Oliver
J'ai ramené Félicity chez elle il y a trois jours et je ne l'ai pas quitté depuis, au début elle m'a dit qu'elle ne voulait pas m'ennuyer avec ça, qu'elle saurait se débrouiller seule. Je l'ai ramené chez elle et quand elle n'a pas reconnu son appartement, j'ai su que je ne l'a quitterais pas une seule seconde. J'ai demandé à son propriétaire et il nous a dit qu'elle avait emménagé peu de temps après notre rencontre, du coup elle ne souvient pas d'avoir emménagé ici. Ces trois jours on été assez amusants, on a fouillé ensemble tout les placards afin de savoir où tout se trouvait. Je ne pensais pas qu'elle m'aurais laissé faire mais elle m'a dire comme chez moi et j'ai été ravi de le faire.
Au début, je lui ai juste parlé de son agression, je voulais juste savoir si elle se souvenait de quelque chose mais à chaque fois ça lui donnait des douleurs horrible à la tête alors j'ai arrêté, je trouverais le salaud qui lui a fait ça assez rapidement et il me le paiera.
Hier elle m'a posé une question, elle m'a demandé pourquoi je veillais sur elle à ce point, vu que je n'étais que son patron... J'ai failli tout lui dire, pour Arrow et tout... Mais je ne peux pas, pas encore, c'est trop tôt... Je lui ai dis la vérité, enfin une partie de la vérité. Je lui ai dit que nous étions amis, de bons amis, je lui ai montré mon nom dans son portable, une photo d'elle prise au gala de charité que ma mère avait organisé peu de temps avant son décès. Elle me croit, enfin je pense... Là je regarde son album photo, je souris en la voyant, il y a des photos d'elle petite, c'était vraiment une belle petite fille. Bon elle n'a pas vraiment changé, elle est toujours aussi belle. Je tombe sur une photo d'elle quand elle devait avoir huit ou neuf ans, avec un homme, son père ? Je ne sais pas, elle n'a jamais parlé de lui...
- C'est mon père...
Je me tourne vers elle, elle a ce regard triste. Pourquoi ? Qu'est-ce qu'elle a ? Elle s'approche et prend l'album avant d'aller s'asseoir sur le canapé, j'attends quelques secondes avant de la rejoindre en voyant qu'elle a toujours ce regard si triste. J'aimerais la soulager, lui ôter toute cette tristesse. Je n'ose pas lui demander ce qui lui cause cette peine, je m'assoies près d'elle.
- Il est parti quand j'étais petite, peu après cette photo. Je ne sais pas pourquoi... Je n'ai jamais eu de nouvelles... Je me suis longtemps demandé si c'était de ma faute... Même si c'est ridicule.
Je lui prends la main et la serre doucement, elle se tourne vers moi et essuie ses larmes de sa main libre.
- Bien sur que c'est ridicule. Ce n'est pas de ta faute s'il est parti...
Elle me sourit et pose sa tête contre mon épaule avant de poser son album à côté d'elle et de ramener ses jambes sur le canapé. Elle se rapproche de moi et je m'empresse de la serrer contre moi. Trois jours que je suis chez elle... Et ce n'est pas la première étreinte que l'on partage... Trois jours que je suis chez elle, et j'ai l'impression d'y avoir toujours vécu. Je la serre contre moi un peu plus fort avant de lui poser un baiser sur le front. Elle se détend dans mes bras et je reste un moment ainsi avant de sentir qu'elle s'est endormie. Je me redresse doucement et l'allonge sur le canapé, le médecin m'a dit qu'elle dormirait beaucoup les premiers temps, il faut qu'elle récupère. Je vais chercher une couverture et la pose doucement sur elle avant de lui poser un nouveau baiser sur la joue.
- Repose-toi... Je suis là.
Elle remue doucement et je la laisse dormir, je vais préparer le repas de ce soir. Je pense lui faire des lasagnes, j'espère qu'elle va aimer.
Félicity
J'ai du mal à croire que ça fasse déjà trois jours que je sois rentrée chez moi, je ne connaissais pas cet appartement mais je dois dire qu'il me plaît beaucoup. Oliver ne m'a pas quitté depuis, ça me fait bizarre de ne pas l'appeler Monsieur Queen mais il m'a dit que ça lui faisait bizarre et je dois dire que j'adore l'appeler Oliver. Je suis aussi un peu gênée de voir qu'il reste près de moi mais lui ça n'a pas l'air de le déranger et puis j'aime qu'il soit ici... Je me sens rassurée... En trois jours il m'a beaucoup parlé, il m'a dit comment on s'était rencontré, qu'on était devenus amis, c'est encore tellement flou. Il m'a demandé si je me souvenais de mon agression, et j'ai essayé, vraiment, mais je ne peux pas, j'ai été prise d'une migraine horrible... Je ne sais pas pourquoi je n'y arrive pas... Le docteur a dit que ça pourrait prendre du temps mais je veux me souvenir... Quand j'ai su que j'avais été agressé j'ai eu peur... Que l'homme qui m'a fait fait ça soit allé bien plus loin... Mais Oliver m'a certifié que non, qu'à part ma blessure à la tête et quelques contusions j'allais bien.
Ce soir quand je lui ai parlé de mon père, je me suis sentie bien étrangement, je n'aime pas parler de lui mais avec Oliver, j'ai l'impression que je peux parler de tout et de rien. Il me réconforte quand j'ai peur, quand je me sens mal... Ça ne fait que trois jours et pourtant je me sens si bien avec lui. Je me demande quand même comment on a pu devenir amis... Nous sommes tellement différents... Même si j'ai perdu une partie de mes souvenirs je sais qui était Oliver Queen avant son naufrage, je me souviens avoir lu des choses horribles sur lui, mais maintenant j'ai du mal à y croire tant l'homme qui vit avec moi depuis trois jours est différent. Je lui ai demandé s'il avait quelqu'un dans sa vie, il m'a dit que non et que même si c'était le cas, j'étais plus importante, je n'ai pas su comment réagir.
Je me réveille doucement, c'est bizarre, je ne me souviens pas de m'être endormie. Je suis sur mon canapé, recouverte d'un plaid, je me redresse et j'entends des bruits dans la cuisine. Je me tourne et je vois Oliver qui prépare le repas de ce soir. J'avais oublié... Un de nos ami vient dîner ce soir, John... Je ne me souviens pas de lui... Oliver m'a dit que nous étions proche tout les trois mais John préférais attendre que je sois prête avant de venir me voir... Je ne sais pas trop quoi penser, j'ai perdu environ deux ans de ma vie et ces deux ans me semblent tellement importants...
Oliver
Je vois Félicity qui est réveillée. Elle ne semble pas à l'aise, je coupe le gaz et vais la voir. Elle serre le plaid de ses mains, je vais m'asseoir près d'elle. Elle doit être nerveuse à l'idée de rencontrer Dig.
- Hey, ça va bien se passer, tu vas voir.
- Parle-moi de lui... S'il te plaît... Tu m'as dit que nous nous étions rencontrés peu après que je t'ai rencontré toi... Mais j'aimerais en savoir plus...
Je souris et m'installe confortablement. Je lui raconte que c'était mon garde du corps quand ma mère était encore en vie et qu'on avait fini par devenir amis. Je lui dis qu'il m'a soutenu et que eux deux s'adorent, je ne mens pas, je sais que c'est vrai. Je lui parle de Lyla et du bébé qu'ils vont avoir. Elle est enceinte de six mois à peu près. Je la vois essuyer une larme sur sa joue, oh non, je ne voulais pas ça, pas du tout, elle se tourne vers moi.
- C'est tellement dur...
Je pose ma main sur la sienne et la serre doucement, elle pleure encore avant de venir se lover contre moi, je la serre un long moment, elle pleure doucement, je tente de la rassurer mais ce n'est vraiment pas facile. Je la laisse pleurer un long moment, tentant de ne pas appuyer là où ça fait mal, mais je dois la rassurer.
- Écoute-moi... Dig ne va pas te poser de questions, je te le promets... On va juste passer une bonne soirée tout les trois, te parler sans te pousser à te souvenir, tu pourras demander tout ce que tu veux aussi...
- Comment tu fais pour être aussi patient...
Je t'aime... Je veux être avec toi... J'aimerais te le dire mais c'est trop tôt, beaucoup trop tôt, je te le dirais quand tout ira mieux, je te le promets.
- Nous sommes amis, je veux être ici...
Elle verse encore quelques larmes silencieuses, je sais que ce n'est pas facile pour elle, elle doit intégrer deux ans qu'elle a totalement oublié. J'entends la sonnette d'entrée. Je pose un baiser sur son front et me lève, ce doit être Dig. Je vois qu'elle est encore nerveuse. J'ouvre la porte et je vois notre amis qui attend.
- Ça va ?
- Elle est nerveuse...
Il sourit doucement et entre dans l'appartement. Dig n'a pas été surpris quand je lui ai dit que je resterais avec elle le temps qu'elle retrouve la mémoire. Mais je pense qu'il se doute de ce que je ressens pour elle. Je vois Félicity se lever quand elle le voit, elle joue avec ses mains et vient se mettre à côté de moi.
La soirée se passe plutôt bien, comme je le pensais Félicity et Dig s'entendent très bien malgré la situation, je vois bien que à des moments Dig a envie de lui poser des questions mais il se retient, par contre Félicity ne m'a pas lâché d'une semelle, je pense qu'elle se sent en confiance et ça me fait vraiment plaisir qu'elle ressente ça. Dig lui a montré des photos de Lyla, Félicity a demandé à la voir dans quelques jours si possible, elle m'a demandé d'y aller avec elle, j'ai accepté sans hésiter, je sais qu'elle veut revoir tout nos proches afin d'essayer de se souvenir. On est en train de débarrasser quand je vois Félicity se tenir au comptoir d'une main et passer sa main sur sa nuque de l'autre. Je m'approche et pose une main dans son dos.
- Tu ne te sens pas bien ?
- J'ai mal à la tête...
Elle fronce les sourcils et ferme les yeux, Dig voit ce qu'il se passe, je soutiens Félicity et lui dit que je finirais, qu'elle doit aller se reposer. Elle hoche la tête et je la conduis à sa chambre, je l'aide à s'allonger et la couvre avant de sortir de la pièce. Je rejoins Dig qui a continué de débarrasser, il me sourit et me regarde fixement.
- Me regarde pas comme ça...
- Tu sais très bien à quoi je pense Oliver...
- Oui je le sais, et je ne le nierais pas, pas cette fois...
- Il t'a fallut du temps...
Je souris et regarde en direction de la chambre, je suis un idiot, je ne tenterais rien avec Félicity, en tout cas pas pour le moment, j'aurais l'impression d'abuser de sa confiance et de sa faiblesse du moment, mais quand elle ira mieux, je lui dirais tout. Pour le moment, je vais me contenter de veiller sur elle, de prendre soin d'elle, et de la protéger au mieux.
- Tu as des pistes pour son agression ?
- Non aucune... J'ai demandé à Lance mais il n'a rien non plus, il n'y avait pas de caméra à cet endroit...
Je serre le poing et soupire, il faut retrouver ce salaud, il aurait pu la tuer... Il aurait pu... Je secoue la tête, elle va bien, elle est en sécurité.
- Ne lance pas ta Vendetta Oliver... Ce n'est pas ce qu'elle veut, et tu le sais.
Je ne dis rien, je ne peux pas m'en empêcher, quand il s'agit d'elle je suis un idiot total, faisant des choses que je regrette sans aucune hésitation.
- Pour le moment, elle a besoin de toi. Contente-toi de rester près d'elle, je m'occupe de ce type, ne t'en fais pas.
Dig s'en va, on a quand même passé une bonne soirée, je sais que Félicity ne se souvient pas de lui mais elle fait vraiment beaucoup d'efforts.
Félicity
Je me sens tellement nulle... Je voulais passer une bonne soirée et ce fichu mal de crâne à tout gâché... Je me retrouve dans ce lit, seule... Fort heureusement que Oliver est là quand même, il prend soin de moi et veille sur moi, il s'inquiète de tout, je pense qu'il tient à moi. Et moi ? Je ne sais pas, je suis perdue, tout est encore tellement flou. Je sais que je lui fais confiance, je sais que j'ai besoin de lui près de moi.
Je ferme les yeux un moment, la douleur s'atténue, je revois une scène à travers mes paupières, une scène qui me semble familière, je me revois dans une grande pièce, il n'y a pas de meuble où alors je ne parviens pas à les voir... Oliver est là, il semble inquiet, nerveux. Je suis juste devant lui et je l'entends me murmurer quelque chose... « Je t'aime », mon cœur s'emballe, il vient de me dire qu'il m'aime, où en tout cas il me l'a déjà dit... Mais pourquoi est-ce que j'ai si mal en me souvenant de cette scène ?
Je remue dans le lit et j'essaye de me souvenir de plus mais tout est parti... La porte s'ouvre et je vois Oliver qui me rejoins, il semble inquiet.
- Hey... Tu vas bien ?
Il m'aide à me redresser, mon cœur bat tellement vite... Je ne comprends pas ce qu'il se passe...
- Tu as besoin de quelque chose ?
Je secoue doucement la tête, je ne veux pas le blesser, ni le repousser, c'est encore si flou que je ne veux pas mal interpréter ce que j'ai vu, ce dont je me suis souvenue. Il m'aide à me rallonger et me recouvre, il s'apprête à partir mais je lui prends la main. J'ai besoin de lui, je ne veux pas être seule quand je m'endors. Il me sourit et s'assoit sur le bord du lit, il ne fait rien d'autre, il reste juste assis là sans bouger, à me regarder. Est-ce qu'on a été ensemble avant ? Pourquoi ne me l'a-t-il pas dit ? Parce que je ne me souviens pas ? Peut-être qu'il ne veut pas me mettre de pression, où alors on est plus ensemble... Mon cœur se déchire à cette pensée, pourquoi ça fait si mal ? Est-ce que je l'aime encore ? J'essuie une larme qui a coulé toute seule, je ne comprends pas pourquoi. Oliver se tourne et son regard me montre qu'il semble souffrir lui aussi.
- Pourquoi tu pleures ?
- Je ne sais pas... Je crois... Me souvenir de quelque chose... Mais ça fait trop mal pour en parler pour le moment... Tu ne m'en veux pas ?
Il me sourit et se penche vers moi afin de me déposer un baiser sur le front, ce geste me fait sourire mais me fait mal en même temps. Il me dit qu'il ne m'en veut pas, ça me rassure. Je me recule un peu et lui fait un peu de place dans le lit. Il ne semble pas comprendre mais j'ai besoin de lui, vraiment. Il se lève et s'allonge à mes côtés, il reste loin, il ne doit pas vouloir me mettre mal à l'aise. Je m'approche et me serre contre lui, je sens son bras qui passe autour de moi et il me serre à son tour. Je ne sais pas si on a rompu, si on a déjà été ensemble... Mais je suis sure d'une chose... C'est que je l'aimais avant mon agression et que je l'aime encore, je l'aime tellement que je veux qu'il reste à mes côtés, j'ai besoin de lui.
Je le sens qui me pose un baiser sur le front, je ferme les yeux et me laisse aller dans ses bras, ce n'est pas facile de ne pas se souvenir d'une personne que l'on aime, je finis par m'endormir bercée par sa respiration, par son cœur qui bat tellement vite et qui me fait croire que peut-être que lui aussi, m'aime encore, s'il m'a jamais aimé un jour.
