Notes : Merci pour vos sympathiques commentaires très encourageants entourant le début de cette fic !
Je ne pensais pas qu'autant de lectrices se manifesteraient dès le prologue ! Vous êtes absolument incroyables :
déjà presque 40 reviews, sans compter les mises en favori et/ou suivi ! Les bras m'en tombent ^^
Ayant répondu à chacune d'entre vous, je remercie celles qui ont posté en anonyme... Pour les lectrices qui me l'ont demandé, je publie chaque semaine...
Hermione se réveille dans l'infirmerie de Poudlard. Les nouvelles seront-elles bonnes ? Qu'en est-il de Rogue ?
Excellente lecture à toutes !
06/07/16 : j'espère que celles qui ont passé le BAC l'ont eu, et que les examens des autres se sont bien déroulés !
Avertissement : aucun
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Chapitre II - Réveil - Solitude - Procès
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Lendemain de la Bataille Finale
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Dès qu'Hermione ouvrit ses paupières lourdes, elle reconnut immédiatement l'environnement dans lequel elle se trouvait, en humant les senteurs spécifiques des potions de guérison, et le regard embrumé qu'elle promena autour d'elle confirma son hypothèse : elle se trouvait bien à l'infirmerie de Poudlard.
On lui avait passé une chemise de nuit bleu pâle, à manches longues. Sur la table de chevet située à sa droite, s'étalaient un verre, un flacon, ainsi qu'une bouteille d'eau, mais surtout sa baguette magique, ce qui réjouit la sorcière.
Elle avait la désagréable impression que son corps était non pas celui d'une jeune fille mais plutôt celui d'un pachyderme pesant plusieurs tonnes. Dans sa tête, tout était confus. Elle avait beaucoup de mal à se remémorer les événements qui l'avait amenée dans ce lit. Quelques gémissements perturbaient par intermittence la sérénité des lieux, lesquels était occupés par d'autres étudiants, certainement blessés durant les affrontements contre les Mangemorts.
Elle passa une langue sèche sur ses lèvres qui l'étaient encore plus, lorsqu'une voix des plus familières s'éleva près d'elle :
"Ah Miss Granger, vous êtes enfin réveillée ! Je vous ai ramenée ici hier soir après la Bataille. Vous avez dormi douze heures. Tenez, buvez cette potion qui vous désaltèrera et vous fournira l'énergie dont vous manquez certainement."
Tout en parlant, la Médicomage attrapa le verre posé sur la table de chevet. Elle le remplit avec le liquide verdâtre que contenait le flacon et le présenta à la jeune sorcière. Cette dernière, obéissante, le prit avec reconnaissance. Elle avala le breuvage au goût absolument déplorable, en totale conformité avec son aspect, ce qui lui provoqua une grimace accompagnée d'un réflexe nauséeux. Dieu merci, cela ne dura qu'une fraction de seconde et Hermione ressentit presque aussitôt les bienfaits de la potion médicamenteuse.
Madame Pomfresh l'aida à s'installer en position assise, calant derrière son dos un grand oreiller.
"Que m'est-il arrivé ? Pourquoi suis-je ici ?" interrogea la jeune fille à mi-voix. En posant les questions, les souvenirs commençaient à affluer à sa mémoire: alors que la Bataille Finale faisait rage, elle avait tout mis en œuvre pour sauver Rogue mordu par Nagini.
"Nous avons gagné, répondit avec un demi-sourire la Médicomage, devinant les questions que se posait la sorcière, Harry Potter a tué Voldemort, mais... il y a eu de nombreuses victimes, blessées ou tuées... Son sourire s'effaçait au fur et à mesure de ses explications. Il n'y a qu'à regarder autour de vous. Rassurez-vous, Ron et Ginny Weasley, Miss Lovegood, Monsieur Londubat sont en parfaite santé, leur famille les a récupérés."
Hermione laissa échapper un soupir de soulagement. Elle était tellement heureuse de savoir que les personnes qui lui étaient le plus proche avaient survécu à la terrible bataille. L'aînée poursuivit :
"Mes patients les plus graves ont été transférés à Sainte-Mangouste afin de recevoir les soins appropriés.
- Et... Rogue ? ne put s'empêcher de demander Hermione, rassurée sur le sort de ses amis proches, comment... va-t-il ?"
Le regard de Madame Pomfresh se troubla puis devint fuyant. La jeune fille allait réitérer sa question, une pointe d'angoisse se formant dans sa poitrine, lorsqu'une voix haut perchée troubla la semi-quiétude de la pièce.
"Poppy ? Comment se portent nos protégés ?
La Médicomage rejoignit à pas pressés la Directrice de Gryffondor à l'entrée de l'infirmerie.
- Bien, très bien même. La plupart d'entre eux pourront retourner dans leur famille dès demain.
- Parfait. Qu'en est-il de Miss Granger ?
- Elle vient de se réveiller. Et... - sa voix devint un murmure - elle se porte mieux que ce à quoi l'on aurait dû s'attendre..."
Le ton de la Médicomage interpella la jeune femme : pourquoi les deux sorcières se mettaient-elles à parler à voix basse, comme si leur conversation devait absolument rester secrète ? Et que signifiait ce : mieux que ce à quoi l'on aurait dû s'attendre ?
Minerva et Poppy s'éloignèrent vers le bureau de l'infirmerie et Hermione ne put entendre la suite de leur entretien. Mais à en juger par leurs gestes amples, leur discussion était fort animée
Les pensées de la jeune fille furent interrompues par l'appel de son prénom.
"Hermione ! Hermione ! "
Cette voix, c'était celle à présent plus grave de Harry (elle avait mûri durant l'année écoulée), qui résonnait dans la pièce.
"Je vous en prie, Monsieur Potter, faites preuve d'un peu de discrétion..." le gronda la Médicomage devant la porte de son bureau.
Le jeune homme répondit par un léger haussement d'épaules et se jeta sur la jeune sorcière qu'il enlaça amicalement. Cette dernière eut le temps de noter l'état général de fatigue qui se dégageait de son ami, mais également la lueur mâture qui n'existait pas auparavant, couplée à un fond de tristesse dans le regard émeraude. Hermione lui rendit son étreinte avec une joie non dissimulée. Des larmes de bonheur inondèrent ses joues sans qu'elle en prit conscience.
"Oh Harry ! balbutia-t-elle entre deux sanglots, raconte-moi ce qu'il s'est passé pendant que j'étais dans la Cabane Hurlante... Dis-moi tout, je t'en supplie, personne n'a eu le temps de m'informer des événements en détail ..."
Harry se dégagea doucement, et s'assit sur le bord du matelas, sans lâcher les mains de la jeune fille qu'il tenait entre les siennes. Il prit une profonde inspiration et lui raconta tout, n'omettant aucun détail, et dans ses yeux défilèrent des émotions diverses. Il valorisa le rôle des autres combattants : Ron, Luna, Neville, Ginny,... et dévalua le sien.
Il lui apprit la mort de Fred, Remus, Tonks, Lavande... et une profonde tristesse accabla la sorcière. Tant de victimes jeunes et innocentes, c'était vraiment effroyable. La sorcière avait toujours eu un faible pour les jumeaux qu'elle trouvait intelligents malgré leurs nombreuses facéties ; Georges devait être dévasté... Et Remus, il avait été un excellent professeur et elle avait apprécié leurs conversations au Square Grimmaurd, quand il était encore le Siège de l'Ordre. Son enfant était orphelin et grandirait sans l'amour de ses parents. Même si elle n'avait jamais vraiment apprécié Lavande qu'elle jugeait superficielle, elle ne méritait certainement pas de mourir si jeune...
Elle pleura longuement sur l'épaule de Harry qui la consola de son mieux sans rien dire, désarmé devant son chagrin, se contentant de la tenir contre lui et en lui tapotant le dos maladroitement. Pourtant, elle finit par sécher ses larmes, mais de temps en temps son corps était encore secoué par quelques hoquets.
"Tu te sens mieux, Hermione ?
- Très bien, ne t'inquiète pas. Cela fait du bien de pleurer, cela permet d'évacuer le stress. A présent, je ressens seulement une grande lassitude mais je serai sur pied bientôt ; d'ailleurs j'aimerais me lever..." affirma la sorcière, en affichant un pauvre sourire.
Elle joignit le geste à la parole mais ses jambes étaient de coton. Aussi, à peine tenta-t-elle de marcher, qu'elle vacilla et s'effondra de tout son poids, heureusement rattrapée par le sorcier qui la soutint et l'obligea à se rasseoir dans le lit. Le front plissé, Harry semblait perplexe : il ne comprenait pas pourquoi son amie était aussi fatiguée, et son teint aussi pâle. Après tout, elle avait seulement apporté des soins à Rogue... Il y avait là un mystère qui l'intriguait. Il se remémora les instants quand avec Ron, ils avaient laissé leur amie derrière eux.
Ils étaient retournés au Château et avaient croisé la Médicomage qui soignait quelques élèves blessés dans un couloir. Ils l'avaient informée de l'attaque de Nagini sur Rogue et du fait qu'Hermione était restée auprès de lui pour le sauver. Pomfresh leur avait répondu de ne pas s'inquiéter, qu'elle irait s'en occuper dès qu'elle le pourrait. Rassurés, les jeunes sorciers avaient poursuivi leur chemin. Il fut tiré de ses pensées par la voix soucieuse d'Hermione :
"Et Rogue, comment va-t-il ? Il a survécu ? Où est-il ?
- Tu n'es pas au courant ? Tranquillise-toi, tu lui as sauvé la vie, tu as été fantastique, je pensais vraiment qu'il était perdu. Tu n'as pas usurpé ta réputation de sorcière douée... Il est à présent soigné à Sainte-Mangouste. Ses jours ne sont plus en danger, mais il est sous étroite surveillance : deux Aurors sont chargés de le surveiller car il va devoir répondre de ses actes devant un tribunal, son procès ne devrait pas tarder...
- Mais il est innocent ! Ses souvenirs le prouvent ! l'interrompit brutalement la jeune fille, en se redressant.
- J'en suis parfaitement conscient. Aie confiance Hermione, je vais le défendre, bec et ongles, et je ne serai pas le seul : Mc Gonagall et Kingsley également ; je leur ai montré ses souvenirs et ils en ont été mortifiés, surtout Mc Gonagall, elle s'en veut tellement de ne pas avoir compris qui Rogue était réellement... En même temps, il faut bien avouer qu'il a joué son rôle de traître à la perfection, l'homme possède un réel talent de comédien, tout le monde s'y est laissé prendre..."
Dans le ton du jeune sorcier transparaissaient de l'amertume et du regret. Les lèvres d'Hermione se retroussèrent : elle imaginait parfaitement l'état d'esprit de son ami et surtout de sa Directrice, qui en voulait certainement à Dumbledore de ne pas l'avoir mise dans la confidence, elle qui avait été si proche du vieux sorcier ! Changeant de conversation, elle interrogea, pleine de curiosité :
"Tu vas aller au Terrier ?
- Non, Ron et Ginny restent en famille à cause de la... disparition de Fred. Je préfère les laisser faire leur deuil..."
Le sorcier enregistra la délicate rougeur qui empourpra les joues d'Hermione quand il avait prononcé le prénom de leur ami. Ce dernier lui avait avoué avoir échangé un baiser avec elle durant la Bataille Finale...
"Et toi, dès que tu seras remise sur pied, où vas-tu aller, Hermione ? Chez toi, à Londres ?" demanda Harry.
En prononçant les dernières paroles, il s'aperçut qu'il avait commis une bévue monumentale et regretta sa question, mais il était trop tard. La jeune fille lui jeta un regard hagard. Elle murmura d'une voix faible, la poitrine serrée :
"Eh bien...Oui... non... je l'ignore Harry... Je... je n'ai plus personne : j'ai choisi de préserver mes parents mais... ils m'ont... oubliée... Ils sont en Australie... Je suis seule... seule..."
- Non Hermione, tu n'es pas seule, tu m'as, moi... répliqua le sorcier, ému par l'air perdu de son amie, en la reprenant contre lui. Je t'aiderai à trouver comment inverser le Sort d'Oubliettes, nous rencontrerons tes parents et tu leur rendras leur mémoire, nous y arriverons, tu verras ! Ecoute, en attendant tu n'as qu'à venir t'installer avec moi au Square, Poudlard risque d'être fermé quelques mois, le temps de sa reconstruction. Alors, qu'en dis-tu ?
- Oh Harry ! Décidément, tu es le meilleur ami du monde !"
Quand ils se séparèrent, Mc Gonagall et Pomfresh s'approchaient du lit. Harry les salua et après un dernier salut à la jeune fille, il s'éclipsa. Hermione avait l'impression d'être un insecte passé au microscope, tant les yeux globuleux de la Directrice de Gryffondor la scrutait attentivement, étudiant son apparence et les traits de son visage. Le sourire qu'afficha Hermione en voyant Minerva, s'effaça quelque peu et elle fronça légèrement les sourcils, attendant que son aînée prît la parole, ce qui ne tarda point :
"Comment vous sentez-vous, Miss Granger ?
- Plutôt bien, je vous remercie, Madame. Un peu de fatigue, c'est tout..."
La Directrice passa sa baguette au-dessus du corps de la jeune fille, et lorsqu'elle arriva sur le bras gauche, la tige fut repoussée violemment, échappa de la main de sa détentrice pour retomber à trois mètres du lit.
"Ce que je peux être maladroite !" s'exclama Mc Gonagall, un sourire crispé aux lèvres, mais Hermione eut le temps d'entrevoir la lueur soucieuse au fond des yeux des deux sorcières qui se jetèrent un regard de connivence.
"Il y a un problème ? s'inquiéta aussitôt la jeune fille.
- Non, non, tout va bien. La nuit a été courte pour tout le monde... Je suis simplement épuisée et j'ai du mal à contrôler ma puissance magique." répondit l'Ecossaise en récupérant sa baguette. Changeant de conversation elle s'enquit :
"Vous allez poursuivre vos études, je suppose ?
- Oui, effectivement, j'aimerais suivre la septième année afin d'obtenir les ASPIC et m'inscrire ensuite dans une université prestigieuse.
- C'est parfait ! Nous allons faire en sorte que Poudlard soit opérationnel à la rentrée de septembre. Kingsley m'a assurée du soutien du Ministère de la Magie, c'est lui qui le dirige depuis cette nuit. Les sympathisants de Voldemort travaillant au Ministère ont été destitués, et certains ont même été emprisonnés...
Alors, où allez-vous loger, Miss Granger ? ajouta la Directrice.
- Harry m'a invité à rester chez lui jusqu'à ce que le Château rouvre ses portes.
- Excellente idée, je suis heureuse de savoir que vous ne resterez pas seule. Si vous avez des ennuis de quelque nature que ce soit, n'hésitez pas à venir me trouver, je serai toujours là pour vous aider, Miss Granger... affirma-t-elle en posant une main amicale sur l'épaule de la jeune fille.
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Restée seule, enfin presque, Hermione enroula ses bras autour de ses genoux, se balançant d'avant en arrière, en mordillant sa lèvre inférieure. Elle se concentra de son mieux pour se remémorer dans les moindres détails les derniers instants qui avaient précédé sa perte de connaissance.
Elle se souvenait parfaitement avoir réussi à juguler le poison dans l'organisme de Rogue, et à stopper la terrible hémorragie et ensuite... plus rien... aucune image ne lui revenait, tout était confus dans sa tête. Sentant la migraine revenir, la jeune fille cessa ses efforts cérébraux. Elle avait dû s'endormir dans la Cabane Hurlante suite à une fatigue extrême, point final, inutile de se tracasser.
Elle dîna légèrement, prit la Potion de Sommeil Sans Rêves que lui procura Pomfresh. Avant même avoir terminé le flacon, terrassée par l'épuisement, elle sombra dans un sommeil bienfaiteur.
La jeune fille s'installa dès le lendemain chez Harry qui vint la chercher. Leur cohabitation au 12 Square Grimmaurd se déroula le mieux du monde. Déjà amis depuis leur première année à Poudlard, les jeunes sorciers, Ron y compris, avaient développé une réelle complicité qui avait pris de l'ampleur durant tous les mois passés dans la clandestinité, à la recherche des Horcruxes. Ils se comprenaient sans même se parler.
Deux semaines après son arrivée dans la vieille demeure, Hermione s'y sentait comme chez elle. Elle n'était toujours pas retournée dans la maison de ses parents, trop de souvenirs, trop de nostalgie, trop de souffrance y étaient rattachés. Elle n'y retournerait que si elle parvenait à restituer la mémoire de ses géniteurs. Harry était souvent absent, il s'occupait de la défense de Rogue, ne ménageant pas ses efforts pour que l'homme fût déclaré innocent, aussi Hermione le voyait-elle moins que ce qu'elle aurait voulu. Elle passait ses journées à compulser des ouvrages sur le Sort d'Oubliettes, mais jusqu'à présent ses recherches restaient infructueuses.
Elle avait été convoquée par le Magenmagot une seule fois, et avait dû expliquer au juge Petterski qui l'interrogeait comment elle avait sauvé la vie de son professeur. Quand il lui demanda quelles avaient été ses motivations, elle fut dans l'incapacité de répondre précisément à la question : elle déclara simplement avoir agi par instinct, qu'elle en aurait fait de même pour tout autre personne. Le représentant du Magenmagot sembla se satisfaire de sa réponse laconique et elle ne fut plus importunée.
Un matin, alors que la jeune fille retirait sa chemise de nuit, elle remarqua une petite trace sombre dans le creux de son bras gauche. Intriguée, elle l'observa minutieusement et elle découvrit une marque qui ressemblait à n'en pas douter à une ligne tortueuse, longue d'environ un centimètre. Comment avait-elle obtenu cet étrange tatouage ? Elle eut beau fouiller le moindre recoin de sa mémoire, elle était dans l'incapacité de mettre le doigt sur l'événement l'ayant provoqué.
Quand Harry rentra, elle lui en fit part, mais ce dernier ne s'en inquiéta nullement, lui montrant toutes les marques, cicatrices pour la plupart, presque toutes indélébiles, qu'il avait récoltées tout au long de leur périple à la recherche des Horcruxes. Il affirma à Hermione que cette marque s'atténuerait certainement au fil du temps pour finalement disparaître. Rassurée, la sorcière n'y prêta plus guère attention.
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Hermione se rendit au Tribunal de Justice du Magenmagot. Elle tenait absolument à assister au procès de Rogue. Harry lui avait raconté tous les souvenirs de l'homme qu'il avait pu voir dans la Pensine, et la sorcière en avait été très émue.
Cet homme austère avait vécu une enfance des plus misérables, dépourvue d'amour, mais son adolescence fut bien pire : il tomba amoureux dès leur première rencontre de sa voisine, Lily Evans, qui n'éprouvait pour lui que de l'amitié, et cette dernière se détourna définitivement de lui le jour où il la traita de "Sang-de-Bourbe" après que les Maraudeurs l'eussent humilié de manière dégradante. Elle épousa même son ennemi juré, James Potter, l'un de ses pires harceleurs. Alors il se tourna vers les Arts Sombres et rejoignit les disciples de Voldemort, pensant obtenir la puissance et, pourquoi pas, reconquérir celle qu'il ne cessa jamais d'aimer.
Quand son Maître connut la Prophétie et qu'il décida de tuer le fils de Lily, Rogue supplia Voldemort d'épargner la mère, mais elle mourut en voulant sauver son enfant. Le sorcier, entretemps, s'était tourné vers Dumbledore afin qu'il les sauvât mais peine perdue, la trahison de Peter Pettigrow, le Gardien du Secret, permit au Seigneur des Ténèbres de trouver la maison des Potter.
Seulement, par le miracle de l'amour maternel, quand Voldemort lança le Sort de la Mort sur Harry, il se retourna contre lui et il mourut, laissant une cicatrice sur le front de l'enfant et en le transformant en l'un de ses Horcruxes... Désespéré par la perte de celle qu'il aimait, Rogue rejoignit Dumbledore qui le défendit auprès du Magenmagot, évitant une incarcération à Azkhaban. Albus lui attribua le poste de Professeur de Potions, et plus tard de Directeur de Serpentard, à la condition expresse de lui obéir en tous points, et de protéger Harry jusqu'à sa majorité, car il était persuadé que le Seigneur des Ténèbres reviendrait. La seule exigence du jeune sorcier fut que de son vivant personne ne connût ses véritables motivations, ce qu'il y avait de meilleur caché au fond de son cœur...
Lors de la sixième année de Harry, Dumbledore, empoisonné par l'un des Horcruxes la Bague de Gaunt, et se sachant condamné, exigea de Rogue qui le tuât. Ainsi, Draco ne fut pas obligé de commettre un Impardonnable, et Voldemort conserva toute sa confiance dans son espion. Ce dernier jura à son mentor de protéger les élèves de Poudlard des exactions que ne manqueraient pas de commettre les autres Mangemorts s'il était nommé Directeur du Collège.
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Tribunal, le17 juin 1998
Il se tenait droit, au milieu du prétoire, l'attitude altière malgré les chaînes magiques qui enserraient sa poitrine et ses jambes, l'empêchant de se mouvoir. Ses cheveux étaient plus courts, mais encore assez longs pour faire un rideau devant son visage. Il avait toujours été très mince, mais là il était d'une maigreur épouvantable, son teint si blafard que sa peau en était diaphane. Un foulard noir enveloppait son cou, cachant les cicatrices laissées par Nagini.
Il y avait foule dans la salle d'audience du tribunal. L'on eut dit que tous les sorciers du Monde Magique avaient tenu à assister au procès de celui qui était devenu le plus célèbre Mangemort. Il faut dire que les journaux s'en étaient donné à cœur joie, reprenant les interrogations que se posait tout-un-chacun : Rogue était-il un héros magnifique ou un traître monstrueux ? Hermione était dans le public, accompagnée de Ginny, Luna, Neville et Ron. Elle n'avait guère revu ses amis durant les vacances,
L'accusé rejeta sa tête en arrière, dégageant subitement ses yeux. Son regard fut attiré comme par un aimant par celui de la jeune fille : les obsidiennes croisèrent les grands yeux Whisky, mais la lueur qui s'alluma immédiatement dans les sombres iris était tellement chargée de haine que la sorcière recula d'un pas, comme si elle avait été frappée par un Cognard. Sa hanche heurta la tribune en bois située à son côté droit, provoquant une vive douleur. Elle faillit ne pas sentir l'élancement de la petite cicatrice de son bras. Quand ses yeux se posèrent à nouveau sur Rogue, il regardait droit devant lui, son visage redevenu absolument impassible, ses lèvres étirées formant une ligne mince.
Quand le silence se fit enfin dans la salle, le greffier lut la longue liste des crimes imputés au sorcier. Ce dernier ne sourcilla pas une seule fois, et à chaque question du juge ou de l'un de ses assesseurs, il répondit d'une voix ferme, avouant les forfaits commis, sans jamais essayer de minimiser son rôle, comme si être envoyé à Azkhaban et de recevoir le baiser du Détraqueur ne le concernait nullement, à moins que ce fut ce qu'il désirait...
Se succédèrent les plaidoiries, avec les témoins à charge puis à décharge sous l'œil toujours indifférent de l'accusé. Harry le défendit avec acharnement, soutenu par Mc Gonagall et le Ministre de la Magie, Kingsley. Ces derniers ne ménagèrent pas leurs efforts en faveur de l'acquittement de l'accusé. Le portrait de Phinéas Black apporta lui aussi sa contribution en confirmant les déclarations précédentes. Il déclara que Rogue avait toujours obéi à Dumbledore, que c'est lui qui avait apporté l'Epée de Gryffondor à Harry dans la Forêt de Dean, et quand il fut nommé Directeur de Poudlard, il avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour protéger les élèves des agissements cruels des Carrow.
Les débats durèrent plus de quatre heures. Finalement, les juges et les jurés se retirèrent. Les délibérations durèrent une heure quarante-cinq. Cela pouvait annoncer un verdict clément ou au contraire... impitoyable.
Hermione attendait le résultat avec une forte appréhension. Ses mains devinrent moites, et son cœur se mit à pulser furieusement dans sa poitrine. Juges et jurés revinrent siéger. Le premier juge déroula un parchemin qu'il lut avec emphase :
"Après délibération de la Cour et des jurés, Severus Tobias Rogue, vous êtes déclaré innocent des crimes pour lesquels vous étiez poursuivi, car il a été prouvé que vous avez agi en tant qu'espion de l'Ordre, sur les ordres du regretté Albus Dumbledore. Par conséquent, vous êtes relaxé et votre baguette vous est restituée. Au nom des Communautés Magique et Moldue, je vous remercie pour le rôle décisif que vous avez joué, permettant la disparition définitive de Tom Jédusor, plus connu sous le nom de Voldemort."
Le sorcier ne répondit rien, affichant son habituel masque neutre, mais Hermione nota tout de même une crispation de la mâchoire. Dès que le garde le libéra de ses chaînes, il frotta immédiatement de son index le creux de son bras droit, les sourcils en accent circonflexe. Il s'avança fièrement dans la travée centrale, ses robes virevoltant derrière lui, sous les applaudissements de la quasi totalité de l'assistance, accompagnés malgré tout de quelques huées hostiles.
Quand il passa à proximité d'Hermione, il ralentit le pas, et la jeune fille crut qu'il allait regarder dans sa direction. Elle sentit un frisson désagréable parcourir sa colonne vertébrale, mais Rogue reprit sa démarche hautaine et sortit du Tribunal, encadré par Mc Gonagall et Kingsley. Dès qu'il parvint sur le parvis du bâtiment, il disparut dans un tourbillon noir, abandonnant les journalistes et les badauds sidérés et déçus.
Hermione et ses amis sortirent à leur tour de la Salle d'Audience, au milieu du brouhaha des conversations qui tournaient toutes autour du mystérieux sorcier. Les jeunes sorciers se rendirent dans un pub boire une Biéraubeurre, bavardant avec animation, même si la mort de Fred et Remus étaient dans leurs esprits. Malgré elle, les pensées d'Hermione dérivaient vers son énigmatique professeur : qu'allait-il devenir ? Retournerait-il à Poudlard ou... se retirerait-il à l'écart du monde ?
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Cette nuit-là, les rêves commencèrent...
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Alors, un p'tit com ?
