Yersin

Chapitre II : Chat Noir Chat Blanc

Auteurs : Adeline & Lojie Disclaimer : Aucun des personnages ne sont de notre propriété mais celle de la WB (Grrrrrr...) Les paroles de chanson sont issues de « Petit Frère » du groupe IAM dont les droits appartiennent à Delabel. Etant donné que Abby + Lojie = bain de sang, ce sera plus une fanfiction tendance Jinucci que Dabby. Encore qu'on a pas vraiment décidé de ce qu'on va faire de cette histoire. On va un peu quitter le style mélodramatique du premier chapitre, pour un peu plus d'action dans celui-ci même si les sentiments seront durement éprouvés. Conflits intérieurs et cas de consciences à venir. (Oui on sait c'est pas une fanfiction rigolote !) Bonne lecture [ ;o) & :oP ] o0°0o0°0o0°0o o0°0o0°0o0°0o A 13 ans, il aime déjà l'argent avide Mais les poches sont arides, alors on fait le caïd Dans les boums, qui sont désormais des soirées, plus de sirop Tesseire Petit frère veut des bières o0°0o0°0o0°0o Les doux petits flocons de neige s'étaient transformés en une tempête blanche et cinglante. Dave venait de confier son enfant à la fille de la concierge de l'immeuble. Il n'avait pas vraiment le choix. Après être resté trois semaines sans travail suite à son renvoi du Cook County, il s'était fait expulsé de son ancien appartement et avait dû s'installer dans un quartier sensible. Dave voulait ce qu'il y avait de mieux pour son enfant, alors il ne fallait pas cracher sur les heures supplémentaires pour économiser et se réinstaller autre part... Quitte à devoir passer moins de temps avec son enfant, ce n'était que temporaire. Le Northwestern l'avait appelé car il y avait eu un immense accident de voitures. Dave passa rapidement la main sur son front. Il avait chaud et savait qu'il couvait une sorte de grosse fièvre. Il frissonna en pensant à la masse de tôles broyées... L'odeur de la chair brûlée mêlée à l'essence et au sang... Le vélo slalomait entre les passants sur les trottoirs couverts de verglas. Il arriva rapidement en vue de l'hôpital et remarqua que la baie était envahie par de trop nombreuses ambulances. Il se dépêcha de mettre l'antivol sur son vélo et entra dans les urgences. Il eut à peine le temps d'enlever son manteau et de le ranger dans son casier, car Mendez passa la tête par la porte : « _Dépêches ! On a encore deux traumas graves qui vont arriver ! » « _J'arrive, » répondit calmement Dave. Il y avait bien longtemps que la frénésie de ce service ne le touchait plus. Il s'était demandé lors de ses premiers jours lorsqu'il était étudiant, comment les urgentistes pouvaient garder un air si stoïque. Il avait trouvé la réponse : la routine. Il sortit de la salle des casiers et se dirigea vers les portes automatiques. Le froid lui mordit toutes les parties dénudées de son corps quand il se posta dehors. Sa silhouette noire et grave attendait immobile le son des sirènes flamboyantes. Deux infirmières vinrent le rejoindre en grelottant, puis un étudiant en médecine s'approcha de lui et lui posa amicalement la main sur l'épaule. Il s'appelait Mike... Enfin... Dave n'en était pas sûr. « _Wouah ! Quelle matinée ! Je n'ai jamais vu autant de trucs aussi bizarre ! » S'exclama le supposé Mike. « _Un jour là où je travaillais avant... » Se rappela Dave, « il y a eut un mec qui a fait une combustion instantanée... » « _Instantanée ? Non ! C'est des conneries ! » Répondit Mike en éclatant de rire. « _Je te jures, on a jamais trouvé de briquet, d'allumettes, rien ! On a jamais su comment il avait réussi ça... » Leur conversation fut interrompu par une ambulance qui freina au dernier moment devant. Une autre suivait juste derrière. Lui et Mike devaient s'occuper de la première. Doris sortit en sautant de l'ambulance après avoir ouvert en grand les portes arrières : « _Salut Malucci ! » S'exclama-t-elle en souriant le bonnet noir enfoncé jusqu'aux oreilles. « _Alors que nous amenez-nous aujourd'hui, belle dame ? » Répondit-il avec Mike collé derrière lui. « _Ca va pas vous plaire. LOC environ cinq minutes, deux ampoules d'adré sur place, multiples contusions, possibilité de lésions à la colonne, hématomes nombreux. » Dit-elle à une vitesse effrayante. « _Et en quoi est-ce ça ne me plairais pas ? » Demanda Dave surpris. Il vit alors Zedro aidé de Doris descendre le brancard de l'ambulance. Une chevelure rousse ensanglantée... De petits yeux bleus cachés derrière des lunettes brisées... Un visage sévère et un corps maigre... Dave sentit son sang se figer dans ses veines, ses mains qui avaient déjà agrippé le bord du brancard se crispèrent, il n'entendait plus rien autour de lui, seulement ce visage. Ne jamais montrer ses sentiments : signe de faiblesse. Doris réussit à le sortir de ses pensées : « _Bonne chance, docteur Dave ! Voici peut-être votre chance de vous faire pardonner pour tout ce que vous lui avez dit. Sauvez-lui la vie et vous serez quitte !» Elle remonta dans l'ambulance qui repartit aussitôt. « _Pourquoi elle a dit ça ? » Demanda Mike. Dave ne répondit et poussa le brancard à l'intérieur de l'hôpital en vitesse. Les deux infirmières suivirent le rythme et furent bientôt rejoint aussi par le docteur Hester. Malucci prit les choses en main : « _Je veux scan crâne, lombaires, bassin et jambe droite, vingt milligramme de morphine, deux ampoules d'adré, à trois on la soulève... Un.. Deux.. Trois. Posez une voix centrale... Murmures à la base du poumon droit... Vérifiez le lavement... Pupilles réactives...» Il donnait des ordres rapidement et jamais Hester ne l'avait vu aussi impliqué dans son travail, il vit aussi à la tête de Mike que quelque chose n'allait pas. La victime ouvrit un oeil et observa un instant effarée tout ce qui l'entourait. Hester se pencha aussitôt à la gauche de la femme rousse : « _Ne vous inquiétez pas, vous êtes à l'hôpital de Northwestern, nous allons nous occuper de vous. Comment vous appelez-vous ? » Dit-il sur un ton calme et rassurant. « _Je... Je suis le docteur Weaver... Je travaille au Cook County... » Répondit la victime déboussolée par toute l'agitation. « _Vous rappelez-vous ce qui vous est arrivé ? » Demanda Mike qui s'était approché de Hester. Dave le regard sombre, était en retrait. « _Non... Je ne sais pas... Je ne sais plus... Quelles sont mes blessures ? » Demanda Kerry reprenant un peu de sa contenance. Elle sentait une douleur diffuse et était terriblement effrayée. Elle n'avait pas l'habitude d'être de l'autre côté du scalpel. « _Vous avez eu un accident de voiture... Chef. » Répondit une voix familière à sa droite. « Vous souffrez de multiples contusions, je ne pense pas que vous ayez de lésions à la colonne, mais pour les hémorragies internes il va falloir attendre les radios. De toute façon vous connaissez bien la procédure.» Kerry réussit à tourner légèrement la tête et vit le visage impassible du docteur Dave. Elle eut envie de pleurer mais se retint. Alors il était toujours à Chicago... Elle ne savait pas quoi dire, Kerry avait eu raison de le renvoyer mais elle se sentait coupable quelque part. La douleur des derniers mots qu'il lui avait dit lui revint en mémoire. La colère, le remords et la confusion régnait dans son esprit à armes égales. « _Pourquoi ne m'aviez-vous jamais dit que vous aviez un enfant ? » Pourquoi avait-elle posé cette question ? Kerry n'en connaissait pas la réponse. Elle vit aux regards interrogateurs des deux autres médecins qu'ils n'étaient pas au courant... Tout comme elle quelques mois plus tôt au Cook County. Quel ironie du sort ! Sa vie était maintenant entre les mains d'un médecin dont elle avait longtemps pensé qu'il n'y avait rien à apprendre, que sa vie se limitait à draguer et collectionner les conneries... Une espèce de Doug numéro deux, même si le docteur Ross fut de loin le champion incontestable. Mais pourtant le doute avait de temps en temps surgi en elle, doute qu'elle avait repousser : Dave semblait certains jours si pressé de rentrer chez lui, il était beaucoup plus concerné quand il soignait des enfants, elle avait appris aussi par les ambulanciers qu'il travaillait comme moonligther dans d'autres hôpitaux alors que son salaire lui permettait de vivre convenablement... Sauf s'il avait une ou plusieurs personnes à charge. Elle avait toujours rejeté cette possibilité considérant que Dave était incapable d'être responsable, et pourtant... Il était maintenant là devant elle en train de « sauver des gens » comme il aimait dire. « _Elle est en train de délirer, elle a dû recevoir un choc à la tête... » Murmura Dave le plus désagréablement possible en réponse à la question de Kerry. Il avait mis du temps à répondre et Mike et Hester le regardaient comme un inconnu à présent. Ils savaient très bien que leur patient ne délirait pas. Le docteur Dave ? Un enfant ? Le clown du service ne peut pas être père... La même réaction que le personnel du Cook County auparavant... Kerry se sentit soudainement flotter. Avant de sombrer dans le noir sans même s'en rendre compte, elle entendit une infirmière dire : « _Elle s'enfonce ! » « _Je veux qu'on l'entube et apportez la table d'électros, » dit calmement Dave sans inquiétude apparente. « _Tu la connais ? » Demanda Mike en approchant la table alors que Kerry fibrillait et que Malucci l'entubait. « _C'est mon ancien patron... Une vraie carne... Rosenberg c'est de la pisse de nouveau-né à côté ! » Cracha-t-il alors que le moniteur cardiaque indiquait la tachycardie. o0°0o0°o0°0o

« _MARIA ! HE ! MARIA ! CA T'ARRIVES D'ECOUTER LES AUTRES DE TEMPS EN TEMPS ! » Enzo était hors de lui. Quand à sa femme, elle se balançait tranquillement sur un trapèze à une dizaine de mètres du sol en ignorant totalement ses protestations. « MARIA ! JE TE RAPELLES QUE TU ES ENCEINTE ! » S'évertua le jeune italo-américain de vingt et un ans. « _MAIS JE CRAINS RIEN ! » Répondit Maria du haut de son trapèze. « MAIS TU AS L'AIR SI EPOUVANTE QUE JE VAIS DESCENDRE POUR TE RASSURER ! » Enzo frémit en la voyant se balancer pour pouvoir retourner sur le promontoire. Puis malgré son ventre déformé par six mois de grossesse, Maria descendit agilement les échelons. A dix-neuf ans, elle était pleine de vie même si elle avait déjà connu les revers du destin. Son mariage avec Enzo lui avait permis de s'épanouir, de trouver la stabilité qu'elle avait toujours cherché en vain. Petite fille d'origine italienne de la banlieue de Chicago, elle avait connu la pauvreté et la brutalité de son père. Maria avait rencontré Enzo en se faufilant sans payer sous le chapiteau du cirque, dont faisait partie le jeune clown trapéziste. Il avait aussitôt repéré le groupe de jeunes filles qui étaient entrées frauduleusement et il était censé les raccompagner gentiment à la sortie. Mais quand il les avait interpellé et que Maria s'était retournée vers lui, il n'avait plus réussi à articuler un seul mot. La réaction fut la même pour la jeune fille et ils ne s'étaient plus quittés, Maria quitta Chicago et ses malheurs en même temps que le cirque, blottie sous l'aile protectrice d'Enzo qui lui apprit toutes les ficelles de cette nouvelle vie de nomade. Maria s'approcha de son mari et passa ses mains derrière son cou puis l'embrassa : « _Comment on va l'appeler ? » Demanda-t-elle. « Nadji m'a prédit que ce serait un garçon. » « _Tu crois les prédictions de cette vieille chouette maintenant ? » Rétorqua Enzo. « Elle passe son temps à arnaquer les spectateurs avec sa stupide boule de cristal ! » « _Enzo... Tu es beaucoup trop terre à terre... » Soupira la future maman. « J'espère que ton fils sera beaucoup moins sérieux que toi ! Même quand tu enfiles ton costume de clown, t'as toujours le rôle du plus sage. » « _Moi la seule chose que j'espère, c'est que si c'est une fille elle ait ta grâce, et si c'est un garçon qu'il ait ta force... » Maria sourit et embrassa une deuxième fois son mari. Ils furent soudainement interrompu par Zeno le dompteur: « _Hé les gosses ! Au lieu de vous nettoyer les amidales, ce serait bien que vous continuiez à nous aider à tout installer avant le spectacle ! »

o0°0o0°0o0°0o Susan était près du téléphone au bureau des admissions en train de remplir quelques papiers. Le combiné se mit à sonner. « _Docteur Lewis, » l'interpella Randi à l'autre bout du bureau, « vous pouvez répondre au téléphone je suis débordée ! » La standardiste avait en effet un combiné habilement calé sur son épaule droite, et sa main gauche en tenait un autre collé à son oreille. De sa main droite elle arrivait à taper sur un clavier, Franck était en congé maladie et il n'y avait personne pour le remplacer. Elle décrocha : « _Allô Cook County General Hospital, que puis-je faire pour vous ? » Répondit Susan sur un ton professionnel. « _Randi ? » Demanda une voix inconnue au téléphone. « _Non, je suis le docteur Susan Lewis. » Répondit-elle surprise. Etait-ce un ami de la standardiste ? Ou quelqu'un qui avait l'habitude de téléphoner ici ? « _Ah ! Vous devez être ma remplaçante ! » S'exclama la voix au bout du téléphone. « Vous pourriez me passer Randi ? » Sa remplaçante ? ! ? Susan n'en croyait pas ses oreilles. Juste à ce moment, John s'arrêta près d'elle en voyant son air étonné. Il s'accouda sur le bureau et s'amusa à écouter le docteur Lewis aux prises avec le téléphone. Les urgences du Cook étaient calmes ce soir, hormis quelques traumas un quart d'heure plus tôt qui avaient été envoyés par le Northwestern débordé à cause d'un carambolage géant sur l'autoroute. « _Mais qui êtes-vous d'abord ! Vous ne vous êtes même pas présenté ! » Répliqua la jeune femme vexée. « _Docteur Dave du Northwestern. J'aimerais parler à un ancien du staff, pas à une petite nouvelle... » « _Petite nouvelle ? » C'était le bouquet final pour Susan. Quel culot ! Elle était loin d'être une petite nouvelle justement ! « Ecoutez docteur Dave, je ne sais... » Elle n'eût pas le temps de finir sa phrase, John lui avait arraché le combiné des mains : « _Malucci ! C'est John ! Tu vas bien ? ... On attendait tous de tes nouvelles ! ... Quoi ? Au Northwestern ? Avec Kerry ? Mais... ... Oh merde ! ... Oui. ... Elle est où maintenant ? ... Oui je vais prévenir sa famille. ... Je comprends. .. Oui, je préviens les autres. ... Attends Dave ! Ne raccroches pas, je.. Je voulais juste ajouter que ça fait du bien de t'entendre à nouveau. ... C'est sûr ! ... A bientôt j'espère. » John raccrocha le téléphone alors que Susan complètement perdue le regardait bouche bée. Est-ce que quelqu'un allait enfin daigner lui expliquer ? Une remplaçante... Mais pour qui se prenait ce docteur Dave ? Jing-Mei et Randi qui avaient entendu John prononcer « Malucci » s'étaient approchées, elles avaient le regard craintif et étonné, ému et confus. Susan ne comprenait rien. « _C'était Dave », confirma John nerveusement. « _Il va bien ? Pourquoi n'avons nous pas pu l'avoir au téléphone nous aussi ? » Demanda Jing-Mei. « _Mais qui est Dave ? ! ? » S'exclama Susan un peu vexée. « _Il ne téléphonait pas pour donner de ses nouvelles... » Commença John. « _Alors pourquoi ? » Le coupa Randi. « _Il travaille au Northwestern maintenant et... Et il a eut Kerry comme patiente aujourd'hui. » Termina John. Susan écarquilla les yeux. Mais qui est Dave ? o0°0o0°0o0°0o

Assise sur sa chaise, les baguettes en bois délaissées à côté de son bol de porcelaine, Siu soupirait en regardant la pluie couler le long de la vitre. Le temps de Chicago ne remontait décidément pas le moral. Elle posa sa main sur son ventre en signe de protection. En face d'elle, Li-Wong daigna enfin détourner son attention de sa soupe pour l'observer. Il voyait que quelque chose n'allait pas chez sa femme. Mais il avait toujours eu du mal à lui parler. Il avait rencontré Siu à une sorte de bal façon asiatique, où toutes les grandes familles du Nord-Est du pays se rencontraient. Li-Wong avait aussitôt été fascinée par la beauté de cette jeune et jolie New-yorkaise. Leurs familles avaient approuvé leur relation et ils avaient pu se marier. Ils avaient déjà une petite fille de trois ans. Siu avait beaucoup souffert durant sa grossesse, elle avait dû rester allonger, chaque effort lui fut pénible, elle fit de la rétention d'eau et eut encore pas mal d'autres problèmes. Il fallait préciser qu'elle avait déjà fait deux fausses couches auparavant. « _Siu... Dis-moi ce qui ne va pas... » Dit-il le plus doucement possible. Elle tourna ses yeux tristes vers lui. Siu baissa son visage pour qu'il ne voie pas les larmes venir. Mais elles perlèrent le long de ses joues et vinrent tâcher le bas de sa tunique bleue. « _Je suis enceinte... Je ne veux pas souffrir encore, je ne suis pas sûre de vouloir garder cet enfant... » « _Siu... » Li-Wong se leva et vint s'accroupir au côté de sa jeune compagne. Il la prit dans ses bras. « Tu as peur et c'est normal, mais... Mais avorter n'est sûrement pas la bonne solution. » « _Je ne veux pas revivre ça Li-Wong ! » S'écria-t-elle les yeux pleins de larmes. « Et si je fais encore une fausse couche ? » « _Cela n'arrivera pas Siu... Je te le promets... Et nous auront un deuxième enfant aussi beau que le premier ! » Elle regarda son mari longuement. Il était si convaincant. De toute façon, n'avoir qu'un seul enfant dans le milieu ne se faisait pas. Elle hocha la tête en signe d'accord.

o0°0o0°0o0°0o A suivre...