Coucou tout le monde!

Eh bien j'ai finalement eu envie continuer cette histoire. Je ne sais pas encore où ça me mènera, j'imagine que cette histoire comptera quelques chapitres.

Dans celui-ci apparaìt celui qui est pour moi le pendant indispensable de Neji: ce cher Lee!

Bonne lecture!

Disclaimer: Les personnages ne m'appartiennent pas, je ne fais que m'amuser!


Le café du matin lui brûla la gorge.

Il était encore tôt lorsqu'il arriva à l'école de danse où il était professeur. Celle-ci n'ouvrait que l'après-midi mais il avait toujours pris l'habitude d'arriver tôt afin de profiter de la salle qu'il savait alors vide. Le local était petit, tout petit. Il avait monté ce projet avec son meilleur ami après un ans dans une compagnie où ils ne se plaisaient pas. À force de paroles lancées en l'air, il avait une fois fixé son ami dans les yeux. Et si on tentait ? Il avait toujours aimé le regard des enfants qui apprennent à danser.

Oh… pas au début. Lui-même en commençant détestait ses camarades. Il n'y avait que ce gamin de son âge, aussi extraverti qu'il était taciturne, aussi souriant qu'il était renfermé. Neji avait toujours eu une longueur d'avance sur lui, un peu plus de souplesse, une once de grâce, un soupçon de légèreté. Alors un jour, le jeune garçon s'était approché de lui, son éternel sourire aux lèvres mais une lueur farouche au fond des yeux.

- Je m'appelle Lee, s'était-il présenté. Je t'ai vu danser, je t'ai vu faire. Accepterais-tu de m'aider à progresser ?

Il avait refusé. Non pas qu'il refusât de l'aider, mais Lee le mettait mal à l'aise. Pourtant il était revenu à la charge, d'abord frontalement, puis, face au silence de l'autre il avait changé de stratégie et s'était mis à se mettre systématiquement à côté de lui pendant le cours. Et Neji, d'abord perplexe, puis amusé, l'avait laissé faire. Il n'avait pas aidé Lee, jamais explicitement. Mais celui-ci l'observait. Et il avait vu comment Neji se positionnait face au miroir, légèrement tourné sur le côté, c'était le meilleur angle pour l'observer. Et une soudaine lenteur dans certains gestes. Et une répétition de ce geste lorsqu'il voyait Lee commettre une erreur. Il le répétait sans un regard, encore et encore, et Lee l'imitait. Si bien que le professeur le vit progresser à une vitesse encore plus folle. Pas un remerciement de l'un, pas une remarque de l'autre. Mais quelques chose s'était tissé

Ils avaient treize ans. À la fin de l'année, le professeur les avait tous deux fait passer dans le cours supérieur, dans le cours de Gai Maito. Il les avait pris tous deux sous son aile, mais Neji était sauvage, alors le professeur l'avait laissé tranquille, et avait témoigné toute son affection à Lee qui avait poursuivit son entraînement avec acharnement, les yeux fixés désormais sur deux modèles.

C'était vers quinze ans que Lee était revenu vers lui. Ils se changeaient tous deux dans le vestiaire, en silence comme d'ordinaire. Neji avait les yeux baissés, les yeux vagues. Comme souvent… Il ne décocherait pas un mot de tout le cours avec ces yeux-ci. Pourtant Lee s'était posté face à lui.

- Il y a plusieurs années je t'avais demandé de m'aider. Tu avais refusé Neji, pourtant tu l'as fait. Et ça fait des années qu'on se connait maintenant. Tu crois qu'on pourrait tenter de s'entendre ?

Un regard de nacre vers lui.

- Tu ne sais rien de moi Lee.

Mais il avait répondu. Et Lee savait qu'il avait gagné, car lui arracher un mot ces jours-là était d'ordinaire impossible.

- Apprends-moi alors. Je t'ai vu danser Neji. En dansant on est à la fois nu et caparaçonné.

- S'il te plaît Lee, va répéter ailleurs les leçons du prof…, murmura-t-il d'une voix lasse.

- Ce n'est pas aux autres que j'ai envie de les donner. Neji, on se connait sans se connaître, et je suis sûr qu'on peut s'entendre.

Le jeune homme avait fermé ses paupières, Lee n'avait pas cillé. Et il y avait un monstre de souffrance au fond de ses yeux de pluie lorsqu'il les rouvrit.

- Lee…, et la voix était soudain bien moins ferme. S'il te plaìt… Pas aujourd'hui… Reviens… reviens demain… Demain j'aurai les idées claires.

C'était un jour de novembre.

X X X

Lee était revenu le lendemain, et l'autre avait accepté. Tout s'était alors enchaîné. Chacun avait vite connu la vie de l'autre. Ils avaient intégré ensemble une compagnie de danse de ballet contemporain, puis chacun préférant la présence de l'autre s'était lancé dans ce projet d'école. Transmettre et voler. Car le matin, lorsque le local était fermé aux élèves, ils préparaient de nouvelles chorégraphies en duo, l'un portant l'autre, deux oiseaux, deux pierres, deux flammes, deux musiques des corps. Leur complicité était le troisième membre.

Ils avaient achevé de grandir ensemble, avaient appris ensemble ce qu'ils aimaient. Cette compagnie à laquelle ils avaient brièvement appartenu leur faisait danser des chorégraphies qui les atteignaient au plus profond de leur cœur et de leur corps, des danses qui les transportaient ailleurs et les métamorphosaient le temps d'un instant. Cependant les deux jeunes gens sentaient que quelque chose manquait. Car si la technique était brillante, la bienveillance manquait. Elle avait manqué à Lee, sans surprise. Mais au grand étonnement de celui-ci, Neji avait été de son avis. Puis il avait mieux regardé son ami. Non, le jeune Hyuga ne s'épanouissait pas dans cet univers et son esprit déjà instable se désagrégeait.

Lee en avait eu la confirmation six mois après leur intégration. Il rentrait un soir avec Neji, tous deux silencieux et exténués, vaguement éteints. Au moment de se séparer, il y avait eu une étrange lueur dans les yeux du jeune homme. Et avant que Lee n'ait pu réagir, son ami avait posé ses lèvres sur les siennes. Doucement. Tendrement. Furieusement. Lee lui avait rendu son baiser, il y avait une douceur qui suintait de leur lèvres et réchauffait le corps de l'autre.

Puis il avait repoussé Neji, avec la même douceur, et celui-ci n'avait pas insisté. Ils s'étaient assis en silence sur un banc, le cœur battant.

- Est-ce que tu m'aimes, Neji ? avait fini par souffler Lee en s'armant de courage.

Les yeux d'opales du jeune homme l'avait fixé d'un air incertain.

- Pas comme ça, avait-il murmuré. Je ne sais pas ce qui m'a pris…

- Un désir, avait souri son ami.

- Oui… Tu es là depuis des années, Lee.

Il n'avait pas ajouté, par pudeur, ce que l'autre savait déjà. Qu'il était sa bulle d'oxygène dans ce monde gris, qu'il aurait pu décider de partir il y a longtemps, qu'il aurait pu se lasser de cette présence malsaine qui était la sienne.

En revanche les mots qu'il ajouta glacèrent son ami.

- Mais… je crois que j'en avais besoin… Un élan de tendresse, et il n'y avait que toi. Tu sais, je danse à la folie mais il manque quelque chose qu'on avait lorsque l'on était encore à l'école. Et ici, souffla-t-il en posant sa main sur sa poitrine, j'ai senti soudain un vide crier en même temps qu'un désir se réveiller, j'ai pensé le combler en… en t'embrassant…

- Et l'as-tu comblé ? demanda doucement son ami sans sembler s'emporter le moins du monde.

- Ça m'a fait du bien… Mais je sais que je ne t'aime pas et…

- Ça tombe bien ! Moi non-plus ! avait déclaré Lee en éclatant d'un rire sonore, bientôt rejoin par Neji dans cette élan d'hilarité libératrice.

Le silence était revenu, il avait une étincelle étrange dans les yeux noirs du jeune homme qui s'était soudain de nouveau penché sur son ami pour lui voler un baiser. Il n'y avait pas de passion entre eux, rien qu'une complicité brûlante et une profonde estime envers l'autre qui justement les empêchait de se laisser aller à plus de fureur. Les joues de Neji étaient douces sous les doigts de Lee lorsqu'il prit son visage entre ses mains pour plonger ses yeux dans les siens.

- On tiendra jusqu'à ce que le projet aboutisse. Dans deux mois la compagnie passera à autre chose et nous aussi. Deux mois chez ces fous, deux mois à nous offrir cette tendresse qui adoucit l'atmosphère. Dans deux mois et sans amour pour l'autre on arrêtera et on fondera notre école, Neji. Ne lâche pas prise, je sais que tu craques doucement… mais reste avec moi !

Deux mois à se soutenir l'un et l'autre, à danser avec d'autres personnes que l'autre. Une expérience enrichissante, ils en étaient arrivé à bout, avaient pris ce qu'il y avait à prendre, malheureusement il n'y eut qu'une meilleure technique à en tirer et pas un seul trésor humain. Cette richesse, ils l'avaient découvert en eux.

Comme promis, leur liaison n'avait duré que deux mois, aucun amour n'était né de leurs baisers ni de leurs étreintes, leur amitié n'en fut que renforcée. Lee n'avait pas fait cela pour son ami, il l'avait fait pour eux tout simplement. Il les avait sauvé tous les deux. Et c'était resté leur secret à tous deux, ils avaient ensuite monté leur projet ensemble sans plus en en parler, sans ce sentir gêné de cet épisode. Parfois l'un d'eux y repensait en lui-même, il songeait à la saveur de ces baisers.

Neji n'en avait pas connu d'autres. Lee ne les oublierai jamais. Les premiers de l'un et les plus précieux de l'autre, cela leur suffisait.

X X X

Lee était le seul à connaître le sens de ce jour de novembre. Chaque année il insistait pour ne pas le laisser seul. Chaque année, la semaine précédant ce jour était ponctuée de tensions, de disputes, l'un fou d'inquiétude et l'autre sauvage. Il finissait toujours par abdiquer, retrouvait son ami le lendemain, les traits tirés, le visage pâle et marqué de cernes violacés.

Ce jour ne fit pas exception. Lee arrive quelques minutes après Neji, trouva celui-ci occupé à s'échauffer. Il se joignit à lui sans un mot. Puis ils commencèrent à s'entraîner, éhcnageant uniquement sur les mouvements, sans plus discuter. La chorégraphie prenait corps dans le miroir, une sorte de fièvre semblait monter dans la pièce, ils ne la repoussèrent pas. Et lorsqu'ils s'interormpirent au bout de plusieurs heures, hors d'haleine, Lee vit dans les yeux de son ami que quelque chose avait changé. Le jeune homme retourna alors se changer avant les cours de l'après-midi, Lee le rejoignit dans le vestiaire.

- Je ne les supporte plus, murmura soudain Neji sans lever les yeux.

Lee soupira silencieusement. C'était une constante chez Neji depuis leurs dix-neuf ans. Il avait toujours vécu en étranger dans sa famille, ou plutôt dans la famille de son père qui avait recueilli l'orphelin. Devenu adulte il avait senti pousser en lui le désir de partir, de tout quitter, un sac sur son dos. Il s'en était ouvert à son ami un soir alors qu'ils quittaient leur répétition.

- Je ne veux pas rentrer.

Ils étaient tous deux dans la nuit, de la buée s'échappant de leurs lèvres, illuminée par les réverbères. Ses yeux étaient vitreux, et Lee n'avait senti aucune plaisanterie germer dans son esprit.

- Je ne veux pas les revoir Lee. Eux et leur mépris, leur regard sur moi, leur froideur. Je suis le fils de… de…

Il avait manqué d'air mais son ami n'avait pas bougé d'un cil, parce que Neji se serait définitivement refermé, or c'était la première fois que le jeune homme s'apprêtait à s'ouvrir spontanément.

- Mon père n'est plus là pour affronter leur mépris et ils lui reprochent d'avoir fui, alors c'est moi qu'ils haïssent. Je danse, ils m'ont mis au cours de danse quand mon père est parti, ils espéraient « me faire pédé », comme ils aiment dire, pour eux c'aurait été l'infamie suprême ! Me briser socialement… Mais ils vivent dans un autre monde, dans un monde de cliché. J'aurais pu aimer les hommes, mais pour l'instant ce n'est pas le cas… Je n'aime personne Lee. Voilà ce qu'ils ont fait ! Je n'ai qu'une chose aujourd'hui pour respirer, c'est la danse, c'est voler avec toi, c'est te porter, c'est me laisser porter par toi, c'est sentir ma raison m'abandonner et le mouvement m'ennivrer. C'est tout ce qui peut me rendre heureux aujourd'hui… Et ils le savent ! Il savent que la danse c'est toute ma vie ! Alors ils essayent de me voler ce bonheur ! Ils lancent leurs remarques, leurs piques… certains ne se déguisent même pas. J'ai choisi la voie d'un raté, Lee… Comme mon père… J'étouffe sous ce toit !

C'était la première fois que l'autre danseur avait vu des larmes dans ses yeux. Alors il l'avait pris dans ses bras, longtemps, le temps que le jeune homme se calme. Puis il l'avait ramené chez lui, l'avait hébergé plusieurs jours. Neji avait repris des couleurs, son humeur habituelle lui était revenu, avec cette distance qui lui était propre et que Lee s'amusait à bousculer.

Cela avait duré quelques jours. Le paradis pour les deux amis, répétition au sein de la compagnie durant le jour, et leur complicité au rendez-vous le soir. La famille l'avait cherché. Ils avaient mis quelques temps mais ils étaient parvenus à leurs fins. Le patriarche s'était présenté chez Lee alors que Neji était absent, promesses et menaces à l'appui. Le jeune homme n'avait pas plié, n'en avait rien dit à son ami pour ne pas l'inquiéter. Puis les lettres avaient commencé à arriver. Menace concernant le propriétaire de l'appartement qu'ils occupaient, la compagnie dans laquelle ils venaient d'entrer, le théâtre où ils dansaient, la famille de Lee aussi.

C'était après réception de cette dernère lettre de menace que le danseur avait retrouvé son ami occupé à faire son sac comme si le temps lui était compté.

- Ils le feront Lee ! Ils le feront comme ils l'ont fait pour mon père ! Et c'est hors de question.

Et leur collocation avait pris fin malgré les arguments de Lee. Neji était demeuré comme un mur de glace dès que l'autre tentait d'aborder le sujet. Le jeune homme avait préféré abandonner, il verrait plus tard. Il avait appris depuis à viser les fenêtres et à s'en contenter.

Aussi le jeune Hyuga séjournait-il à interval régulier chez lui, le temps de quelques jours avant de revenir dans sa famille de lui-même.

De brèves éclaircies sous son ciel de plomb.

Mais c'était la première fois que Neji avait ce regard le lendemain du fatal anniversaire de novembre. D'ordinaire son mutisme perdurait quelques jours, Lee ne cherchait plus à se battre contre les moulins, il attendait. Et son ami après plusieurs jours le remerciait d'une voix grave. Cette année était différente.

- Tu sais que ma porte t'es toujours ouverte Neji. Mais il y a autre chose.

Le danseur avait achevé d'enfiler son T-shirt avant de répondre.

- Je deviens mauvais, souffla-t-il enfin.

Ses yeux de nacre plongés dans les deux perles d'ébènes de son ami décontenancé.

- Je deviens amer et ça me rend mauvais. Dans cette famille il n'y a qu'une douceur… Tu las connais Lee, tu sais comment est Hinata… Et puisque le reste de notre famille se moque de la haine que j'ai pour eux, c'est sur elle que je la décharge.

- Je croyais que…

- J'essaye ! J'essaye de l'aimer comme mon cœur le voudrait. Une petite sœur… Mais j'ai la rage au cœur chaque soir en rentrant. Elle est là toujours, avec son sourire de sucre et son regard d'opale, un mot gentil aux lèvres. Et… et je me sens brûler à la haïr, je me sens un désir de destruction. Alors que Lee, il n'y a qu'elle pour avoir un bon cœur dans cette famille. Et je le brise chaque jour, une encoche avec ma hâche d'airin…

Oui, Lee connaissait Hinata. Une jolie jeune fille avec un cœur chaud comme une boule de cotton et doux comme une bulle de miel. C'était à se demander comment des personnes aussi belles qu'elle et Neji avait pu naître dans cette famille, dans ce nid de migales. Deux éclairs de Lune dans cette forge du diable.

- J'ai sans cesse un gout de cendre dans la bouche, dès que je cesse de danser, dès que les enfants repartent… Dès que je redeviens ce qu'ils veulent que je sois… Si je le pouvais je ne cesserai jamais de danser, je danserais comme une Willis jusqu'à en mourir ! Danser c'est comme poursuivre un oiseau…

- Et attaquer Hinata est comme poursuivre un oiseau, acheva Lee.

- Suivre les oiseaux… Dans cette maison cela devient un acte vénéneux… Et je me dis souvent Lee… Je me dis qu'un jour c'est à toi que je m'en prendrai. C'est un sang acide qui me brûle les veines, c'est de la bile qui me brûle le ventre…

Une main sur son poing.

- Neji, arrête.

Le regard de Lee n'avait plus rien de doux. Il était au contraire cet homme farouchement déterminé qu'il était d'ordinaire.

- Tu n'es pas mauvais Neji. Tu sais… Le carbone a deux formes très différentes et pourtant il s'agit du même élément, le diamand et le charbon sont aussi purs l'un que l'autre. L'un est clair et dur, l'autre est friable et noir. Hinata douce comme un diamand et toi fragment de charbon. Alors cesse de te malmener, tu tomberais en poussière.

- Et si je suis déjà en poussière ?

Lee le relâcha, touché du doute qui l'habitait. Soudain il lui semblait en effet étreindre de la poussière, il lui semblait que son ami lui filait irrémédiablement entre les doigts, non plus par la froideur qu'il avait affectée pendant des années avant de lui faire confiance mais par le désespoir qu'il lisait dans ses yeux. Neji était un oiseau en cage qui depuis environ un an ressentait chaque jour un peu plus la brûlure des barreaux autour de lui, et son compagnon se mettait à craindre ses prochaines actions. Un peu de sable… Et une bulle de cristal.


N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, en bien, en mal, ça prend trente secondes!

À bientôt!