Titre : Night & Pain
Chapitres : 02/06
Auteur : Foxx
Genre : Yaoi/Lemon/SM
Disclaimer : Les GazettE appartiennent à leur maman.
Note : Cette histoire date de plusieurs années déjà, soyez indulgents...
Reita avait finalement quitté la ville, ses pas le menant à travers la campagne. Le quartier résidentiel dans lequel il habitait n'était pas situé très loin des limites de la ville et il n'avait pas eu besoin de beaucoup marcher pour se retrouver à longer une large étendue d'herbe, bien sombre malgré les lumières de la ville encore visibles derrière lui. Le bassiste prenait son temps, chaque pas l'éloignant un peu plus de ses préoccupations, le visage tourné vers les étoiles qui éclairaient faiblement sa route. Un sourire détendu venait de se frayer un chemin sur ses lèvres pour la première fois depuis de longues semaines lorsque la sonnerie de son téléphone portable retentit, le ramenant brutalement à la réalité.
Reita poussa un soupir à peine audible dans la brise du soir, et sortit son téléphone portable pour le foudroyer du regard. Il savait déjà qui l'appelait et pourquoi, et eut à peine un regard pour le nom qui s'inscrivait à l'écran avant de décrocher d'un geste rageur.
"Non, je ne sais pas où est Uruha, RUKI !" s'exclama le bassiste, espérant que le plus jeune comprendrait enfin qu'il n'était plus la peine d'espérer l'appeler à ce sujet.
"Moi je sais, il est chez Aoi," répondit la voix légèrement intriguée de Ruki, comme s'il ne voyait vraiment pas ce qui avait bien pu énerver son ami d'enfance d'une telle manière. Le chanteur soupira de lassitude et Reita s'apprêtait à rétorquer quelque chose un bruit de pas derrière lui le tira de ses pensées.
"Rei-chan ?" La voix de Ruki ne venait pas du téléphone, cette fois, mais de derrière le bassiste. Reita se retourna et esquissa un sourire amusé; le chanteur était là à quelques mètres de lui, tenant le téléphone à mi-hauteur, comme figé par la surprise.
Un sourire, et Uruha se retrouvait debout face à Aoi, s'étonnant de sa propre audace. Il ne savait plus pourquoi il ne résistait pas, il ne savait pas comment il en était arrivé là, mais tout ce qui lui importait était le petit regard pervers du brun et ces yeux qui ne voulaient pas le lâcher.
Aoi, quant à lui, recula contre le mur de la chambre. Les avances d'Uruha étaient bien rare, le beau blond préférant d'ordinaire se soumettre, et le guitariste savourerait chaque instant à mesure que l'androgyne s'approchait de lui, une étincelle de convoitise dans le regard.
"Uru-chan..." souffla Aoi alors que l'autre guitariste posait ses mains contre le mur de la chambre, une de chaque côté du visage de son amant. Uruha ferma presque les yeux, inclinant la tête sur le côté en un mouvement lent, ses lèvres frôlant presque celles du brun alors qu'il le fixait comme s'il pouvait lire son âme.
"Je te déteste," murmura l'androgyne avant d'approcher un peu plus son corps de celui d'Aoi, comme mut par une force qu'il cherchait à contrer de toutes ses forces. Il ferma les yeux à peine un instant et mordilla sa lèvres inférieure, persuadé que ce qu'il venait d'affirmer était la stricte vérité, malgré ses mains qui brûlaient de descendre le long du mur contre lequel elles étaient appuyées, pour posséder encore une fois les courbes harmonieuses du corps de son bel amant.
Le brun sentit son coeur faire un bond dans sa poitrine en réaction aux paroles d'Uruha, assez claires pour qu'il comprenne que ce dernier refusait de lui pardonner ses visites nocturnes fréquentes et le plaisir malsain qu'Aoi avait instauré entre eux. Pourtant, le corps d'Uruha touchait désormais presque le sien et il pouvait sentir leur envie réciproque de se toucher, de se caresser, d'apaiser une fois encore cette faim qu'ils avaient l'un de l'autre, que ce soit dans cette chambre ou ailleurs, entre deux lives, en répétition... n'importe où, n'importe quand.
Aoi inclina la tête sur le côté, ses cheveux glissant contre le mur, en réponse aux paroles du blond. Il avait sans le vouloir rendu Uruha dépendant à un plaisir interdit et dangereux, un plaisir dépourvu d'amour, et les conséquences de leurs premiers instants de luxure échappaient désormais totalement au guitariste brun.
"Aoi-chan... mon Aoi-chan..." susurra l'androgyne, sa voix devenant suave et veloutée à mesure que la tension du désir devenait de plus en plus forte entre eux. Leurs corps s'effleuraient, à chaque mouvement de l'un ou de l'autre, et les guitaristes tentaient malgré tout de résister à l'appel de leurs pulsions de plus en plus pressantes, chacun effrayé de ce qui arriverait s'il faisait le premier pas. Uruha refusait de prendre l'initiative sur Aoi, effrayé par les conséquences de son geste et Aoi refusait de prendre l'initiative sur Uruha, trop coupable et dégoûté par sa propre conduite.
"Hm... Uruha..." murmura le brun en réponse, sa main se levant dans un geste vain, comme s'il avait voulu la poser sur la taille du guitariste. Leurs voix ressemblaient de plus en plus à des gémissements, plaintives et suppliantes, à des soupirs, alors que les doigts d'Aoi revinrent se poser contre le mur, pour racler contre la tapisserie dans un geste de frustration.
Chacun sentait le souffle chaud de l'autre sur sa joue et dans son cou, le torse de l'autre si désespérément proche du sien, mais l'un comme l'autre ne désirait rien tant que prolonger cet instant au cours duquel l'attente devenait une délicieuse torture.
Aoi ouvrit la bouche pour dire quelque chose, s'excuser, un geste qui aurait brisé tout le désir installé entre eux si Uruha n'avait pas pressé son genoux entre les cuisses du brun. Il poussa un gémissement impossible à retenir, sentant aussitôt le bassin du blond se presser contre le sien, procurant au deux guitaristes une sensation proche de celle d'une décharge électrique. Aoi rejeta la tête en arrière, la pressant contre le mur, et il étouffa le gémissement que poussa le blond, un gémissement frustré et envieux, en pressant ses doigts sur les lèvres du guitariste.
Aussitôt, la langue d'Uruha captura les doigts d'Aoi pour les caresser, les lécher, les mordiller, puis enfin les relâcher et faire subir le même supplice à la peau douce et sensible du cou du brun.
"Qu'est-ce que tu veux faire, Uruha-chan ?" murmura la voix grave et tendue par le désir du brun, seulement interrompu par les douces morsures de l'androgyne.
"J'sais pas..." Encore une morsure, plus douce cette fois. "J'ai envie..."
La voix d'Uruha mourrut cette fois sur ses lèvres, en un gémissement plaintif, alors que les doigts du brun longeaient avec envie les cuisses de l'androgyne, ralentissant de plus en plus à mesure qu'ils remontaient le long de la jambe du guitariste, lui arrachant un soupir suppliant.
"Aoi ..!" supplia le blond, les paupières closes, blotti contre l'autre guitariste et totalement offert, alors que le brun retirait peu à peu ses mains du corps de son amant. "Aoi-chan... Fais-le..."
"Uruha qu'est-ce qui te prend ?" murmura le brun en guise de réponse, sa voix sonnant désormais comme un reproche. Les paupières d'Uruha se rouvrirent, son regard devenu plus calculateur; avait-il compris que c'était désormais à lui de prendre les initiatives ?
