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/s/6574528/1/Feeding-Sherlock.


Chapitre 2

"Goûte ça."

Planant au-dessus d'un plat infesté de champignons qui se trouvait, bien sûr, sur la table de la cuisine, Sherlock éloigna sa tête de la cuillère tendue. "John s'il te plait, si je mets ne serait-ce qu'une goutte de mucus en trop, l'expérience est fichue."

Le docteur agita la cuillère d'un air dramatique. "Alors termine et goûte."

Le geste de John éclaboussa de la sauce spaghetti sur la table et sur la main que John recourbait sous la cuillère. Ce fut cette seconde éclaboussure qui capta l'attention de Sherlock.

"Oh pour l'amour du ciel..." murmura le détective. Il déposa la pipette, attrapa le poignet de John, et lécha la petite flaque de Marinara sur sa paume.

Acquiesçant, retournant à son expérience, il dit :"Oui, très bon. Bon appétit. Désolé de ne pas me joindre à toi, je dois finir ceci et ça va me prendre toute la nuit."

John ne se plaignit pas, se contenta de sourire comme Sherlock retournait à son expérience, la langue s'échappant sans cesse de sa bouche et passant sur ses lèvres.


"Quoi?" Penché sur un plateau posé en équilibre précaire sur le comptoir de la cuisine, John regarda Sherlock qui fronçait les sourcils depuis l'embrasure de la porte.

"Il fait froid dehors. Les vacances arrivent. J'ai été inspiré. Il y a une loi contre ça?" John s'essuya le front de l'arrière de sa main pleine de farine.

Sherlock croisa les bras et ne dit rien. Le docteur haussa les épaules et continua à appliquer de généreuses quantités de confiture de myrtille sur trente-six cookies fraîchement cuits.

Fredonnant légèrement, le bon docteur jetait ses cuillerées de confiture sombre et épaisse avec style. En le faisant, il essayait vraiment de ne pas sourire, et s'en sortait plutôt bien, pensait-il. Quand finalement ça arriva. Enfin.

"Pour l'amour du ciel." marmonna Sherlock, fonçant en avant. Dès qu'il fut à sa portée, le détective attrapa la tête de son amoureux fermement, et lécha une brillante, succulente coulée de confiture sur la joue de l'autre homme. Pendant un moment Sherlock s'attarda, fronçant les sourcils, grommelant, puis partit à grandes enjambées. A la seconde où il disparut de sa vue, John se laissa aller à une petite danse victorieuse.


John sait que maintenant Sherlock a compris. Il a probablement compris après cette première fois, mais il veut le refaire quand même. Juste encore une fois.

Il choisit un petit restaurant dans Shepherd's Bush appelé Odessa, qui exhibe fièrement : "véritables côtelettes du Texas". John les appellerait plutôt trop cuites, trop larges et effrayantes mais la qualité de la nourriture n'est pas le but.

Sherlock refuse de commander, alors John attaque bravement son repas en solitaire. Heureusement, il suffit de quelques secondes pour que la sauce barbecue, qui forme un vrai lac sur la porcelaine ébréchée, trouve son chemin jusque sur les mains du docteur, ses lèvres, son visage.

Il n'en faut pas plus pour que Sherlock éloigne machinalement la main de John de sa nourriture appétissante, et suce la sauce collante sur chaque doigt. Puis, se penchant par-dessus la table, il saisit le visage de John entre ses paumes, le léchant comme une maman chat, ou comme un homme d'un mètre quatre-vingt en train de développer un fétichisme très sympathique de nourriture-sur-son-petit-ami.


Le film n'était en fait presque pas ennuyeux. Sherlock, cependant, ne regardait pas. Il attendait. Patiemment.

Assis sur le divan à côté de lui, dans le noir, John regardait. Il adorait les films de science-fiction. Alors il était attentif. Il nourrissait aussi sherlock. Lentement.

Au lieu de regarder l'écran, la seule source de lumière dans la pièce sombre, Sherlock regardait la main gauche du docteur. Dedans apparaissait, de temps à autre, un succulent grain de popcorn. Bien beurré, bien salé.

Sherlock détestait le popcorn. Ca vous collait dans les dents, c'était moelleux quand ça devait être croquant, croquant quand ça devait être moelleux, et ça n'alimentait pas la machine, pas vraiment.

Sherlock adorait le popcorn. Quand il était beurré et salé et chaud et servi directement dans sa bouche, lentement et précautionneusement par le dr John Watson.

Eeeeeet voilà. La prochaine bouchée fut acheminée, tenue bien en place, et Sherlock se pencha et doucement, la retira des doigts de John avec ses lèvres.

John savait-il que, chaque fois qu'il tendait du popcorn à Sherlock, qui se tenait sur la banquette si près de lui que leurs hanches s'écrasaient l'une sur l'autre, il ouvrait la bouche, lui aussi? Et si Sherlock prenait son temps à enlever le grain de popcorn, la langue de John remuait brièvement, bien que ses yeux ne dévieraient pas de l'écran? Sherlock prenait son temps tous les trois popcorn. Au moins.

Aussi, John savait-il que Sherlock avait une érection depuis le septième popcorn, quand le génie de la déduction avait enfin réalisé à quel point il aimait manger toutes sortes de choses - n'importe lesquelles, et il le pensait parce qu'il avait testé le concept mentalement pendant la dernière demi-heure, s'imaginant manger des globes oculaires humains ou mordillant des entrailles d'agneau crues - du moment que ces choses étaient portées à sa bouche par John?

Un autre popcorn, pour lui. Cette fois Sherlock le toucha de la langue, l'enroula par en-dessous, lapant le pouce et l'index de John.

Sherlock jeta un regard vers l'horloge à gauche de la télévision. Le film n'était même pas à moitié fini. Et il y avait assez de popcorn pour durer jusqu'à la fin du générique et Sherlock, assis là avec plus de patience qu'il n'en avait sûrement jamais montré lors des douze derniers mois, était si tranquillement heureux qu'il aurait pu se briser.

La seule manière de rendre ça encore meilleur serait de...

Là dans le noir, Sherlock rougit. Ce qui le fit rougir encore plus parce qu'il ne savait même pas que son corps avait le mécanisme adéquat pour ça. Apparemment oui.

Ah, un autre popcorn. Sherlock se rapprocha, ouvrit la mâchoire et mordit doucement dans une mini-explosion salée.

Le seul moyen de rendre ça meilleur serait si... il pouvait...La main gauche de Sherlock dériva du sofa vers l'entrejambe de son pantalon. Il voulait dire quelque chose à propos du renflement à cet endroit. Du genre agiter les bras pour se porter à l'attention de John. Mais alors John arrêterait de lui servir du popcorn un grain à la fois, alors il ne le fit pas. A la place, le détective posa la main sur sa propre -

Clac.

Sherlock s'immobilisa, ses yeux seuls pivotant vers le visage de John. Mais le docteur ne le regardait pas, son regard était encore fixé sur l'écran comme s'il ne venait pas juste de chasser la main de son petit ami de sa propre queue.

Sherlock fronça les sourcils. Le jeu serait maintenant déclaré forfait, il le savait. John arrêterait de le nou-

Un autre popcorn. Dieu merci.

Précautionneusement, comme s'il pouvait lui être enlevé au dernier moment, Sherlock s'avança, ouvrit la bouche...et sentit les doigts de John glisser à l'intérieur, en même temps que cet unique grain de popcorn. Le soupir voilé de Sherlock s'échappa en même temps qu'une explosion particulièrement chargée à l'écran, mais Sherlock vérifia quand même l'expression de John qui, jusqu'ici, restait rivé au film.

Bien.

Pendant qu'il attendait la prochaine bouchée, Sherlock se demanda s'il était possible que John soit aussi douloureusement dur que lui. mais avec la manière dont ils étaient assis et l'éclairage médiocre, il ne pouvait pas voir l'entrejambe du docteur, même pas un peu. Alors il regarda ailleurs.

Le cou de John. Regardez ce cou. C'était un cou magnifique. Pas aussi long et gracieux que celui de Sherlock, non, mais c'était un cou parfait, parsemé d'une barbe de vingt-quatre heures, et battant d'un pouls rapide - pas trépidant, mais pas au repos non plus.

La bouche de John. Il adorait la bouche de John, qui était fine et large et s'abaissait sur les bords juste un peu quand il souriait. Elle faisait aussi parfois ce truc quand il était excité, elle s'ouvrait un peu et poussait vers l'extérieur, comme si elle allait donner un baiser. Elle faisait ça maintenant.

Les mains de John. Ca n'arrivait pas toujours, mais de temps en temps elles tremblaient quand il était particulièrement excité. Sherlock regarda fixement et longtemps chacune des deux mains mais aucune ne sembla trembler.

La respiration de John. Ah, la respiration de John. Elle s'accélérait, bien plus vite que - Sherlock regarda l'écran - tout ce que le film pouvait justifier. Le détective consultant, maintenant au bout de sa déduction, se sourit à lui-même dans le noir et imagina l'érection qu'il ne pouvait pas voir mais qu'il savait être là.

Quand le prochain popcorn fut levé et offert, Sherlock suça les doigts de John dans sa bouche en même temps, en gémissant doucement comme s'ils étaient la queue de John.

Oh mon dieu.

Le bon docteur était à ça près de jeter le bol de popcorn à travers la pièce mais. Il. Se retint. Héroïquement. Il serra les dents et ferma les yeux et imagina dans le détail des entrailles d'agneau ( il y en avait un plastique plein dans le frigo). Voilà, ça l'avait refroidi. Bien. Il rouvrit les yeux et fixa intensément la télévision jusqu'à ce que son cerveau se souvienne de l'intrigue du film. Il avait cinq-cent calories à faire entrer dans le corps maigre à côté de lui et mon dieu il allait le faire même s'il devait retirer sa propre main de sa propre érection.

La langue brûlante de Sherlock investigua la peau délicate entre les doigts de John, léchant le sel et le beurre de la manière exacte dont il léchait la semence de John.

Oh mon dieu, pensa le médecin, ça allait être une très longue nuit.


Ndt: Bon, on arrive au chapitre intéressant mouahaha...