L'indicateur au dessus de la porte du bloc s'est éteint. Les dés sont jetés. Les secondes qui suivent peuvent changer sa vie à jamais...
Un des trois chirurgiens sort du bloc.
Il baisse son masque et d'un air sévère,
s'approche de Conan...
Les poings du jeune garçon se serrent. A chaque pas de l'homme vêtu d'une blouse bleue, son cœur bat plus fort, comme si il allait s'arrêter d'une seconde à l'autre. Conan est en hyperventilation, la pupille dilatée. Son regard est fixe, comme perdu dans les ténèbres.
Rien ne va plus …
Les mises sont faites.
La pièce est jouée.
Dans le couloir étroit et aseptisé de l'hôpital, le chirurgien s'approche de lui.
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La main de l'homme se pose sur l'épaule du jeune détective.
« Je suis désolé. »
« On a tout essayé. »
« Mais ta grande sœur n'a pas survécu à l'opération »
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Conan à le regard vide, il reste stoïque. Il ne régit plus. Il n'entend plus. Il ne parles plus.
« GARCON ! TU M'ECOUTES LA ? »
Le chirurgien le secoue, sans succès. Conan est pris au piège dans ses pensés.
« On a réussi. C'est bon, elle est stabilisée. »
Une infirmière passe dans le couloir.
« Yuki-san! Vous pouvez emmener ce jeune garçon chez la pédopsy s'il vous plaît ?
- Tout de suite monsieur. »
La jeune femme attrape le poignet de Conan qui la suit, marchant comme un automate mal programmé.
« Elle revient de loin ta sœur, tu sais, bonhomme »
La jeune interne regarde avec tendresse ce petit garçon qui se faisait tant de souci pour cette jeune fille.
« A moins que se ne soit pas vraiment sa sœur » Se dit-elle, présentant le lien fort et mystérieux qui uni ces deux êtres.
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Cinq jours plus tard...
Chambre 66
*Bip* *Bip* *Bip* *Bip* *Bip*
Rien. Puis la conscience. La mort puis la vie. Le néant puis le monde. J'ouvre doucement mes yeux sur ce qui semble être une chambre d'hôpital. Ma gorge me fait atrocement mal. Je ne sais pas encore si je peux parler. La buée devant mes yeux, perdus dans le vide de l'incompréhension commence à s'atténuer tandis qu'un visage familier semble de plus en plus se réjouir de mon retour. Je vois son sourire s'élargir au fur et à mesure que mes yeux s'ouvrent.
Shinichi...
Non, je dois me tromper, ce n'est pas lui... C'est Conan. Mais qu'es-ce qu'il m'arrive ? P-Pourquoi leurs visages se superposent-ils ?
Mes capacités cognitives reviennent petit à petit. Pourtant quelque chose me trouble, comme si il y avait un trou dans l'histoire de ma vie. Un black out. Je me souviens vaguement d'un appartement de Beika et d'une femme. Mais qui est-elle ? Son visage est flou dans mes pensés saccadées et décousues. Une phrase me revient : « Il se cache partout et nulle part ». Je n'ai plus de souvenir après cela. Comme si ma vie avait été mise entre parenthèses pendant plusieurs jours. Comme si le monde avait tourné sans moi. J'ai juste cette impression énervante d'avoir retrouvé Shinichi, mais je ne sais pas si c'est un rêve ou la réalité. Il n'est pas là pourtant. Enfin... J'ai des flashs de son visage sur celui de Conan. Je ne dois pas encore être tout à fait réveillée...
Ça n'a aucun sens... Qu'est-ce que je fais là d'abord ?
« Q-Qu »
« Qu'est-ceee »
« Q-Q'il m'arrivvve ? »
Ma gorge doit saigner maintenant. J'aperçois ma mère, et mon père aussi. Ils sont venu me voir, ça me fais plaisir.
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Eri se penche au-dessus de sa fille et lui prend la main.
« Ran, ma chérie, tu as eu un grave accident de voiture. Une pièce de métal t'as traversé la poitrine, mais les docteurs ont réussi à te sauver. Ne t'inquiètes pas, tout le monde vas bien.
-Maman... »
Ran se rendort quasi immédiatement. Une infirmière entre dans la chambre et prie ses occupant de laisser la patiente se reposer désormais.
Dans le couloir, Conan se rapproche d'Eri.
« Merci, Mme Mouri.
- De rien, Shinichi, c'est normal. On ne peut pas encore la laisser savoir. Le choc serait trop grand. Ce n'est pas le moment de lui retourner le cerveau.
- Je suis désolé de ne pas avoir fais plus attention à elle. Pardonnez moi.
- Ne t'excuses pas. Tu n'a pas choisi ton destin.
- Qu'est-ce qu'on fais maintenant ? demande Kogoro.
- On n'a pas réussi à capturer de membre d'envergure durant l'assaut. Toutes les recherches sont parties. Il va falloir se mettre au travail. Une fois de plus … répond Conan. »
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« Plus question de recommencer ces erreurs », se dit-il. Il ne veut plus qu'elle soit impliquée dans cette sombre histoire. Il doit être plus prudent, plus sur ses gardes. Il a désorganisé une Organisation. Le danger peut maintenant prendre n'importe quelle forme. L'ombre encore présente de ses ennemis l'empêche de pouvoir profiter d'une vie normale. Sans parler de ce corps qui n'est pas le siens, ou qui ne l'est plus. C'est pour cela qu'il faut qu'il continue sa quête. Ne pas baisser les bras. Il a fait la promesse de revenir le plus vite possible.
Ran ne se souviens plus de la promesse qu'elle à faite à Shinichi, mais Conan est soulagé qu'elle ait oubliée la vérité. Elle avait finalement réussie à voir la vérité, juste avant qu'un balle ne l'atteigne. Oublier est une action psychologique. Son esprit à rejeté la vérité, il l'a forcé à oublier. Raison de plus pour ne rien lui dire, pense le jeune détective.
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Le lendemain matin...
Conan et Haibara marchent en direction de leur école élémentaire en compagnie de leur trois camarades de toujours qui les devancent de quelques mètres, leur permettant quelques conversations privées.
« Tu ne m'en voudras pas Kudo, mais je ne prendrais pas l'antidote, si j'en trouves un.
- Oui, je te comprend, tu as une enfance à vivre et lui, il a une fille à voir grandir, mais tu ne crois pas que ce ne soit que de la poudre aux yeux ?
- Où veux-tu en venir ?
- Eh bien, le temps passé est passé, on ne peux rien y faire. Tu as dix huit ans que tu le veuilles ou non. Ton enfance est passée. L'apparence physique, comme son nom l'indique, n'est qu'un apparence. Construire votre relation sur un secret de polichinelle ferait tout rater.
- Hum, je vais y réfléchir. Tu ne dis pas ça seulement par ce que tu veux me voir dans mon vrai corps, hein ?
- Pfff, ça sert à rien de discuter avec toi …
- En tout cas, ce soir, il m'a invité au restaurant, on a des choses à se dire …
- Moi j'ai un tour de passe passe à jouer …
- Tu sais, Kudo, cette partie est loin d'être terminée, et toi, comme moi, avons encore une montagne de baffes à prendre de la part du destin, une partie seulement de la vérité à été prononcée, alors carpe diem.
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FLASHBACK
IL Y A QUELQUES MOIS DE CELA
« Si tu ne le fais pas, tu nous condamne toutes les deux, Shiho et moi.
Une de nous deux doit se sacrifier et je suis désolée d'avoir besoin de toi pour le faire Gin.
Tu ne peux pas me refuser ça.
Tu ne peux pas nous refuser ça, tu n'a pas le choix.
J'ai tout prévu. Je veux que tu me tires dans l'abdomen une seule fois avec cette arme.
- P-Pas dans la tête ? Tu vas souffrir si je fais ça, Akemi!
- Fais ce que je te dis, et tout se passera bien.
Quelques heures plus tard …
Mon index se replis sur lui même appliquant sa force à la queue de détente.
La culasse recule.
Le percuteur rencontre la douille.
La poudre prend feu.
BANG
Merci à Tinalabombe, Le Docteur Watson pour leur review, et pour le PM de Shiho88 qui m'encouragent à continuer cette histoire !
Volte Face à dépassé les 1000 vues, c'est ma première fiction à passer ce palier symbolique, alors merci à tous les lecteurs.
J'espère vous avoir fais stresser pour Ran !
