Merci à tous pour vos reviews ! Voilà la suite.
*Je rappelle que l'histoire se déroule durant la saison 7, quelques mois après que Ziva soit revenue de Somalie.
POV TONY
« Mon père. Il a engagé des hommes pour me tuer. »
La phrase que Ziva avait prononcée il y a maintenant presque une heure se répétait en boucle dans ma tête. Je réalisais petit à petit, avec horreur que quelqu'un voulait sa mort. Je la cherchais des yeux, à travers les bureaux. Elle n'y était pas. Les dernières paroles que Gibbs me revinrent en mémoire.
« DiNozzo, tu vas partout où elle va, tu ne la lâches pas d'une semelle.»
Je me levai, contournai mon bureau, et me dirigeai vers les toilettes des femmes, en étant à peu près sûr qu'elle serait là. J'y entrai. Et elle était là. Me tournant le dos, face au miroir, les yeux fermés.
Ziva s'aperçut de ma présence, et ouvrit les yeux. Je ne savais que dire. Alors je croisai les bras, et continuai de la fixer. Irritée, elle se tourna vers moi.
- Quoi ?
- Tu as peur.
Plus une affirmation qu'une question. Elle évitait de croiser mon regard.
- Non.
Elle avait ce visage impassible, neutre, ce masque, qu'elle revêtait dans les moments où elle ne voulait pas montrer ses sentiments.
- Tu as une idée de... pourquoi ton père voudrait ta mort ?
Elle frissonna légèrement lorsque je prononçai le mot « mort ».
- Parce que c'est un être manipulateur, sans scrupule, et insensible.
Elle n'avait pas tort. Mais, elle ne répondait toujours pas à ma question.
- Tu ne réponds pas à ma question.
Elle baissa les yeux. Sa voix était hésitante.
- Il y a une semaine, j'ai eu une conversation avec lui. Il m'a appelé à onze heures du soir. Nous nous sommes... disputés. Il m'a traité de lâche, qui laissait tomber sa famille, et son peuple pour venir travailler au NCIS, qui à sons sens, était une agence de manipulateurs. Je lui ai répliqué qu'il n'était plus mon père. Pas après ce qui s'était passé. Il ne m'a pas prévenu que la Mission en Somalie serait perdue d'avance. Il m'a ensuite dit qu'il aurait préféré que je soit morte. Après avoir vu ce message, il semblerait qu'il le souhaite vraiment...
- Logiquement, c'est toi qui devrait vouloir sa mort, vu qu'il t'a laissé croupir dans...
Elle fronça les sourcils et je m'arrêtai net vu le regard noir qu'elle me lançai. J'avais encore une fois parlé sans réfléchir. Une envie de m'auto-slapper me traversa l'esprit.
- Pardon, je... je ne le pensais pas. Enfin si je le pensais mais... je voulais juste dire...
Elle me coupa.
- Figure toi que n'est pas mon père qui m'a envoyé là-bas. J'y suis allée de mon plein gré !
Voilà maintenant un bon moment qu'elle ne m'avait pas parlé sur ce ton. Je ne comprenais pas son agressivité. Sûrement l'angoisse.
- Ben voyons !
- Oui. J'y suis allée... pour Michael. Pour finir sa mission.
Je la regardai, bouché bée.
Elle avait les bras croisés, me défiait du regard. Que je gardai encré au sien. Un malaise grandissant s'installa. Un malaise bien trop familier, bien trop récent. Datant de l'été dernier.
J'aurais dû savoir, m'attendre à ce qu'elle dise ça. J'aurais dû le deviner avant. Mais non, et là, son nom qui est sortit de sa bouche, son nom à lui, prononcée par elle, à un moment où je ne m'y attendais pas, me fit bouillir de l'intérieur, me tordait le ventre. Je plissai les yeux. Le souvenir désagréable du visage arrogant de ce dernier me revint en tête. Lorsque nous nous sommes affrontés dans l'appartement de Ziva. Les connexions se firent lentement, mais lorsque je réalisais enfin ce qui s'était passé, je m'emportai. J'élevai la voix.
- Attends... ce que tu es en train de me dire, c'est que tu t'es envoyée là bas pour lui ? Tu as failli mourir... à cause de lui ? De ce traître !
Elle se rapprocha de moi, son visage à quelques centimètre du mien. Sa proximité me troubla, et je failli reculer.
- Je voulais lui faire hommage, me faire pardonner. Finir... ce qu'il avait commencé et qu'il n'a pas pu terminer.
Un rire nerveux franchi mes lèvres, sans que je puisse le retenir. J'inspirai profondément.
- C'était un traître, qui s'est servi de toi. Il ne le méritait pas.
Ziva éleva à son tour la voix.
- Tout comme il ne méritait pas cette fin !
S'en suivit alors un long silence, que seul nos respirations irrégulières troublaient. On se défiait du regard. Ses yeux lançaient des éclairs. Je parlai plus doucement.
- Je croyais que de l'eau avait coulée sous les ponts depuis, qu'on était d'accord pour ne plus en reparler.
- Oui. Je le croyais aussi !
Je plissai les yeux.
- Si je l'ai tué, c'est que j'avais une bonne raison ! J'ai tenté de lui parler avant mais...
Je me tus. J'en avais déjà trop dit. Le sang me monta au visage. Une lueur de compréhension passa dans les yeux de Ziva. Elle fronça les sourcils et secoua la tête.
- Alors, il ne t'a pas vraiment attaqué lorsque tu as franchi le seuil, comme tu l'as dit, n'est ce pas ? Tu lui as parlé, tu as essayé de l'arrêter, et il a résisté...
Elle avait les yeux écarquillés. Je baissai la tête. Elle s'enflamma. Elle pointa un doigt sur ma poitrine, en appuyant, me forçant à reculer contre le mur.
- Tu as menti dans ton rapport, tu as menti à tout le monde. Tu m'as menti !
- J'avais une bonne raison !
- Oui, en effet : tu ne voulais pas perdre ton poste. Comment as-tu pu vivre avec ça sur la conscience, et me laisser l'ignorer ? Est-ce que tu comptais m'en parler un jour ? Est-ce que tu me l'aurais dit ?
- Je l'ignore.
Et elle me lança alors ce regard, qui me fit presque tressaillir. Ce même regard qu'elle m'avait lancé lorsque nous étions allés en Israël. Chargé de haine, et de colère.
Et à cet instant, quelque chose s'est brisé. Le lien fragile que nous avions reconstruit depuis que je l'avais ramené, cette confiance mutuelle regagnée venait de s'envoler en fumée. Elle s'éloigna de moi, tourna les talons, et je suivis des yeux le mouvement de ses longs cheveux qui dansaient dans son dos. Elle sortit des toilettes en claquant la porte.
Je soufflais, me rendant compte que j'avais retenu ma respiration. Puis me passait de l'eau sur le visage. Je fermai les yeux, tentant de ramener mon coeur à un rythme normal. Dix minutes plus tard - bien trop tard, je me suis rappelé que je devais rester avec elle, et ne pas m'éloigner. Je sortis en courant, et allait jusqu'au garage. Sa voiture n'était plus là, elle était probablement rentrée chez elle. J'allais recevoir un sermon magistral de la part de Gibbs. Mais ce n'est pas ça qui m'inquiétait le plus. Elle ne devait pas quitter le NCIS. Elle était en danger. Sans réfléchir plus longtemps, je m'engouffrai dans ma voiture, mis le contact, et démarrai en trombe. Je me garrai quelques minutes plus tard en bas de son appartement, puis montai quatre à quatre les escaliers. J'arrivai devant sa porte.
Elle était entrouverte. La serrure défoncée.
Je sortis mon arme, et, je suis entré. Je parcouru rapidement chaque pièce, le coeur battant à vive allure. Il n'y avait personne. La table de la cuisine était renversée, ainsi que la bibliothèque. Je rangeai mon arme, et mis ma tête dans mes mains. Un éclat argenté sur le tapis attira mon attention. Une étoile de David, gisant sur la moquette. La même qui avait été au creux de son cou il y a peu.
Les mains tremblantes, je sortis mon portable.
- Patron ? ...
La suite, samedi normalement. Une petite review ? ^^
