Bonjour bonjour,
Bouh la semaine de fou! je voulais poster le mercredi ou le jeudi plutôt que le vendredi mais j'ai même pas eu le temps de me poser pour poster un chapitre déjà écrit. Un déplacement à Paris (5h40 - 22h40 train compris), une soirée ligue des champions, une soirée dodo (pour préparer le lever à 5h pour le train )
Bref, nous voici vendredi, épuisé, mais vivant. Par contre je suis triste: pas de review la semaine dernière :(
Chapitre 2 : Prise de conscience
Dumbledore était assis derrière son bureau, il essuya ses lunettes à l'aide de sa robe de sorcier. Il attendait depuis longtemps le moment où Drago Malefoy se rendrait compte qu'il valait mieux suivre sa mère que son père. Il avait cependant du mal à concevoir que Voldemort lui ait confié à lui, son plus jeune serviteur, qui n'avait même pas la marque, son assassinat. Il fallait qu'il le revoie rapidement pour le sortir des griffes du lord noir. En attendant, il envoya son patronus aux membres de l'Ordre afin de les réunir.
Rapidement les professeurs et les quelques Gryffondors arrivèrent. Il n'était pas tard mais neanmoins la plupart d'entre eux avait déjà revêtu leurs robes de nuit. Minerva arriva la première. La tête recouverte d'une adorable toque bleue. Severus, en noir comme d'habitude. Suivirent les autres professeurs et enfin, puisqu'ils venaient de leur tour, les élèves. Harry, Ron et Hermione bien sûr mais aussi les jumeaux et Ginny, Neville, Seamus, Dean ainsi que Lavande et Parvati.
« Bonsoir, je suis désolé de vous convoquer aussi tard. Un événement que j'attendais depuis longtemps s'est produit ce soir. Non, non, ne vous inquiétez pas, rien de grave, au contraire. Drago Malefoy est venu me voir ce soir. Il ne le sait pas encore, du moins il ne l'admettra pas mais il souhaite rejoindre l'Ordre….
- Malefoy ? L'ordre ? Vous le croyez ? Je veux dire, il est le plus virulent des Serpentards, surtout envers Hermione et nous. Il clame haut et fort que le retour de Vous-savez-qui est une bénédiction….
- Ronald, si Dean et Seamus, ici présents, passaient leur temps à rapporter à votre mère vos moindres faits et gestes, agiriez-vous de la même façon ?
- Quoi ? Comment ? Mais oui… Euh… Sans doute
- Bien sûr que non, tu mangerais plus proprement sans aucun doute, sinon tu recevrais une beuglante par jour
- Ginny, tu es ma sœur tu te dois me soutenir !
- Professeur, vous nous dites que Malefoy n'est pas celui qu'il semble être, peut-être, mais comment en être sur ? demanda Hermione.
- Il m'a confié quelques-uns de ses souvenirs les plus éloquents sur son éducation et il a accepté de se soumettre au Véritasérum. Mais avant que nous n'en arrivions là, je voudrais le confier à l'un de vous et voir ce qu'il en ait. Les vacances de noël approchent et il est bien sûr hors de question qu'il retourne chez lui sachant qui s'y trouve sans doute. Je ne sais pas si nous l'accepterons dans nos rangs, mais il est hors de question de l'abandonner après qu'il ait renoncé à suivre son père. »
Tout en disant cela il s'était levé et avait amené la Pensine sur son bureau. Il sortit de sa robe un flacon contenant les souvenirs de Drago. Tous se penchèrent sur la surface qui se brouillait déjà. L'enfance de Malefoy s'étalait aussi net que sur un écran géant. A la fin, Hermione était plus pâle que d'habitude et même Ron avait perdu de sa superbe.
« Vous comprendrez donc pourquoi Drago a pu être quelque peu froid voire méchant. Maintenant discutons de la raison pour laquelle je vous ai fait venir, qui n'est pas la gentillesse et politesse de Drago, mais bien ce que nous devons faire de lui. Car comme je vous l'ai dit, la décision de l'intégrer à l'Ordre ne dépend pas que de moi, mais de nous tous. Et cependant, si nous devions le rejeter, vous comprendrez bien évidemment que nous ne pouvons pas l'abandonner à son sort. Il est venu à moi ce soir, pour m'annoncer quelque chose que j'aimerai taire pour l'instant. Je vous disais donc, je voudrais le confier à l'un d'entre vous, qu'il l'étudie, le comprenne, l'écoute si besoin est. Vous passerez les vacances de Noël au terrier, j'ai envoyé un hibou à Molly pour savoir s'il pourrait se joindre à vous. Ce sera la bonne occasion pour le connaître. »
Harry et Ron restaient silencieux et leurs visages étaient fermés, on sentait l'explosion approcher.
« Ce n'est pas tout, il y a d'autres cartes que vous devriez tous avoir afin de pouvoir comprendre la situation à laquelle nous faisons face. L'éducation qu'a eue Drago, dont vous avez eu un aperçu lors de ses souvenirs, cette éducation est le signe particulier d'un projet de Lucius. Le même projet qu'avait son père pour lui mais qui n'a jamais abouti. Quelque chose que les Malefoy ambitionnent depuis longtemps. Il semblerait que Drago soit leur plus grand espoir et le voir s'envoler va rendre Lucius d'une fureur folle. Peut-être même plus que Voldemort lui-même.
- Quel est ce projet professeur ?
- Je ne le sais pas exactement, mais il semblerait que cela ait un rapport avec la pureté du sang. Ils espèrent tirer de lui une grande puissance. Et sans doute pas pour la paix dans le monde. Il faudra faire des recherches et voir si l'on peut en apprendre plus à ce sujet.
-Vous voulez utiliser Malefoy, comme son père l'a utilisé ? demanda Hermione
- Non bien sûr, mais je pense que cette chose fait partie de l'héritage des Malefoy et que Drago doit en hériter, il a souffert toute sa vie pour ça, alors je voudrais l'aider à découvrir cette chose. Si, par la même occasion, on s'aperçoit qu'il est fiable et digne de notre confiance, alors tout le monde sera heureux. »
Minerva se leva soudainement
- Professeur, si je résume, vous saviez depuis un certain temps que Drago Malefoy était une clé importante voire capitale de notre action, vous saviez qu'il allait venir à vous pour changer de camp, vous ne saviez pas quand. Vous ne savez pas non plus quel mystère entoure ce jeune homme plus que tourmenté, mais il ne vous a pas semblé opportun de nous faire part de cette affaire avant qu'elle ne se confirme.
- C'est exact Minerva, ne soyez pas vexée, à quoi bon accaparer vos pensées avec des chimères qui ne se réaliseront jamais. Je suis le directeur de Poudlard, il est de mon devoir de connaitre mes élèves, leurs potentiels et leurs choix.
- Professeur, pensez-vous que Malefoy sache qu'il est au cœur d'une machination de ce type ? demanda Hermione
- Non bien sûr, son père s'est bien gardé de l'informer. Il est un outil que Lucius pense pouvoir utiliser à sa guise.
- Il semblerait que cela ne soit plus le cas. Je me demande ce qui a pu amener Malefoy à retourner sa veste ainsi. Demanda Harry
- Il vous le dira s'il le souhaite. Bien, qui veut s'occuper d'établir si Drago est fiable ou non et creuser ce secret qui l'entoure ? »
Il posa son regard sur les Gryffondors. Harry et Ron se tortillaient rouge et la tête basse, la colère brillait dans leurs yeux mais ils n'osaient croiser le regard du directeur. Dean et Seamus n'en menait pas plus large. Hermione suivait le regard de Dumbledore, secoua la tête et prit la parole.
« Moi, je vais le faire, je vois que je suis apparemment la seule assez mature pour mettre de côté mes à priori.
- Hermione, tu n'es pas sérieuse, tu es celle qu'il déteste le plus.
- Et bien je t'en prie Ron, puisque tu te dévoues…
- Non, ce n'est pas ça… Mais…
- Et bien, je le ferais professeur, je suis totalement immunisée contre le venin de ce serpent et je suis sûre qu'il n'est pas vénéneux de toute façon. Et je trouverai la raison pour laquelle son père l'a élevé ainsi. »
Dumbledore lui sourit et acquiesça. Il savait aussi depuis le début qu'elle accepterait. Les pièces du puzzle se mettaient en place.
« Bien puisque nous avons réglé le problème, je propose que nous allions tous prendre un repos bien mérité, et surtout, pas un mot de cette histoire dans les couloirs. »
Son regard se posa sur Harry et Ron qui n'avaient pas encore protesté de la décision de leur amie. Ils hochèrent la tête en se renfrognant. Les professeurs se retirèrent les premiers et les Gryffondors les suivirent dans les escaliers. Une fois devant la gargouille ils se séparèrent en se souhaitant bonne nuit. Enfin pour McGonagall, bien évidement Rogue ne leur jeta même pas un regard.
Ils regagnèrent leur salle commune qui était déserte à cette heure. Ils se souhaitèrent bonne nuit, respectant la demande de Dumbledore mais les regards que les deux garçons portèrent sur leur amie étaient sans équivoque. Ils étaient inquiets. Hermione, quant à elle, était perplexe. Ce qu'elle avait vu dans la pensine l'avait plus perturbée qu'elle ne voulait l'admettre. Serait-il possible que son ennemi de toujours ne soit pas mauvais au fond ? Elle brossa ses cheveux hirsutes et se brossa les dents tout en réfléchissant. Elle passa son pyjama et se glissa sous les couvertures. Elle savait néanmoins qu'elle ne trouverait pas le sommeil facilement. En effet, il était facile de détester Malefoy en pensant que, de toute façon, il n'avait pas de cœur, qu'il était foncièrement mauvais et mesquin. Mais avec ce qu'elle avait vu dans la Pensine… Ses aprioris volaient en éclats. Il retournait sa veste. Il se retournait contre son père et contre tous les préjugés qu'il lui avait enseignés. Elle voulait le croire. Elle l'espérait. Elle ne croyait pas qu'il tente de s'infiltrer parmi eux. Bien sûr c'était un risque qu'elle ne pouvait pas écarter, mais elle avait bon fond, alors elle ne pouvait pas réellement croire qu'il tentait de se jouer d'eux. C'est pour cela qu'elle s'était portée volontaire pour « l'enquête », elle voulait voir par elle-même ce qui se cachait sous la façade « Malefoy ».
Elle se remémora les souvenirs qu'elle avait de Malefoy, elle tentait de voir au-delà de ce qu'il avait toujours tenté de montrer.
Flashback :
Hermione a onze ans. Elle est sur le chemin de Traverse. Avec ses parents. C'est la première fois qu'elle est en contact avec le monde des sorciers. Elle a appris par une lettre qu'elle était une sorcière. Comme dans les contes de fées. Elle allait apprendre la magie et pour ça elle avait besoin des livres qui se trouvaient sur la liste qu'elle avait reçue. Ses parents l'avaient plutôt bien pris et ils avaient accepté de l'accompagner. Ils avaient d'abord échangé leurs livres sterling contre des gallions, noises et mornilles. La jeune femme du guichet de change leur avait patiemment expliqué la valeur et le nom de chacune des drôles de pièces qu'ils tenaient maintenant dans leurs mains. Ils se dirigeaient donc dans la plus grande rue commerciale du Londres moldu à la recherche d'une librairie où leur fille pourrait acheter ses livres. Tout autour d'eux, le monde sorcier affichait sa différence. Les magasins d'animaux, d'ingrédients pour les potions, de robes de sorcières, tout cela révélaient qu'ils avaient été bien ignorants pendant des années. Ils arrivèrent en vue d'une librairie et ils n'étaient apparemment pas les seuls à souhaiter faire les achats de rentrée ce jour-là. Devant le petit magasin s'étendait une file de personnes toutes plus étranges les unes que les autres. Un homme aussi haut qu'une maison et à la barbe hirsute entretenait la conversation avec un gamin rachitique qui aurait bien eu besoin de couper ses cheveux. Hermione trépignait d'impatience en tenant la main de sa mère quand son regard croisa celui d'un autre enfant. Froid. Le regard bleu acier la transperça. Mépris. Le garçon était accompagné de ses parents également. Blonds tous les trois, en robe de sorcier, ils ne cachaient pas leurs origines. Le regard du garçon descendit sur le jean d'Hermione et dévia sur ses parents, visiblement perdus et au bord de la crise de panique. Puis il s'attarda sur les mains enlacées de la mère et la fille et sur la main du père posée sur l'épaule de son enfant dans un geste qui se voulait protecteur. Ils prirent place derrière eux dans la file et bientôt la jeune fille détourna son regard. C'était à son tour d'entrer dans la boutique. Aussitôt une employée visiblement débordée les aborda et leur demanda en quelle année elle rentrait. Elle leur rapporta peu après la pile de livres au programme et les parents d'Hermione tendirent les pièces. Comprenant qu'ils étaient moldus, la jeune employée leur sourit et préleva dans leur main le montant de leurs achats. Derrière elle, Hermione entendit le père du blond s'exclamer que les moldus ne devraient pas être autorisés sur Traverse. Ses parents et elle sortirent sous les regards méprisants et hargneux du père et, Hermione le constata avec surprise, ceux désolés de la femme qui se tenait en retrait.
Hermione a douze ans. « Sang de Bourbe ». Le mot sonne pour la première fois dans ses oreilles. Elle, qui croyait le monde sorcier tellement meilleur que le monde moldu, venait de se rendre compte que les mêmes inepties sur les races et le sang étaient monnaie courante dans ce monde aussi. Sur le terrain de Quidditch, devant les deux équipes, Malefoy a osé. Elle ignorait alors complétement le sens de ces mots qu'elle allait entendre tant de fois par la suite. Quelle idiotie. Comme si le sang pouvait être différent d'une personne à l'autre selon qu'elle pouvait se servir d'une baguette ou non. Malefoy et sa bande le pensait visiblement. Ainsi qu'une autre personne beaucoup plus extrémiste qu'eux. Harry et Ron avait pensé que Malefoy pouvait être responsable pour la chambre des secrets, mais Hermione était persuadée que non. Elle avait vu le regard horrifié qui était passé sur le visage de Malefoy quand les premières victimes avaient été touchées. Un regard empli de compassion et d'effroi, qui avait disparu à la vitesse de la lumière pour laisser place au sourire narquois et au regard méprisant. Mais elle, elle avait vu le vrai visage de Malefoy. Mais elle avait bien vite oublié. Comment Malefoy pourrait-il être compatissant ou effrayé ? Idiot n'est-ce pas ? Surtout quand il s'était bien vite remis à l'insulter.
…
Hermione a treize ans. « Espèce de grosse brute repoussante ». Encore une fois Malefoy insultait. Mais cette fois, la réaction ne se fit pas attendre et l'hippogriffe s'attaqua à lui. Hermione qui n'était pas loin vit la scène se dérouler au ralenti. Malefoy perdit son air hautain qui le vieillissait tant pour un air de pure frayeur qui lui redonnait son âge. Il devint plus pâle qu'à l'ordinaire, si tant est que ce soit possible. Et il manqua de s'évanouir sur l'épaule d'Hagrid. Hermione se précipita pour aider Hagrid à l'emmener à l'infirmerie. Plus tard, alors qu'elle était seule pour aller en cours, elle passa devant l'infirmerie dont la porte était ouverte. Le père de Malefoy était là. Elle put entendre la voix froide et distante du père au chevet de son fils. Aucune compassion, aucun amour. Pas même de la fierté, malgré le discours qu'il tenait à Drago :
« Bien joué mon fils, tu as bien agi, cet idiot de sang impur va être renvoyé. Je ne fais peut-être plus parti du conseil d'administration mais je reste un parent d'élèves. Continu de souffrir, et je vais faire tout mon possible pour le faire renvoyer. Il est déjà inadmissible que les sangs de bourbe puisse étudier dans cette école mais qu'un professeur ne soit même qu'à moitié humain me dépasse complètement. Dumbledore a vraiment perdu la raison. »
Malefoy fils restait silencieux. Le regard dans le vide. Hermione pouvait apercevoir son visage et ce qu'elle y vit la rendit perplexe. Pas de haine, pas de mépris, pas de fierté. Juste un enfant comme elle. Juste un enfant qui cherchait l'amour de son père.
…
Les détraqueurs venaient d'envahir le stade de Quidditch, Harry tombait de son balai. La scène se passait au ralenti. Hermione hurlait. Mais elle n'était pas la seule. Un coup d'œil derrière Harry, du côté des Serpentards et elle vit Malefoy et ses cheveux blonds, comme un point clair dans la nuit. Et elle vit clairement le jeune homme tomber à genoux en se prenant la tête dans les mains en regardant Harry au sol. Plus de moqueries. Comme tous les autres il était choqué par la présence des détraqueurs. Elle vit aussi les regards noirs de Crabbe, Goyle, et un autre élève qu'elle ne connaissait pas. Trop préoccupée pour y penser plus longtemps, elle oublia.
…
Elle l'avait frappé. Il était là, avec son air arrogant, crachant ses paroles immondes sur Hagrid et elle l'avait frappé. Le regard qui était passé dans ses yeux à lui rien qu'une seconde l'avait pétrifiée. Puis encore une fois, il avait remis son masque. Elle avait sorti sa baguette. Pourquoi ne pouvait-il pas laisser sortir ce regard plus souvent. Celui qui ne portait pas de haine en lui et qui ne se présentait que lorsqu'il était choqué.
…
Hermione a quatorze ans. Harry s'est enfoncé dans le labyrinthe depuis plusieurs heures déjà. Soudain il apparaît. En sang. Diggory est couché sur le sol, inerte, blanc, mort. La main sur la bouche Hermione est figée. Inconsciemment elle balaie le stade du regard et tombe sur Malefoy. Debout, pâle, figé lui aussi dans une position qui révèle l'horreur de ce qu'il voit. De ce qu'il sait. Il manque de tomber de son banc. Déjà il s'éloigne. Comme toujours suivi de ses acolytes.
Fin du flashback
Hermione se redressa dans son lit. Elle, qui avait mis le doigt tant de fois sur cet aspect de Malefoy, n'avait jamais pu comprendre certaines de ses réactions. Elle, si intelligente, était passée complètement à côté. En même temps, les souvenirs de Malefoy et son désir de changer de camp éclairait tous les souvenirs qu'elle avait de lui d'un jour nouveau. Donnant un sens à l'éclat qu'elle avait aperçu à maintes reprises dans les yeux de celui qui se faisait passer pour son ennemi. Elle prit conscience d'un fait qui lui allégea son estomac d'un coup : Malefoy n'était pas mauvais. Pas profondément en tout cas. Pas tout au fond. Elle savait bien que l'éducation jouait un rôle important dans l'état d'esprit d'un enfant. Que serait-elle devenue si ses parents ne l'avaient pas aimé d'un amour inconditionnel, ne l'avait pas soutenue quelques soient ses choix, comme celui d'intégrer une école de sorcellerie et par là même un monde qu'ils ne connaissaient pas et qui détruisait tous les projets qu'ils avaient faits pour elle. Oui, ce soir-là, dans sa chambre, Hermione Granger prit conscience de la chance qu'elle avait d'avoir des parents sur qui elle pouvait compter, des amis qui l'entouraient.
Au matin, elle se réveilla tôt, elle resta allongée sur le dos et en regardant le plafond de sa chambre, elle repensa à la découverte qu'elle avait faite la vieille. Malefoy ne serait pas mauvais. Peut-être irrécupérable mais pas mauvais. Elle allait devoir faire en sorte de faire ressortir ce bon côté pour que les autres la croient. Elle, Hermione Granger allait rendre Malefoy humain. Pas bon, il ne fallait pas pousser, mais humain, avec des sentiments humains, autres que la haine et le mépris s'entend. Elle allait apprendre à le connaître, à lui livrer ses secrets. Elle ne le prenait pas en pitié, mais ce garçon avait besoin d'amis, d'amis fidèles, pas des gorilles gardes du corps ou des serpents trop effrayés pour vouloir être réellement proches de lui.
Elle se leva d'un coup, motivée par ce nouvel objectif qui l'animait. Elle fallait maintenant qu'elle trouve l'occasion de se rapprocher de lui. Seule à seul. Sans personne d'autre. Elle savait bien que Malefoy ne ferait jamais tombé le masque en présence de quelqu'un d'autre. Elle n'était déjà pas sure qu'il le ferait tomber devant elle. Elle alla prendre une douche bien chaude tout en réfléchissant à comment approcher Malefoy. Elle ne savait pas que dans son bureau Dumbledore avait déjà trouvé la solution à son problème.
En arrivant dans la Grande Salle, elle jeta un œil à la table des Serpentards. Malefoy n'était pas encore là. Elle fronça les sourcils et rejoignit sa table. Harry et Ron la regardait d'un drôle d'air, ils n'avaient pas vraiment reparlé de la réunion de la veille et ne savait pas comment Hermione prenait réellement sa nouvelle mission. Elle leur sourit en s'asseyant.
« Ça va Hermione ? Pas de cauchemars à cause de tu sais qui ?
-Non, Ron. Au contraire, j'ai beaucoup réfléchi et je pense qu'il n'est pas si mauvais…. Ne me regardez pas comme ça, vous avez bien vu les souvenirs, qui pourrait être normal avec une enfance pareille. De plus, Dumbledore t'a clairement sous-entendu qu'il était espionné et que ses faits et gestes étaient rapportés à son père. Et réfléchissez bien, vous deux, n'avez-vous jamais pensé qu'il n'était peut-être pas ce qu'il prétendait être, n'avez-vous jamais aperçu une lueur de peur, de honte, ou d'excuses ?
- Non, mais je suis d'accord, il n'est pas ce qu'il ce qu'il prétend être. Il est juste prétentieux et vantard. Il n'y a rien derrière ses paroles. Et ne perd pas de vue la façon dont il t'a traitée pendant des années.
- Je pense que je suis la mieux placée pour le savoir tu ne crois pas Harry ? »
Leur conversation s'arrêta là. Dumbledore s'était levée et réclamait le silence en tapant sur son verre.
« Bonjour les enfants. J'ai une annonce à vous faire. Avec les professeurs, nous travaillons à rétablir l'harmonie entre les écoles. Beaucoup ont perdu de vue l'objectif des maisons. Une compétition saine et non pas une guerre intestine dans l'école. Pour ce faire, nous avons décidé de mettre en place des activités inter maisons. Des activités obligatoires, s'entend. En rapport, avec votre formation. La liste des groupes sera affichée à la porte de la Grande Salle, les binômes ne sont pas interchangeables et les travaux seront propres à chaque binôme et tenu secret jusqu'à la remise des projets. Je rencontrerai chacun de vous pour vous donner vos projets. Je ne vous en dis pas plus. »
Il se rassit et aussitôt les conversations reprirent. Harry, Ron et Hermione se regardaient d'un air entendu. Bien sûr, cette annonce n'était pas sans lien avec leur réunion d'hier et ils étaient sûrs qu'Hermione serait en binôme avec Malefoy. Ainsi, elle se sentait apaisée, elle n'avait plus à se casser la tête pour trouver un moyen d'approcher Malefoy. Harry et Ron, eux, angoissaient légèrement de savoir avec qui ils se retrouveraient. A côté d'eux, Ginny se sentait mise à part, mais s'interrogeait également sur son binôme.
