- Alors, elle a réagi comment ?

Régina fulminait en repensant à son réveil. Frustrée. Mais ce qui la frustrait encore plus, c'était de savoir que le 785ème, ne se ferait pas à côté d'Emma.

- Comme quelqu'un qui apprend que sa compagne va passer les deux prochaines nuits pas loin de son ex.

- On ne peut pas non plus nous définir que comme des ex, reprit Robin.

- On ne peut pas lui en vouloir, je me mets à sa place, elle m'aurait fait annoncé un séminaire quelque part dans le monde avec Hook, j'aurais été capable d'aller moi-même lui couper la deuxième main.

- Certes, mais tu es trop jalouse et possessive.

- Passionnelle, je dirais plutôt, répondit Régina. Irrationnelle, certes aussi.

- Je n'ai jamais compris pourquoi tu l'avais choisie elle. Dit Robin, un peu mal à l'aise, assis à côté de Régina qui conduisait la voiture. A l'époque, on était heureux toi et moi.

- Tu étais heureux, Robin.

Le silence s'installa. Régina ne voulait pas avoir cette conversation avec lui, elle l'avait toujours fuie. Elle n'avait jamais eu envie de justifier son choix. C'était elle, Emma, même pas un choix, une évidence. Elle s'était rendu compte de son amour pour elle, douloureusement, le jour où Hook lui avait parlé de s'installer avec elle. Elle avait bataillé pour refuser ses sentiments. Mais l'évidence s'insinuait toujours plus en elle. Ce jour-là, et même si Robin était sensé être son Véritable Amour, elle l'avait quitté et s'était pliée en quatre pour gagner le cœur d'Emma. Et elle l'eu.

- Nous l'étions, avant elle.

- Emma. Elle s'appelle Emma, Robin.

- Emma. Ne t'inquiète pas, ça fait un peu plus de deux ans maintenant, je t'ai pardonné… Tu mérites d'être heureuse. Même si tu me manques parfois. Souvent même…

- Je suis désolée…

- Le silence revînt… Douloureux pour Robin, embarrassée pour Régina.

- Les hommes ne te manquent pas ? Devant le visage fermé de la brune, il avança ses pensées sur les pincettes. Je veux dire... Tu n'avais jamais eu de femmes avant…

- Écoute Robin, je ne suis vraiment pas sûre que cela te regarde. Je suis vraiment désolée pour tout le mal que j'ai pu te faire mais…

- J'ai compris… Après quelques secondes, il continua. Tu sais, avec Marianne, c'est pas... aussi…passionnel que ça ne l'était avec toi.

- Elle t'aime, c'est une évidence qui se reflète dans ses yeux.

- Je ne te parle pas d'amour mais…de sexe…

- Robin, je ne suis pas sûre de…

- Oh, fais pas ta mijaurée comme ça, je te rappelle que j'ai tenu ton corps plus qu'il n'en faut pour le dire !

- Robin, arrête ! S'il te plaît.

- Oui, Madame le Maire ! N'empêche que...

- STOP ! Coupa Régina.

Elle se sentait prise au piège. Prise dans un tourbillon de regrets face à un réveil sans Elle et face à l'homme dont elle ne voulait plus sentir le souffle d'aussi près que dans cette voiture.

Boston, trop loin pour rentrer à Storybrooke, trop près pour prendre une semaine de vacances avec sa belle. La décision avait été dure mais elle n'avait pas le choix. Lorsqu'elle avait réservé les deux chambres, son cœur avait senti un coup tellement dur qu'elle mit plusieurs secondes à respirer correctement. Erratique devant la future absence de sa blonde. Étouffée par la douleur. Elle repoussait le temps où elle le dirait à Emma, elle savait sa capacité à paniquer. Elle était loin de se douter que Robin le ferait à sa place.

- Pourquoi a-t-il fallu que tu ailles lui dire ? Pourquoi a-t-il fallu que tu fasses le paon en te pavanant ?

- Je voulais juste te filer un coup de main, t'avais l'air d'avoir peur de sa réaction…

- Il est vrai que la tienne, hautement plus mature, à aplani les choses.

- Non, mais au moins, c'était dit ! Tu…

- Tu ne penses jamais aux conséquences, Robin. Tu fais ton fier mais tu ne sais rien. Tu n'as pas la moindre idée de ce que je peux ressentir en ce moment présent…

- Ahhh, mais Sa Majesté serait-elle en train de changer d'avis en ce qui concerne ses envies de luxure ce soir ?

- N'y compte même pas ! Je te défends même de le concevoir ! Régina fit une pause pour repartir de plus belle, la voix tremblante. Elle est ma vie, mon souffle, l'air que je respire et celui qu'elle m'insuffle. Je regrette jusqu'à ne pouvoir être une partie d'elle-même tellement son absence est pire que toutes les souffrances que j'ai pu endurer dans ma vie.

- Ne t'inquiète pas, tu retrouveras ta belle blonde dans 2 dodos, majesté. Mais ce soir, tu es à moi !

Régina sentit au plus profond d'elle-même, autant d'ennui que de lassitude. Comment avait-elle pu une seconde avoir le doute entre Elle et lui ?

Lorsqu'ils arrivèrent à l'hôtel, la nuit était déjà tombée. Régina avait loué pour deux nuits. Elle dû, avec regrets, emmener Robin. Il avait eu le projet de développer des activités sportives de Storybrooke. Autant pour les enfants que pour les adultes. Il avait commencé par vouloir donner des cours de Tir à l'Arc mais rapidement, le projet pris une plus grande ampleur. Il était question d'emmener Robin rencontrer des investisseurs pour que le projet soit mené à bien. Régina devait assister à un tas de rendez-vous le lendemain sur Boston puis rejoindre Robin dans une grande réception où les investisseurs rencontrent des futurs projets.

Après avoir récupéré les clés à la réception et rejeté Robin devant son insistance à prendre « un dernier verre », elle rentra enfin dans sa chambre. Son premier réflexe fut d'envoyer un SMS à Emma qui elle se doutait, attendait impatiemment au manoir de ses nouvelles.

*Bien arrivée mon Emma*

*Tu me manques*

*Toi aussi*

*Tu fais quoi ? *

Régina préféra l'appeler pour continuer la conversation. Emma ne mit qu'une sonnerie à répondre.

- Je me fais couler un bon bain.

- Tu es donc nue ?

- Emma…

- Oui, donc tu es nue. Tu sais l'effet que ça me fait de te savoir nue dans un bain plein de mousse ?

- Emma… Je n'aurais jamais dû te le dire, tu es incorrigible.

- C'est de ta faute, tu n'as cas pas être aussi sexy, c'est inhumain d'avoir un corps pareil.

- Dois-je te rappeler ce que tu en as fait, ce matin, de ce corps ?

- Je lui ai donné un bonne leçon, histoire qu'il ait envie de rentrer à la maison rapidement pour connaître la suite…

- Tu es insupportable. Tu ne le mérites pas.

- Ce n'est pas du tout ce qu'il pense… Demande lui s'il se souvient du moment où j'en ai pris possession sur ton bureau à la mairie ? Pas plus tard qu'avant-hier…

Régina sentit tout son corps vibrer en se souvenant du moment où Emma était rentrée dans son bureau, le souffle court, sans un mot, lui faire l'amour et repartir, toujours sans un mot.

- Emma…

- Je sais que tu as adoré mais j'ai une question plus importante : est-ce que Robin fera partie de ton bain plein de mousse ?

- Je n'ai même pas l'envie de répondre.

- Qu'il essaie quoi qu…

- Emma, je suis une grande fille, je sais dire non, cesse tes insinuations, il est dans sa chambre, je suis dans la mienne.

- Comment s'est passé le voyage ?

- Affreux, long et fastidieux.

- Il n'a même pas essayé de…

- Si, bien sûr que si, il…

- Je vais le tuer, qu'il se prépare à mourir.

Régina pouffa de rire devant la jalousie d'Emma. Ce n'était pas trop, ni pas assez. C'était Elle.

- Laisse le tranquille, c'est finalement avec toi que je suis au téléphone mais je sens que je vais raccrocher si tu n'arrêtes pas tes enfantillages.

- Oh non, je veux savoir si finalement, il s'est passé des choses croustillantes dans ce fameux bain plein de mousse. Je rêverais de te l'étaler sur tout ton corps tout en te caressant le dos.

- Emma, non. Arrête ça.

- Ce serait dommage d'arrêter, arrive le moment où je te dis qu'en descendant mes caresses le long de ton corps, j'en arrive entre tes cuisses…

- Tu me diras tout ça un autre jour, lorsque tu seras en face de moi et que ce ne seront pas que des paroles en l'air.

- Madame le Maire aurait-elle envie de moi ?

- Comme souvent. Mais je me lève tôt et je suis fatiguée.

- Bien, alors je vous laisse, toi et ton imagination débordante. Je t'aime.

- Je t'aime aussi.

Après une nuit agitée où aucun corps n'était l'un contre l'autre, aucune main perdue sur le corps de l'autre, aucune jambe sur une autre, aucun visage blotti dans ses cheveux, dans son cou. Régina senti son cœur tomber en lambeaux. Elle mit quelques minutes à se resituer. Et la seule chose qu'elle remarqua, c'était la place vide à côté d'elle.

Emma…