Fly a little faster
Chapitre 2
Auteur : mirrokill
Traduction : phoenix8351
Correction : Bruniblondi (et j'en suis très fière ^^)
Merci pour toutes vos reviews et vos mises en favoris et en alerte ^_^
Bonne lecture !
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Résumé : Tout le monde le sait, quand tu voyages dans le passé, il ne faut pas écraser d'insecte, parce que ça risquerait de causer la mort de tes grands-parents, ou quelque chose du même genre. Mais que se passe-t-il si tu reviens dans le passé et, euh, que par accident, tu empêches l'événement qui a fait de l'Alpha grincheux de Beacon Hills, le paquet de souffrance intériorisé qu'il est aujourd'hui ?
Mais bon, si Marty McFly peut le faire, Stiles Stilinski le peut aussi. Il devait juste faire en sorte que Derek et Paige tombent amoureux avant qu'il ne soit renvoyé à son époque. Et avant qu'il n'arrive quelque chose d'encore pire. Ça allait être du gâteau, pas vrai ? Pas vrai ?
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Chapitre 2 – Conséquence.
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Stiles avait presque l'habitude de se réveiller, face contre terre, dans un lieu où il ne se souvenait pas s'être endormi.
Il inspira brièvement plusieurs fois avant de réussir vaguement à identifier le truc dans lequel était enfoncé son nez et qui le grattait. Ugh. Son père l'avait vraiment laissé dormir dans le salon ?
« Tu es vraiment le pire, » dit Stiles à son père qui n'était pas là, en essayant de s'asseoir. Sa tête tourna quand il se redressa et un grondement s'échappa de sa gorge.
Puis il se rappela s'être évanoui dans la Jeep après que ce stupide Derek Hale l'ait dégagé du loft.
Sauf qu'il n'était pas dans la Jeep. Et si son père l'avait trouvé évanoui dans la voiture, Stiles serait soit à l'hôpital, soit dans une cellule au poste de police, soit dans son propre lit. Ce n'était pas comme si ça n'était jamais arrivé auparavant.
Stiles se frotta la tête et réfléchit pour trouver l'option la plus vraisemblable. Était-il resté debout tard pour discuter de ce foutu sort avec Lydia, et du coup, s'était endormi dans le salon ? C'était crédible. Ce sort avait carrément l'air d'être une mauvaise idée depuis le début. Il n'y avait aucune raison logique pour que Derek 'je suis un con' Hale le dégage du loft tout d'un coup.
La logique des rêves. Pff.
Une fois cette solution retenue, Stiles s'assit plus doucement. C'était une bonne idée de réfléchir calmement dans ce genre de cas. Sa tête lui faisait mal. Il avait l'intention de se boire un verre d'eau, de prendre une longue douche et de se cuisiner un bon petit-déjeuner, avec le bacon de dinde qui ne devait pas être aussi affreusement dégoutant que son père avait essayé de le lui faire croire quelques jours auparavant. C'était son plan, jusqu'à ce qu'il aperçoive l'horloge.
Neuf heures moins le quart. C'était une horloge digitale, qui indiquait aussi le jour et la température. Stiles eut juste le temps de lire LUN avant de commencer à paniquer.
« Merde, » dit-il. Puis il le répéta encore et encore pour se calmer. Il allait être en retard à l'école. Parfait. Il n'avait carrément pas le temps pour une douche. Il renifla ses aisselles, fit une grimace et décida que ça irait, s'il restait dans le bon sens du vent par rapport à Lydia. Il avait des affaires pour se doucher dans son vestiaire de sport, donc il devait juste tenir jusqu'à la pause sans que personne essaie de le sentir. Ça allait bien se passer.
Il n'avait même pas le temps de monter chercher son sac. Il avait assez raté de cours pour que son retard soit plus préjudiciable que le fait d'oublier ses cahiers et ses stylos. Il avait assez d'affaires dans son casier pour tenir jusqu'au midi, et ensuite, il pourrait s'en sortir. Rien n'était pire que de subir la fureur de M. Atherton s'il arrivait en retard à son cours de maths.
Stiles se précipita vers la tablette où il laissait ses clés d'habitude, mais elles n'étaient pas dans le petit bol prévu à cet effet. Il allait laisser tomber l'idée d'aller en cours quand il les aperçu sur le crochet situé sur le mur opposé, où sa mère avait l'habitude de les mettre. Ce qui lui fit mal au cœur, mais il les attrapa et se dirigea rapidement vers la porte.
« A plus, papa, » cria Stiles par habitude, en ouvrant la porte.
Il claqua la porte, la ferma à clé, se tourna vers sa Jeep et se figea.
Putain, où était sa Jeep ? Oh mince. Oh mince. Son père allait le tuer. La seule raison pour laquelle il avait eu la Jeep en premier lieu était parce qu'il avait promis de toujours en prendre soin. Sa mère avait toujours voulu que Stiles garde la Jeep. Sa mère considérait la Jeep comme son bébé et elle voulait qu'elle continue de rouler en toute sécurité, pas comme un bolide arrogant du genre que le gamin Whittemore aurait inévitablement.
Les yeux de Stiles le démangèrent un instant, mais il ravala le trop-plein de sentiment comme il avait l'habitude de le faire. Si la Jeep n'était pas dans l'allée, alors elle pouvait être dans le garage.
Ce qui voudrait dire qu'elle avait peut-être été endommagée et que Stiles aurait quand même des problèmes avec son père plus tard. Ugh. Bon, plus tard serait pour plus tard, et là tout de suite, Stiles manquait de temps. Il courut au garage, ouvrit la porte et soupira de soulagement.
Quelques minutes plus tard, Stiles était en route, son bébé était incroyablement obéissante sous ses mains, comme si elle faisait un effort pour être la seule bonne chose de ce début de journée où tout allait mal. Son intérieur paraissait même plus propre. Peut-être que son père l'avait fait nettoyer pour lui faire la surprise. Ça expliquerait pourquoi les clés étaient au mauvais endroit, et pourquoi elle était rangée dans le garage.
Quand Stiles arriva au lycée de Beacon Hills, il y avait un grand nombre de places de parking vides, ce qui était surprenant. Pendant un moment, il se demanda s'il n'avait pas oublié quelque chose, comme une sortie de classe, mais il y avait un flot continu d'élève qui se dirigeait vers les portes, donc Stiles sortit de sa voiture, la verrouilla et courut pour les rejoindre.
Il avait environ deux minutes pour aller chercher ses affaires et se pointer en cours. Stiles se mit même à penser qu'il allait y arriver, mais bien sûr quand il arriva à son casier, la serrure refusa de s'ouvrir.
« Pourquoi moi ? » Gémit Stiles en secouant le loquet. Pourquoi est-ce qu'il n'y avait jamais un loup-garou dans les parages quand on en avait besoin, hein ? Il revérifia le numéro du casier, au cas où il se serait trompé, mais non. « Je te hais, serrure de casier. »
« Je suis presque sûre que c'est réciproque. »
Stiles poussa un petit cri et vacilla en arrière. Puis, il essaya de se reprendre pour avoir l'air calme en voyant la personne qui venait de lui parler.
C'était une fille. Ce qui était étrange. Les gens que Stiles ne connaissait pas lui parlaient rarement, sauf quand il les harcelait pour qu'ils lui répondent. Elle était jolie en plus, ses cheveux naturellement bouclés lui arrivaient aux épaules, ses yeux étaient foncés et elle portait un rouge à lèvres rouge vif qui lui rappela Erica. Elle portait une veste en daim marron clair, un chemisier blanc et un pantalon noir qui lui allait vraiment bien. Un énorme sac bleu pendait à son coude. Lydia allait probablement l'adopter immédiatement. Où la haïr au premier regard.
Stiles fit une tentative pour s'exprimer dans un langage cohérent, il en était presque sûr, mais cela fit juste sourire la fille.
« Tu te bats avec ton casier ? » Demanda la fille, reluquant Stiles comme si elle le cataloguait. Stiles essaya de ne pas lui rendre son regard. Maintenant qu'il y pensait, il avait l'impression de l'avoir déjà vu. Il l'avait probablement aperçu dans le lycée auparavant.
« Je pense qu'il me trompe, » laissa échapper Stiles, content que son mode par défaut, l'humour, se soit déclenché automatiquement alors que le reste de son corps semblait lui échapper. « Sûrement avec un joueur de Crosse, il n'y a que ça dans ce lycée. »
« Ugh, ne me parle pas de sport, » soupira la fille, elle se tourna vers le casier de Stiles pour le contempler. « Mon oncle était un des meilleurs joueurs de basket il y a quelques années, et il continue de s'en vanter. » Elle soupira, puis mit un coup de coude rapide dans le casier.
La porte craqua et s'ouvrit. Le sourire de la fille s'élargit, et Stiles resta bouche bée.
Tout ce qu'il y avait dans son casier était rose. Et pailleté. Stiles allait tuer Scott jusqu'à ce qu'il meure.
« C'est le genre de blague que mon meilleur ami trouve hilarante, » soupira Stiles, il prit le stylo le moins voyant, un bloc-notes et après un instant de réflexion, il attrapa son emploi du temps, car il était presque sûr que son cerveau était un peu embrouillé. « Merci pour le coup de main. »
« Pas de souci, » dit la fille, avant de disparaitre rapidement au bout du couloir. Stiles avait peut-être bien maté ses fesses pendant qu'elle s'éloignait. Juste un peu.
Il se retourna vers son casier rose fluo et pailleté pour refermer la porte. Elle ne fermerait plus correctement, mais qui voudrait voler quoi que ce soit dans cet amas de rose scintillant ?
Stiles bouda un peu, puis il se souvint du cours de maths et commença à avancer.
Il entra en vitesse dans la classe juste au moment où la cloche sonnait.
Et vingt-quatre visages confus se tournèrent vers lui, le regardant par-dessus leurs chevalets.
« Ce n'est pas ma classe de maths, » réalisa Stiles à voix haute.
« Pas vraiment, » lui dit sèchement le prof d'art.
« Désolé ! » Stiles recula pour sortir de la salle, referma doucement la porte, et s'aplatit contre le mur en fronçant les sourcils. Est-ce que le cours de math avait changé de salle ? Il sortit son emploi du temps pour vérifier. Maths, ok. M. Atherton, ok. Salle 212.
Ohhh. Stiles s'était carrément planté de couloir. Au moins, Scott lui avait filé le nouvel emploi du temps en repeignant son casier en rose. Un certain nombre de ses cours avait changé, mais il avait toujours une période libre en dernière heure le mercredi alors il n'allait pas s'en plaindre.
Enfin, il ne se plaindrait pas à haute voix.
Il était vraiment, vraiment en retard quand il arriva devant sa classe, mais ça ne l'empêcha pas de toquer et d'entrer.
Mais ça ne ressemblait pas vraiment à son cours habituel de maths avancé. Parce que Lydia n'était pas là. Il y avait quelques places libres au fond de la salle. Stiles resta à la porte, à hésiter, et c'était une erreur, car le professeur féminin qui se tenait devant la classe, l'attrapa par son col avant de fermer la porte d'un coup de talon bien-placé. Elle lui arracha son emploi du temps des mains et soupira en le lisant.
« Pourquoi est-ce que l'administration continue de m'envoyer des nouveaux sans me prévenir ? » Soupira la prof, avant de mettre sa main dans le dos de Stiles pour le pousser à avancer. « Prends un siège, assis-toi, et garde la tête baissé, le nouveau, » ordonna-t-elle, en lui remettant l'emploi du temps dans les mains.
Stiles bafouilla, mais la prof lui envoya un regard noir, alors il trébucha jusqu'à sa place et finit par s'asseoir bruyamment. Il jeta un regard prudent à la prof. Il n'avait pas vu tous les profs de maths donc ce n'était pas si bizarre qu'il ne la connaisse pas, mais il pensa qu'il aurait au moins dû l'apercevoir. Sa façon de s'habiller était un peu particulière. Elle portait un tailleur pantalon-veste et le pantalon remontait un peu trop sur la taille.
Le bureau à coté de lui était occupé par un garçon au visage pointu qui lui faisait penser à une belette, ses lèvres étaient figées dans une moue de mépris. « Tu as intérêt de la fermer, le nouveau, » siffla le garçon. « Le plus tôt, je me barre de cette classe, et mieux c'est. Si tu prolonges le cours, je te le ferai payer, c'est clair ? »
Les sourcils de Stiles se haussèrent tellement qu'on aurait pu croire qu'ils voulaient se confondre avec ses cheveux. « Compris. » Répondit Stiles en murmurant. Cette fois, il fronça les sourcils. Cette classe était vraiment bizarre. Et il n'était absolument pas là où il devrait être, et il allait tuer Scott jusqu'à ce que mort s'en suive. Pour de vrai. Stiles était presque sûr qu'il se souvenait de l'endroit où poussait l'aconit dans la réserve.
Stiles observa le tableau avec inquiétude. Il serait sûrement convoqué chez le directeur s'il essayait de sortir de la classe, donc sa meilleure option était de faire profil bas. Ça serait facile si les questions étaient toutes aussi simples que celles inscrites sur le tableau, c'était un simple cours de maths, pas la classe avancée à laquelle il était habitué.
La prof leur posa plusieurs questions et Stiles ouvrit son bloc-notes.
« Joli papier, » se moqua le garçon à côté de lui. Il était vraiment désagréable. Stiles était content de ne l'avoir jamais croisé auparavant dans l'école parce que ce n'était vraiment qu'un gros con. Stiles avait probablement un filtre contre la stupidité. Tout comme Scott avait un filtre à Allison, qui faisait disparaitre tout ce qui n'était pas la jeune fille.
Stiles baissa les yeux sur la feuille. Elle était rose, et il y avait une licorne imprimée sur un des coins, entourée par des cœurs. « Merci, » chuchota Stiles.
« Vous deux au fond, faut-il que je vous rappelle qu'il faut garder le silence ? » Aboya la prof de son bureau. L'air renfrogné du garçon-belette s'accentua, et il s'affaissa un peu plus sur sa chaise.
Stiles rayonna, content d'avoir mis l'autre garçon dans le pétrin, puis son cœur rata un battement. Un instant.
Parce que sa mémoire venait de se rappeler à lui.
Maintenant qu'il y pensait, pour ouvrir son casier, la fille avait dû être au moins aussi forte qu'un loup-garou. Et elle lui semblait bizarrement familière, avec ces grands yeux bruns qui le regardaient…
Stiles sursauta violemment, incapable de s'en empêcher, et il leva des yeux horrifiés.
Ouais, il connaissait cette fille. Il l'avait déjà vu auparavant.
Ou plutôt, il avait déjà vu la moitié de son corps. Au fond de la tombe que Derek Hale lui avait creusé, à côté de la maison brûlée et délabrée.
Laura Hale. Se baladant tranquillement. Vivante.
Plusieurs pensées se percutaient dans son esprit, des idées brillantes, amères et confuses. La Jeep que sa mère avait achetée pour lui, pour quand il serait grand, que son père gardait dans le garage en attendant qu'il passe son permis. La façon dont ils avaient laissé les clés pendues au crochet jusqu'à ce que Stiles soit en âge de les utiliser. Les habits passés de mode.
Le sort avait des conséquences s'il était mal lancé.
Éviscération. Risque d'être écorché. Maladies sexuellement transmissibles.
Voyage dans le temps.
Et parce qu'il n'avait jamais été équipé d'un filtre pour bien se comporter en public, Stiles attrapa son entrejambe pour calmer la paranoïa qui l'envahit, parce la conséquence suivante de la liste de Cora était la castration. Stiles junior allait bien.
Près de lui, le garçon-belette commença à appeler à l'aide, et Stiles réalisa alors qu'il venait de se toucher l'entrejambe, en public.
Dans le passé.
Par Saint Loup-garou plongé dans un bain d'aconit. Les murs se mirent à tourner, et Stiles était presque sûr que la prof lui hurlait dessus ou qu'elle criait à l'aide, mais il n'arrivait pas à se calmer. Son cœur battait à toute vitesse, et une voix dans son cerveau braillait la seule chose qui, pour l'instant, avait du sens.
Fuir. Fuir. Fuir.
Stiles vacilla en se remettant debout, passa à côté de la prof ébahie pour aller vomir dans la poubelle. Et peut-être que la prof continuait ses cris derrière lui, pour qu'on l'emmène à l'infirmerie, mais Stiles trébucha jusqu'à la porte et ses jambes tremblantes se mirent à courir avant que quiconque puisse l'arrêter.
Il courut aussi loin qu'il put, mais il n'alla pas très loin car ses poumons le brûlaient, il descendit en catastrophe deux volées de marches, se dirigeant vers un endroit où il pensait pouvoir trouver un havre de paix temporaire, parce que même s'il y avait un cours de sport, ils seraient tous dans le gymnase ou dehors, sur le terrain, il débarqua donc dans les vestiaires et se laissa tomber par terre en un petit tas frissonnant.
Putain d'enfer. Putain d'enfer. Stiles était dans le passé. Loin dans le passé ? Il était dans le passé, et Laura était vivante, alors que la dernière fois qu'il l'avait vu, elle avait été coupée en deux. Laura avec son formidable coup de coude surpuissant et son sourire sans peur et son rire contagieux, et Stiles l'avait vu vivante.
Stiles a conscience d'entendre un son préoccupant, quelqu'un geignait, et le son sortait de sa propre bouche, mais il n'arrivait pas vraiment à faire le lien entre ces deux faits. Le bout de ses doigts griffait le sol carrelé, et il s'arqua, luttant pour essayer de reprendre son souffle alors que son cerveau lui hurlait de respirer.
Il ne pouvait plus respirer. Il n'y arrivait pas. Sa poitrine était comme prise dans un étau, il ne pouvait pas respirer, et il allait mourir.
Dans le passé.
Le cerveau de Stiles tournait en rond, mais c'était un peu ce qui avait toujours caractérisé ses crises d'angoisse. Une liste de pensées fausses, blessantes qui se répétait, encore et encore, de plus en plus fort, jusqu'à ce qu'il sente son sang bouillonner derrière ses yeux, le menant à l'inconscience. Ses jambes s'agitaient péniblement, envoyant des vagues de feu à travers son corps.
Ses yeux le brûlaient, et il était sûrement en train de pleurer. À ce moment, Stiles était presque sûr de ne plus jamais connaitre la sensation de l'air dans sa trachée, puis deux mains l'attrapèrent pour le redresser. Quelqu'un le tenait, et l'attira dans une étreinte, alors qu'une main chaude s'étalait sur son torse.
« J'ai besoin que tu te détendes, » dit une voix contre son oreille. Une voix masculine. Stiles ne la reconnut pas, mais il y avait quelque chose dans cette voix qui lui permettait de s'accrocher, alors il lutta pour l'écouter. « Détends-toi contre moi, ok. »
Stiles essayait. Vraiment. Mais les pensées continuaient à arriver, lourdes et rapides. Il allait mourir dans le passé et son père ne le saurait jamais, un cadavre non-identifié resté à la morgue pendant une décennie et son père ne saurait jamais que c'était le corps de son fils disparu.
« Allez, dis-moi ton nom, » dit a voix.
« Stiles, » réussit-il à sortir.
« Qu'est-ce que c'est un Stiles ? »
Stiles réussit à souffler un rire.
« J'ai besoin que tu inspires à cinq. Inspire profondément. Je le saurais si tu ne le fais pas. A cinq. Un, deux, trois, quatre, cinq… »
Celui qui le tenait avait déjà dû avoir affaire à des crises d'angoisse parce qu'il réussit à le calmer, et après quelques minutes Stiles allait un peu mieux. Le gars l'aida à s'installer sur le banc.
« Désolé, » souffla difficilement Stiles. « Juste. Désolé. Est-ce que tu as déjà eu l'impression que le sol s'effondrait brusquement sous tes pieds ? Que rien n'était vraiment comme tu le pensais ? »
Il regarda le gars qui avait réussi à le calmer. Il arrivait à bien le voir maintenant que son environnement avait arrêté de tourner. Bizarrement, ce gars lui faisait penser à Scott. Des cheveux noirs et courts, et des yeux… Stiles n'arrivait pas à déterminer s'ils étaient verts ou marrons, il portait un T-shirt gris, un pantalon sombre, des baskets Nike et une chemise verte à carreaux.
Eh bien, au moins Stiles savait qu'il pouvait faire confiance aux carreaux.
« Ouais, » dit le gars, en souriant avec un petit air de regret, et en se frottant la nuque avec une main. « Ouais, je suppose qu'on pourrait dire ça comme ça. »
« Bien, euh. Merci pour le sauvetage. Je vais bien, maintenant. » Stiles se leva pour partir, pour sortir de là, mais le gars lui sourit, un sourire doux et tendre, et pendant un seconde, Stiles n'arriva pas à se souvenir pourquoi il devait partir. Ce sourire transformait magnifiquement le visage de ce gars.
« Sèche avec moi, » dit le gars. « Tu n'as aucune raison de retourner dans cette classe que tu as fuis. Un peu d'air te fera du bien. » Il fit un signe de tête pour désigner la porte qui conduisait au terrain de Crosse.
Eh bien, Stiles pourrait toujours s'échapper de là-bas, aussi. Il hocha la tête.
« Cool, » dit le gars en souriant à nouveau.
Une fois sortis, ils ne parlèrent pas vraiment. Le gars s'effondra sur un siège et protégea ses yeux de sa main alors qu'ils regardaient les joueurs. Normalement, Stiles aurait allégé l'ambiance en bavardant, mais là, le silence était agréable.
Stiles était en train de réfléchir sans trop y penser à ses possibilités et à l'endroit où il pourrait aller (Il se décida pour Deaton. Alan Deaton devait être en ville), quand le garçon se mit à parler.
« Euh, tu aimes bien le jeu de Crosse, pas vrai ? » finit par demander le gars.
« Je suppose, » dit Stiles. « J'ai joué une fois. »
« À ton ancienne école ? »
Stiles émit un petit bruit sans confirmer ni nier, parce que dire oui ou non, serait un mensonge, et maintenant, il était conditionné pour savoir mentir sans dire de mensonge. Stupides Loups-garous et leurs stupides capacités à détecter les mensonges.
« J'ai surtout tenu compagnie au banc de touche, » dit Stiles, en indiquant le banc en bois situé en bas des gradins, qui ressemblait beaucoup à celui sur lequel Stiles s'esquintait régulièrement les fesses.
« Je préfère le basketball, » dit le gars.
« Tu préfères les grosses balles, hein ? » Demanda Stiles, en ricanant dans un souffle.
Le gars éclata de rire. « Un truc du genre. » Il haussa les épaules. « Ils ont proposé le jeu de Crosse comme un des sports de l'école, il y a quelques années. Je ne pense pas que ça va durer. »
Stiles tourna la tête vers le terrain pour éviter que le gars voit son sourire. « Tu seras peut-être surpris. »
« Peut-être, » admit le gars.
L'entraineur siffla sur le terrain, appelant les joueurs pour la séance d'étirements en fin de cours. Stiles le prit comme le signal qu'il devait partir aussi. Mais dès qu'il bougea pour se lever, le gars se pencha vers lui et lui prit l'emploi dut temps (qui était volé du coup) de ses mains. Stiles n'avait même pas remarqué qu'il l'avait gardé, serré dans son poing.
« Super, » dit le gars en souriant. « Nous allons tous les deux en Économie. C'est cool. Je t'emmène. » L'expression de Stiles devait montrer qu'il ne comprenait pas, car le gars ajouta, « Tu es nouveau, pas vrai ? »
« Ouais, » dit Stiles parce qu'il se sentait nouveau. Voyage dans le temps. Ugh. « Exact. »
« Ok, » dit le gars, il fit un signe de tête en direction de l'école. « Je vais te montrer les meilleurs chemins. »
Stiles sourit doucement. « Super. »
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Qui que soit ce gars, il était populaire, plusieurs autres gars lui firent des signes de tête en le voyant passer. Et plusieurs filles aussi. Le gars répondait aux signes et aux saluts en se déplaçant avec aisance dans la foule. La foule qui bougeait pour le laisser passer. Ouais, il était vraiment populaire.
« C'est l'entraineur Appleby qui fait le cours, » expliqua le gars en s'approchant de la salle 104, la salle habituelle des cours d'économie de Stiles. Apparemment certaines choses ne changeaient jamais. « C'est l'entraineur de basket. Est-ce que tu joues ? »
Un homme au visage rond et joyeux apparut sur le pas de la porte, et les regarda. « Je cherche toujours des nouveaux talents. » Son regard parcourut le corps de Stiles. « Il est presque aussi grand que toi, Star. »
Le gars, Star, rougit un peu. « En effet, entraineur. Voici Stiles. Il est nouveau. »
« Qu'est-ce que c'est un Stiles ? » Demanda l'entraineur. Même Star lui lança un regard curieux, Stiles commença à gigoter sur place.
« Mon vrai prénom est imprononçable. Origine polonaise. Il comporte beaucoup de Z, » expliqua Stiles. « Stiles est le raccourci pour Stilinski. » Il comprit son erreur dès qu'il prononça ses mots. Beacon Hills occupait une grande superficie, mais ça restait une ville assez petite. Et son père avait fait toute sa carrière dans cette ville.
Enfin, peut-être que personne ne ferait le lien.
« Comme l'adjoint ? » Demanda l'entraineur Appleby. Merde.
« Ouais, » dit Stiles, et une sensation de froid envahit son estomac, parce que c'était impossible.
Mais bon, Stiles avait lu beaucoup de théories. Il avait traversé une grosse phase Sci-Fi quand il avait onze ans et qu'il voulait devenir astronaute. Les voyages dans le temps, s'ils étaient possibles en théorie, avaient déjà dû avoir lieu. Les événements passés étaient inchangeables. Seul le futur pouvait être changé.
Si Stiles avait voyagé dans le passé, alors c'était un événement établi. C'était déjà arrivé, avant même le sort raté (c'était la seule possibilité que Stiles avait retenue) ne l'atteigne.
« Exactement comme l'adjoint, » s'entendit dire Stiles, presque automatiquement.
Il avait utilisé le nom de son cousin, plus vieux et si cool. Un cousin qui était venu et était resté quelques jours, et qu'il n'avait plus jamais revu.
Un cousin nommé Stiles.
« C'est mon oncle, » finit Stiles, en essayant de ne pas trembler.
Parce que, oh mon Dieu. Il avait vraiment voyagé dans le temps. Il devait forcement avoir voyagé dans le temps. Parce que c'était déjà arrivé, et là, c'était en train de se produire, et il devait se calmer avant d'avoir une autre crise d'angoisse. Ouaip.
« C'est cool, » dit Star. « Allons-y. On peut partager un bureau. Tu n'as pas encore tes livres. »
Star le guida jusqu'à un bureau au milieu de la salle. Stiles aimait bien être au milieu de la salle. Il avait une bonne vue sur tout ce qui se passait, mais n'était pas assez dans le fond pour oublier que les profs l'observaient souvent, s'attendant à ce qu'il fasse le pitre.
« Appleby est un bon prof, » dit Star, en lui passant un stylo et quelques feuilles de papier blanc sans licorne. Stiles aurait pu embrasser Star tellement il en était reconnaissant, mais ça aurait été trop bizarre. Peut-être qu'il connaissait Star dans le futur.
Il se demanda combien d'années le séparaient de son époque. L'école n'avait pas l'air d'avoir changé. Ils avaient ajouté un nouveau vestiaire en 2001, et ils ressemblaient beaucoup à ceux que Stiles connaissait, sauf qu'ils avaient l'air plus propre. Donc il devait être dans les premières années de 2000.
Peut-être qu'il pourrait se rappeler des numéros gagnant de la loterie, et les donner à son père. Hm. La pensée qu'il puisse y avoir un bon côté à cette histoire de voyage dans le temps le réconforta un peu.
« Est-ce qu'il est strict ? »
« Pas en classe, » expliqua Star. « Mais c'est bizarre que le prof soit l'entraineur. »
« Je comprends, » dit Stiles, avant de se figer.
Quelle année des années 2000 exactement ? Est-ce que sa mère pourrait être en vie ? Pendant un moment, l'espoir lui fit mal, même s'il savait que c'était ridicule, parce que sa mère aurait été là ce matin, et l'aurait réveillé en criant. Mais Stiles aurait pu être dans la maison. Le jeune Stiles. Le Stiles qui ne s'appelait pas encore Stiles et sa mère aurait pu être en haut avec lui, ou…
Star écrivit la date. Lundi 7 Novembre 2004.
Non. Sa mère était morte. Ugh. Tout le chagrin envahit à nouveau Stiles, juste pour un moment, et le fit frémir.
« Tu parles bizarrement, » lui dit Star, puis il plissa les yeux. « Est-ce que ça va ? »
Stiles n'arriva pas à trouver les mots pour dire, non, ma mère est morte et j'ai l'impression que ça vient d'arriver encore une fois, alors il lui montra sa main blessée, et Star soupira en signe de compassion.
« Ça a l'air profond, » dit-il, et il toucha la paume de Stiles avec deux doigts.
C'était surement l'œuvre de l'imagination de Stiles, mais il avait l'impression d'avoir un peu moins mal. Peut-être que l'avoir étiré un peu pour la montrer lui avait fait du bien.
« Je me suis coupé un peu plus tôt, » dit Stiles. « Ou plus tard. » Murmura-t-il pour lui-même. Star lui envoya un regard confus.
« Après le cours, je dirais à Appleby que ton écriture risque d'être bizarre pendant quelques semaines, » lui dit Star. « Il est gentil. Si tu ignores le fait qu'il m'appelle Star ou Champ au lieu d'utiliser mon nom. »
« Quoi ? Star n'est pas ton nom ? » Stiles cligna des yeux.
Star, ou… Qui que soit ce gars… Sourit joyeusement. « Non. C'est… »
« Les gars, quand vous aurez fini de discuter, j'ai un cours à faire. » Cria Appleby de son bureau à l'avant de la salle.
« Plus tard, » articula le gars en silence.
« Ouais, » répondit Stiles de la même façon, omettant de dire qu'il allait essayer de d'échapper aux autres cours, et au gars, pour aller trouver Deaton.
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Fin chapitre 2
Publié le : 01 12 2014
