n'avez jamais fait votre deuil ? »

« Vous ne savez pas ? »

« … « Laisses-les partir » me répétaient-ils tous. Constamment, chaque jour, chaque heure, chaque minute. « Laisses-les partir », oui, c'est ce qu'ils me disaient à chaque fois.

Mais je ne l'ai jamais fait, parce que j'ai peur de les perdre définitivement, j'ai peur de les oublier.

J'ai peur de me rendre compte qu'ils ne sont plus là. J'ai peur de dire au revoir ou même adieu. Ces mots sont les mêmes, ils veulent dire la même chose. « Au revoir » est l'incertitude et « Adieu » l'inexistence. Je suis à la fois les deux, au revoir et adieu, incertitude et inexistence. »

« Et c'est pour ça que vous ressentez ce vide ? Comme celui en haut du toit ? »

« Exactement. Juste un trou béant à l'intérieur de moi. Je me demande même si je ne suis pas ce vide, parce que, au final, à côté de ce vide, il n'y a que cette immense douleur. Qui nous empêche de bouger et même de respirer.

C'est comme une opération à cœur ouvert, mais sans anesthésie.
Finalement, ce n'est pas une bataille contre le monde qu'on mène, peut importe à quel point il nous répugne ou qu'on n'y voit aucun espoir. Mais parce que ce n'est qu'une guerre contre nous-mêmes, parce que ce qui nous répugne ici, c'est de savoir que nous sommes comme tout le monde et qu'on ne peut rien y faire. Alors, on devient qu'une âme qui c'est égarée trop profondément dans la réalité. »

« N'avez-vous jamais souhaitez que tout cela cesse ? Pas dans le sens où la mort serait un échappatoire facile mais... Et si vous trouviez votre espoir ? »

« Il l'était. Il était mon espoir. »

« Il ? »

« Oui. Il, lui.»

« Oh. ... Racontez-moi en un peu plus sur vos parents. »

« Il n'y a rien à dire sur eux. Ils sont morts, c'est tout. Ils ne sont plus là, plus jamais là. À quoi bon se remémorer les morts qu'on ne reverra jamais ? »

« À vous prouver à vous même que vous les avez aimés. Ecoutez, je sais que jamais on ne tourne complètement la page. Il y aura toujours cette petite chose qui nous ramène à la case départ alors qu'on avait tellement avancé.

Jamais on ne pourra tourner la page puisque jamais on ne pourra oublier. Je sais qu'on a tellement envie d'oublier, mais souhaitez-vous vraiment les oublier ? »

« Non. Je ne veux pas oublier. »

« Alors racontez-moi. »

« … Comme je vous l'ai dit, ma mère avait le don de voir le bon en tout être. Je l'admirais beaucoup.

Avant de mourir, mon père n'a rien pu me dire. Mais il pleurait, c'était la première fois que je le voyais pleurer. »

« Il se rendait compte que c'était ses derniers instants. »

« Je ne pense pas. Je crois qu'il pleurait parce qu'il n'a rien pu dire, justement.

Parce qu'au final, quand il ne nous reste seulement quelque instant à vivre, que nous n'avons plus le temps. Et que toutes ces choses reviennent dans notre tête, encore et encore, ces choses qu'on aurait aimés faire, qu'on aurait aimés voir. … Et qu'on aurait aimé dire alors que nous n'avons plus le temps. Il n'y que plus que ce poids s'agrandit, sur nos épaules, cette peine plus forte dans notre cœur. L'atmosphère d'un seul coup plus lourd contre notre poitrine et la gravité moins forte, comme si plus rien ne nous retenais, c'est comme-ci tout le reste c'était effacé, comme tout avait disparu.

Disparu de notre vie, disparu de notre être. Alors, on fait ce qu'il y a de plus rapide, alors on hurle, alors on crie, alors on s'enfuit, alors on pleure...

On pleure car on n'a pas eu le temps. »

« Que pensez-vous que votre père vous aurez dit s'il avait eu le temps ? »

« Je pense qu'il aurait dit « Pardonne-moi » »

« Et lui avez-vous pardonné ? »

« Je ne lui en ai jamais voulu. À ma mère non plus »

« Votre mère vous a-t-elle dit quelque chose elle ? »

« Oui, elle est morte après, à l'hôpital. Tout était blanc autour d'elle, peut être que l'on met les mourants dans des pièces blanches pour les préparer au mythe du tunnel avec la lumière au bout.

Puis je suis allé vers elle, elle m'a pris la main et nous sommes restés là, à rien dire. »

« Vous n'aviez rien à lui dire ? »

« Si, des milliers de choses. Mais on a seulement pleurés, parce que nous non plus nous n'avions plus le temps de toutes les dire, ses milliers de choses.
Il n'y a qu'au dernier moment où elle m'a embrassé la main et juste après, je me souviens d'elle me dire encore une fois que les étoiles existent juste pour nous, pour nous faire comprendre au combien nous sommes petits et qu'elles veillent sur nous. Comme ses histoires qu'on raconte aux enfants, quand quelqu'un meurt et qu'il va rejoindre les étoiles.

Mais maintenant, à chaque fois que je l'entends murmurer interminablement ses phrases dans mon oreille, pendant mes nuits d'insomnies et qu'après je pense aux étoiles, je n'arrête pas de me dire que nous sommes seuls. Terriblement seuls. Et je trouve ça tellement injuste d'être si seuls alors que les étoiles, elles, sont des milliers à nous regarder, silencieuses.

Dites moi, sont-elles silencieuses parce qu'on nous aurait menti ? N'allons-nous pas les rejoindre à notre mort ? Ou parce qu'une fois devenu l'une d'entre elles, nous ne serons plus seuls et nous allons oublier ceux qui sont restés là-bas, tout en bas comme un enfer de solitude ? Et peut-être qu'elles nous narguent avec leurs lumières pour que nous, nous ne les oublions pas. »

« Ou peut-être pour nous dire à quel point il est beau et rare d'exister ? »*

« Elles sont des milliards à exister. »

« Et nous, sommes-nous vraiment en train de parler d'étoiles ? »

« Chacun à droit à sa part d'enfance. Son côté innocent qui l'éloigne de la réalité. Même moi. »

« Vous faites des progrès. »

« Non, je ne pense pas. J'ai toujours été perdu, je ne crois même plus aux dernières paroles de ma mère. Elle est partie et elle ne reviendra pas.
Dîtes moi, pourquoi une mère est censée être là pour son enfant alors que moi je dois continuer de lui demander « maman, maman, où es-tu ? » »


Un nouveau chapitre pour aujourd'hui, encore un court mais je pense qu'ils resteront court jusqu'à la fin. Enfin bref, j'aimerais vraiment que vous postiez une review, un petit commentaire sur comment vous trouvez l'histoire, n'importe quoi aha ! Enfin bref, le prochain chapitre parlera probablement de Eren, alors j'espère que vous allez être là pour le lire, alors disons que s'il y a au moins 2 reviews je posterais !
Oui, désolée pour l'instant ce chapitre ne parle pas du tout de leur relation, mais on y vient ! Cette histoire est basée sur Levi, principalement, alors voilà :33
Bonne soirée/journée/nuit ! xoxo (Disclaimer : Malheureusement, Levi n'est pas à moi (sauf dans mes rêves 8D))

* Cette phrase est tirée de « Saturn » de Sleeping At Last.