Discussion avec les Dursley
Quand Harry rentra au 4, Privet Drive, il trouva son oncle et sa tante discutant devant la télévision. Dudley était parti à l'extérieur pour sûrement terroriser un gamin comme il aimait tellement le faire. Il était un peu plus de trois heures de l'après-midi. Le jeune homme se tenait dans l'embrasure de la porte et observait les moldus. Ils souriaient, ils ne l'avaient pas encore remarqué. Ils semblaient heureux quand il n'était pas dans le tableau. Un vrai couple parfait, dans une maison parfaite, avec un enfant - pas tout à fait - parfait. La vie parfaite dont ils rêvaient. Il était la seule anomalie dans l'équation.
Harry inspira et prit son courage de Gryffondor à deux mains.
"Oncle Vernon, Tante Pétunia," dit-il. "Est-ce que je peux vous parler ? C'est important."
Le visage des moldus devint sombre et le dégoût tintèrent leur traits, ainsi que la colère et la haine pour celui de son oncle. Ils acceptèrent toutefois. Harry fit rapidement du thé et s'installa à table en face de ses relatifs.
"Je ne sais pas comment dire cela et c'est encore un peu flou dans ma tête alors je vous demande de m'écouter jusqu'au bout sans m'interrompre. Après je répondrai à vos questions si vous en avez et si je peux y répondre."
Ils firent un sec hochement de tête.
"Je reviens de la banque Gringott's et j'apporte de mauvaises nouvelles. J'ai été trahi et on a abusé de vous. Non, je t'en prie laisse moi finir, Oncle Vernon. Je sais parfaitement que vous n'aimez pas ce que je suis. Mais je n'ai pas demandé à en être un. Pas plus que j'ai demandé ma célébrité pour avoir défait Voldemort." Harry soupira. "J'ai entendu les dernières volontés de mes parents. Et elles n'ont pas été respectées. Je ne devais être placé chez vous qu'en dernier recours. Mes parrains auraient dû me prendre, ou même le professeur Snape que vous avez rencontré. Votre nom était cité mais c'était le dernier choix. Je pense qu'aucun d'eux n'était au courant puisqu'ils ne sont même pas venus réclamer ce que mes parents leurs ont légué. Et maintenant je comprends mieux tes remarques, Oncle Vernon, sur l'argent et sache que je ne suis en rien responsable. Mes parents avaient tout prévu en cas de décès. Mais il y a eu un soucis. L'argent partait bien de mes comptes mais il atterrissait au mauvais endroit."
"Il atterrissait où ?" ne put s'empêcher de demander Vernon.
"Dans la poche de Dumbledore."
"Ne mens pas, garçon," siffla Pétunia. "Parmi vous autres anormaux, Dumbledore est une figure importante. Ta mère n'a jamais cessé de le vanter !" Elle émit un bruit avec sa langue pour exprimer son dégoût. "Il est aussi très gentil de t'accepter dans son école sans que l'on verse le moindre sou."
"Vu qu'il reçoit l'équivalent de 2500 livres par mois depuis des années à votre place, il avait peut être intérêt !" s'exclama Harry en sortant une copie des versements réguliers qui avaient été faits. "Voici des preuves de ce que j'avance. Normalement cet argent aurait du vous être versé. De plus, Dumbledore a été pendant toute ces années mon tuteur ... euh ... dans mon monde, et il semblerait qu'il ne s'est même pas acquitté correctement de ses devoirs. C'est Hagrid qui l'a fait en partie. Pas lui. Alors, excuse-moi, Tante Pétunia, si après ce que je viens d'apprendre, je ne considère plus Dumbledore comme la meilleure figure du monde magique ! Il a profité de mon argent, il a bafoué les dernières volontés de mes parents et je vis un enfer ici depuis toutes années parce qu'il a pris cet argent que vous auriez du avoir pour vous occuper de moi ! Et oui, je confirme avoir vécu un enfer car se faire battre tous les jours et faire le travail d'un elfe de maison, l'équivalent d'un esclave pour vous, c'est pas vraiment ce que j'appellerais le paradis !"
Harry serra les poings, baissa la tête et respira profondément pour ce calmer.
"Je ... J'ai une proposition à vous faire."
"Laquelle ?" demanda ma tante en buvant un peu de son thé.
Elle avait les lèvres pincées. Mon oncle ne semblait pas avoir apprécié non plus mon éclat de voix mais les documents que j'avais ramené et mes révélations les avaient un peu choqués, à vrai dire.
"Je ne compte pas rester, ici. Mais si je pars de cette maison, les protections du sang tomberont. Vous avez déjà dû subir ma présence toutes ces années mais je ne peux pas partir comme ça au risque de vous mettre en danger avec Voldemort qui est de retour. Ma famille possède plusieurs maisons bien protégées dont certaines dans des agglomérations moldues. Les Blacks également. Vous m'avez pris par charité et vous m'avez gardé alors je vous offre l'opportunité de garder ma protection le temps de la guerre. Vous venez avec moi dans une des maisons, hors de la surveillance de ce vieux fou, ou je vous laisse vivre dans une tandis que je vais dans une autre. Dans tous les cas, la maison sera bardée de sortilèges de protections pour garantir votre sécurité. A vous de voir si vous acceptez."
Les Dursley se regardèrent un instant, en silence avant de regarder leur neveu.
"Nous devons y réfléchir."
"Pas de soucis, n'en parlez juste à personne et surtout pas à Mrs Figgs. Elle travaille pour Dumbledore."
Harry se leva et débarrassa la table de la vaisselle vide avant d'aller dans sa chambre. Il posa le coffret ainsi que l'inventaire de ses biens immobiliers Black et Potter que lui avait donné Gripsec sur son bureau bancal et partit prendre une douche. Quand il retourna dans le couloir, vers sa chambre, il put entendre son oncle et sa tante discuter vivement. Il crut entendre les mots Dumbledore et Salopard et Voleur. Il sourit amèrement avant de rentrer dans sa chambre.
Il prit le coffret et s'installa avec sur son lit. Il en sortit la lettre et les photos. Sur ces dernières, il reconnut ses parents, ainsi que les autres maraudeurs. Il grimaça à la vue d'un coté de Sirius, même plus jeune, lui rappelant sa perte récente, et de l'autre à celle de Peter Petigrow qui avait trahi ses parents et était l'un des principaux responsables de l'enfer qu'avait été sa vie. Il y avait toutefois dans le lot des photos moldues de sa mère avec un jeune garçon aux cheveux et aux yeux noirs. Il lui semblait connaître cette personne mais il ne remettait pas un nom sur ce jeune visage. Il n'y avait pas de nom. Parmi les photos, il vit sa tante en arrière-plan et décida qu'il lui demanderai plus tard. Il posa les photos sur le coté et prit la lettre.
Harry,
C'est le nom que nous t'avons donné. James et moi n'avions pas d'enfant et nous savions que nous n'en aurions jamais. James ne peut pas concevoir. Dumbledore est venu chez nous avec toi un peu après Noël, et nous a demandé que l'on s'occupe de toi. Tu venais de perdre tes parents à cause de la guerre contre Voldemort. Nous avons naturellement accepté. Tu n'avais encore que quelques mois et plus aucune famille. Tu étais pour nous un cadeau du ciel, une petite lumière dans les ténèbres de cette guerre.
Nous avons fait un rituel de sang pour que tu deviennes notre fils. C'est ce qui explique pourquoi tu as mes yeux et la couleur de cheveux de James. Tu avais avant les cheveux d'un brun soyeux et les yeux marrons, presque noirs. Tu as aussi un tatouage représentant un ouroboros sur l'omoplate gauche. Nous ne connaissions pas tes parents et Dumbledore ne nous a rien dit à ce sujet. Avec la guerre et Voldemort qui est à nos trousses, nous ne pouvions pas trop aller aux archives familiales, nous avons toutefois un peu cherché dans la bibliothèque familiale, pour que tu puisses un jour toi savoir la vérité. Pour nous, cela n'avait aucune importance : tu es et tu resteras toujours notre fils. Au fil de nos recherches, que nous avons consignés dans d'un calepin, nous n'avons hélas trouvé que des sorts de magie noire pour révéler ton ascendance. Et nous sommes des mages blancs, on ne pouvait pas se risquer de les utiliser sur toi. Nous ne nous y connaissons pas du tout et nous ne voulons pas te faire de mal, mon trésor. Nous espérons toutefois trouvé une méthode qui n'exige pas la pratique de la magie noire.
Pour nous, tu es notre fils, dans notre coeur. Et une part de nous coule à présent dans tes veines. Nous t'aimons tellement Harry. Malheureusement, en ces jours sombres nous avons peur pour toi. Voldemort est à nos trousses pour te tuer. Cela fait maintenant deux mois que nous nous cachons. Mais j'ai le pressentiment qu'un malheur va arriver et que nous ne pourrons jamais avoir l'occasion de te dire tout cela.
Quoi qu'il arrive, que nous survivions ou pas, n'oublie jamais que nous t'aimons et que nous ferons tout pour te protéger jusqu'à la fin. Nous espérons que tu vivras une vie heureuse et magnifique loin de cette guerre.
Avec tout notre amour,
Lily et James
Harry sécha les larmes qui avaient progressivement coulé sur son visage. Encore une fois, son monde venait de s'écrouler. Deux fois en moins de douze heures ! Et ça personne pouvait lui dire ? Genre Dumbledore ? C'est le genre de chose que l'on dit non à un orphelin non ? Enfin quadruplement orphelin, maintenant.
Il respira lentement et posa la lettre à coté des photos et prit le calepin pour le feuilleter. Il s'agissait de leurs recherches. Il y avait un recensement de tous les enfants devenus orphelins de la guerre ainsi que leurs parents. Parmi eux, il reconnut des noms de mangemorts. Il était peut-être un enfant de mangemort. Cette possibilité le fit frissonner. Mais d'un autre coté, il en avait pas tellement peur. Après tout, Dumbledore, avec les dernières révélations, s'est révélé ne pas être aussi blanc qu'il le croyait. Il y avait aussi beaucoup d'annotations sur des sorts et des potions. Il demanderait à coup sûr un coup de main à Hermione pour démêler tout cela.
Il rangea tout dans le coffret et prit la photo de sa mère, sa tante et le mystérieux garçon aux cheveux noirs avant de descendre en bas. Tant qu'il était dans le moment révélation autant qu'il demande, comme ça il pourrait faire vraiment le point. Son oncle et sa tante discutaient toujours dans le salon. En voyant l'heure, il alla dans la cuisine pour préparer le repas, autant ne pas avoir un Dudley en colère parce qu'il a l'estomac dans les talons. Il prépara des spaguettis bolognaise.
Dudley venait à peine de rentrer qu'il venait de terminer le plat et de mettre le couvert. Toute la famille s'installa tandis qu'il retournait dans la cuisine pour déjà commencer le nettoyage, habitué à cela depuis toutes ces années. Il n'avait pas vu sa tante le suivre dans la cuisine.
"Harry."
Ce dernier se retourna, les yeux légèrement écarquillés. Elle venait de l'appeler par son prénom. Elle venait de dire Harry.
"Oui ?"
"Viens manger avec nous."
"Je ..." Harry se frotta le front au niveau de sa cicatrice en regardant la cuisine. "D'accord."
Il n'allait pas refuser de manger quand même. Il serait fou. Il suivit sa tante et s'installa à coté de son cousin. Ce dernier voulut commencer à protester mais Oncle Vernon s'exprima d'une voix qui n'admettait aucune réplique.
"Dorénavant, Harry mangera tout le temps avec nous, Duddy. Et certaines choses changeront..."
"Mais c'est un monstre, papa !" s'exclama malgré tout Dudley.
"Suffit Dudley. Tu changeras dorénavant ton comportement vis à vis du ... de Harry ! Me suis-je bien fait comprendre ?" demanda Vernon.
"Oui, papa," grommela Dudley en fusillant Harry du regard.
Harry avait gardé le silence et mangeait calmement son assiette. Une certaine chaleur se dégageait de son ventre. Les propos de son oncle promettait un avenir plus agréable. Et est-ce qu'il avait vraiment grondé Dudley pour l'avoir insulté de monstre ? Il parla peu du repas, uniquement de sujet léger et dépourvu de magie.
Quand vint la fin du repas, Harry débarrassa et fit rapidement la vaisselle avant de se diriger vers le salon. Il s'installa dans un fauteuil près de la fenêtre et regarda encore la photo.
"Tante Pétunia ?" dit-il au bout d'un moment. "Est-ce que tu connais ce garçon ?"
Elle prit la photo qu'il lui tendait. Elle pinça les lèvres et haussa un sourcil.
"Oui," répondit-elle. "Mais toi aussi. C'est Snape."
"Snape ?!"
"Oui, Severus Snape. C'était un ami de Lily."
Harry resta sans voix une minute, regardant sa tante, interdit. "Comment Snape, la chauve-souris des cachots de Poudlard, mon détesté professeur, qui prend soin de m'humilier chaque jour que Dieu fait, a-t-il pu être un jour ami avec ma mère ?"
Oui, Harry appelait toujours Lily sa mère. Car même si elle ne l'avait pas mis au monde, elle l'avait adopté et aimé comme son fils.
"C'était une ... sorcière et lui un ... un sorcier. Ils sont très vite devenus inséparables. C'était avant qu'elle n'entre à Poudlard."
Harry et Dudley était choqués qu'elle emploie les termes tabous dans la maison et que Vernon ne réagisse pas du tout. En fait ce dernier réagissait, il lançait un regard d'avertissement à son fils pour le défier de dire quelque chose.
"Harry," dit-il au bout de quelques instants. "Si nous acceptons, est-ce que nous te verrons utiliser la ... magie ? Et est-ce que nous verrons d'autres gens comme toi ?"
"Je ne peux pas utiliser la magie pour l'instant. Pas avec ma baguette actuelle, vu que je suis surveillé depuis des années, je ne seras pas étonné qu'ils ait mis un sort de surveillance dessus également. Un peu comme un mouchard," expliqua-t-il en les voyant un peu perdus par ses propos. "Je pense en acheter une nouvelle que je garderai précieusement. Sinon, je peux très bien en restreindre l'utilisation. Et sinon la seule personne que vous rencontrerez peut-être, c'est Hermione Granger, une née-moldue. Ses parents sont comme vous."
"Quand tu dis Granger, c'est Granger comme le Docteur Franck Granger, le dentiste ?"
"Euh ... oui. C'est son père. Pourquoi ?"
"Pour rien, c'est mon dentiste."
"Oh. Et ?"
"Quelqu'un de charmant."
"Cool."
Ils restèrent silencieux un moment. Vernon et Pétunia échangèrent un regard avant de se tourner vers le neveu.
"C'est d'accord. On t'accompagne."
