Nda : Bonjour/Bonsoir ! Merci à Assya B pour ta review, et merci à tous ceux qui ont manifesté un intérêt pour cette fic. Je me régale vraiment en l'écrivant.

Voici donc un deuxième chapitre ! Je n'ai absolument rien de prévu sur le long terme (pour l'instant), j'écris comme je le sens sur le moment. J'espère ne pas avoir fait trop de fautes d'inattention, j'ai relu en diagonale car il faut vraiment que j'aille au lit haha !

Voilà, je me tais maintenant ! Bonne lecture :)

Disclaimer : l'univers de Harry Potter appartient à JK Rowling, et celui de Sherlock à la BBC et à Sir Athur Conan Doyle. Le reste vient de moi.


John marchait en silence à côté de Remus, les yeux grands ouverts. Près d'eux, Mike et Peter échangeaient des paroles excitées et sautillaient en avançant, incapables de se contenir. Le garde chasse de Poudlard avait rassemblé les premières années et les conduisait maintenant loin du quai de gare, à travers le parc assombri par la nuit. John, comme la plupart de ses camarades, avait été impressionné par la taille de ce bonhomme et par sa voix grave, mais il semblait être assez sympathique malgré tout. Il ne cessait de leur parler du paysage et du château, leur assurant qu'ils allaient bientôt vivre le plus beau moment de leur vie.

Malgré l'obscurité accentuée par les nuages qui cachaient la lune, le tableau qui se présentait à eux était stupéfiant. John avait du mal à trouver la frontière entre le ciel et les montagnes qui les encerclaient, et les quelques étoiles qui brillaient se reflétaient à la surface d'un lac qui lui semblait interminable. Ils s'arrêtèrent à quelques mètres du bord, et Hagrid s'avança, leur demandant de l'attendre. Tous les premières années se turent alors, curieux et certainement un peu anxieux. John et ses camarades étaient au milieu de la masse, et le garçon ne parvenait pas à voir ce que le garde chasse faisait – les autres devant le dépassaient presque tous. Il fronça les sourcils et regarda Remus.

« Qu'est-ce qu'il fait ? Je ne vois pas, » lui demanda-t-il avec une grimace.

Remus l'observa un instant et reporta son attention sur la scène devant lui. Autour d'eux, les élèves commençait à chuchoter, se posant exactement la même question que John. Remus se tourna vers lui. « Je ne sais pas trop, mais on dirait qu'il fait venir des genres de barques. »

John ouvrit des yeux ronds. « Des barques ? Alors, on va y aller en bateau ? » Il leva les yeux, se demandant bien où pouvait se trouver le château. Il était décrit comme étant très grand et illuminé, et pourtant d'ici ils ne voyaient rien. Remus haussa les épaules au moment où Hagrid revenait vers eux, visiblement satisfait.

« Voilà ! Là, c'est mon moment préféré, vous allez voir les enfants. On va se rendre au château en passant par le lac, vous vous attendiez pas à ça hein ? Vous allez voir, c'est magnifique. Allez, montez là-d'dans, à quatre maximum par barque ! J'en prend deux avec moi. Allez allez ! »

Mike les entraîna tous les trois dans une barque, non loin de celle que prenait Hagrid. Ils grimpèrent et s'installèrent, puis attendirent que toutes les embarcations soient prête. Après quelques minutes, Hagrid lança un joyeux « En avant ! » et les bateaux se mirent à avancer tous dans la même direction. Ils quittèrent le couvert des arbres, et progressèrent vite sur l'eau. Les nuages disparurent petit à petit et la lumière de la lune éclaira le paysage, leur permettant enfin de voir avec plus de précision ce qui les entourait. John eut le souffle coupé. C'était si grand, si beau, cela semblait si irréel... Il sentit quelque chose se serrer dans sa poitrine, et eut l'impression de n'être qu'une fourmi. Tout était tellement immense et majestueux. C'en était presque terrifiant. John tourna la tête vers ses camarades et ils échangèrent des regards émerveillés.

Le voyage dura une dizaine de minutes. Il faisait encore assez bon, mais la nuit était fraîche. John chercha du regard Lily, et finit par la trouver elle était assise trois barques derrière lui, avec deux autres filles et son drôle d'ami. Elle dut sentir ses yeux posés sur elle car elle tourna la tête vers lui. Elle semblait au comble de l'excitation, elle aussi, et lui fit un grand sourire et un signe de la main. John rit et lui fit un signe à son tour. Soudain, Peter eut une exclamation qui le fit se retourner vers lui.

« Regardez ! Regardez ! », s'écria-t-il en montrant du doit un point élevé derrière eux. Remus, Mike et John suivirent du regard la direction qu'il indiquait et tous trois faillirent s'en décrocher la mâchoire ils venaient de faire le tour de l'immense rocher qu'ils approchaient depuis tout à l'heure, et, de là où ils étaient à présent, ils voyaient enfin le château qui les surplombait. Ce qu'avait lu John dans ses livres n'était pas tout à fait vrai lorsqu'il s'agissait de décrire Poudlard. Ils avaient oublié de mentionner à quel point ce château était magnifique, splendide, merveilleux et tout simplement indescriptible. Des milliers de fenêtre, une taille impressionnante, des tours par-ci par-là... John crut bien qu'il ne pourrait jamais détacher ses yeux de cette vision incroyable. Des « wouaouh » et des « oooh » s'échappaient des bouches ébahies des jeunes élèves toujours assis dans les barques, et Hagrid ne se pria pas de leur lancer un « Je vous l'avais bien dit ! » avant d'éclater de rire.

John finit par détourner le regard et croisa celui de Remus. Celui-ci lui sourit, et John fut surprit de voir qu'il avait les larmes aux yeux. Il posa la main sur son épaule et lui adressa un sourire radieux, pensant comprendre à quel point l'émotion pouvait le toucher.

« C'est vraiment magnifique, » souffla John. Remus acquiesça, mais ne dit rien.

Quelques minutes plus tard, ils descendirent des barques et touchèrent terre. L'excitation des élèves était à son comble, et après avoir marché jusqu'à l'entrée du château, Hagrid frappa à la porte.

John inspira un grand coup, heureux. Ils étaient enfin arrivés à Poudlard.


Le professeur McGonagall ouvrit les portes de la Grande Salle, et les premières années entrèrent. Tous les visages se tournèrent vers eux, accentuant encore un peu plus l'anxiété générale, mais ce phénomène fut bien vite contré par la découverte du plafond magique. Sherlock ne put s'empêcher de faire comme tout le monde et de lever les yeux pour l'admirer. Il parvint tout de même à ne pas ouvrir la bouche sur le coup de l'émerveillement - on a sa dignité tout de même. Mais il ne pouvait nier que c'était captivant et vraiment splendide. Du beau travail, de la belle magie.

Ils traversèrent la salle – Sherlock s'appliqua à ignorer superbement son frère qui essayait vainement de croiser son regard depuis la table des Serpentards – et le groupe s'arrêta en bas de l'estrade où la table des professeurs était dressée. Tandis que le professeur MacGonagall préparait le Choixpeau Magique, Sherlock observa les professeurs, s'attardant un moment sur le visage bien connu du directeur, Albus Dumbledore. Un homme fascinant, vraiment, si mystérieux. Il espérait avoir l'occasion d'interagir avec lui peut-être, un jour. Essayer d'en apprendre un peu plus sur lui, s'il y parvenait.

Finalement, le Choixpeau Magique fut bien en place sur son tabouret, et se mit à chanter. Sherlock ne prêta pas trop attention à ce qu'il disait, préférant détailler la pièce, puis les élèves qui l'entouraient. Il espérait bien parvenir à trouver dans quelle maison chacun d'eux serait envoyé avant que le Choixpeau ne rende son jugement. Mais le jeu serait bien plus excitant s'il ne se laissait que quelques secondes pour étudier chaque sujet le temps qu'ils aillent s'asseoir sur le tabouret et que le vieux chapeau ne crie le nom de la maison choisie.

Il se mordit la lèvre, impatient de commencer. Ça serait un excellent exercice.

Le Choixpeau finit sa mélodie sur une note grave et la salle se fendit en applaudissements. Quelques secondes plus tard, le professeur McGonagall se racla la gorge, réclamant le silence d'un regard appuyé. Puis, elle commença à appeler les jeunes un par un, dans l'ordre alphabétique.

« Abbitty, Isobel. »

Une fille au visage potelé sursauta et prit un grand bol d'air pour se donner du courage avant de marcher vers l'estrade d'un pas qu'elle tentait de garder assuré. Sans grand succès, mais elle avait le mérite d'essayer.

Sherlock fronça les sourcils et se concentra. Il n'y avait personne à impressionner, c'était juste pour se divertir, rendre l'attente plus supportable. Et aussi, Sherlock devait l'avouer, pour s'entraîner. Se rassurer, peut-être aussi. Mais ça, il ne l'avouerait jamais par contre.

Ses yeux détaillèrent la jeune fille avec une rapidité déconcertante pour son âge, et il tenta de tirer de ses observations des déductions logiques. Pas très grande, blonde, un peu bedonnante. Des vêtements neufs et bien ajustés, des joues roses, et des ongles parfaitement entretenus. Une toute petite tâche à gauche de sa bouche, mais Sherlock n'eut pas le temps de distinguer ce que c'était. Sûrement une friandise achetée dans le train. Un bracelet flambant neuf et affreusement rose qu'elle avait eu pour son anniversaire, il y a... quelques semaines. Sherlock renifla, fronçant un peu plus les sourcils. Jeune fille de parents riches. L'un d'eux est sorcier, l'autre moldu – les sorciers n'achètent pas ce genre de cadeau à leur fille. A moins que cela soit un cadeau de quelqu'un d'autre ?

Sherlock la regarda monter les escaliers, un peu frustré. Il avait encore des progrès à faire, bien sûr, mais il était sur la bonne voie. Et puis, pour seulement quelques secondes, il estimait avoir déjà fait du bon boulot. Mais ça ne lui disait pas quelle maison le Choixpeau choisirait pour elle... Il se concentra de nouveau tandis que la fille s'asseyait, nerveuse. Après quelques secondes de réflexion, il ne lui restait plus qu'à se décider entre Gryffondor et Poufsouffle. Mmh... Gryffondor, certainement.

« Gryffondor ! » s'exclama le Choixpeau, et la fille sourit jusqu'aux oreilles. La table des rouge et or applaudit avec joie et elle se dépêcha d'aller s'asseoir, serrant quelques mains au passage. Sherlock sourit, satisfait. Bon, ça faisait un sur un. Au suivant.

« Amely, Jonathan. »

Sherlock regarda le garçon s'avancer vers l'estrade en souriant. Oh, ça allait être divertissant.


« Black, Sirius. »

Lily sourit à Severus, se retenant de lui faire une remarque à propos de ce prénom qui ressemblait un peu au sien, puis chercha des yeux le garçon qui avait été appelé. Lorsqu'elle le vit, son sourire se changea en grimace : c'était l'un des deux idiots qui les avaient ennuyés dans le train.

Elle continua de faire la moue jusqu'à ce qu'il se soit assis, par principe, et attendit que le Choixpeau se décide, pressée de voir qui serait le suivant. Mais celui-ci prit son temps, à son grand étonnement. Les minutes passèrent et il sembla que le garçon ne serait jamais réparti. Lily fronça les sourcils et allait se tourner vers son ami pour lui poser une question lorsque le Choixpeau finit par s'exclamer « Gryffondor ! ». Le garçon soupira de soulagement et fit un clin d'œil à son copain avant d'aller rejoindre ses nouveaux camarades de maison qui l'acclamaient. Lily crut entendre quelques sifflets s'élever d'une autre table, mais n'y prêta pas vraiment attention. Severus semblait nerveux.

« Ça va Sev ? » lui demanda-t-elle doucement. Il hocha brièvement la tête mais ne répondit pas. D'autres élèves passèrent, et Lily réalisa soudainement que ce serait bientôt son tour. Une vague d'excitation et d'anxiété la submergèrent tout à coup et elle inspira à fond. La jeune fille tourna la tête et croisa le regard de John qui semblait aussi nerveux qu'elle. Il lui sourit et leva le pouce pour l'encourager. Elle faillit éclater de rire, nerveuse. « Ennard, Lizbeth » fut envoyée à Serdaigle, et Lily se mordit la lèvre. Lorsque les applaudissements se calmèrent, le professeur McGonagall reporta son attention sur la liste et appela enfin« Evans, Lily ».

La jeune fille regarda Severus d'un air à la fois paniqué et excité, puis elle traversa le petit groupe de premières années en trottinant presque. Elle monta les quelques marches et alla s'asseoir sur le tabouret, adressant au professeur un sourire timide. Ohlala, ce qu'elle avait l'air sévère...

Le Choixpeau fut posé sur sa tête et lui tomba sur les yeux. Elle l'ajusta tandis qu'une voix la saluait dans sa tête. C'était une drôle de sensation, de discuter mentalement avec un chapeau. Si elle n'avait pas été aussi stressée, elle aurait certainement ri de bon cœur. Cœur, oui, tu as un grand cœur, jeune Lily. Et que dire de ton cerveau, tu as des capacités immenses, vraiment. Tu iras loin, très loin... il suffit juste de t'envoyer dans la bonne maison, oui... Quelle maison te conviendrait le mieux, hum ? Dirons-nous Serdaigle ? Ou bien est-ce que ce cœur vaillant et si bon ne pourrait pas servir ailleurs ? Hmm... Oui je crois que le mieux pour toi serait...

« Gryffondor ! »

Des cris de joie s'élevèrent de nouveau de la table des rouge et or, et elle ne put s'empêcher de sourire. Gryffondor avait l'air d'être une très bonne maison, et Lily sentit qu'elle lui correspondait assez bien. Son regard se posa sur les premières années qui attendaient toujours et elle vit John qui lui souriait. Puis elle trouva Severus des yeux, et se rendit bien compte qu'il était déçu même s'il essayait de le cacher. La jeune fille lui adressa un petit sourire triste, consciente que son ami ne viendrait pas s'asseoir avec elle ce soir. Mais elle lui avait dit dans le train que même s'ils n'étaient pas répartis dans la même maison, il resterait son ami. Lily sentit son cœur se serrer. Elle espérait qu'il la croyait, car elle serait vraiment triste de le voir s'éloigner d'elle simplement pour une histoire de rivalité entre maisons... Elle retrouva le sourire lorsque les autres Gryffondors l'accueillirent chaleureusement, et alla s'asseoir en face de Sirius, en se promettant de ne pas lui parler de la soirée – à lui et à son copain à lunettes.


Mycroft faisait de son mieux pour ne pas paraître nerveux, comprenez par-là qu'il donnait l'impression d'être simplement en train d'observer poliment la répartition. Mais au fond, il n'était pas tranquille. Lui, le toujours sûr et flegmatique Mycroft Holmes, qui savait si bien se détacher de toute émotion, était un peu anxieux. Le pire, se dit-il, c'est que Sherlock n'était certainement pas angoissé, lui. C'était la répartition de son petit frère, et Mycroft était prêt à parier qu'il était le seul Holmes à ressentir un peu d'anxiété. Il ne savait pas pourquoi d'ailleurs, c'était idiot après tout. Les maisons n'ont pas d'importance, elles ne sont qu'une tentative vaine d'organiser la vie au château et de donner envie aux adolescents enfermés ici de bien se comporter pour gagner des points. Non, ça n'était définitivement pas à cause de la répartition. Alors quoi ? Qu'est-ce qui pouvait l'ennuyer ? Certainement le fait simple que Sherlock était maintenant réellement à Poudlard, balancé dans ce monde instable et parfois dangereux. Chaotique et désordonné. Ce soir, on présentait son petit frère à la foule, comme on présentait les gladiateurs avant de les laisser se défendre dans l'arène au temps de la Rome antique. Et si Mycroft pouvait cette année veiller sur lui, ça ne serait plus le cas l'an prochain.

C'était sûrement ça qui inquiétait déjà Mycroft Holmes, tandis que le nom de son frère résonnait dans la salle.


Le Choixpeau haussa les sourcils – qu'il n'avait pas – lorsqu'il se posa sur les boucles sombres de Sherlock Holmes. Lorsqu'il s'exprima, le garçon eut l'impression qu'il essayait de lui exploser la tête. UN AUTRE HOLMES ! Par ma barbe, ce que je les aime ceux-là ! Sherlock eut un demi-sourire. « Tu n'as pas de barbe, tu es un chapeau. » Le Choixpeau fut agité d'un rire. Oui, je suis un chapeau qui chante, qui parle et qui lit en chacun comme dans un livre ouvert. Mais toi aussi tu sais faire ça, n'est-ce pas Sherlock ? Oh toutes les choses que je vois dans ta petite tête. Il y en aurait presque trop. Le garçon leva les yeux au ciel. « Oui, c'est pour ça que j'essaye d'organiser toutes mes pensées, chasser ce qui est inutile et garder l'essentiel, ce qui importe vraiment, tu sais ? » Le Choixpeau acquiesça, songeur. Oui, oui, je vois tout à fait. Tu parviens à faire des choses incroyables avec ton cerveau pour ton âge. Je me souviens que ton frère faisait ça lui aussi, mais je dois avouer que vous n'avez pas tout à fait la même façon de faire le tri. On est un peu plus rebelle, Sherlock ? Ce dernier serra les dents. « Je suis juste moins ennuyeux. » Le Choixpeau rit de nouveau. Oui, évidemment, moins ennuyeux. Il réfléchit quelques secondes. Mais tu me poses une colle là mon garçon. Dans quelle maison dois-je te répartir ?

Il y eut un silence pendant lequel Sherlock ne dit rien et le Choixpeau réfléchit un peu plus. La salle toute entière était silencieuse. Il arrivait parfois que la répartition soit longue pour certains élèves, mais là il semblait aux yeux de tous que le Choixpeau avait ni plus ni moins décidé de faire la conversation avec le garçon, ce qui était beaucoup moins commun. Assis à la table des professeurs, Albus Dumbledore avait les yeux rieurs.

Le Choixpeau se manifesta de nouveau. Hmm. Je te mettrais bien à Serpentard, comme ton frère – Sherlock leva de nouveau les yeux au ciel – car tu as toutes les qualités nécessaires, mais je ne pense pas que tu t'y épanouirais. En fait, je pense que la seule maison qui te conviendrait serait...

« Serdaigle ! »

Les applaudissements furent chaleureux et Sherlock alla s'asseoir promptement, sans effusion de joie. Il sentait le regard de Mycroft posé sur lui alors qu'il s'asseyait en prenant bien soin de lui tourner le dos.


John prenait son mal en patience. Il avait l'habitude d'être le dernier appelé, car que ce soit à l'école, en colonie de vacances ou au club de rugby, Watson était souvent un nom relégué en bas de la liste. Ce qui est normal, car tout est toujours classé en ordre alphabétique. Mais aujourd'hui, il aurait bien aimé que l'ordre soit un peu bouleversé, car il n'avait pas vraiment envie de passer dernier. Il était pressé de monter lui aussi sur l'estrade et de coiffer le Choixpeau Magique. Il était pressé de connaître sa maison, et de pouvoir commencer l'aventure. Mais en même temps, il était un peu anxieux, comme tous les autres. Passer devant tout le monde, être au centre de l'attention, John n'avait jamais aimé ça. Quand il avait fait un exposé sur les phoques l'année précédente, il avait été si stressé qu'il avait confondu le mot « banquise » avec « cookies ». Cela avait fait rire tout le monde et finalement il avait eu une bonne note, mais le garçon était devenu rouge tomate, ce qui avait beaucoup amusé Alison Garden, la plus jolie fille de la classe. La honte totale.

Il lança un regard à Mike qui lui aussi serait appelé à la fin. Le garçon montrait du doigt une bougie et chuchotait avec animation à Peter. Un autre élève fut appelé, une jeune fille qui fut envoyée à Serpentard. John vit Remus s'agiter à son côté, semblant soudainement nerveux.

« C'est bientôt à toi ? » lui demanda John. Remus fit une grimace et se tordit les doigts.

« Oui, je pense qu'après celui-là ce sera mon tour. » Il avala sa salive avec difficulté. John lui fit un petit sourire confiant. « Ne t'en fais pas, » le rassura-t-il en posant la main sur son bras, « tout va bien se passer. » Remus acquiesça.

« Merci John. Je... je ne suis pas trop à l'aise devant tout le monde. »

Ce fut au tour de John de faire une grimace. « Je te comprends, je suis pareil ! Mais ce n'est pas grave, marche jusqu'au tabouret sans lever les yeux et après si tu te sens mal tu n'auras qu'à me regarder. » Remus l'observa d'une drôle de façon, comme si c'était la première fois qu'il le voyait. Il baissa les yeux furtivement et lança un regard à la table des professeurs, avant de reporter son attention sur John. « C'est... une bonne idée. » Il lui sourit, et puis il y eut des applaudissements.

Le professeur McGonagall appela l'élève suivant.

« Lupin, Remus. »

John regarda son nouvel ami monter les marches d'un pas hésitant. Le garçon s'assit et le professeur posa le Choixpeau sur sa tête. Remus leva les yeux et fronça légèrement les sourcils tandis que le Choixpeau lui parlait. Il semblait mal à l'aise, et finit par lever les yeux, cherchant John du regard d'un air hésitant. John tint sa promesse et le regarda en souriant jusqu'à ce que le Choixpeau s'écrie :

« Gryffondor ! »

Les yeux de Remus s'agrandirent sous le choc et il oublia presque de se lever, restant assis là pendant quelques secondes. La table des rouge et or était de nouveau en fête et le garçon finit par descendre de l'estrade, sans oublier d'adresser un sourire timide à John au passage. Ce dernier le suivit du regard lorsqu'il alla rejoindre les Gryffondor, et fut content de le voir s'asseoir avec Lily.

Peter et Mike se rapprochèrent de lui. Ils n'étaient plus beaucoup à attendre.

« J'aimerais tellement aller à Gryffondor moi aussi, » soupira Peter. « Mais mon père dit que je finirais à Poufsouffle, car je suis un incapable. »

Mike se tourna vers Peter et fronça les sourcils. « Les Poufsouffles sont très bien ! Mon père était à Poufsouffle, et c'est un grand sorcier. J'aimerais aller à Poufsouffle, moi. »

Peter pâlit. « Oh, non, je ne voulais pas dire ça, mais... je disais juste que mon père... » Il fut coupé dans sa phrase car le professeur McGonagall venait d'appeler son nom. Il ouvrit des yeux ronds et trottina jusqu'au tabouret. Quelques secondes plus tard, le Choixpeau sembla prendre sa décision.

« Gryffondor ! »

Ce fut au tour de Peter d'être surpris, mais lui ne cacha pas sa joie. Il eut à peu près la même réaction que si on lui avait annoncé que Noël avait été avancé et que c'était demain. Le garçon retira le Choixpeau de sa tête et se précipita à la table des rouge et or, rayonnant. John eut presque envie de rire, mais l'anxiété qu'il ressentait ne lui permit pas de le faire.

Ils n'étaient plus que quelques uns à présent. Après que « Potter, James ! » eut été envoyé à Gryffondor et « Rogue, Severus ! » à Serpentard, ce fut le tour de Mike. Le garçon fit une grimace à John et se dépêcha de rejoindre le professeur McGonagall qui posa le Choixpeau sur ses cheveux bruns. Il le vit croiser les doigts, et...

« Poufsouffle ! »

La table des Poufsouffles applaudit avec chaleur et Mike les rejoint, rayonnant. John regarda autour de lui et réalisa qu'ils n'étaient plus que quatre. Aïe. Il cligna des yeux, sentant le stress monter.

« Todd, Helen. » « Serdaigle ! »

« Van Buyten, Edgar. » « Serpentard ! »

« Wallas, Anthon. »

Il ne restait plus que John. Il était bien le dernier, donc.

« Serdaigle ! »

Et voilà. Le moment fatidique était arrivé. John serra les dents et inspira par le nez, résolu.

« Watson, John. »

Il marcha rapidement, le port droit, le pas assuré, et monta les marches. Il s'assit sur le tabouret et regarda devant lui, conscient que tout le monde était en train de l'observer. Bizarrement, toute l'angoisse semblait s'être soudainement évaporée. Il attendait, simplement.

Tout à coup, une voix résonna dans sa tête. Bonjour John. Alors c'est toi mon p'tit dernier cette année, hmm ? Et quel dernier. Toi non plus tu ne vas pas être facile à répartir, mon garçon. John fronça les sourcils, inquiet. Oh non non non, ne t'en fais pas tu as ta place ici. Je vois bien à quel point tu es motivé. Travailleur et honnête, tu espères pouvoir faire tes preuves, hein ? Oui, je le vois. Tu as un potentiel fantastique, il s'agirait de ne pas le gâcher... Un cœur vaillant et bon, la justice est importante à tes yeux. Fidèle et attentionné, et pourtant tu manques de confiance en toi. Cela viendra ça, en son temps, oui... Beaucoup de capacités, et de talent. Attention seulement à ne pas te laisser embarquer dans la mauvaise direction. Non, en fait je n'ai pas de doute à ton sujet mon cher John. Ta maison désormais sera...

« Poufsouffle ! »

John eut le souffle coupé lorsqu'un tonnerre d'applaudissements s'éleva de la table des jaune et noir. Un énorme sourire lui fendit le visage et il alla s'asseoir à côté de Mike qui lui donna une grande tape sur l'épaule alors que les Poufsouffles les plus proches lui serraient la main et lui lançaient des « Bienvenue ! » de part et d'autre.

Le professeur McGonagall rangea Choixpeau et tabouret tandis que la Grande Salle bourdonnait au son des élèves qui se remettaient à discuter avec animation. Lorsqu'elle revint, le directeur se leva et tapota de la cuillère sur son verre, demandant le silence. Toutes les têtes se tournèrent vers lui et John l'observa avec curiosité et respect. Dire que quelques semaines auparavant, il était assis dans son salon... Le sorcier se racla la gorge et parla, adressant à tous les élèves attablés devant lui un sourire affectueux.

« J'aimerais vous dire quelques mots, mais je crains que mon ventre ne m'interrompe en gargouillant avant que je ne puisse en finir. C'est l'heure de dîner ! Bon appétit ! »

Il tapa dans ses mains et des mets plus appétissants les uns que les autres apparurent sur les tables. John ne put s'empêcher de lancer un « Wouaaaah ! » de stupeur, et il échangea avec Mike un regard émerveillé. En face, à droite de Mike, un garçon un peu plus âgé qu'eux rit en les voyant dévorer des yeux le poulet.

« Vous pouvez vous servir les gars, c'est là pour manger. »

John et Mike se regardèrent puis, d'un commun accord, se servirent avec générosité. Le garçon et ses amis rirent tous de bon cœur, et il leur fit un clin d'œil.

« Bienvenue à Poudlard ! »

John sourit et croqua dans son poulet, certain qu'il allait se sentir bien ici.