Hermione
- C'est bizarre… J'ai l'impression que quelque chose va se passer, ce soir…
Hermione reposa sa flûte de champagne moldu sur la table basse et se retourna vers son amie pour la dévisager avec une certaine surprise. Elle examina ses cheveux blonds et lisses qui lui tombaient en cascades dans le dos, ses yeux transparents et innocents qui virevoltaient entre les invités, et surtout ses boucles d'oreilles en forme de radis, ses préférées, qui pendaient à ses oreilles.
- Mais enfin, Luna… Qu'est-ce qui irait mal ?
L'intéressée haussa les épaules d'un air détaché et repartit dans sa rêverie. Mais Hermione remarqua une pointe de nervosité, car elle tripotait machinalement l'ourlet de sa robe jaune poussin qu'elle avait sortie spécialement pour l'occasion.
Car fêter ses 25 ans, cela n'arrive pas tout les jours, et Ginny avait bien décidé de le prouver. Le Terrier et tout le domaine avait été mit à contribution. Dehors, les plus gourmands pouvaient déguster les délicieux toasts préparés par Molly les plus décontractés pouvaient s'essayer à quelques pas de danse sur la piste, aux sons d'une musique soigneusement choisie par les jumeaux Weasley mais tous sans exception discutaient avec entrain autour d'une bonne Bière au beurre à l'intérieur comme à l'extérieur, à parler de tout et de rien, à échanger les idées de cadeaux qu'ils avaient eu, le tout en secret, ayant peur de révéler contre leur gré leur fabuleux présent à leur hôte. En parlant de cadeau, celui d'Hermione était un parfum moldu très à la mode à Londres, nommé Miss Dior. Et elle croisait les doigts pour que cela lui plaise, car étant un parfum de luxe, Hermione avait du aller échanger des gallions pour des pounds, et ce n'était pas chose facile dans le monde sorcier. Emballé dans un très joli motif doré, le coffret était posé tout en haut de la pile des générosités qui ne cessaient de grossir à vu d'œil.
- J'ai l'impression que…que quelque chose d'imprévisible et pourtant si concevable peut se dérouler ce soir, là maintenant, expliqua Luna après un silence, comme si elle avait mûrement réfléchi à la question avant de lancer sa réponse. C'est…je ne sais pas comment l'expliquer, mais j'en ai l'étrange impression…
Hermione sourit et soupira en même temps. Son amie avait des idées si…loufoques ! Pourquoi diable un évènement improbable se déroulerait durant cette fête ? Tout allait pour le mieux. Mais, tandis que son regard vagabondait sur les invités, elle se rembobina les dernières paroles que Luna avait prononcé. « Quelque chose d'inévitable ». Son regard se posa sur les jumelles Patil. Elles étaient habillées en tout point identique, d'un sari rose et ocre qui leur allait à ravir. Et pourtant… Elles regardaient vers le jardin, une expression d'horreur peinte sur leur visage. La jeune fille fronça des sourcils. Que regardaient-elles avec autant de terreur ? Elle essaya de suivre leur regard, mais tout ce qu'elle réussit à voir, c'était Blaise, nonchalamment adossé au buffet installé à l'extérieur. Il avait dans la main une lettre froissée, et à la façon dont il tenait sa coupe, il n'avait pas l'air content. Sa tempe palpitait à vive allure, et additionné à sa colère (inconnue aux yeux de la jeune fille) se mêlait une forme d'anxiété. Théodore approcha et échangea quelques mots avec lui, mais Blaise le repoussa violement. Cela se voyait, il n'était pas dans son état normal. Quelque chose l'avait bouleversé… Mais quoi ?
C'est à ce moment-là qu'Hermione comprit que le mauvais présage que Luna venait de fonder… Etait peut-être vrai. Un mal de tête affreux la saisit d'un coup, sans crier gare, et face à ce brusque assaut, elle lâcha un petit gémissement et prit sa tête entre ses mains. Un atroce sentiment d'effroi emplit son esprit, le monde sembla tourner autour d'elle, elle, le seul point fixe de toute cette pièce chancelante. La salle devint sombre et humide, les rires devinrent plus sadiques et plus sonores, plus horribles aussi. L'ambiance devint plus ténébreuse, elle vit non loin d'elle Seamus et Dean discuter avec animation, et alors qu'ils en venaient aux mains, Charlie, l'aîné des Weasley, les sépara sans ménagement. Elle vit d'un autre œil les petits détails : la délicieuse part de gâteau au chocolat qui se présentait devant elle semblait être rengorgé de poison, les néons au-dessus de sa tête paraissaient être des épées de Damoclès, le boa de plume que portait Cho autour de son cou se révéla être un serpent venimeux. Par Merlin, que lui arrivait-il ? Qu'était ce mal qui la rongeait, alors qu'elle plaisantait avec Luna i peine quelques minutes ? De l'eau, elle avait besoin de se rafraîchir. Elle se leva sur des jambes flageolantes, et effectua un ou deux pas hésitants, mais bien vite elle dû se rattraper au dossier du fauteuil voisin, ce dont remarqua l'ancienne Serdaigle.
- Hermione ! Tu te sens bien ? s'inquiéta-t-elle. Il faudrait que tu prennes cette potion que mon père prépare souvent lorsque j'ai une migraine, tu verras c'est formidable, il s'appelle…
D'un signe de main, la jeune fille lui informa que ce n'était pas la peine qu'elle se lève. D'un pas tremblant, elle se dirigea vers le couloir qui menait aux toilettes. Durant le trajet, elle rencontra une foule de gens qui la saluaient, qui riaient, qui couraient dans tous les sens mais eux, ils ne semblaient pas voir quel drame allait se produire. Elle manqua de se faire renverser par Lavande, un étrange sourire sadique plaqué sur ses lèvres. A l'évidence, elle préparait un mauvais coup… Mais Hermione n'eu pas le cœur de s'en préoccuper.
Elle entra avec fracas dans le petit cabinet et s'accouda au lavabo. Elle s'empressa de respirer lentement par la bouche, essayant de reprendre contrôle. Mais ce drame… Oui, un drame, mais quand allait-il se dérouler ? Et question non moins pertinente : allait-il seulement se dérouler ? Si oui, pourquoi ? Mais qui, quoi, où, comment allait-il frapper ?
Hermione secoua sa tête, s'efforçant de chasser ses idées noires de son esprit. Si elle commençait à devenir comme Trelawney, son ancienne professeure de divination qu'elle n'aimait particulièrement pas à cause de l'absurdité de ses paroles…
Elle leva la tête et regarda son reflet dans le miroir qui lui faisait face. Ses yeux étaient maquillés, chose qu'elle n'aurait jamais faite si ce n'était pour une pareille occasion. Elle portait un très joli collier en argent, que l'a aussi elle n'aurait jamais porté en dehors de cet anniversaire. Du plat de sa paume, elle lissa sa robe noire en dentelle, qu'elle avait trouvé dans les affaires de sa mère il n'y a pas longtemps. Mais malgré ses artifices, elle ne put s'empêcher de remarquer son teint blafard, ses joues creusées et ses grosses cernes sous ses yeux ternes.
Elle saisit son sac en perles brodé qu'elle avait avec elle (sac qui les avaient accompagnés lors de la septième année à chasser des Horcruxes), et l'ouvrit précipitamment. Elle fouilla pendant quelques minutes, repoussant les rouges à lèvres inutiles, les paires de lunettes de soleil, les téléphones portables moldu, les portefeuilles, les rouleaux de parchemins. Enfin, elle mit la main sur ce qu'elle recherchait, et sortit son butin d'un air triomphant.
C'était une petite fiole en verre teinté rougeâtre, qui portait une étiquette à moitié délavée et à moitié déchirée, dont il était à présent impossible de pouvoir lire le nom. Mais la jeune fille n'avait pas besoin de l'inscription pour savoir ce que contenait la fiole. C'était une potion spéciale contre les mal de tête, un remède imbattable. On ne pouvait pas trouver de plus performant sur le marché que ce produit presque miracle, et pourtant il était d'une facilité enfantine à préparer qu'on en voyait la recette en 3e année à Poudlard. Hermione dévissa le bouchon et but une petite gorgée. La potion avait une consistance assez épaisse et un goût acre en bouche, presque dérangeant, mais dès qu'elle eut avalé le remède, son corps fut pris d'un brusque sursaut, comme si un fluide chaud lui coulait le long du dos. Après quelques instants, elle se sentit beaucoup mieux.
Tandis qu'elle s'appétait à ranger la fiole dans son sac, la porte en bois des toilettes s'ouvrit avec fracas, et un jeune homme maigre, cheveux noir en bataille et lunettes rondes, entra avec précipitation.
- Harry ! s'écria la sorcière avec une pointe de reproche dès qu'elle eut reconnue le nouvel arrivant.
Le Survivant ne lui répondit pas, mais la regarda d'abord, pris de surprise, puis posa son regard, avec une certaine stupeur, mélangée à quelque chose qui ressemblait à de la crainte, sur la petite bouteille en verre que tenait toujours Hermione dans sa main. Précipitamment, la jeune femme à la crinière de feu rangea l'objet tant regardé dans son sac, mais se rendit bien vite compte de la futilité de son geste, car cela ne fit qu'augmenter les soupçons d'Harry. Bien qu'il eu disparu, le sorcier regardait toujours l'emplacement du flacon, et lentement, leva les yeux vers son amie. Il affichait une mine troublée, et Hermione ne put s'empêcher d'essayer de deviner à quoi il pensait. Graduellement, il composa un masque d'impassibilité, ne laissant aucune émotion le traverser, mais ne cessa pas de la fixer, à un tel point qu'elle en ressentit un léger malaise. Après quelques minutes à se regarder ainsi, Harry lâcha soudain, d'une voix morne qui ne lui ressemblait pas :
- Tu devrais sortir. Le gâteau ne va pas tarder.
Hermione hocha la tête, et du bout des doigts, rectifia une dernière fois sa coiffure en se retournant vers la glace. Puis, une fois prête, elle suivit Le-garçon-qui-a-survécu hors des toilettes. Mais au bout de quelques pas, elle se heurta à un torse musclé. Alors qu'elle allait insulter l'impudent, elle reconnu Drago, sublime dans sa chemise blanche signé un grand styliste très connu dans le monde sorcier, et les injures ne réussirent à franchir ses lèvres. Car Hermione ne pouvait pester contre lui, pour la bonne et simple raison que depuis quelques mois, ils étaient assez proches…très proches même, au point que Ginny parlait que des fiançailles pourraient peut-être arriver dans pas si longtemps et seraient la bienvenue. Elle tendit le coup pour l'embrasser, mais Drago recula la tête de quelques millimètres, de quelques infimes millimètres, mais cela suffit à Hermione pour comprendre qu'il ne fallait pas insister. Elle ne comprenait pas pourquoi, d'ailleurs. Il paraissait…tendu, inquiet, anxieux, mal à l'aise. Coupable aussi, pensa-t-elle après l'avoir dévisager.
Hermione baissa les yeux vers ses mains, et c'est avec frayeur qu'elle remarqua que ses mains étaient recouvertes…de sang. Muette, les yeux écarquillés, elle planta ses prunelles horrifiées dans celle, impassibles, d'acier. Elle eut juste le temps de voir que Drago cachait ses mains dans son dos. Et avant qu'elle n'eu le temps de poser des questions, l'ex Serpentard se défila, et courut vers la cuisine. Les questions se bousculaient dans sa tête. Mais elle n'eut pas le temps de les concrétiser par des mots.
Car déjà, les lumières déclinèrent, avant que l'obscurité tombe sur la maison. Hermione alla aux côtés de Ginny, tandis que tous les invités poussèrent un « ah ! » de satisfaction. Au loin apparurent les lumières vacillantes des flammes des bougies du gâteau.
Les premières notes du chant d'anniversaire fusèrent dans la pièce, et Hermione remarqua que les yeux de son amie pétillaient de bonheur. A sa place, elle aussi aurait été heureuse, et elle en oublia l'épisode avec Drago. Là, à ce moment précis, tous les invités (et Dieu seul sait combien était présent ce soir-là) lui souhaitait plein de bonheur pour sa 25e année.
Mais soudain, un coup de vent souffla toutes les bougies, et la maison se retrouva dans le noir le plus complet. Il y eu un petit mouvement de panique. Un bruit sourd parvint à ses oreilles, et une masse s'effondra à ses côtés. Quelqu'un cria « Lumière ! Lumière !», et Hermione chercha à tâtons sa baguette dans les ténèbres. Une autre personne l'avait devancée, et un point lumineux éclaira le visage inquiet de Blaise, à quelques pas de là. D'autres lumières s'allumèrent et des visages apparurent – Lavande et un étrange sourire sadique plaqué sur ses lèvres (qu'Hermione aurait bien voulu lui faire ravaler, à cette pimbêche), Arthur Weasley qui partit vers les entrailles de la maison pour rétablir le courant, Neville qui essayait de rassurer une Luna effrayée qui y voyait là un fatal signe du destin ou-je-ne-sais-quelle-autre-sottise, Fred qui criait par-dessus le tumulte « Calmez-vous ! Ce n'est qu'un courant d'air ! » mais dont les paroles se perdirent bien vite dans le brouhaha. Les diverses sources de lumières aidèrent Hermione à trouver sa baguette, et elle murmura fébrilement un Lumos. La magie opéra, et une illumination apparue. Elle chercha Ginny du regard, et ne la trouvant pas autour d'elle, elle avança un peu pour voir si elle n'était pas plus loin. Son pied trébucha sur un objet dur… qui semblait être une jambe. Elle baissa sa baguette à ses pieds pour éclairer le sol. Elle découvrit le corps inanimé de la belle rousse, sa tête baignant dans une mare de sang.
Un hurlement déchirant sortit de sa gorge.
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Epilogue : Plus tard, environ une heure après la découverte du corps de Ginny, les Aurors débarquèrent et posèrent une foule de questions à tous les invités. Ils inspectèrent également la maison et trouvèrent dans le jardin Harry, évanouie, une fiole semblable à celle bue par Hermione dans sa main (et avec ses empreintes digitales – Hermione vérifia dans son sac, et en effet, le flacon avait disparu), avec à ses côtés un grand couteau de cuisine. Mais les empreintes digitales retrouvées sur le manche étaient celles… de Drago Malefoy.
Pourquoi Drago a-t-il les mains en sang ? Et pourquoi refuse-t-il d'être embrassé ? Quel secret cache-t-il ? Pour le découvrir, lisez Draco M.
Pourquoi Blaise est-il si en colère ? Et qu'elle est cette inquiétude ? De quoi parlait la lettre ? Pour répondre à ces questions, lisez Blaise Z.
Que pense Harry de la réaction d'Hermione ? Pourquoi est-il entré en trombe dans les toilettes ? Et pourquoi fixe-t-il ainsi la fiole ? Pour le savoir, lisez Harry P.
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Questions à part (soupçons en plus ?) Oui je sais, je suis une grande sadique !
- Et Ron dans tout ça ? Où est-il et pourquoi est-ce qu'il ne se manifeste pas ?
- Pourquoi le sourire sadique de Lavande ? Quel mauvais coup prépare-t-elle ?
- Comment Luna pouvait-elle prédire un mauvais présage ? Ne serait-elle pas au courant de toute cette affaire ?
- Qu'est-ce que les sœurs Patil regardent avec effroi ? Est-ce vraiment Blaise ou quelqu'un d'autre ? Ou peut-être quelque chose ?
- De quoi discutent avec animation Seamus et Dean ?
- Qu'a dit Théodore à Blaise pour le mettre dans cet état ?
- Pourquoi Arthur s'enfonce dans les entrailles de la maison alors qu'il pourrait simplement rallumer grâce à la magie ?
