Avriel fut de nouveau sur pieds trois jours après son réveil. Tous ceux qui avait entendu le récit d'Helgen –c'est-à-dire tous les habitants de Rivebois—le surveillaient étroitement. Même les sympathisants de l'Empire n'avaient que très peu confiance envers les Hauts-Elfes nés, élevés et employés par le Domaine Aldmeri. Tous les villageois avaient d'ailleurs dit, d'une manière ou d'une autre qu'Avriel ressemblait à un Thalmor. A quoi ressemble un Thalmor ? Là est une question pour les âges à venir. Cependant, l'elfe comprenait ce qu'entendaient les villageois. Il était grand, même pour les gens de son espèce. La pureté de son sang lui donnait une peau pâle, des cheveux presque blancs, des yeux dorés. Il se tenait droit, la tête haute. Avriel regardait autour de lui avec une attention particulière : il était attentif à tout, ou du moins il essayait de l'air. Une embrouille, une attaque, un sortilège, une intention quelconque, un indice, des détails croustillants… « Aucun savoir n'est mauvais » était l'une des devises des enquêteurs Thalmors. Quand il était encore en service, Avriel récoltait toutes les informations qu'un Justicar pouvait avoir besoin : observation, lecture, recherche, témoignages, espionnage, interception de courrier, interrogation, torture… Toutes les manières étaient bonnes, aucunes informations n'étaient mauvaises. Juger une personne, une religion, un peuple ou un savoir, c'était aux Justicars de le faire. Bref, le fait était qu'Avriel avait gravé sur son visage les marques de sa profession… Son ancienne profession, en tout cas.

Il eut la confirmation que les siens l'avaient bel et bien condamné à mort le jour suivant son réveil. Il était assis sur le bord de la rivière quand il entendit des chevaux entré dans le village. Les voyageurs demandèrent à Alvor, qui travaillait à la forge, s'il n'avait pas vu un fugitif passer dans le village après l'attaque à Helgen. Leurs voix autoritaires et leur accent trahir leur origine : le Domaine Aldmeri. Ils lui firent une description très précise d'Avriel. Mais Alvor aimait son neveu, qui aimait Erika, qui tenait à la vie d'Avriel. Alors le forgeron répondit qu'il n'avait vu personne répondant à ces critères. Aussitôt, Avriel leva ses mains encore traumatisées par les blessures et disparu de la vue de chacun. Il observa les cheveux partir vers Blancherive. Quand l'elfe réapparu et marcha vers la forge, Alvor lui dit qu'il avait entendu les Thalmors venir à la conclusion que l'un des corps calcinés d'Helgen devait être le fugitif.

Avriel était donc mort. Aux yeux du Domaine en tout cas.

« Qu'avez-vous fait pour que les vôtre vous veuillent mort ? » Demanda Alvor.

Avriel s'assit sur les marches de la forge, s'adossa contre la rambarde puis observa les flancs de la montagne.

« Mieux vaut ne pas savoir. » Dit-il simplement.

Il avait alors fermé les yeux. Quand il les rouvrit, quelqu'un avait déposé une couverture sur ses longues jambes et il faisait nuit. L'elfe rentra dans la maison. La fille et la femme d'Alvor étaient déjà endormies mais Erika, Hadvar et le forgeron discutaient à la table avec de la bière.

« Prenez un verre avec nous. » Dit Erika.

Le ton de sa voix était grave et inquiet, alors Avriel pris place et leva son verre avec eux.

« Nous parlions d'Helgen. » Continua-t-elle. « Nous avons prévenu le Jarl de Blancherive et il a envoyé quelques hommes pour nous aider à défendre le village. Mais le problème est toujours là : il y a un dragon dans Skyrim. Vivant et visiblement en colère. »

« Le Général Tu… » Commença Hadvar.

« A condamner moi et notre ami à mort sans se poser de questions. » Coupa Erika. « On ne peut pas lui faire confiance. Je préfère me tourner vers quelqu'un qui n'est pas impliquer dans cette stupide guerre civile. »

« Balgruuf ? »

« Le Jarl de Blancherive, oui. Il m'a proposé une mission, pour aider son mage à étudier la question des dragons. Je dois aller chercher une tablette, dans le tertre au-dessus du village. Cette pierre semble parler des Dragon ou en tout cas de l'emplacement de leur tombe. »

Avriel écouta Erika avec attention, mais il n'était pas sûr de savoir pourquoi elle lui faisait confiance avec ce genre d'information. Bien que les Thalmor aient les Impériaux à leur botte, ils n'avaient qu'un seul objectif : leur propre intérêt. Peut-être que cette femme nordique l'aidait et lui faisait confiance parce qu'Avriel était à présent un orphelin. Mais peut-être aussi qu'elle était stupide.

Hadvar n'avait aucune intention d'aider Erika dans cette quête mais il prévoyait déjà les ressources dont elle aurait besoin pour une mission aussi dangereuse. Il lui parlait aussi de faire attention à tous les dangers des tertres : draugrs, pièges, effondrement… A cela, Alvor ajouta qu'il avait entendu des chasseurs se plaindre que des bandits s'étaient installés là-haut. Ils planifièrent tout, car Erika voulait partir dès que possible. Une fois les bases de la mission établies, la nordique se tourna vers Avriel qui écoutait en silence.

« Les tertres ont aussi de la magie. Moi, je n'y connais rien mais vous en connaissez un rayon. Je le sais. Vous étiez Thalmor, mais je vous ai vu vous vous battre. Vos sortilèges sont puissants. Est-ce que vous pouvez m'aider ? »

Avriel l'observa en silence un bref instant. Il se remettait doucement des violentes blessures subit à Helgen : mais était-il capable de se battre ? était-ce vraiment pertinent de se poser la question : il n'avait rien, il n'était rien. S'il meurt, il ne manquera à personne. Et sa curiosité était plutôt forte. Pendant son bref séjour ici, en Skyrim, l'elfe n'avait pas eut l'occasion de s'aventurer dans l'un des tertres qui parsemaient le paysage. De plus, cette tablette pouvait aider à mieux comprendre les étranges évènements récents. Deux raisons de quitter Rivebois. La troisième serait qu'être présenté au mage de Blancherive pourrait éventuellement lui ouvrit quelques voies pour le futur proche comme lointain, car Avriel ne se voyait pas passer le restant de ses jours ici.

« D'accord. »

Le lendemain, l'elfe répara ses vêtements avec un sortilège. Porter l'uniforme des Thalmor était dangereux, mais les tissus étaient enchantés et les vêtements en question étaient les seuls qu'il pouvait porter.

Le duo se mit en route aussitôt que les armures étaient mises. Il était environ une heure du matin, une heure où les bandits seraient moins attentifs. Mais avant d'arrivé à eux, il fallait marcher. La longue pente à gravir était plus pénible qu'Avriel ne l'avait imaginé : Helgen se faisait sentir.

« Puis-je vous poser une question ? » Demanda Avriel, quelques minutes après être sorti du village.

« Bien sûr ! »

« Pourquoi tenez-vous autant à ma vie ? D'abord vous me sauvé du village en ruine, puis de votre compagnon Sombrage. Vous me soignez puis me cachez. Pourquoi ? »

« Pendant l'embuscade, je vous ai vu vous battre. Vous aviez aidé l'Empire à capturer Ulfric. Puis l'Empire vous brise les genoux, écrase les pieds avec des maillet, réduit vos mains en bouilli et essaie de vous arracher les bras. Vous avez été battu et torturer avec une violence que je n'avais encore jamais vu… Et vous ne l'aviez pas vu venir. Vous ne vous y attendez pas. Vous avez été trahit. Je ne sais pas ce que vous avez fait pour mériter cela. Vous êtes loin de chez vous, et n'avez plus aucun ami. Je pense que nul ne doit mourir seul sur une terre inconnue. »

« Vous voulez être mon amie ? »

« Ou vous montrez des opportunités de vous en faire, de recommencer à zéro. »

« Partisane de la seconde chance. » Sourit Avriel.

Erika tourna son regard vers lui en souriant, légèrement embarrassé.

« Et pas qu'un peu. » Répondit-elle. « Nous arrivons ! »

Il y avait une tour avec plusieurs bandits qui montaient la garde. Erika et Avriel se cachèrent derrière un rocher pour observer l'ennemi.

« Je vois deux gardes. »

« Trois. » Corrigea Avriel. « Il y en a un en haut. »

Les bandits ne semblaient pas particulièrement coriaces, mais le duo n'était pas non-plus au mieux. En plus des conditions physique d'Avriel, Erika n'était pas équipée pour des combats longs et nombreux : son armure lourde en fer et son marteau de guerre faisaient d'elle une cible de choix : résistante mais lente. Avriel avait déjà lister une cinquantaine de manière de la tuer en seulement deux mouvements. A coup sûr les bandits auront un coup de chance.

L'elfe pointa alors le côté. La neige et les rochers rendaient l'escalade du muret naturel difficile, mais Avriel était grand et Erika était forte. Elle suivit du regard la direction qu'il lui montrait, puis sourit. Elle se glissa vers le mur, colla son dos contre la paroi glacée et se prépara à donner de l'élan à son partenaire. Avriel couru, pris appuis et sauta. Erika fut surprise par l'agilité de l'elfe, mais surtout sa légèreté. Quand il l'aida à monter, elle ne manqua pas de lui faire remarquer.

« Un corps inconscient est plus lourd. » Commenta-t-il. « Et j'ai trente-six ans d'expériences de terrains. »

« Sur combien d'années exactement ? »

« Trente-six. »

Erika eu un moment de réflexion puis pâlit avant de suivre Avriel. Cette marche-là fut rapidement frustrante, pour les deux. Avriel marchait sur la neige, de ce fait était plus rapide. Mais Erika s'enfonçait dans la neige à chaque pas, de ce fait était particulièrement lentement. Ainsi, l'un espérait que l'autre accélère le rythme tandis que l'autre enviait la condition physique naturelle de l'un. Ils arrivèrent finalement aux marchent du temple. Ils décidèrent de contourner l'obstacle que représentait les bandits, notamment en longeant l'un des murs et se glissant près de la porte. Mais en l'ouvrant, ils alertèrent tout le monde. Une flèche siffla à quelques centimètres du visage d'Erika. Avriel leva la main et un bouclier s'étendit entre eux et les ennemis. Quand ils furent à l'intérieur, Erika bloqua la porte, mais Avriel projeta son bouclier magique contre deux autre assaillant, qui venaient de l'intérieur du Tertre. Armé de son poignard, il égorgea les bandits après quelques échanges de coups.

« Ça va ? » S'inquiéta Erika quand elle eut fini de barricader la porte.

« La nuit va être longue. » Grommela Avriel, se tenant les côtes que l'un des bandits avait frapper avec force. « Mais le blé est doré. »