Edward sonna et adressa un sourire tranquille à Bella, que l'appréhension faisait pâlir.
- Tu penses vraiment qu'ils vont avaler cette histoire ?
- Pourquoi ne nous croiraient-ils pas ?
- Ils sont ta famille, ils doivent te connaître.
Il n'eut que le temps de hausser nonchalamment les épaules avant que la porte s'ouvre en grand sur une petite brune. Le visage rayonnant de cette jeune femme se figea en apercevant la femme autour de laquelle Edward avait passé son bras. Sa consternation se mua vite en ravissement.
- Edward, tu es venu !
Elle s'élança pour le serrer dans ses bras, puis elle se tourna vers une Bella pâle comme un linge pour lui offrir un éblouissant sourire.
- Et accompagné, en plus !
- Alice, voici Isabella.
Elle prit la jeune femme dans ses bras et la serra chaleureusement.
- J'en connais une qui va être contente ! Je suis Alice, la sœur d'Edward.
- Oui, bien sûr, j'ai beaucoup entendu parler de vous.
- Ah bon ? Et que mon horrible frère vous a-t-il dit sur moi ?
Bella se pétrifia instantanément. Elle avait voulu jouer le jeu et voilà, dans quel pétrin elle s'était fourrée ! Edward aurait au moins pu penser à lui faire un topo sur sa famille dans le taxi ! Elle lui décocha un regard meurtrier.
- Alice, je ne lui ai presque pas parlé de vous. Elle disait juste ça pour être polie.
Bella rougit violemment et commença à bafouiller quelques mots d'excuse inintelligibles. S'il appelait ça venir à son secours, elle n'avait pas fini de se retrouver dans des situations gênantes ! La soirée s'annonçait embarrassante.
Alice ne semblait pas ravie non plus. Elle lança un regard noir à son frère.
- Dans ce cas, je préférerai que tu continues à être polie avec le reste de la famille Bella, ça nous changera des manières de mon frère.
Bella fut tellement reconnaissante à Alice pour ces paroles, qu'elle en aurait pleuré de soulagement. Lorsque la sœur d'Edward se retourna et leur fit signe d'entrer dans la maison, elle en profita pour lui glisser quelques mots à l'oreille.
- Espèce de salop ! Comment as-tu osé me mettre dans une situation pareille ?
- Je n'ai absolument pas pensé au fait que tu es censée connaître des choses sur ma famille. L'idée ne m'a même pas traversé l'esprit, je te le jure !
- J'en ai rien à faire que tu y aies pensé ou non ! Tu as intérêt à me sortir de toutes les situations difficiles, sinon…
- Sinon quoi ?
S'il avait paru un instant gêné, il n'était maintenant plus qu'amusé par la jeune femme.
- Sinon je te déconseille de te retrouver tout seul dans la même pièce que moi, tu risquerais de ne pas en ressortir.
Sur ce, elle entra précipitamment dans la maison et se retrouva devant six paires d'yeux qui les dévisageaient curieusement.
…
- Alors, je te présente mon frère, Emmett, et sa femme, Rosalie. Jasper, le mari d'Alice. Et voici Carlisle, mon père, et Esmée, ma mère.
Cette dernière jeta un regard avide sur la nouvelle arrivée, qui salua tout le monde avec un sourire légèrement tendu.
- Bonjour, moi c'est Bella.
- Isabella est ma fiancée.
- Oh mon dieu !
La déclaration déclencha une série de félicitations et d'embrassades, qui se mélangèrent aux salutations. Emmett donna une claque dans le dos d'Edward.
- Alors, tu t'es enfin décidé à te ranger !
Il savait pertinemment que cette expression avait le don d'agacer son frère et il eut effectivement la satisfaction de le voir grincer des dents.
- Tu as senti que tu te faisais vieux et que ton charme perdait de son attrait, alors tu as compris que c'était le moment de te passer la corde au cou !
Sous le regard noir d'Edward, Emmett explosa de rire. Bella, qui avait entendu ses commentaires, pensa que décidemment ces deux frères se ressemblaient beaucoup. Beaucoup trop même, si elle ne le remettait pas immédiatement à sa place, Emmett ne pourrait s'empêcher de la chercher à chaque fois qu'ils se verraient. Déjà qu'un était difficilement supportable, inutile d'en avoir deux !
- Nous nous connaissons à peine et tu dénigres déjà mon pouvoir de séduction, nous risquons de ne pas nous entendre très bien, cher futur beau-frère.
Tout le monde se figea dans le salon et dévisagea cette jeune femme qui allait faire partie de leur famille. Personne ne s'était attendu à ce que la fiancée d'Edward, si jamais il en avait une, aurait de la repartie. Emmett fut le premier à en être agréablement surpris.
- Ah, je comprends mieux pourquoi tu as accepté de te passer la corde au cou ! Tu t'es enfin décidé à t'intéresser à des femmes avec plus d'un petit pois dans la cervelle !
Bella en aurait été vexée, si elle n'avait pas décelé la lueur d'approbation dans le regard d'Emmett.
- Ça c'est ce que tu crois mais, en fait, il aime toujours les femmes stupides et insipides. Il ne s'est juste pas encore rendu compte que je ne suis pas comme elles.
Emmett se mit à rire, vite accompagné par le reste de la famille.
…
Esmée était aux anges. Elle était absolument ravie qu'Edward ait ramené cette jeune femme à la maison, alors qu'elle désespérait toujours un peu plus de le voir heureux en ménage. Elle avait d'abord eu peur de découvrir quel genre de femme elle était, connaissant les goûts de son fils en la matière, puis apprenant que Bella était la fille de Charlie, le soulagement l'avait envahi. Elle avait alors eu peur qu'Emmett ne la fasse fuir immédiatement, mais elle avait été agréablement surprise de découvrir que cette fille savait apparemment s'y faire avec ses fils. Edward lui avait d'ailleurs paru moins tendu et plus ouvert que les dernières fois où il était venu à Forks, ce qui finissait de la conquérir.
Elle avait demandé à Alice de rajouter un couvert sur la table, tandis qu'elle apportait le repas. Heureusement qu'elle cuisinait toujours de grandes quantités quand sa famille se réunissait. Ils ne devraient manquer de rien pour ce dîner et surtout la bonne humeur était au rendez-vous.
- Oh la la, fais-moi voir cette bague !
- Ce qu'elle est belle…
Toutes les filles se penchèrent au-dessus de la main de Bella, qui roula des yeux.
- Bon, passons aux choses sérieuses depuis combien de temps êtes-vous ensemble ?
Alice avait une façon bien à elle de mettre les pieds dans le plat, la partie risquait de se corser. Le couple se regarda. Bella fit signe à Edward de se lancer.
- Edward.
- Bella, je t'en prie.
Des éclairs faillirent sortir des yeux de la jeune femme. Mais, contrairement à Edward, Carlisle ne sembla pas le remarquer.
- Vas-y Bella, nous t'écoutons.
Il y échapperait peut-être une fois, mais pas deux. Après une profonde inspiration pour se détendre, elle se lança.
- Eh bien, nous nous sommes rencontrés, il y a… peut-être, environ trois mois…
- Où ça ?
- Où ça ? Euh… Dans un café. Par maladresse, Edward a renversé son café sur mon chemisier blanc…
Le rire tonitruant d'Emmett interrompit le récit.
- Je suis sûr que tu l'as fait exprès ! T'aurais quand même pu prendre une boisson froide ! A moins que tu aies pensé à laisser refroidir le café…
- La ferme, Emmett.
- Reprend, Bella.
- Donc il se sentait affreusement gêné et tenait absolument à me racheter un nouveau chemisier. Quant à moi, j'étais en colère, mais je lui répétais idiotement que ce n'était pas grave parce que je voulais me débarrasser d'un maladroit tel que lui.
Son audience semblait captivée. Si elle leur avait raconté leur véritable rencontre, ils auraient probablement eu des têtes horrifiées. Quoiqu' Emmett aurait sûrement préféré la vraie version.
- Mais Edward était décidé à m'embêter jusqu'au bout. Il m'a plus ou moins emmenée de force dans un magasin pour m'acheter un nouveau chemisier et avant de me laisser, enfin, partir, il m'a demandé si l'on pouvait se revoir.
Le jeune homme fut impressionné de la justesse de l'histoire que sa fiancée venait d'inventer. Aucun membre de sa famille ne viendrait douter de la véracité de tel propos : il aurait parfaitement été capable de réagir comme Bella l'avait décrit.
- Donc je suppose qu'Emmett n'a pas tout à fait tort.
- Ha, vous voyez ! Même elle le dit !
- Chut !
- Nous nous sommes revus une fois, puis deux et ainsi de suite. Nos sentiments se sont très vite développés. Rien de bien original.
Contrairement à leur rencontre dans l'avion.
Alors que Bella ne semblait rien vouloir ajouter, l'interrogatoire était loin d'être fini pour Alice.
- En fait, on voulait savoir dans quelle ville, Port Angeles ?
Comment était-elle censée savoir où il aurait pu se rencontrer, bon sang ? En tout cas, elle n'avait pas mis les pieds dans l'état de Washington pour se risquer à répondre par l'affirmative.
- Non, à… Phoenix.
Elle ne quitta pas du regard Edward pour s'assurer qu'elle ne commettait pas de bévue, mais il lui fit savoir que son histoire tenait la route par un discret hochement de la tête.
- J'habite là-bas.
- Wow, trois mois seulement et vous vous êtes déjà fiancés ! Tu dois vraiment avoir tapé dans l'œil de mon fils, Bella !
- Ne me demandez pas comment j'ai fait, cela reste un mystère pour moi aussi.
- Edward, explique-nous tout alors !
- Je ne sais pas, maman… Isabella est… Elle a… une façon d'être en colère très attirante.
- J'adore les femmes en colère.
- Emmett !
- Et… j'aime son impulsivité. Même si cela se retourne contre moi parfois.
Le regard d'Edward était chargé de sous-entendus et rappela à Bella des souvenirs dont elle rougit légèrement.
- Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
- Rien que je ne veuille te raconter, Emmett.
- Hé ! Ne garde pas les détails croustillants pour toi !
- Je te donnerai des détails croustillants tout à l'heure, mon chéri, parlez-nous plutôt de vos fiançailles.
-Merci, Rosalie. Bella, nos fiançailles.
Comment osait-il utiliser une deuxième fois le même stratagème ? Mais au moins, elle avait l'avantage de choisir qui avait fait quoi. Heureusement qu'elle ne manquait pas d'imagination !
- Eh bien, ça s'est passé… hier, … dans un hôtel, … à Seattle. Edward avait loué une suite avec une magnifique vue sur la ville illuminée dans la nuit. Je regardais la pluie qui tombait sur la vitre, quand il est venu derrière moi. Il a passé un bras autour de ma taille et de son autre main il m'a montré l'écrin. Il m'a embrassé dans le cou et m'a murmuré à l'oreille « Épouse-moi ».
…
L'assistance envoûtée mit plusieurs secondes à se détacher de l'image du couple enlacé qui s'était formé dans tous les esprits.
- Eh bien, il n'y a pas de doute, vous vous êtes trouvés tous les deux.
…
Carlisle, Alice et Jasper s'occupaient de ranger la cuisine. Rosalie et Emmett étaient allés s'isoler quelque part dans la grande maison. Esmée avait emmené Bella au salon, tandis que lui restait là, ébranlé par le récit imaginé de leurs fiançailles. Il aurait bien aimé avoir offert une telle soirée à sa fiancée. Cette histoire avait laissé tout le monde rêveur, sauf lui. Lui n'avait ressenti que du regret. Il aurait aimé pouvoir créer une telle magie, mais il s'en savait incapable. On le lui avait bien fait comprendre. C'était le seul domaine où il n'excellait pas.
Ces ruminations le rendaient furieux. Il s'était fait à ces idées, alors pourquoi revenaient-elles le ronger ? Surtout qu'il avait enfin trouvé la solution imparable : ce mariage, dont la base n'était pas l'amour.
Il rejoignit sa mère et Bella au salon.
…
Esmée n'avait pas pu s'empêcher de sortir son album photo préféré avec pleins d'images de ses enfants lorsqu'ils tenaient encore à peine sur leurs jambes. Bella rigolait avec elle des grimaces et petites têtes mignonnes qu'elles voyaient.
La jeune femme était plus détendue qu'au dîner dans cette ambiance intime. Elle s'amusait à essayer de reconnaître les trois bébés sur les photos. Alice lui facilitait la tâche avec sa petite taille et Emmett avait des joues un peu plus rondes qu'Edward.
-Là, c'est Emmett.
-Non.
-Edward ?
-Non.
-Mais ça ne peut pas être Alice.
-Non, ce n'est pas Alice…
Bella remarqua que le ton d'Esmée s'était fait plus triste. Elle tourna la tête et aperçut les larmes perler au coin de ses yeux. Elle devina que le petit enfant sur la photo devait avoir eu un destin plus différent que celui de ses frères et sœurs.
- Je suis désolée… Je ne voulais pas vous rendre triste.
- Non, ce n'est pas ta faute. Nous avons perdu cet enfant, il y a longtemps maintenant mais la douleur, même si elle s'est atténuée, est toujours présente.
Bella fut émue de la confiance qu'Esmée lui accordait pour lui révéler un tel souvenir. Les deux femmes séchèrent dans un même mouvement les larmes qui menaçaient de couler sur leurs joues.
- Tu nous as vouvoyé pendant tout le dîner, alors que nous te tutoyons, pourquoi ?
- Oh, je ne sais pas… Je n'arrive simplement pas à vous tutoyer.
- Tu es la fiancée d'Edward, nous n'aimons pas que tu t'adresses à nous comme si tu ne faisais pas partie de la famille.
Edward entra à ce moment-là dans la pièce et lorsqu'elles se tournèrent vers lui, il aperçut leurs yeux brillants. Il en fut aussitôt alarmé et chercha à comprendre ce changement d'atmosphère, quand il posa les yeux sur l'album photo ouvert sur les genoux de sa mère. Son sang ne fit qu'un tour.
- Maman ! Ne me dis pas que tu lui as parlé de ça !
Sans laisser le temps aux deux femmes de se remettre de leur surprise face à la brusquerie de sa réaction, Edward continua d'un ton agressif.
- Comment peux-tu parler de choses aussi personnelles à une étrangère ? Cela fait à peine quelques heures que tu l'as rencontrée et elle connaît, par contre, déjà les expériences douloureuses que tu as dû traverser ? Tu ne devrais pas te livrer comme ça !
La voix puissante d'Edward avait fait accourir le reste de sa famille dans le salon, où Esmée et Bella le regardaient effarées. Bella sentit distinctement la colère des autres se former et voyait déjà la querelle sanglante qui allait s'ensuivre. Mue par un soudain courage, elle brisa le silence qui se fit de plus en plus menaçant et parla d'un ton sec.
- Ne t'inquiète pas, mon cœur. Je ne te parlerai pas de ce que ta mère m'a raconté. Je sais bien que je n'ai pas le droit de prendre le risque d'évoquer des sujets sensibles avec toi, alors que toi, tu n'as pas de scrupules à les aborder et notamment de la pire façon qui soit : en appuyant précisément sur le point sensible.
Bella n'avait pu en supporter plus, elle avait dû mettre un terme à la soirée. Carlisle était à la fois rempli de colère et de chagrin face aux paroles de son fils. Emmett avait été sur le point de sauter au cou de son frère, mais la réplique de Bella avait eu le don de le couper net dans son élan. Alice, que Jasper serrait dans les bras, gardait toujours sa main plaquée sur sa bouche, aussi bien à cause des paroles d'Edward que de Bella. Rosalie semblait être la seule à avoir gardé un peu de recul par rapport à la situation et aida Bella à détourner l'attention de ce qui s'était passé.
- Edward, tu devrais montrer votre chambre à Bella. Le voyage l'a sûrement fatiguée.
La jeune femme, pas fatiguée le moins du monde, reçut cette nouvelle de plein fouet. Personne ne lui avait dit qu'elle devrait partager le lit d'Edward ce soir.
…
Bien sûr que personne ne le lui avait dit, tout le monde pensait qu'il formait un vrai couple. Mais le pensaient-ils encore après ce qu'elle avait osé lui dire devant toute sa famille ?
En tout cas, à cause du choc reçu, personne ne s'arrêta sur le fait qu'Edward ait qualifié sa fiancée d'étrangère.
…
Bella et Edward se retrouvèrent donc dans sa chambre à s'observer du coin des yeux. La gêne était palpable entre eux. Bella soupira.
- Je ne pensais pas vraiment ce que j'ai dit tout à l'heure. Je voulais surtout détourner légèrement l'attention de ce que tu avais dit. Et je crois que ça a marché, Emmett ne t'a pas roué de coups.
Le ton était neutre, mais le reproche évident.
- J'avais compris.
Le silence s'installa de nouveau. Bella ne souhaitait pas aborder le prochain sujet, mais puisqu'Edward ne semblait pas vouloir faire autre chose que de la fixer d'un regard pénétrant...
- Tu ne pourrais pas faire quelque chose pour que je puisse dormir dans une autre chambre.
- Non.
- Génial, merci beaucoup.
Le sarcasme dans la voix de Bella lui arracha un sourire. Il était content de se retrouver enfin seul avec elle. Il en était d'ailleurs surpris et s'imaginer dans le même lit qu'elle avait sur lui des effets intéressants. Mais il devrait probablement faire preuve de plus de finesse que pendant la soirée pour arriver à ses fins.
- Côté droit ou côté gauche ?
- Pardon ?
- Tu préfères quel côté dans le lit ?
- Tu ne crois quand même pas que nous allons dormir tous les deux dans le même lit ?
- Excuse-moi, je ne savais pas que tu comptais dormir par terre.
- Mais pourquoi penses-tu que JE vais dormir par terre ?
- Parce que JE vais dormir dans MON lit. Mais je le partagerai volontiers avec toi, il ne tient qu'à toi d'accepter mon offre.
Ce discours ressemblait trop à un autre qu'elle avait connu dans un avion, il n'y pas si longtemps.
- Deux conditions.
Edward sourit, amusé qu'elle le comprenne et qu'elle l'imite.
- Je t'écoute.
- Primo, pas de contact. Le lit est assez grand.
L'affaire s'annonçait plus difficile que prévue.
- Secundo, le côté gauche.
- Pardon ?
- Tu m'as demandé quel côté, je prends le côté gauche.
- Ah oui. La salle de bain est juste là.
Il lui indiqua une porte, où elle se dirigea après avoir pris ses affaires. Heureusement que son pyjama était un vieux T-shirt très ample et un vieux pantalon de jogging. Pendant qu'Edward passait à son tour dans la salle de bain, Bella se glissa dans le lit, côté gauche.
Lorsqu'Edward revint dans la pièce, seulement habillé d'un bas de pyjama, elle crut défaillir. Son torse était magnifique. Elle voyait ses muscles rouler sous sa peau quand il la rejoignit dans le lit. Elle avait eu le temps d'apercevoir ses larges épaules, qu'elle s'imaginait déjà caresser, et ses hanches fines, qu'elle mourrait d'envie d'entourer de ses jambes. Comment allait-elle faire pour dormir à côté d'un tel homme ?
Edward remarqua son trouble et dégusta le sentiment de victoire qui montait en lui. Il se tourna vers Bella et glissa une main sous la couette vers elle. Il s'apprêtait à lui caresser le ventre, quand il dut retenir un cri de douleur. La femme dans son lit lui avait saisi le poignet et le tordait pendant qu'elle lui parla d'un ton sans équivoque.
- Bon, écoute-moi bien, Edward, cette nuit nous allons dormir. Dormir et pas autre chose, que ce soit bien clair. Alors tu te tais et tu ne me touches pas. Si jamais tu tentes encore quelque chose, tu peux être certain que je t'écraserai une autre partie de ton anatomie à laquelle tu tiens sûrement beaucoup. Compris ?
Pour rien au monde, Edward aurait admis qu'elle lui avait donné ne serait-ce qu'une toute petite leçon. Après avoir attendu quelques instants de silence, Bella conclut qu'elle pouvait dormir en toute tranquillité.
Malheureusement elle savait que même si elle avait interdit Edward de la toucher, elle passerait la nuit à fantasmer du contraire. Le seul fait de lui toucher le poignet lui avait procuré une décharge électrique. Mais elle ne l'admettrait jamais à voix haute.
- Si je te prie de m'excuser pour toutes les erreurs que j'ai commises aujourd'hui, aurais-je quand même le droit à un tout petit baiser ?
- Ton poignet a déjà oublié tout ce que je t'ai dis ?
- Non, mais si ce n'est pas moi, qui t'embrasse, mais toi, je ne te toucherais pas vraiment.
- Edward, tu n'es qu'un salop de négociateur.
- Oui, mais je te propose de présenter des excuses. Tu sais que je n'ai pas fait ça depuis… eh bien depuis très longtemps ?
- Bizarrement, je n'en doute pas une seule seconde.
Edward se garda bien de répondre et attendit impatiemment une réponse.
- Un tout petit baiser, minuscule, de rien du tout, et surtout, surtout, tu ne tentes rien après. D'accord ?
- Oui, oui.
- Non, pas oui, oui. Tu ne feras absolument rien après.
Après avoir rapidement pesé le pour et le contre, Edward se lança.
- Je ne ferai absolument rien après.
- Bien, excuse-toi.
- Non, le baiser d'abord.
- Même pas en rêve.
Edward soupira. A chaque fois qu'il arrivait à lui arracher quelque chose, il s'attendait à la voir céder un peu plus, mais non, elle restait têtue.
- Je te demande de m'excuser.
- C'est tout ?
- Je te présente mes excuses pour avoir oublié de te préparer à la rencontre avec ma famille. Pour t'avoir laissé inventer notre histoire, même si je dois dire que je n'aurais pu que rendre les choses plus belles. Pour avoir insinué que tu n'étais pas digne de confiance.
- Excuse-toi pour ta mère aussi.
- Ce n'est pas à toi que je dois présenter ces excuses.
- Même, je ne suis pas sûr que tu les lui présentes, alors j'aimerais qu'au moins une personne les entende.
- Je regrette de m'être laissé emporter et d'avoir tenu de telles paroles.
Bella attendit un peu et lentement se releva sur son coude. Elle se pencha sur Edward, plongea les yeux dans les siens, dont l'intensité fit frémir tout son être. Elle posa doucement et délicatement ses lèvres sur celles de son fiancé.
Edward trembla à son contact et se força à rester immobile. Il n'aurait jamais imaginé que cela puisse être aussi difficile. Surtout lorsque Bella suça sa lèvre avec une lenteur exagérée. Elle glissa ensuite sa langue dans sa bouche avec une sensualité surprenante. Lentement elle se mit à titiller la langue d'Edward, se rétractant lorsqu'il tentait d'accélérer le mouvement. Il accepta finalement cette lente danse de leurs langues jusqu'au moment où il repoussa délicatement Bella. Il vit que la jeune femme n'était pas ravie de cette interruption. Il fut soulagé de voir qu'elle aussi n'était pas restée insensible à leur sensuel baiser.
- Désolé, ma chérie, sinon je ne pourrais pas m'arrêter. Mais si tu veux aller plus loin, moi ça ne me dérange pas.
- Ne t'en fais pas, je te crois sur parole. Bonne nuit, Edward.
Il fut douloureux pour son fiancé de la regarder se rallonger de l'autre côté du lit, le dos tourné vers lui.
Il savait qu'il aurait beaucoup de mal pour s'endormir. Il n'avait jamais dû renoncer à avoir une femme et surtout il n'avait encore jamais laissé dormir dans son lit une femme avec qui il n'avait pas couché.
La tâche ne serait pas plus simple pour Bella, qui devait admettre que si Edward ne l'avait pas repoussée, elle ne se serait pas arrêtée. S'il avait su cela, il en serait probablement devenu fou. Sa bouche était extraordinaire et lui procurait de telles sensations. Pour l'instant, c'était elle qui se consumait de frustration, mais elle savait pertinemment que coucher avec Edward transformerait complètement leur relation et cela n'était pas encore souhaitable. Il avait pu présenter une fiancée à sa famille mais elle n'avait pas encore l'argent pour sa mère et Phil.
- Et si je te promets d'aller présenter des excuses à ma mère demain, tu accepterais d'aller un peu plus loin ?
- Bonne nuit, Edward.
…
Message de l'auteur :
Merci pour tous vos encouragements ! Rien de tel pour s'asseoir motivée devant son clavier =)
En espérant que ce chapitre vous plaira,
Bisous. Nell Davis
[Chapitre corrigé par Althea Black]
