Vous avez aimé ? Voilà pourtant un couple plus qu'improbable … Marrant non, le slash est vraiment ce que l'on veut écrire, rien de plus, rien de moins. Bon, voici la suite, qui sera je l'espère toujours aussi convaincante, biz à toutes !

oOo

Post épisode « Les condamnés » (saison 2)

Je conduis le petit bonhomme, Eldon, à travers les couloirs d'Atlantis. Il me lance des regards effrayés, essayant de longer les murs, sursautant à chaque fois que nous nous frôlons. Il a peur. Parfait. S'il a peur de moi, il ne fera pas de problème pour obéir.

Je viens de le récupérer à l'infirmerie. Le docteur Beckett a décidé qu'il était en suffisamment bonne santé pour être inséré à une équipe scientifique. Il porte d'ailleurs l'uniforme de ces derniers, tee-shirt bleu, veste et pantalon beige. Et malgré sa peur, je vois les regards éblouis qu'il porte sur les merveilles qui l'entourent.

Nous ne sommes pas très différents tous les deux. Notre monde a disparu, détruit pas les wraith et nous sommes sur Atlantis. Deux exilés.

Eldon stoppe brusquement devant moi pour regarder je ne sais quoi et je manque de l'emboutir. Autant dire que cela n'aurait pas servi l'olésien. Ni moi d'ailleurs. Le docteur Beckett a été très clair sur ce point : pas de démembrement intempestif ou de « tirons-dans-le-tas-histoire-que-le-suspect-arrête-de-bouger». Les terriens ont un sens de l'humour qui m'échappe parfois un peu. Pourquoi essayerais-je de faire du mal à cet homme ?

Le docteur Beckett a eu l'air surpris lorsque le lui ai dit que Sheppard m'avait chargé de m'occuper d'Eldon. J'aurais du deviner qu'il aurait des doutes, de tous les terriens, seul Beckett semble disposer d'un peu de sensibilité. Il a toujours l'air de comprendre ce qui se passe réellement, de voir au-delà des apparences.

Sheppard ne m'a pas chargé de la sécurité d'Eldon, en fait, il avait confié cette tâche au Major Lorne mais ce dernier a accepté de me la « déléguer ». Parfois mesurer plus de deux mètres vingt peut être un avantage.

Avoir des armes planquées dans ses cheveux aussi. Il semblerait que mes petits exploits sur le vaisseau ruche aient été largement colportés.

Et donc, j'ai menti.

Je ne mens jamais, je n'ai en fait jamais eu besoin de mentir, ma vie n'a jamais été suffisamment compliquée pour que j'ai à le faire : éduquer pour tuer des wraith, tueur de wraith, traqué par des wraith, traqueur de wraith, ma vie pourrait se résumer ainsi. Quelle place pour le mensonge ?

Seulement, maintenant, il y a McKay.

Nous arrivons enfin en vue du laboratoire. Je dis enfin parce qu'Eldon semble prêt à s'effondrer tellement je le rend nerveux et moi, moi, je ne sais pas … mes mains sont moites. Cela ne m'était jamais arrivé.

Je vais voir McKay.

Pas de loin, pas en faisant semblant de regarder ou de faire autre chose. Je vais le voir pour le voir, je veux dire, j'ai une bonne raison de venir ici, dans son laboratoire, j'accompagne Eldon.

Je vais voir McKay et mes mains sont moites.

J'ai peur.

oOo

Nous entrons dans le laboratoire.

Il est là. Je l'observe un moment. Son regard est concentré comme d'habitude, malgré le bruit qui l'entoure, les bavardages des autres scientifiques, le ronronnement constant des machines, je distingue ses longs cils et juste un éclair bleu. J'aime ses yeux, bleus comme un ciel après l'orage, bleu comme les lacs où je me baignais enfant, purs, hypnotiques.

« Monsieur Dex ? »

Je me retourne. Le petit bonhomme aux cheveux en bataille est là. Zelenka. Il me sourit en relevant ses lunettes.

« Je vais prendre le relais si vous le voulez bien … »

Je vois le visage d'Eldon s'éclairer à cette nouvelle.

« … et montrer à Monsieur Eldon où il va travailler. »

J'acquiesce d'un mouvement de tête. Et je me retrouve seul. Personne ne me regarde, personne ne fait attention à moi. Pour eux, les scientifiques, je n'existe pas. Je suis juste une curiosité, le Runner ou bien l'alien exilé, et dans le meilleur des cas, un des membres de l'équipe de Sheppard. Je n'existe pas en tant que Ronon Dex, la plupart d'entre eux ignorent jusqu'à mon nom.

« Ronon ? »

Je me retourne. McKay est debout devant moi, les sourcils froncés, son ordinateur portable sous le bras. Cet engin est pratiquement une extension de McKay, comme un troisième bras, ou plus exactement un second cerveau. J'aime le regarder taper sur cette machine, je peux ensuite imaginer que c'est sur mon corps que ses mains se baladent, que c'est sur ma peau qu'elles dessinent des équations complexes, résolvant les mystères de l'univers.

Je frissonne et je suis obligé de m'essuyer les mains sur mon pantalon tant elles sont moites.

Et c'est à ce moment là que cela se produit.

McKay pousse un cri d'effroi, je m'apprête à sortir mon arme au cas ou, mais je sens une main se poser sur mon poignet.

« Par tous les … mais qu'est-ce que c'est que ça ? Ma parole vous avez-vous aussi décidé de rejoindre le club de Sheppard des héros sans peur et sans reproche ! Non mais qu'est-ce qui m'a fichu … »

Le reste est complètement incompréhensible. Non pas que McKay ne parle pas de façon distincte, cet homme est capable de parler sans même reprendre sa respiration et ce, tout en articulant parfaitement chacun des mots qu'il prononce, non, j'ai simplement perdu le fil de la conversation. Cette expression terrienne est particulièrement adaptée à ce qui m'arrive, je suis perdu … la main de McKay est posée sur moi et je suis perdu.

McKay m'a traîné devant son bureau, il serre toujours mon poignet, fermement mais sans me faire mal, puis, il me fait asseoir sur un tabouret et parle, parle, parle, je capte un mot par ci par là … « abruti » fait deux apparitions, « crétin » aussi et « Carson ». Difficile de savoir qui il insulte du docteur Beckett ou moi. Il farfouille sur la table devant lui, manifestement à la recherche de quelque chose qu'il ne trouve pas. Tant mieux, je ne suis pas pressé. McKay tient ma main !

Ce n'est pas une main fine et élégante. C'est une main d'homme, large, aux doigts un peu trapus. Il y a un léger duvet châtain sur le dessus de cette main, juste ça, un duvet, et j'ai une envie folle de le caresser. La peau est blanche, très blanche, traversée de fines veines bleutée. La main de McKay … sur moi.

Un « Aaaaahhh » victorieux annonce la fin de la quête de McKay. Il se tourne vers moi, un sourire triomphant sur les lèvres et un tube dans son autre main.

« Voilà ! Je n'en reviens pas que Carson n'ait rien fait pour ça. Quand je dis que toute ces abracanderies médicales ne valent pas mieux que des chants vaudou. Nous serions sur Terre, il aurait déjà plusieurs procès sur le dos ! »

La main relâche mon poignet et déjà sa chaleur me manque.

Mais cela ne dure pas.

McKay continue à déblatérer sur le docteur Beckett signalant que les « médecins écossais sont peut-être de bons vétérinaires mais que pour ce qui est de lâcher les moutons pour les être humains, ils peuvent toujours repasser !». Je sais que McKay et Beckett sont de bons amis, et depuis longtemps, avant Atlantis, alors je ne dis rien. Je regarde … une fois encore le flot de paroles qui sort de la bouche de McKay se dilue pour se réduire à un bruit de fond, à peine un bourdonnement. J'ai perdu l'ouïe, mais deux de mes sens sont hyperactifs : ma vue et mon toucher.

McKay me touche.

Ses doigts vont et viennent sur mon poignet, étalant ce qui doit être une crème cicatrisante sur les ecchymoses violacées qui le décorent. Des traces de liens, derniers témoins de notre récent séjour sur Olésia.

Il est méticuleux et doux, tout le contraire de ce que ses mains promettent. Ce sont des mains de travailleur manuel et pourtant, elles volent dans les airs comme des oiseaux lorsqu'ils parlent, elles dansent avec légèreté sur les touches de son clavier d'ordinateur, et je me demande quelle vie les animent lorsqu'il fait l'amour.

Il prend le temps de soigner mes deux poignets, il est concentré et silencieux. Son attitude me rappelle celle qu'il a lorsqu'il s'occupe d'un objet laissé par les Ancêtres. Un objet précieux.

Et je me prends à espérer que peut-être …

« Voilà ! Vous serez comme neuf dans quelques jours, histoire de reprendre vos petites séances d'entraînement au bâton avec Teyla ou de tirs avec Sheppard, bref, des trucs d'hommes bourrés de Testostérone ! »

Il me sourit puis se détourne, range la crème, se lève me tapote l'épaule et rejoint Zelenka et Eldon, me laissant sur le tabouret.

Je souris à mon tour. Dans le vide.

McKay m'a touché, plusieurs fois, et il m'a sourit.

McKay ne sourit jamais, tout cela doit bien vouloir dire quelque chose, non ?

Je me lève, ils m'ont déjà oublié. Pas grave, j'ai des choses à dire à Sheppard, et des conseils à lui demander sur … j'ai oublié le nom qu'il donne à ça, oh, oui, le flirt.

Oui, j'ai des conseils de flirt à lui demander.

Autre petit sondage : vous voulez une suite, ou pas ? Si c'est oui, je pourrais bien aller jusqu'au lemon … Ronon m'inspire …