Mes bras sont retombés le long de mon corps et je le regardais intensément. Ses yeux marron, habituellement rieurs, malicieux ou ironiques, me fixaient avec tout le sérieux dont cet homme était capable.
-"Sam, je t'aime ! Je veux être avec toi mais avec tout ce qui nous attend avec Anubis je ne veux pas que nous quittions le SGC. Je ne sais pas comment être avec toi, alors que j'en meurs d'envie."
Alors que je me tenais debout devant lui, mes jambes ont arrêté de supporter mon poids. J'ai dû m'asseoir sur le canapé pour ne pas me trouver mal.
-"Sam !" me dit-il, s'accroupissant entre mes jambes, sur le sol du salon. "ça va ?"
-"Oui monsieur, merci."
-"Ne m'appelle pas monsieur !"
-"Pardon mon colonel" répondis-je, en bon soldat.
-"Sam, on est en train de parler de nous, appelle-moi Jack bon sang !"
Je levais la tête vers lui et fronçais les sourcils.
-"Bon, on doit trouver une solution et j'ai besoin de tes capacités intellectuelles, après tout, c'est toi le cerveau du groupe !" me dit Jack.
Je lui souris et nous sommes restés à nous contempler pendant un moment qui m'a semblé durer des heures, mais de merveilleuses heures. L'horloge que le colonel avait dans l'estomac nous rappela à la réalité et je lui ai proposé de déjeuner avec moi. J'ai préparé des hamburgers maison pendant qu'il faisait la vinaigrette pour la salade.
Nous avons déjeuné et parlé de beaucoup de choses mais pas de nous ni du SGC. Il a fait la vaisselle pendant que j'essuyais et rangeais. Une fois terminé, il attrapa le torchon que je tenais et m'attira à lui. Il enroula ses bras autour de moi et déposa ses lèvres chaudes et tentatrices sur les miennes. Après quelques secondes, j'ai senti sa langue me caresser et j'entrouvris la bouche pour que ma langue rejoigne la sienne. Ce baiser a été le plus formidable de ma vie. Jack me faisait me sentir bien, féminine et désirable. Il déplaça ses mains et les posa de chaque côté de ma tête, au niveau de mes oreilles et m'embrassa encore. Je déposais le torchon que je tenais toujours. Il me prit ensuite par la taille et m'assit sur le comptoir de la cuisine. J'ai enroulé mes bras autour de sa nuque, tout en le caressant avec mes doigts. J'adorais passer mes mains dans ses cheveux.
-"Jack, on n'a toujours pas de plan" dis-je, en essayant d'adopter une respiration normale.
-"On s'en fout, pas besoin de plan !" répondit Jack, en partant à la découverte de ma gorge.
-"Mais c'est toi qui es arrivé avec cette idée !" m'écriais-je, d'une voix rendue différente par ses caresses.
-"C'était une idée de merde, comme beaucoup de celles qui me passent par la tête !" dit-il en souriant.
-"Je reprends le boulot demain, qu'est-ce qu'on fait alors ?"
-"Ah ça y est, ton brillant cerveau s'est remis en marche !" me dit-il au creux de l'oreille, me faisant frissonner.
Je tirais sur son t-shirt pour lui retirer et caresser son torse. Il plongea son regard au plus profond du mien, me faisant comprendre ce qu'il voulait mais me laissant le choix de franchir la ligne ou pas. J'hésitais.
-"Sam, je sais que tu es quelqu'un de droit et d'honnête. Si tu ne veux pas enfreindre la loi, il vaudrait mieux en rester là" dit-il d'une voix calme et douce.
Une larme s'échappa d'un de mes yeux, il l'essuya sur ma joue de son pouce.
-"Chut, ne pleure pas. Je vais te laisser réfléchir à ça et nous en reparlerons demain, d'accord ?"
Comme je refusais de le laisser partir, j'ai secoué la tête.
-"Non ? Pourquoi cela ?"
-"Reste avec moi..." implorais-je.
-"D'accord ma douce" répondit Jack, incapable de me refuser quoi que ce soit.
Nous avons passé une bonne partie de la journée à parler des options s'offrant à nous et nous revenions toujours au même point : rester ensemble en essayant de ne pas nous faire prendre. J'ai préparé le dîner et nous sommes montés regarder un film dans mon lit. Notre première nuit a été magique. Nous n'avons pas fait l'amour, nous sommes resté allongés l'un contre l'autre, au chaud sous ma couette. Nous avons parlé une bonne partie de la nuit et nous sommes finalement endormis au petit matin.
-"Sam, ma puce, lèves-toi ou tu vas être en retard" me dit-il en me caressant le dos. J'étais couchée sur le ventre, le drap remonté jusqu'à mes fesses. Je grognais car ses caresses me réveillaient certes mais ne me donnaient pas envie de me lever.
Il est parti avant moi et nous nous sommes retrouvés en salle de briefing plus tard, avec le reste de l'équipe. Le général nous avait convoqués pour une réunion exceptionnelle.
-"Sam, tu es en retard ce matin !" remarqua Daniel Jackson, en jetant un œil à sa montre.
-"Daniel, depuis quand tu surveilles mes allées et venues ? Et en quoi ça te concerne ?"
-"Excuses-moi Sam, je voulais détendre l'atmosphère... Habituellement c'est Jack le retardataire."
L'arrivée du général Hammond me dispensa de lui répondre.
-"Bon, comme vous le savez sans doute, notre nouveau président vient de prendre ses fonctions et il m'a fait passer une note. Il veut un comportement exemplaire de la part de tous les officiers de cette base. Pas d'exception ou de passe-droit. Suis-je clair ?" demanda Hammond, nous fixant le colonel et moi.
Jack demanda l'autorisation de parler et Hammond l'y autorisa.
-"Mon général, pourquoi vous nous dites ça à nous en particulier ?"
-"Parce que j'ai passé trois jours avec le président, en vidéo-conférence, à reprendre tous les rapports de mission de cette base avec lui et il a compris que certains officiers au SGC partageaient des sentiments. Bien qu'à ma connaissance, personne ne soit passé outre, je vais mettre tout le monde en garde ici. Est-ce qu'il y a quelque chose dont vous voudriez me parler ?"
-"Non monsieur" dis-je en même temps que le colonel.
Le général nous renvoya à nos occupations et le colonel me suivit jusqu'à mon laboratoire.
-"Sam" dit-il, en fermant la porte. "Là, je crois qu'on est mal !"
-"Oui mais surtout, que s'est-il passé ? Pourquoi s'intéresse-t-on autant au respect de cette loi alors qu'il y a plus grave à l'horizon !"
Jack n'avait aucune réponse à me fournir. Nous avons décidé d'aller voir Hammond et lui expliquer notre situation. Nous n'avions encore rien fait de mal, nous avions besoin de ses conseils. Le général nous écouta sans un mot, jusqu'à ce que nous n'ayons plus rien à dire. Il croisa ses mains face à lui, les coudes sur le bureau.
-"Je vais voir ce que je peux faire mais je n'ai aucune garantie à vous donner."
