Défi "Pick Your Card" de la Gazette des bonbons au citron.
Two of Hearts : écrivez une fanfiction sur les âmes soeurs


Katie Bell était à Washington depuis près d'un mois. En 1916.

Elle avait accepté l'offre de Percival Graves de rester un peu à ses côtés, heureuse d'échapper aux souvenirs de la guerre.

L'homme, qu'elle devinait célibataire endurci, l'avait accueilli chez lui. Le lendemain de son arrivée, il avait agrandi magiquement son appartement pour ajouter une chambre.
Il avait appelé une jeune fille, qui devait être dans les âges de Katie - une certaine Queenie Goldstein - pour qu'elle lui fournisse une garde robe.
Katie avait d'abord été méfiante vis à vis de la jolie blonde, mais finalement, elle avait apprécié sa gentillesse et sa bonne humeur.

Katie avait eu un peu de mal à s'habituer à la mode et à la vie en 1916, mais Percival l'aidait énormément.
L'homme était renfermé. Il restait souvent silencieux et si elle ne le sollicitait pas, ils pouvaient passer des soirées entières sans dire un mot.
Mais il se montrait ouvert avec elle. Il ne semblait jamais agacé de ses questions.

Elle passait de longues heures seule dans l'appartement, mais Percival veillait à ce qu'elle ait de la lecture pour s'occuper. Quand il rentrait du MACUSA, il lui proposait toujours de sortir et ne semblait pas ennuyé de lui faire découvrir Washington.

Ainsi, il lui avait fait découvrir le monde des moldus - des non-maj' comme ils disaient aux États-Unis - en l'emmenant à l'Opéra. Le moment préféré de Katie était quand elle se promenait tranquillement au bras de cet homme séduisant dans un des parcs de la ville.

Parfois Katie s'installait à ses côtés dans le canapé et ils parlaient. Il posait des questions à Katie sur Poudlard, sur l'éducation qu'elle avait reçue, sur son époque. Parfois, il lui enseignait des sortilèges de défense.

Quelques fois, Katie, épuisée après une leçon plus compliquée, s'endormait sur l'épaule de l'homme. Elle se réveillait invariablement dans son lit, dans la petite chambre qu'elle commençait à décorer à son goût.

Son époque, Poudlard, sa vie d'avant ne lui manquaient pas. Elle ne s'était jamais sentie aussi bien, et elle serait probablement éternellement reconnaissante à Mimi Geignarde de lui avoir fait prendre l'artefact qui avait changé sa vie...
Plus elle y pensait, et plus elle avait envie de rester aux côté de Percival, qu'elle avait appris à apprécier.

Percival Graves était un homme d'apparence austère, et il se rendait compte qu'avant l'arrivée de la jeune fille du futur, il avait une vie austère. Katie avait amené un vent de changement dans son quotidien.
Il voulait à tout prix lui éviter de penser à ce qu'elle avait vécu. Il ne se rappelait trop bien de son regard hanté les premiers jours, des blessures qu'il avait soignées.
Il ne comprenait pas pourquoi des jeunes gens avaient été envoyés en première ligne sur le champ de bataille. Minerva lui avait parlé de Harry Potter, le garçon qui depuis sa naissance était destiné à se battre, bien entendu. Mais jusqu'à ce qu'il ne rencontre Katie, il n'avait pas pris la mesure de l'horreur de la situation.

Séraphine, sa supérieure, lui demandait souvent des nouvelles de sa protégée. Il savait qu'elle ne tarderait pas à vouloir la rencontrer et il faisait en sorte de retarder ce moment. Pour l'instant Katie était toute à lui, et il n'avait pas envie que cela change.
La jeune fille réveillait en lui des sentiments protecteurs qu'il n'était pas conscience avoir eu.
Elle avait changé ses habitudes de vie, et lui, si casanier, se surprenait à aimer tous ces bouleversements.

Ils avaient profité d'un samedi ensoleillé pour aller voler. Katie lui avait parlé de son poste de poursuiveuse dans l'équipe de Quiddich de Gryffondor. Elle lui avait raconté les matchs qu'elle avait disputé, du talent de Harry en tant qu'attrapeur. Elle s'était animée en racontant les rencontres avec Serpentard et l'éternelle opposition que le Sauveur avait avec Drago Malefoy. Il était rentré le lendemain avec un balai sous le bras et le lui avait tendu sans un mot.
Ravie, Katie lui avait sauté au cou, avant de rougir et de s'écarter. Percival avait souri, et lui avait proposé d'aller voler à défaut de pouvoir disputer un match de Quiddich...

Lorsqu'il commencèrent à voler, Percival ne put quitter Katie du regard. La jeune fille irradiait de bonheur et ses yeux pétillaient. Il découvrait qu'elle était douée et admirait sa façon de se déplacer, comme si elle faisait corps avec son balai.
L'homme qui avait toujours été solitaire se rendit soudain compte à quel point la jeune fille était devenue essentielle pour lui. Elle avait amené un vent de folie et de fantaisie dans sa vie.
C'était la première fois depuis bien longtemps où il ne passait plus ses soirées et ses weekends au travail. Pire encore il se surprenait dans la journée à attendre les soirées avec impatience.

Katie avait adoré remonter sur un balai et voler en compagnie de Percival. L'homme en costume tiré à quatre épingles qu'elle connaissait avait quitté sa veste, son gilet et ôté sa cravate. Il avait déboutonné les premiers boutons de sa chemise et remonté ses manches.
Elle avait été un long moment avant de pouvoir le quitter du regard.
Elle avait découvert une nouvelle facette de l'homme, plus détendu, plus accessible.

Quand ils rentrèrent ce soir là, ils étaient épuisés et souriants. Lors qu'il s'installa sur le canapé après avoir pris une douche, il portait un pantalon large et un tee-shirt. Peu de temps après, Katie le rejoignait, ses cheveux brun mouillés, portant un tee-shirt et un short lui appartenant.
Il sentit son souffle se bloquer dans sa gorge en la voyant. Elle était magnifique.

Katie se pelotonna contre lui et il se crispa légèrement. C'était un soir où ils resteraient silencieux, l'un contre l'autre. Il était douloureusement conscient de la présence de sa jeune compagne.
D'un geste de sa baguette, il attira à lui un verre de Whisky et commença à siroter le breuvage fort. Un poids sur son épaule lui apprit que Katie s'était endormie sur son épaule, et il sourit attendri.

Dans ces moments, Percival se demandait comment il ferait sans elle. Comment il arriverait à vivre lorsque la jeune fille déciderait de repartir à son époque. Elle était devenu un élément essentiel à sa vie.

Il finit tranquillement son verre, profitant de la chaleur de Katie en s'assurant qu'elle était confortablement installée. Puis, il la glissa dans ses bras et la souleva sans aucun effort.
Elle gémit doucement et s'agrippa instinctivement à lui.

Il se rendit dans la chambre de la jeune fille, admirant ce qu'elle en avait fait.
Alors que sa chambre à lui était restée totalement impersonnelle, elle avait peu à peu décoré sa pièce pour en faire un cocon de douceur. A son image.

Il la déposa sur son lit, mais Katie gémit à nouveau et s'agrippa un peu plus, le déséquilibrant légèrement. Il posa un genou sur le matelas et ne put s'empêcher de déposer un léger baiser sur ses lèvres, à peine un effleurement.

Quand il se redressa, Katie avait les yeux ouverts et le regardait fixement. Gêné, il essaya de s'écarter, mais elle le retint et l'attira à elle.
Leurs lèvres se rencontrèrent à nouveau, et ce fut Katie qui approfondit le baiser.

Percival ferma les yeux, essayant d'oublier que Katie n'était pas pour lui. Elle ne venait pas de son temps, ni de son pays. Et elle avait près de dix ans de moins que lui.
Mais il sentait qu'ils étaient liés. Au delà du temps, il étaient destinés à se rencontrer.
Katie était venue à lui, et elle avait décidé de rester.

Katie s'était éveillée à demi pour se rendre compte qu'elle était dans les bras de Percival. Elle gémit légèrement de bien être avant de s'accrocher à son cou. Elle sentit qu'il la déposait dans son lit et elle raffermit son emprise sur lui.
Elle le sentit se pencher vers elle, et le contact de ses lèvres chaudes contre les siennes lui fit ouvrir les yeux.

Elle se rendit compte qu'il allait probablement fuir et ne jamais parler de ce qui venait de se passer. Alors elle l'attira contre elle et commença à l'embrasser.
Elle en avait envie depuis leur rencontre. Depuis le premier jour où elle était arrivée et l'avait surpris, sortant de la douche.

Au départ, quand Katie avait décidé de rester, c'était uniquement pour oublier la guerre. Elle avait besoin d'un nouveau départ, de panser ses blessures et d'oublier les morts. Percival était celui qui l'apaisait, elle se sentait en sécurité à ses côtés.
Au fil des jours, elle avait pris conscience qu'il prenait une place essentielle dans sa vie.
Elle n'avait pas mis longtemps avant de comprendre qu'elle était tombée désespérément amoureuse de lui.

Elle savait que quoi qu'il puisse arriver, il n'y aurait jamais d'autre homme comme lui dans sa vie. Elle l'avait trouvé et elle espérait qu'il ressentait au moins un peu de tendresse pour elle.

Katie l'attira un peu plus et se blottit dans ses bras. Il déposa un nouveau baiser sur ses lèvres et s'allongea plus confortablement sans la lâcher.

Le matin les trouva endormis dans les bras l'un de l'autre. Lorsque Katie ouvrit les yeux, Percival était déjà éveillé et la contemplait d'un air impassible. Elle lui sourit et il répondit à son sourire.
Katie décida qu'elle voulait plus souvent le voir sourire, et qu'elle voulait se réveiller chaque jour dans les bras de cet homme, tout contre lui.

Elle se rapprocha de lui et l'embrassa doucement. Toujours sans un mot, elle se leva et il l'entendit dans la cuisine. Elle préparait le petit déjeuner.
Il sourit, amusé, et se leva à son tour.
Percival l'observa quelques instants à la porte de la cuisine. Elle semblait si à l'aise, comme s'ils avaient toujours vécu ensemble. Il avança et l'embrassa sur la joue doucement avant de commencer à l'aider.

Leurs regards se croisaient de temps en temps, ils s'effleuraient. Il déposa une légère caresse sur la hanche de Katie alors qu'il s'approchait pour attraper une assiette près d'elle. Elle effleura ses doigts en lui tendant le plat de pancakes.

Percival avait conscience qu'ils devraient parler tous les deux. Mais l'air heureux de Katie lui donnait envie de prolonger ce moment.
D'un coup de baguette adroit, elle fit venir sur la table une cruche de jus d'orange.

Percival se figea soudainement.
Leurs deux baguettes étaient posées sur la table, côte à côte. Katie avait pris la mauvaise baguette. Elle s'était servie de sa baguette à lui, et elle ne s'était à priori pas rendue compte de son erreur.
Normalement, une baguette obéissait à son sorcier.
Il était possible d'utiliser une baguette appartenant à quelqu'un d'autre, mais avec difficultés. Le seul moyen de pouvoir se servir d'une baguette étrangère était de désarmer son propriétaire. Ou de le tuer.

Depuis toujours, il avait cependant entendu une autre histoire. Il y avait une autre possibilité pour qu'un sorcier puisse utiliser la baguette d'un autre sorcier, et que cette baguette obéisse parfaitement.

Il attrapa l'autre baguette sur la table, celle de Katie, et d'un Accio informulé fit venir à lui deux verres pour le jus d'orange. Les verres se posèrent avec douceur sur la table, parfaitement là où il l'avait prévu.

Il posa doucement la baguette, caressant le bois qui ne lui était pas familier.

Sa mère lui avait souvent raconté cette histoire quand il était petit. Parfois, deux sorciers pouvaient partager leurs baguettes, et ces dernières répondaient parfaitement. Cependant, les cas étaient rares, car il fallait être de parfaites âmes sœurs. C'était tellement rare que cette histoire était considérée comme une légende...

Il croisa le regard de Katie, qui lui sourit doucement, les yeux pétillants. Elle prit sa propre baguette avec un léger clin d'œil pour leur servir le jus d'orange.

Elle n'avait pas besoin de parler, Percival avait très bien compris. Katie avait remarqué elle aussi qu'elle avait pris la mauvaise baguette. Et il était certain qu'elle avait elle aussi entendu cette légende.
Il pensa brièvement qu'il pourrait toujours l'engager pour travailler à ses côtés au MACUSA. Parce qu'il était Auror et qu'une jeune fille tout juste sortie de l'école avait compris bien avant lui ce qui se passait entre eux...


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