La Génération Des Merveilles
Kise prit une grande bouffée d'air aussitôt qu'il parvint à sortir la tête de l'eau. Effaré, il tourna sur lui-même, s'efforçant de rester à la surface, cherchant à comprendre ce qui avait pu lui arriver. Un instant, il quittait son lycée pour rejoindre son agence de mannequinat, et l'instant d'après, il était en train de couler.
-Oye, Kise ! L'appela-t-on alors.
Il regarda vers la rive. Aomine et Mirodima s'y trouvaient. L'As de Keijo s'efforça de les rejoindre. Lorsqu'il eut enfin pied, il soupira de soulagement et marcha pour se sortir de l'eau, allant s'effondrer à côté du maître des trois points.
-Bon Dieu, il s'est passé quoi ?…, haleta-t-il.
-Aucune idée…, répondit l'As de Too. Eh ! Murasakibara ! Cria-t-il alors. Par ici !
A son tour, le géant nagea vers eux. A peine fut-il à leur côté que le basané repéra une tignasse fushia.
-Akashi ! On est là !
Mais son ancien capitaine ne l'écouta pas. Il replongea.
-Qu'est-ce qu'il fiche ? S'enquit le blond, les sourcils froncés.
Aomine fixait l'endroit où l'As de Rakuzan avait disparu, interrogateur, avant d'écarquiller les yeux.
-Bordel ! Tetsu !
Et il retourna à l'eau, enlevant précipitamment chaussures et chaussettes. Kise en fit de même, le suivant. Tous deux nagèrent aussi vite qu'ils le purent tandis qu'Akashi faisait de nouveau son apparition, mais en tenant cette fois Kuroko contre lui. L'aide des deux grands gabarits ne fut pas de trop pour revenir sains et saufs sur le rivage. Ils s'y laissèrent tous tomber, épuisés, mais l'As de Rakuzan se redressa bien vite pour tâter le pouls et la respiration de l'ombre. Il lui fit recracher l'eau qu'il avait dans les poumons et Kuroko s'anima de nouveau, toussant allègrement.
Ils restèrent un moment silencieux, s'efforçant de retrouver leur calme et observant les alentours. Ils étaient sur la rive d'un lac, ce dernier léchant les pieds d'une immense falaise qui semblait avoir récemment subi un effondrement. Derrière eux s'étendait une forêt dense à l'aura peu accueillante, tandis que le ciel était peint dans un dégradé de violet strié de nuages roses ou gris. Des créatures trop hautes pour être identifiables poussaient des cris peu avenants. Les uns jetèrent des regards inquiets aux autres. Puis Aomine éclata de rire, recevant une information visuelle que la surprise de son nouvel environnement avait jusqu'alors tue.
-Sexy, Tetsu !
L'ombre le fixa de son regard sans émotion.
-Ce n'est pas drôle, Aomine-kun.
Mais Kise, Akashi et même Murasakibara avaient un sourire en coin. Pas étonnant, étant donné qu'il était simplement vêtu d'un boxer.
-J'étais dans mon lit, expliqua Kuroko. J'ai été malade toute la journée.
Mais l'As de Too continuait à se bidonner à côté de lui.
-Daiki, fit alors le capitaine de la GDM, passe-lui ton t-shirt.
Le basané ôta son haut et le tendit, toujours hilare, au plus petit qui l'enfila avec un merci à peine audible. C'est alors que des chocs sourds en provenance de la falaise attirèrent leur attention. Un point descendait le long de la roche, par saccades, et des morceaux de pierre se détachaient à chacun de ses déplacements, tombant avec fracas dans l'eau du lac.
-Qu'est-ce que c'est encore que ce truc ?…, s'enquit l'As de Keijo.
Lorsque la chose eut fait les trois quarts du chemin, ils purent discerner un gros animal blanc taché de rouge avec d'abominables crocs et griffes.
-Le Bandersnatch ? S'interrogea Akashi, incrédule.
-Le bradaquoi ? Tenta de répéter Aomine, commençant à se demander s'ils ne feraient pas mieux de prendre leurs jambes à leur cou.
-Dans Alice aux Pays des Merveilles, le Bandersnatch est une créature au service de la Reine de Cœur ; son poison est particulièrement douloureux.
-Ok ! On se tire ! S'écria l'As de Too.
-Ne sois pas ridicule, Daiki. Crois-tu que nous ayons la moindre la chance alors que nous ne connaissons pas les lieux et qu'il sera capable de nous suivre à l'odeur ?
-Parce que tu préfères attendre de te faire zigouiller ?!
-Le Bandersnatch est une créature intelligente avec laquelle il est possible de s'allier, cependant, si nous nous enfuyons, nous éveillerons ses instincts de chasseur et alors oui, nous nous ferons « zigouiller ».
Les humains, pleins d'appréhension, regardèrent la créature descendre la falaise en diagonale afin d'esquiver l'eau. La bête se laissa tomber sur une autre portion de la rive et marcha calmement vers eux.
-Akashicchi…, appela le blond, de moins en moins rassuré. Akashicchiii… T'es sûr que le plan d'Aominecchi n'est pas meilleur ?…
Le Bandersnatch s'arrêta à quelques mètres d'eux, humant l'air. Puis sa fourrure commença à se rétracter, ainsi que ses griffes et ses crocs. Le corps rapetissa jusqu'à devenir celui d'un humain aux cheveux rouges.
-Bakagami ?! S'écria le basané.
« Bakagami » se redressa et les fixa, un air bestial sur le visage. Il s'approcha d'eux, rejoignant Kuroko vers qui il se pencha.
-Euh… Est-ce qu'il est en train de le renifler ? Fit Kise, trop surpris pour se moquer.
Celui qui était censé être l'As de Seirin se remit droit et dit alors avec une voix particulièrement grave et rauque.
-Vous n'êtes pas d'ici.
-Ah ! Bravo, Futé ! Railla une voix féminine.
Ils baissèrent les yeux ; une fleur avait poussé à leurs pieds et ne cessait de grandir, grandir, grandir… Jusqu'à prendre une apparence humaine ; celle de Momoi. La jeune fille jeta sur leur groupe un regard rageur, puis se prit la tête entre les mains.
-Nooooooon ! Alors que nous étions si proches du but !
Elle attrapa Kuroko et commença à le secouer.
-Nous étions à ça ! A ça d'avoir ta peau, maudit chat !
« Bakagami » saisit la jeune fille par le cou, serrant pour l'obliger à lâcher prise, la souleva et alla la déposer plus loin.
-Tu le touches pas, grogna-t-il.
-Putain, je comprends tellement rien…, souffla Aomine.
-Daiki, ton langage, le reprit aussitôt Akashi.
-Oui, maman, railla l'As de Too.
Le capitaine de la GDM lui répondit d'un regard assassin. Alors « Bakagami » et la presque-Momoi observèrent le lac.
-La chute aurait dû les tuer, mais les pouvoirs du fils d'Absolem ont dû faire muer l'eau en portail de transfert pour absorber le choc. Seul lui pourra en rouvrir un, reste à savoir où, commenta la jeune fille.
-Le miroir de la reine, répondit le fils du Bandersnatch.
-Hmf ! Bien sûr ! Là où vous pourrez ensuite nous tendre une embuscade ! Cracha-t-elle.
-Personne ne te demande de venir.
-Comme si j'allais laisser le maître entre tes pattes !
Akashi toussota pour attirer leur attention (il n'y avait d'ailleurs que lui pour oser le faire dans pareille situation). La filles de Fleurs eut le réflexe de faire volte-face et de s'agenouiller en posant le poing à terre. Les humains la fixèrent, ahuris, sauf l'As de Rakuzan qui se contenta de hausser un sourcil. La jeune fille se releva en pestant contre elle-même.
-Ce n'est pas le bon, bécasse ! Ne t'incline pas devant un usurpateur !
Le basané chuchota alors à l'oreille de Murasakibara.
-J'ai eu la vision de Satsu et Akashi en version SM…
-Je m'en fiche, Mine-chin. Je veux rentrer chez moi.
Aomine allait répliquer quand Midorima prit la parole pour la première fois depuis qu'ils avaient atterri dans ce monde étrange.
-Personne n'a vu mes lunettes ?
[… … …]
-Oooook, fit l'As de Too. Donc si je comprends bien, votre Tetsu est le fils d'Alice… et d'un chat.
Le fils du Bandersnatch hocha la tête. Le groupe marchait dans la forêt, en direction du château de la Reine Blanche, Kuroko sur le dos de Murasakibara, sur l'ordre d'Akashi, car il était pieds-nus. Les humains frissonnaient dans leurs habits mouillés et tentaient d'oublier le froid qui les glaçait en se concentrant sur les informations que les deux ennemis à leur tête leur avaient confiées.
-Est-ce que c'est réellement… biologiquement possible ? Grimaça le basané en visualisant la scène.
-Daiki… Nous sommes au pays des Merveilles ; tout est possible. De plus, le chat de Cheshire a la capacité de se changer en être humain.
-Ne dis pas ça comme si tu trouvais ça normal !
-Ça l'est dans ce monde.
Aomine se renfrogna ; non seulement il passait pour un idiot, mais en plus, il semblait être le seul à trouver que l'histoire dans laquelle ils avaient été embarqués était complètement folle et profondément perturbante. A la limite, on pouvait dire que Kise aussi peinait à garder son calme, mais son stress se manifestait au travers d'un silence qui ne lui ressemblait pas. Sinon, que ce soit Midorima, Murasakibara ou Kuroko, tous se fiaient aveuglement à Akashi. Ce qui faisait d'autant plus enrager l'As de Too que son lui « merveilleux » était à la botte de celui du capitaine de la GDM. Bon, au moins, il était le fils d'un dragon, ce qui était quand même un peu plus classe qu'être celui d'une folle furieuse à la tête enflée (littéralement). En fait, de tous les « fils de » dont il avait été question, le plus cool, ça restait lui-même. Et son dragon. Certes, il voulait bouffer Kuroko, ce qui n'était pas top, mais après, ça dépendait du sens qu'on entendait par « bouffer ».
-Tu ne trouves pas que le Kagamicchi d'ici me regarde souvent ? Finit par lui demander l'As de Keijo.
-J'sais pas. J'ai pas fait gaffe ; peut-être qu'il te trouve appétissant.
-Ça ne me fait pas rire, Aominecchi !
-Allez, donnes-lui en un petit bout, je suis sûr qu'il meurt de faim, le charria le basané.
Le blond allait se plaindre quand Aomine interpella le fils du Bandersnatch.
-Eh, machin avec des griffes ! Pourquoi tu mates Kise depuis tout à l'heure ?
La fille des Fleurs ricana.
-Il aimerait bien vérifier une certaine chose mais lorsqu'il l'a fait avec le stupide lapin, ça a fortement disconvenu au maudit chat, alors il a peur que ça ne lui déplaise aussi, même par intermédiaire.
Elle reporta son attention sur le gardien du fils d'Alice.
-Quel dévoué petit toutou nous avons là !
-Tais-toi avant que je ne t'égorge…
-Allons, tu sais bien que je ne peux pas mourir, rétorqua-t-elle suavement. Tant qu'il poussera des fleurs en ce monde, je me régénérerai.
-Garce.
Un sourire mauvais étira les lèvres de la jeune fille qui se tourna alors vers les humains.
-Vous savez, les chats sont des créatures possessives qui, une fois leur territoire marqué, estiment en avoir l'unique et ultime jouissance. Et il se retrouve que le fils d'Alice et celui du Lapin Blanc sont particulièrement proches. En tant que gardien, le fils du Bandersnatch a été très surpris d'un jour trouver l'odeur du maudit chat sur le stupide lapin mais ça a fortement déplu au fils d'Alice de voir son chien-chien si près de son « territoire » et il a piqué une grosse colère.
L'As de Too et Kise s'interrogèrent du regard. La fille des Fleurs eut l'air blasée et répéta donc, plus simplement.
-Ils couchent ensemble, et le maudit chat est un possessif paranoïaque. Il rosse quiconque approche le stupide lapin d'un peu trop près à son goût, même ses amis.
-Je couche… avec Kurokocchi ? Répéta l'As de Keijo, le cerveau en ébullition.
-Tetsu pique des crises de jalousie ? Fit le basané, tout aussi choqué.
Alors Aomine attrapa le bras du blond.
-Sors avec Tetsu ! Je ne l'ai jamais vu jaloux ! J'veux y assister avant de mourir !
Kise, percutant difficilement l'information, chercha un peu de soutien dans le regard de Kuroko mais ce dernier avait tourné la tête à l'opposé de lui, le laissant seul face aux fantasmes de l'As de Too.
On entendit soudainement un gros « boum ». Tous s'arrêtèrent pour regarder Midorima se relever après avoir trébuché sur une racine.
-Le premier qui se fout de moi, je balance tous les dossiers que j'ai sur lui ! Menaça-t-il, ses yeux passant de forme floue en forme floue ; ses lunettes reposaient certainement au fond du lac.
[… … …]
-Si je suis le fils d'un dragon, qui est ma mère ? Demanda le basané.
-Comment ça ? Firent en chœur la fille des Fleurs et le fils du Bandersnatch.
-Bah, le moi qu'a un dragon pour père, il a bien une mère !
Les deux autres le regardèrent comme s'il s'agissait du pire des imbéciles.
-Pourquoi en aurais-tu une ? Lâcha finalement la jeune fille. Moi-même, je n'ai pas de parents. Non pas qu'ils m'aient abandonnée ou qu'ils soient morts ; je suis née les racines emmêlées des massifs de fleurs d'au-delà du rift. J'ai grandi seule au milieu d'elles, même si, de temps en temps, le fils des Jumeaux venait me tenir compagnie. Un jour, il a amené le maître avec lui et sous son ordre, je suis repartie avec eux. Toi, le maître t'a trouvé dans la carcasse du grand Jabberwocky. Tu étais maigre à faire peur ; une véritable horreur. Tu as essayé de manger le fils des Jumeaux. Le maître a été très patient avec toi ; il a fait tout ce qu'il a pu pour t'apprendre à parler, mais tu es tellement primitif…
-Primitif, releva Akashi. C'est le mot.
-Mais je t'emmerde ! S'exclama Aomine.
-Ton langage, Daiki. Je n'aime pas me répéter.
L'As de Too frissonna sous le ton employé et détourna le sujet.
-Et toi, machin avec des griffes ! T'as une jolie petite histoire à nous raconter ?
Le fils du Bandersnatch pencha la tête sur le côté.
-Alice est partie en laissant son fils derrière elle. La Reine Blanche a essayé de l'élever mais il n'aimait pas le palais. Il n'arrêtait pas de s'enfuir pour rejoindre son père dans la forêt du Cheshire, alors, un jour, comme mon propre père était trop vieux pour être utile, sa Majesté m'a demandé d'assurer sa protection, ainsi que celle du fils du Lapin Blanc que celui d'Alice entraînait souvent à faire le mur avec lui. Un jour, on a été jusqu'au sanctuaire d'Absolem, et c'est là qu'on a rencontré son fils. Grâce à son don de voyance, il nous a prévenus que la Reine de Cœur avait eu un fils qui voulait venger sa mère de la Reine Blanche et d'Alice. Au fait, la forêt du Cheshire… on y est, justement. Donc il est possible que nous croisions le chat. Faites attention, il est un peu bizarre.
-Ouh, fit alors une voix gloussante. Attention, mon petit, tu pourrais me vexer.
La fille des Fleurs leva les yeux au ciel, soufflant, irritée.
-Quand on parle du chat perché on en voit le sourire. Fantastique.
-Quel mauvais caractère ! S'amusa la voix (dont le sourire n'était pas encore visible). A ce que je vois, mon garçon a une nouvelle fois réussi à déjouer les plans de ton maître. Et en beauté.
Un grand sourire aux canines pointues apparut juste devant le visage de Kuroko. Suivirent bientôt les yeux, le nez et les moustaches, puis le corps au pelage gris rayé de turquoise.
-Bonjour, garçon.
-Bonjour.
-Qu'il est mignon, fit le chat en commençant à frotter sa tête contre celle de l'humain, ronronnant.
Puis il regarda Akashi.
-Le garçon qui perdit la tête sans même qu'elle ne lui soit tranchée. Jusqu'à quel point es-tu fou, toi aussi ?
Le capitaine de la GDM ne dit rien, imperturbable.
-Qu'est-ce qu'une lune avec des yeux ? S'enquit alors le félin.
-Le chat qui se joue de toi ! Répondit la fille des Fleurs. On sait ! Tu la sors tout le temps ! Maintenant, si tu veux bien, on a encore du chemin à faire !
-Fillette, soupira le chat, tu fais la fière sous tes grands airs mais que crois-tu qu'il se passera quand, démunis d'alliés, tes amis et toi vous trouverez dans la grande salle du palais de la reine, entourés d'ennemis ?
-Nous nous battrons !
-Et vous mourrez. Mais sache que parmi les partisans d'Alice, nul n'apprécie de tuer des enfants. Le pardon est une chose qu'ils aiment dispenser. Songes-y.
-Pfff, radotages de vieux matou, conclut-elle. Retourne jouer avec ta pelote.
-Et toi tu ferais bien de chérir tes pétales plutôt que tes épines.
-S'cusez-moi, intervint le basané. C'est censé être un clash ? Non, parce que, je ne voudrais pas briser vos rêves, mais, pour un minimum de crédibilité, faut deux-trois insultes, voire même quelques coups, hein…
-Attention à l'arbre, prévint soudain Murasakibara, s'attirant des regards interrogateurs.
Il y eut alors un choc sourd et Midorima jura copieusement en se massant le nez.
-Cet arbre-là, Mido-chin, ajouta le colosse.
-Merci, Murasakibara, cracha l'As de Shutoku.
-De rien, répondit l'autre.
[… … …]
-J'ai faim, annonça l'As de Yosen.
-On sait, soupira Aomine.
-J'en ai marre de marcher.
-Tout le monde est dans le même cas.
-Je veux rentrer chez moi.
-Nous aussi.
-J'ai faim.
-Tu l'as déjà dit.
-Quand est-ce qu'on arrive ?
-MAIS TU VAS LA FERMER, TA GUEULE ?! Craqua l'As de Too
-Daiki. Pour la dernière fois ; ton langage, fit Akashi, particulièrement menaçant.
[… … …]
-Une poule sur une mur, qui picote du pain dur, picoti, picota, tire son coup et puis s'en va~ ! Chantonna le basané.
-T'es sûr que c'est ça, les paroles ? S'enquit l'As de Keijo, dubitatif.
-Ouais, t'inquiète.
[… … …]
-Une puce, un poux, assis sur un tabouret, jouaient aux cartes, la puce perdait~ ! La puce en colère, attrapa le poux-poux-poux~ ! Le jeta par terre, lui tordit le cou-cou-cou~ !
-C'est moi qui vais te tordre le cou, si tu ne te tais pas…, grommela Midorima.
-Madame la puce, qu'avez-vous fait là-là-là~ ! J'ai commis un crime, un assassinat-nat-nat~ !
-Tu m'étonnes…, commenta l'As de Shutoku.
-Vous serez jugée, au bal des araignées-gnées-gnées~ ! A ne plus jouer aux cartes~ !
-Ton ami est très bizarre, glissa le chat à l'oreille du garçon aux cheveux verts.
-Non, il est juste attardé.
[… … …]
-Un kilomètre à pied, ça use, ça use~ ! Un kilomètre à pied, ça use les souliers~ !
-Mine-chin est fatiguant…, déclara Murasakibara.
[… … …]
-Vingt-six kilomètres à pied, ça use, ça use~ ! Vingt-six kilomètres à pied, ça use les souliers~ !
-Aominecchi, tais-toi, par pitié !
[… … …]
-Quarante-deux kilomètres à pied, ça use, ça use~ ! Quarante-deux kilomètres à pied, ça use les souliers~ !
-Je vais te découper en rondelles, Daiki, annonça l'As de Rakuzan avec un franc sourire.
Le silence tomba comme une chape de plomb.
[… … …]
La plupart rampaient lorsqu'ils étaient arrivés au palais de la Reine Blanche. A présent, ils étaient tous assis autour d'une grande table recouverte de gâteaux et autres sucreries (pour le plus grand bonheur de Murasakibara), la belle psyché de sa Majesté non loin d'eux. Mirana discutait en bout de table avec le chat, toute souriante, ravie de voir les « ennemis » réunis, même si tous n'étaient pas les vrais. Elle jetait de fréquents regards à la fille des Fleurs qui ne la lâchait pas de ses yeux chargés de colère. Alors la reine dit au chat d'une voix rêveuse ;
-Mes jardins auraient bien besoin de mains expertes…
-Tetsu ?! S'écria alors Aomine.
Kuroko venait de se volatiliser juste sous son nez pour réapparaître au pied du miroir, en robe et avec des attributs félins. Le chat du Cheshire fonça dans les bras du fils d'Alice qui réceptionna son géniteur, commençant à lui faire des papouilles. Il se leva, libérant la place devant le miroir. Ce fut au tour de Kise de disparaître quand le fils du Lapin Blanc passa au travers de la glace, et ainsi de suite jusqu'à ce que tous les humains se retrouvent dans la salle de bain d'Akashi, avec Momoi, Kagami, Himuro, Kazamatsu et Takao se bousculant sur le pas de la porte. Il y eut un long silence durant lequel tous semblèrent absents, puis Akashi fronça les sourcils.
-Qu'est-ce que vous fichez tous chez moi ? Les interrogea-t-il d'une voix glacée.
-Qu'est-ce que je glande torse nu, surtout ! Réalisa l'As de Too.
Le capitaine de la GDM fronça plus encore les sourcils quand il avisa du fait que, de toute évidence, le t-shirt bien trop grand pour lui que portait Kuroko était celui du basané.
-Tetsuya, rends son haut à Daiki.
-Quelqu'un peut me dire pourquoi Kuroko est dans une tenue si légère ? Demanda le propriétaire de l'Œil du Faucon. On me cache des choses ?
Reconnaissant la voix, Midorima s'enquit ;
-C'est toi qui m'a pris mes lunettes ?
Takao allait se défendre quand, d'un ton qui n'augurait rien de bon, Akashi reprit la parole.
-Tout le monde dehors.
L'ombre ouvrit la bouche mais l'autre ne lui laissa pas le temps de parler.
-Sauf toi, Tetsuya, évidemment. Mais les autres… dehors. Immédiatement.
Personne ne se fit prier ; ils désertèrent sans demander leur reste. Sans un mot, l'As de Rakuzan guida Kuroko jusqu'à sa chambre pour lui prêter des vêtements. Tandis que l'ombre s'habillait, Akashi reçut un message de la part de Kagami.
« T'as un poignard planté dans ton interphone. »
-Plaît-il ? … Tetsuya, ne bouge pas de là.
Le capitaine de la GDM sortit et alla se rendre compte lui-même de la situation. Lorsqu'il vit la lame enfoncée pratiquement jusqu'à la garde dans le boîtier, il resta un moment sans réaction, puis il se sentit brusquement très fatigué et rentra chez lui. Kuroko était assis sur son lit. Akashi se posa à côté de lui puis s'allongea, mettant sa tête sur les genoux de l'ombre.
-Tetsuya.
-Oui.
-Il y a vraiment un poignard planté dans mon interphone.
