Bonjour,
Voici enfin le second chapitre.
Merci beaucoup pour l'accueil que vous avez réservé à ma nouvelle fic. J'espère que cette suite vous plaira également.
Merci aussi pour vos reviews mais je regrette de ne pas avoir su répondre à tout le monde car FF buggait.
Bonne lecture
Chapitre 2 : Cérémonie
Après avoir déambulé dans le petit poste de police, nous arrivâmes face à trois portes contigües. Le shérif local s'arrêta devant la dernière. Il introduisit une clé de fer blanc et nous entendîmes la serrure se déverrouiller faisant un bruit lugubre. Mon cœur se contracta. La porte s'ouvrit et Emmett s'avança en saluant l'occupant. J'hésitai à entrer. Si je voulais tout annuler, revenir en arrière et suivre les volontés de mon père, c'était le moment. Une parole et je quitterais cet endroit avec mon ami pour rentrer chez moi. Un geste vers la sortie et le plan abracadabrant que j'avais mis sur pied s'écroulerait comme un château de cartes. Mais ma vie s'évaporait lentement, me laissant désemparée. Inspirant profondément, je fis les quelques pas qui me menèrent à l'intérieur. Emmett s'écarta afin que je puisse être face à un homme qui m'était inconnu mais auquel je m'apprêtais à me lier pour une partie, courte, de ma vie.
« Ainsi voici mademoiselle Swan, » railla l'homme à mon entrée.
« Bella, je te présente William Jasper Hale » déclama Emmett.
La vision de l'homme face à moi me laissa sans voix. Il ne portait pas la tenue uniforme comme dans nos prisons, certainement dû au fait que nous étions dans une petite antenne locale mais un jeans brut élimé jusqu'à la corde. Une chemise de flanelle à carreaux de deux tons de bleues cachait un tee-shirt blanc. Remontant mon regard, je découvris le visage anguleux de l'homme, dont la moitié était recouverte d'un duvet qui me paraissait soyeux. Des cheveux mi-longs bruns tombaient en cascade sur ses épaules, lui donnant un aspect qui se rapprochait plus du trappeur canadien que de l'américain moyen. Mais ce qui me déstabilisa le plus fut le regard qu'il posa sur moi. Deux pupilles vertes d'une profondeur abyssale me fixaient comme si elles tentaient de pénétrer au plus profond de mon être.
« Seriez-vous muette ? Ce n'est pas pour me déplaire. Je trouve que les femmes parlent trop en général. »
« Bonjour Monsieur Hale. Et non, je ne suis pas muette » répliquai-je en m'approchant et lui tendant la main.
« Et vous m'en voyez ravi. Votre voix mérite d'être entendue » répondit-il en serrant ma main.
Le contact de sa peau sur la mienne se révéla plus qu'agréable. Je m'attendais à serrer une paume rugueuse et rêche mais je fus surprise de ne sentir que douceur et chaleur. Alors que je tentais de reprendre ma main, il la pressa plus fort, refusant de me lâcher. J'ancrai mon regard au sien mais l'intensité de ses pupilles m'obligea à détourner les yeux. Il accepta enfin de me libérer et j'en profitai pour mettre immédiatement plusieurs mètres entre nous.
« Emmett vous a expliqué les termes de l'arrangement que je vous propose ? »
« Oui effectivement. »
« Et quelle est votre réponse ? » insistai-je, pressée de sortir de cette cellule.
Il avait refusé de communiquer sa réponse à Emmett, exigeant de me rencontrer. Mais à présent que je me tenais face à lui, l'homme se contentait de me fixer, la tête légèrement inclinée sur la droite et un sourire en coin totalement craquant. Son attitude me mettait vraiment très mal à l'aise. N'obtenant aucune réponse, je m'apprêtai à le saluer et repartir quand il prit la parole.
« J'aimerais m'entretenir avec Mademoiselle Swan….seul à seul, » demanda-t-il d'un ton qui ne souffrait aucune réplique.
Je pivotai d'un bond, surprise. Emmett me jeta un coup d'œil afin d'obtenir mon accord mais l'appréhension montait en moi. Je savais qu'au sein du poste de police, je ne risquais rien cependant l'idée de rester en tête à tête avec lui m'effrayait un peu. J'ouvris la bouche pour refuser quand il me devança.
« Je ne donnerai ma réponse que si je peux converser tranquillement quelques minutes avec Mademoiselle Swan. »
« Je n'en vois pas de raison. Vous connaissez les modalités. Alors, ou vous êtes d'accord ou vous ne l'êtes pas. C'est simple. »
« C'est vous qui avez besoin de moi. Pas l'inverse. Donc vous me tenez compagnie ? » répliqua-t-il d'un ton qui laissait penser qu'il connaissait déjà mon choix.
Je serrai les mâchoires me sachant coincée. Je n'avais plus assez de temps devant moi pour continuer la chasse au mari et d'après Emmett, ce type avait l'air d'accord mais il avait aussi insisté sur le fait qu'il était content que je ne l'approche pas et qu'il resterait vraisemblablement en prison durant la période où nous serions mariés. . Je soupirai avant d'acquiescer. Pour appuyer mes dires, je levai la tête vers Emmett et d'un signe de tête lui signifiai que j'acceptais. Ce dernier voulut protester mais d'après mon regard, il comprit que c'était inutile.
« Tu es certaine de le vouloir ? »
« Oui Em, ça va bien se passer. Je n'en ai que pour quelques minutes. »
Mon ami pivota vers le type avant de sortir et de refermer la porte métallique derrière lui.
« Nous pourrions nous assoir pour discuter » proposa-t-il sans me quitter des yeux.
« Merci mais ce n'est pas nécessaire. Que voulez-vous ? »
Il se mit à marcher dans la cellule, tournant autour de moi, me donnant l'impression d'être une pauvre proie prise au piège d'un prédateur. Je ne le quittais pas des yeux, me demandant ce qu'il attendait de moi. J'avais posé les mains sur le dossier de la chaise devant moi pour me donner une certaine contenance que j'étais loin d'avoir. Mais je ne voulais laisser paraitre aucune faiblesse devant cet homme.
« J'écoute » m'énervai-je en le suivant du regard par-dessus mon épaule gauche. Je tournai la tête vers la droite pour le regarder et fus surprise de le trouver juste à mes côtés. Je ne pus retenir un mouvement de recul qui me fit perdre l'équilibre. J'aurais atterri sur mes fesses s'il ne m'avait retenu d'un geste rapide. Il me redressa mais ne me lâcha pas. Au contraire, il en profita pour me rapprocher de lui. Je sentis son corps ferme se presser contre moi. Un instant, je perdis tous mes moyens mais très vite, je posai mes mains sur son torse pour le repousser et m'éloigner de lui.
« Je n'ai pas besoin de votre aide » m'écriai-je. Avec véhémence.
« Oh mais c'est qu'on mordrait » railla-t-il en reprenant sa marche autour de moi.
« Pouvez-vous me dire si vous êtes d'accord ou pas avec ma proposition. »
« J'ai bien réfléchi à l'arrangement que vous me proposez. Je dois admettre qu'il est plus qu'intéressant mais après mûre réflexion, j'ai … une condition. »
« Une condition ? Mais pour qui vous prenez vous ? »
« Pour celui que je suis. Ce qui veut dire, un type qui accepte de jouer le rôle de votre mari pour vous sauver la mise. »
« Et quelle est cette condition ? »
« J'accepte de vous épouser si…. »
« Si ? » répétai-je, anxieuse.
Un sourire en coin se dessina sur ses lèvres. Un sourire qui ne présageait rien de bon.
« J'accepte de vous épouser, belle Isabella mais en échange, je veux que vous passiez un moment avec moi. »
« QUOI ? »
« Vous avez bien compris. Un moment d'intimité, juste vous et moi, » susurra-t-il à mon oreille. Je frissonnai mais j'étais incapable de dire si c'était lié à la peur de sa demande ou bien à sa proximité. J'étais tétanisée.
« Vous n'êtes pas sérieux ? » murmurai-je.
« Oh mais si. Très sérieux même. »
« C'est impossible, je ne … Non, mais….»
Je reculai à toute vitesse me retrouvant rapidement collée contre le mur froid. Grave erreur. En trois enjambées, il était devant moi, une main de chaque côté de ma tête, son regard vert ancré dans le mien.
« Isabella… »
« Vous êtes fou. Reculez, » crachai-je en tentant de me dégager mais sans résultat.
« Une vraie tigresse qui sait sortir ses griffes. Je commence à apprécier de plus en plus ce marché » plaisanta-t-il en riant.
« Non, oubliez-le. Il n'y a plus de marché. Je…. »
« Oh non, chaton. Si j'ai bien compris ce que ton ami m'a expliqué, tu n'as pas le choix. »
« Qui vous a autorisé à me tutoyer ? »
« Puisque nous allons nous marier, je pense que le tutoiement est de rigueur. J'accepte ton marché et ce que je demande en contre partie est vraiment minime. »
« Je vous propose déjà une grosse somme d'argent pour payer les frais de justice, votre caution et même vous permettre de vivre agréablement durant plusieurs années » m'esclaffai-je en essayant toujours de sortir de son étreinte.
Je continuais à me débattre inutilement. Il était, et de loin, bien plus fort que moi mais surtout son regard sur moi me paralysait. J'étais à sa merci et même mon envie de crier à l'aide me fut impossible. Il aurait voulu son moment intime maintenant que je ne pense pas que j'aurais su m'y opposer. Alors que je le voyais si proche de moi, appréhendant la suite des évènements, il s'écarta de moi. Il marmonna entre ses dents avant de se diriger vers la porte.
« Je ne demande pas autant d'argent. Je ne suis même pas certain de pouvoir l'utiliser. Mais je tiens à ma condition » asséna-t-il d'une voix qui n'était plus du tout moqueuse.
« Dites-moi pourquoi je devrais accepter une telle demande ? »
« Je suis ici, accusé d'un délit qui va peut-être me garder pour un bon bout de temps en prison sinon pire, si je n'arrive pas à prouver mon innocence. Je tiens à savoir que peut-être une partie de moi vit quelque part dans mon pays. Ou simplement, qu'une personne se souviendra de moi, même si c'est en me maudissant.»
Ces mots me glacèrent le sang. Je n'avais même pas demandé à Emmett de quoi il était accusé, lui faisant entièrement confiance dans son choix. Mais s'il disait vrai, pouvais-je lui refuser ce souhait alors qu'il allait me permettre d'obtenir ce que je voulais, c'est-à-dire, un mari ? Je n'étais pas une sainte nitouche, loin de là mais je n'avais jamais, au grand jamais, été une débauchée non plus. J'étais face à un dilemme. De plus, si je décortiquais bien ses paroles, il espérait en plus que notre moment soit fertile. J'avais déjà toutes les peines du monde avec l'idée de me marier mais celle d'avoir un enfant n'était absolument pas à l'ordre du jour. De plus, j'avais depuis longtemps adopté la pilule mais avoir des relations avec un inconnu sans protection, allait vraiment à l'encontre de mes règles de sécurité. Je devais trouver une parade pour me sortir de là.
« Ce n'est pas dans mes habitudes… mais …» expliquai-je en mordillant ma lèvre.
Il me fixait toujours d'un air sérieux, attendant ma réponse. Je déglutis difficilement. Je pinçai les lèvres et soupirai bruyamment. Le coin droit de sa bouche se souleva dans un rictus me mettant au défi de refuser. Je n'allais quand même pas lui donner gain de cause ? Non !...Enfin, si je refuse, quel avenir allais-je avoir ?
« J'accepte mais sachez que je ne suis pas une traînée. Si je n'avais pas tant besoin de vous, il n'y aurait aucune chance que dans une situation normale, je tombe dans vos bras. Mais pas ici, dans un parloir » suppliai-je plus pour moi que pour qu'il m'entende. Peut-être cela suffirait-il à le faire changer d'avis.
« J'avoue que le confort laisse à désirer. Mais le flic s'étant déjà laisser fléchir pour accepter cette rencontre, je pense qu'avec un bon graissage de pattes, il sera d'accord que le mariage et la nuit de noces se fassent ailleurs avec un minimum de sécurité » ironisa-t-il en faisant mine de s'approcher de moi.
Je tendis immédiatement la main devant moi pour l'en empêcher. J'avais accepté mais je voulais garder mes distances avec cet homme. Je me dirigeai vers la porte pour tambouriner dessus.
« Oh j'ai même pas droit à un petit baiser pour sceller notre accord? »
« Ca suffit. J'accepte votre abominable condition, je ne vois pas pourquoi prolonger cet entretien. On se reverra dans trois jours lorsque les formalités seront en ordre pour signer les papiers. »
« Je suis ton fiancé. Je pense avoir droit à un peu plus de considération » ajouta-t-il tandis que la porte s'ouvrait sur Emmett.
« Vous n'êtes rien. »
« Oh que si ! A bientôt chaton. Tu vas me manquer » plaisanta-t-il en éclatant de rire.
Je m'empressai de quitter la pièce et de prendre la direction de la sortie. Emmett m'emboita le pas et le policier referma la porte sur mon soi-disant fiancé. Les paroles échangées me tournaient en tête. Comment allais-je expliquer à Emmett que j'avais accepté de passer quelques heures avec lui ? Il allait être furieux. Mais surtout, comment, moi, allais-je vivre ces quelques heures avec ce type ? Un parfait inconnu !
Le retour jusqu'à notre hôtel fut silencieux. Mon ami me jetait de fréquents coups d'œil inquiets mais il respectait mon besoin de solitude. Je savais que ce n'était que de courte durée, il était incapable de rester longtemps sans parler. Je profitai donc de ces instants avec moi-même pour faire le point sur cette visite particulière. Je pensai à cet homme qui dans quelques jours serait devenu mon mari. Je devais lui reconnaitre un certain charme caché sous ses longs cheveux et sa barbe naissante. Mais côté caractère, c'était un goujat de première catégorie, macho de surcroit. Vraiment tout ce que j'exécrais chez un homme.
La voiture qu'Emmett avait louée se stoppa sur le parking de notre hôtel me sortant de ma torpeur. Je m'apprêtai à sortir de l'habitacle lorsque la main de mon ami posée sur mon avant-bras m'en dissuada.
« Ca va, Bella ? » s'enquit-il, inquiet.
« Oui. »
« Tu es sûre ? Tu n'as pas dit un seul mot depuis que nous avons quitté le bureau de police. »
« Je réfléchissais à tout cela. Mais je vais bien, je t'assure. »
« Si tu le dis ! »
Cette phrase me fit sourire. C'est ce que j'aimais chez lui. Il savait quand il devait insister ou non et ici, il savait que j'avais besoin d'un peu de temps pour décanter cette situation. Mais ce n'était que partie remise, il reviendrait à la charge dès ce soir et là, je ne pourrais me débiner. Nous montâmes dans nos chambres respectives afin de nous rafraîchir avant l'heure du repas. Ce laps de temps me permettrait de trouver les mots adéquats pour raconter mon entretien avec Monsieur Hale à mon ami. Dès que j'eus franchi le pas de la porte, je me dirigeai vers le mini-bar qui heureusement pour moi, était réapprovisionné quotidiennement. J'ouvris la porte, saisis une petite bouteille de rhum blanc ainsi qu'une canette de coca avant de m'assoir sur le lit. Je préparai le mélange dans le verre qui se trouvait sur la table de chevet avant de m'installer confortablement, le dos contre la tête du lit. J'allumai la télévision sur une chaine au hasard où une émission sur la faune aquatique de la mer baltique était diffusée.
Je ne compris presque rien du documentaire car je repassai sans cesse la visite que nous venions d'effectuer à la prison locale. La boisson que je buvais n'arrangeait rien à ma faculté de raisonnement. Plus j'y pensais et plus je doutais de moi, de mon idée et surtout, de l'arrangement final. Un coup d'œil à ma montre m'indiqua que j'avais rêvassé plus d'une heure et qu'il était plus que temps de prendre ma douche afin de rejoindre Emmett à la taverne de l'hôtel pour un lunch rapide. Nous avions des démarches administratives à effectuer cet après-midi afin d'obtenir la licence nécessaire pour nous marier en Australie puisque nous étions ressortissants américains. Le policier avait remis à Emmett la seule pièce d'identité que possédait Monsieur Hale lors de son arrestation, un permis de conduire. Mais celui-ci était dans un état lamentable comme s'il l'avait trainé dans la boue plusieurs jours. Il était même complètement méconnaissable sur la photographie.
Une fois douchée et habillée, je rejoignis mon ami. Je le repérais rapidement accoudé au bar, discutant avec une superbe blonde. Il était décidemment incorrigible. Dès que des boucles blondes passaient dans son champ de vision agrémentée si possible d'une belle paire de poitrine, il ne pouvait résister. Je ne pus m'empêcher de sourire. Complètement irrécupérable. Et dire que je m'inquiétais hier pour sa petite amie. D'un pas décidé, je m'approchai d'eux.
« Salut, tu n'es pas passé me chercher, » déclarai-je en passant un bras autour de sa taille et l'embrassant sur la joue mais de manière prononcée.
« Je savais que tu me retrouverais. »
« Oui et tu ne me présentes pas, mon cœur ? » minaudai-je.
Emmett me regarda en penchant légèrement la tête me prenant certainement pour une folle. Mais il ne demanda rien et entra dans mon petit manège.
« Si bien sûr, mon cœur ! Kimberly voici Bella, mon amie. »
« Oh ! Enchantée. »
« Moi de même. Mais si vous voulez bien nous excuser, j'ai des choses importantes à dire à …Emmett, » chuchotai-je en jouant avec la chevelure de mon ami et me collant à lui.
Elle dut comprendre le message car elle bégaya un mot d'excuse avant de s'éloigner. Emmett pivota immédiatement vers moi les sourcils levés.
« Quoi ? » m'écriai-je en levant les épaules.
« C'était quoi, ça ? »
« Quoi…CA ? » répétai-je d'un air faussement innocent.
« Ton petit rôle de petite amie ? »
« Oh ça ! Rien, je protège la vraie »
« Bella. Tu la ne connais même pas. »
« Ouais mais c'est pas une raison. Elle existe et puis, je te signale que je vais me marier d'ici peu et que…j'ai besoin de toi…concentré. »
« Bella…ok pas de distraction pendant quelques jours. Allez, viens manger, mon cœur» répliqua-t-il en éclatant d'un rire que je ne pus qu'imiter.
Nous discutâmes des démarches qui nous attendaient, énumérant les choses importantes à ne pas oublier, planifiant le déroulement de la cérémonie, le récit que je ferai à mon père à mon retour à Phoenix. Tout était fin prêt et je m'apprêtai à annoncer à mon ami ce qui se passerait après le mariage quand il tapa sur la table me faisant sursauter.
« T'es fou ? »
« Non mais ton père ne va jamais nous croire. »
« Mais si voyons. »
Je commençais à peine à me faire à l'idée de ce mariage ou plus exactement à mon futur mari. Il n'était pas temps qu'Emmett me fasse douter. Je n'avais pas le choix mais ce mec me mettait franchement mal à l'aise.
« Charlie n'est pas né de la dernière pluie. Comme vous êtes en …froid, il trouvera normal que tu ne lui aies pas présenté ou informé plus tôt de ton mariage mais il va te poser des questions. »
« Oui c'est évident. C'est pour cette raison que nous venons de revoir ce que nous lui raconterions. Je… »
« Tu vas lui raconter votre rencontre et la cérémonie. »
Je le regardai ne comprenant absolument pas où il voulait en venir. Ca devenait récurent ces derniers temps. Ne pouvait-il pas parler normalement, clairement sans tourner continuellement autour du pot ?
« Bien sûr que je vais lui raconter. Nous venons d'élaborer ensemble une belle petite histoire à lui servir. »
« Et tu vas lui narrer le magnifique mariage romantique que tu as vécu. »
« Oh n'exagère pas. Je lui parlerai du mariage mais sans l'idéaliser de trop. Il me connait trop bien. Une petite cérémonie intime me ressemble plus.»
« Bella ! Ton père va déjà trouver bizarre que tu ne rapportes aucun souvenir de votre rencontre, de vos sorties mais en plus, si tu ne ramènes aucune photo ou souvenir de ton mariage, je doute qu'un certificat le convint de la véracité de ce lien qui t'unira à Monsieur Hale. Il va trouver ça louche. »
« Ouais, t'as pas tort mais que proposes-tu ? Je doute que le policier, aussi conciliant soit-il, accepte de me laisser me promener, main dans la main avec le criminel qui s'apprête à me donner son nom. »
« Hey, il n'a tué personne. Je ne vais pas te marier à un assassin. Mais il serait bon d'avoir au moins une ou deux photos de la cérémonie ne fussent que pour faire un rien plus vrai. »
« Si tu penses que c'est nécessaire. J'ai mon numérique dans la valise, tu feras un ou deux clichés. Mais essaye de le prendre de dos, il risquerait d'effrayer mon père avec sa dégaine. »
Je soupirai en me souvenant de l'homme de Neandertal que j'avais rencontré plus tôt dans la journée. Comment faire croire à mon père que je sois tombé amoureuse d'un type pareil ? La conversation me revint immédiatement en mémoire et j'en frissonnai d'effroi rien que d'y penser. Son air arrogant et sûr de lui m'horripilait fortement et j'étais plus qu'heureuse de n'avoir à le supporter que quelques minutes voire une heure, grand maximum le jour fatidique. L'idée d'immortaliser cet évènement me retournait l'estomac. Je ne tenais pas à conserver des traces de cette journée mais je devais reconnaitre qu'Emmett avait raison. Je devais fournir des preuves à mon père si je voulais qu'il me croie. Tellement absorbée par mes divagations, je n'avais pas entendu la dernière phrase de mon ami.
« La terre à Bella ? »
« Oh excuse-moi ! Que disais-tu ? »
« Nous allons aller faire du shoping. »
« Tu plaisantes j'espère ? »
« Pas du tout. Ma meilleure amie ne peut décemment pas se marier en jeans et baskets, » plaisanta-t-il.
Je ne ris pas à sa blague car ça ne pouvait être qu'une plaisanterie. Il savait que je haïssais les magasins et les achats.
« Ce mariage est déjà une épreuve en soi. Autant être à l'aise. Je ne vois vraiment pas la nécessité de faire des frais inutiles.»
« Ce n'est pas pour toi. Ces artifices font parties de la mise en scène pour ton père et accessoirement à donner du crédit à ton mariage. N'oublie pas qu'on ignore toujours la raison de son insistance. Donc tu vas me faire le plaisir de m'accompagner sinon, je choisis moi-même et je doute que ce que je te ramènerais te convienne. »
L'image d'une mini-jupe surmontée d'un chemisier transparent effleura mon esprit. Je grimaçai car je le connaissais. Si je le laissais faire, j'aurais droit en plus aux échasses. Face à lui, j'étais toujours perdante. Je soupirai pour la centième fois de la journée avant d'acquiescer.
« Ok, c'est d'accord mais un truc simple. Rien d'extravagant. Juste pour que la pilule passe mieux à Charlie. »
« Fais-moi confiance. »
« Ouais, c'est bien ça le problème. »
XXX
« Non, non, non. »
« Bells, arrête de faire l'enfant. »
« Je fais pas l'enfant mais …je ne peux pas porter ce…cette chose. »
Emmett soupira en secouant la tête. Je voyais bien que mon attitude l'exaspérait mais je ne pouvais vraiment pas choisir une robe aussi courte et décolletée. C'était au-dessus de mes facultés actuelles. L'accord que j'avais passé avec ce type était déjà assez dégradant sans en plus ajouter ses regards lubriques liés à ma tenue. Je fis signe à la vendeuse de remballer ses jupettes, robes moulantes ou en dentelle. Je lui expliquai en quelques mots ce qui me semblait le plus approprié mais surtout qui me correspondait le mieux.
« Tu vas te marier en tenue de tous les jours, » râla mon ami.
« Non. J'ai quand même concédé sur un point. C'est une robe mais qui me convient. »
« Ouais. »
« Emmett ! Ce mariage est déjà assez stressant alors je dois tout faire pour me sentir à l'aise. Et il est hors de question de me marier en blanc ou dans toute tenue trop formelle. Ce mariage ne l'est que de nom. Je serai féminine mais avec une tenue qui convient pour un mariage rapide et sans importance. »
« Ok, tu as certainement raison. Mais cette petite robe en dentelle aurait été sublime sur toi. »
« Merci, » répondis-je en m'approchant et déposant un baiser sonore sur sa joue.
La vendeuse revint tenant quelques cintres qu'elle pendit à la tringle. Je les examinai l'une après l'autre avant d'en choisir quatre. Je passai dans la cabine et à chaque essayage, je demandais son avis à Emmett qui saluait le modèle d'un grand sourire ou d'une grimace. Je finis par porter mon choix sur une robe élégante, chic mais qui convenait parfaitement pour une cérémonie civile. De plus, mon expert en mode du jour approuva. Elle était composée de deux parties. La jupe, unie et droite, arrivait à mi-cuisse et la taille était haute rehaussée d'une ceinture en cuir. Le haut rayé gris en soie cachait un dos nu en satin gris tout deux attachés au cou par de petits boutons. Un col montant lavallière ajoutait une touche sophistiquée à cette robe. Un dernier regard dans le miroir et je poussai la porte de la cabine d'essayage afin d'obtenir l'avis d'Emmett. Il regardait attentivement la vendeuse bouger son popotin en rangeant les diverses robes. Entendant la porte s'ouvrir il se tourna vers moi. Ses yeux s'agrandir et sa bouche s'entrouvrit légèrement.
« Waouw, Bella. T'es….superbe » déclara-t-il admiratif.
Face à ce compliment, je sentis mes joues chauffer. Je fis une petite révérence avant de tourner sur moi-même. Lorsque je le regardai à nouveau, Emmett hochait la tête.
« C'est celle-là qu'il te faut. Ton futur mari aura du mal à te laisser partir.»
« Oh. Je devrais peut-être choisir autre chose. »
« Non ! Je vais faire en sorte qu'il soit le plus présentable possible. Ton père ne verra que toi sur les photos et ne prêtera que peu d'attention à celui qui sera devenu ton mari. »
Je souris, pas vraiment persuadée que cette mascarade passe auprès de Charlie mais je n'avais pas le choix. Comme dit le proverbe : Quand le vin est tiré il faut le boire. J'avais décidé de me marier avec Monsieur Hale et dès demain, ce serait chose faite. Et advienne que pourra.
XXX
Et bien nous y voilà !
J'avais passé plus d'une heure dans la salle de bain commençant par prendre un bain chaud espérant qu'il me détendrait mais ce fut peine perdue. Je passai ensuite mon stress sur l'épilation de chaque partie stratégique de mon corps avant de passer un temps interminable à coiffer et démêler ma chevelure. Au bout de ce laps de temps, j'avais toujours les mains moites, la respiration saccadée et des haut-le-cœur à faire pâlir une femme enceinte de trois mois. Pour la cinquième fois en moins de cinq minutes, Emmett frappa à la porte.
« Bella, il serait temps de partir. »
La bile me remonta dans la gorge. Je déglutis péniblement avant d'ouvrir la bouche pour parler mais sans succès.
« Bella, dépêche-toi. »
« Oui….oui une minute. »
« Tu m'as déjà répondu ça les trois dernières fois. »
« OK…je viens mais …laisse-moi encore une minute…une dernière. »
« D'accord » soupira Emmett en tapant un coup sur la porte.
Ses pas s'éloignèrent et moi, je me laissai tomber sur le rebord de la baignoire. Courage, c'est l'heure d'aller à l'échafaud ! Je pris quelques respirations profondes comme mademoiselle Olga, ma prof de yoga, me l'avait appris. La zen attitude ne serait décidément pas de la partie aujourd'hui. Je décidai de forcer mon corps à se lever et m'habillai le plus rapidement possible. Le maquillage resta léger comme toujours et je terminai ma tenue par une paire d'escarpins à talon.
« C'est parti ! » répondis-je à mon reflet qui grimaçait.
J'ouvris d'un geste brusque la porte et trouvai mon ami assis contre la tête du lit, la zapette à la main et le regard rivé à la télévision.
« Je suis prête. »
« Enfin ! » s'exclama-t-il en se levant et jetant la télécommande sur le lit après avoir éteint l'écran. « Tu es vraiment resplendissante, Bella. C'est vraiment dommage que ce soit un faux mariage. J'envie presque ce mec qui va avoir la chance de t'avoir à son bras et de t'épouser. »
Ces mots me firent rougir. Je ne m'étais jamais trouvé belle mais aujourd'hui, mon ami avait réussi à me rendre jolie. Je souris timidement et crochetai le bras qu'il me tendait afin de partir vers mon avenir. Emmett se pencha et déposa un baiser sur mon front, m'insufflant la force et le courage nécessaire à affronter cette journée.
Nous passâmes d'abord au poste de police mais un des adjoints nous informa que le représentant du consulat ne souhaitait pas venir dans ce lieu pour célébrer un mariage. Le chef avait pris la décision de réserver à mon nom une suite au Lasseters Casino. Génial, à l'arrivée, ce mariage m'aurait couté un os. Et me couterait encore pour le dissoudre ! Deux policiers les accompagnaient afin de veiller à la sécurité du représentant du consulat ainsi que pour éviter toute tentative d'évasion de Monsieur Hale. Ils ne jugeaient pas nécessaire de me protéger puisque je me mariais avec lui. Ils présumaient que je le connaissais. Ils imaginaient même peut-être que j'étais une complice et que je tenterais de l'aider à fuir.
A notre entrée au Lasseters Casino, un très bel hôtel de plain-pied à la sortie de la ville, une hôtesse, blonde, siliconée et maquillée à l'excès, nous accueillit pour nous mener jusqu'à la suite « nuptiale ».
« C'est de circonstance » jugea-t-elle nécessaire d'ajouter accentué d'un rire épouvantable.
J'étais à deux doigts de lui faire ravaler ses paroles à Barbie lorsque le regard réprobateur d'Emmett me stoppa. J'haussai les épaules en lui tirant la langue ce qui le fit évidemment rire. C'est en silence que nous déambulâmes dans les dédales de l'hôtel. Elle s'arrêta devant une porte où un officier montait la garde. Il nous observa un instant avant de s'écarter pour laisser blondie passer et nous ouvrir la double porte. Nous pénétrâmes dans une suite spacieuse très joliment décorée. Je m'étais attendue à une décoration meringuée alliant le blanc et un dégradé de bleu ou rose pastel. Mais pas du tout. La première pièce était très classique et chaleureusement aménagée pour y passer un séjour qui normalement devait laisser un souvenir impérissable. La tapisserie beigne rehaussait le mobilier très contemporain. Un salon en cuir noir comprenant un divan deux places et deux fauteuils clubs faisaient face à une cheminée en pierre où un feu devait crépiter les froides soirées d'hivers australs. Un écran plat trônait sur une tablette à gauche. Plus au fond, une petite table et deux chaises se trouvaient près de la porte fenêtre donnant accès à la terrasse ensoleillée. Mon regard poursuivit l'examen de la suite et se posa sur un groupe d'hommes se tenant devant la porte qui devait mener à la chambre. Je reconnus le policier en chef qui nous avait accompagné jusqu'à la cellule. Un second officier se tenait non loin de la porte-fenêtre, la main sur son arme à la ceinture. Vraiment de parfaites conditions pour un mariage idyllique à raconter à mon père. Enfin, le représentant du consulat américain, un grand homme brun et avenant était à la droite d'un type que j'aurais eu du mal à reconnaitre s'il ne m'avait pas reluquée de la tête aux pieds comme il le faisait. Emmett m'avait dit qu'il s'occupait de mon « fiancé » et effectivement, il s'en était occupé. Monsieur Hale avait dompté sa tignace foncée et l'avait relevée en une queue de cheval soignée. Il portait un costume noir qui semblait avoir été taillé expressément pour lui et je devais admettre qu'il avait un certain charme habillé correctement. Une chemise gris clair ainsi qu'une cravate noire terminait sa tenue. Malheureusement, son visage était toujours mangé par sa barbe de plusieurs jours. Il aurait même pu paraitre beau pour certaines personnes. Mais une chose n'avait pas changé. C'était son regard. Ses yeux verts me scrutaient, m'examinaient, me déshabillaient centimètre par centimètre. Un sourire en coin naquit sur ses lèvres. Monsieur semblait satisfait de ce qu'il voyait. Et moi, je fulminais de lui avoir fourni ce plaisir. Folle de rage, je détournai mon regard vers l'homme à ses côtés.
« Mademoiselle Swan, je suis enchanté de vous rencontrer. Permettez-moi de me présenter. John Devereau » me salua-t-il en s'avançant et me tendant la main.
« Moi de même. Permettez-moi de vous présenter mon ami, Emmett Mac Carty» répondis-je en saisissant sa main.
« Monsieur Mac Carty. J'espère que vous passez un bon séjour sur ce continent ? »
« Excellent, Monsieur Devereau. »
« Bonjour, Chaton » entendis-je à mon oreille avant de sentir des lèvres se poser sous celle-ci. Je ne pus réprimer un frisson avant de faire un pas sur le côté et de lui faire face. J'aurais voulu lui hurler de ne pas m'approcher, de ne pas me toucher mais je devais jouer le jeu. Malgré toute la répulsion qu'il m'inspirait, je devais faire comme si j'étais enchantée de ce mariage.
« Bonjour William. Comment vas-tu ? » demandai-je du bout des lèvres en lui faisant le plus beau sourire dont j'étais capable.
Je sursautais lorsque je sentis qu'il me prenait la main et la portait à sa bouche. Il posa ses lèvres sur l'intérieur de mon poignet déclenchant un nouveau frisson. J'écarquillai les yeux en rougissant ce qui évidemment amena un sourire satisfait sur son visage.
« Toujours mieux lorsque tu es près de moi, chaton. »
Je déglutis mal à l'aise et reportai rapidement mon attention sur Monsieur Devereau souhaitant que tout ce cirque se termine le plus vite possible. Emmett s'était rapproché de nous et j'appréciais sa proximité.
« Je pense que nous pouvons commencer » proposa le représentant du consulat.
Mon fiancé et moi hochâmes la tête. Monsieur Devereau prit un dossier posé sur le bar près de la porte donnant sur la chambre et nous fit signe de nous placer devant lui. Emmett, en tant que mon témoin se plaça à ma droite et je compris que le policier en chef jouerait ce rôle pour Monsieur Hale. La nervosité que j'avais réussi à canaliser jusqu'à présent commença doucement à se manifester. J'entendis à peine le représentant lire les droits et les devoirs des époux. Tout autour de moi tournait et bourdonnait. J'allais tourner de l'œil quand le bras de mon fiancé enserra ma taille m'empêchant de m'affaler sur moi-même. Je sentis ses doigts se refermer sur moi et bizarrement, je me sentis….mieux, rassurée. Surprise, je tournai la tête vers lui et croisai son regard qui pour une fois n'avait aucune trace d'arrogance ou d'ironie. Je lui en fus reconnaissante et lui souris sincèrement.
« Mademoiselle Swan ? » m'interpela Monsieur Devereau.
« Oui ? Oh excusez-moi ! »
« Mais de rien. Je comprends, c'est un grand jour et c'est tout à fait normal d'être nerveuse. »
« Oui » acquiesçai-je.
« Bien, reprenons. Monsieur William Hale, acceptez-vous de prendre pour légitime épouse Mademoiselle Isabella Swan, ici présente ? Acceptez-vous de l'aimer et de la chérir dans la richesse comme dans la pauvreté ? De la protéger et de la soutenir dans l'adversité comme dans la félicité. Le voulez-vous ? »
Lorsque Monsieur Devereau eut terminé son discours, je pivotai pour attendre la réponse de mon fiancé.
« Oui, je le veux » répondit-il son regard ne me quittant pas un instant. L'intensité et la sincérité de ses paroles me dérangèrent et je détournai rapidement mes yeux qui se posèrent sur Barbie qui s'était rapprochée de nous et observait l'homme qui me tenait toujours.
« Mademoiselle Swan. Acceptez-vous de vous unir à Monsieur William Hale, ici présent, et de le prendre pour légitime époux ? Acceptez-vous de l'aimer et de le chérir dans la richesse comme dans la pauvreté ? De le protéger et de le soutenir dans l'adversité comme dans la félicité. Le voulez-vous ? »
J'ouvris la bouche mais les mots restèrent coincer dans ma gorge. Paniquée, je regardai autour de moi, posant les yeux tour à tour sur le représentant du consulat qui attendait ma réponse, mon fiancé qui fronça les sourcils, sur l'officier en chef qui leva les siens interrogateurs, sur blondie qui semblait contente de mon indécision et pour finir sur Emmett qui me sourit simplement. Par ce geste, il me donnait le choix de tout laisser tomber mais me rappelait également ce qui m'attendait à notre retour en Arizona. Il m'insuffla également la dernière impulsion de courage dont j'avais besoin. Je me redressai, rendis son sourire à mon meilleur ami et ancrai mon regard dans celui de mon fiancé avant de répondre.
« Oui, je le veux. »
Je crus entendre un soupir de soulagement émaner de Monsieur Devereau. Je voulus me dégager de la poigne de mon fiancé…pardon de mon époux mais celui-ci ne l'entendait pas ainsi. Je le vis se tourner vers Emmett et tendre la main. Mon ami y déposa un écrin qu'il ouvrit doucement. Lâchant enfin ma taille, il prit la bague entre ses doigts et me saisit la main gauche qu'instinctivement je voulus retirer. Il referma les doigts autour de mon poignet et de son pouce, caressa le dos de ma main. Délicatement, il passa un double anneau entrelacé en or blanc rehaussé par un brillant. Surprise, je relevai les yeux vers lui. Une lumière attira mon attention. Emmett se tenait devant nous aux côtés de Monsieur Devereau, mon petit appareil numérique à la main. Il venait de nous prendre en photo. Je fronçai les yeux, prête à rouscailler mais une caresse sur ma main m'obligea à reporter mon regard sur l'homme, provisoirement mon époux qui me tenait toujours la main.
« J'ai demandé à Emmett d'aller à la bijouterie me chercher une bague qui scellerait notre union » expliqua-t-il.
« Elle est….magnifique »
Et elle l'était vraiment. Ce geste m'avait prise au dépourvu. Je considérais ce mariage comme une formalité. Je n'avais absolument pas pensé à un quelconque signe le représentant mais je devais admettre que ce serait plus plausible aussi pour mon père. De plus, ce bijou était vraiment très beau mais simple à mon image. Le choix de mon ami était parfait. Il me connaissait bien. Mais pourquoi avoir dépensé l'argent que je lui avais donné pour me faire ce cadeau ? Il aurait dû le conserver pour son avocat et refaire sa vie lorsque ses ennuis seraient terminés.
« Merci. Emmett a bien suivi mes instructions en se rendant à la boutique. »
« Pardon ? Vous…. »
C'était son choix et non celui d'Emmett. Comment un inconnu avait-il pu me cerner si vite ? Pur hasard. Il devait être habitué aux choses simples. Mais savoir que cette bague était un vrai présent, mûrement réfléchi me perturbait. Etais-je si prévisible, si transparente ?
« Tu …chaton » chuchota-t-il juste pour moi à mon oreille.
« Tu…Merci »
Je ne voulais pas lui donner la satisfaction de voir que son attitude me déstabilisait. Il n'ajouta rien mais me fit un clin d'œil avant de reporter son attention sur Monsieur Devereau. Celui-ci semblait attendri par la situation. S'il avait su que tout ceci n'était qu'une mise en scène.
« Bien. Je vous déclare unis par les liens du mariage. Vous pouvez embrasser la mariée »
Heu non….merde j'avais oublié cette partie. Vite une idée ! Comment fuir ce moment sans que cela ne paraisse bizarre ?
J'étais toujours à la recherche d'une excuse quand je sentis des mains se poser sur mes hanches. J'écarquillai les yeux mais n'eus pas le temps de protester. Ses lèvres se posèrent doucement sur les miennes. Je m'habituais à peine à leur douceur qu'il s'écarta mais laissa une main autour de ma taille. Emmett, toujours armé de son appareil photo me regardait éberlué. Que voulait-il que je fasse ? Il aurait pu m'aider plutôt que de jouer les paparazzis. J'haussai les épaules en levant les yeux au ciel. Barbie approcha, tenant un plateau sur lequel étaient posés des coupes de champagne. Mon mari en saisit deux avant de m'en tendre une que j'acceptai d'une main tremblante. J'entendis vaguement qu'un toast était porté avant d'engloutir la totalité du verre. Je commençais seulement à prendre conscience de la réalité de ce mariage. Tandis que la conversation se déroulait autour de moi, je tentais de calmer mes tremblements. Ce n'était après tout qu'un bout de papier qui d'ici quelques semaines voire quelques mois n'existerait plus.
« Ma chérie, et si nous signions ces documents afin d'officialiser la cérémonie ? » proposa Hale.
« Ou..oui bien sûr. »
Monsieur Devereau nous tendit un stylo et ouvrit un porte-document où un certificat de mariage délivré à nos noms s'étalait sous nos yeux. Je saisis le porte-mine, avançai d'un pas et apposai ma signature au bas du document. Rapidement, il fit de même.
« Et si nous faisions quelques photos. Je pense que la famille aimerait avoir un petit souvenir » ironisa Emmett en agitant son numérique devant nous. Le regard courroucé que je lui jetai, loin de l'effrayer, déclencha son hilarité.
« Emmett a raison, Chérie. Ton père appréciera vraiment que nous ayons immortalisé ce magnifique moment » se moqua-t-il.
« Oui. C'est une très bonne idée » répondis-je en souriant pour faire bonne figure face au représentant du consulat qui semblait se poser des questions.
« Viens Chérie. Nous allons nous installer devant la cheminée. »
Nous prîmes place l'un près de l'autre, son bras passant derrière mon dos et sa main posée sur ma hanche. Je fis de même et enlaçai sa taille. Nous nous prêtâmes de bonnes grâces à la séance photos. Celle-ci terminée, Monsieur Devereau prit congé et l'officier en chef s'approcha de mon époux, sortant une paire de menottes de sa veste.
« Chef, j'ai quand même le droit de passer un petit moment avec ma nouvelle femme. Allez, soyez sympa »
Le chef de la police nous observa à tour de rôle semblant réfléchir au pour et au contre de la demande. Du coin de l'œil, je pouvais voir Emmett prêt à intervenir mais j'avais fait une promesse et même si celle-ci ne me plaisait pas, je n'avais qu'une parole.
« S'il vous plait, juste quelques minutes. Nous allons être séparés encore pas mal de temps. Soyez compréhensif » insistai-je, faisant un effort pour que ma voix ne flanche pas.
William, autant l'appeler par son prénom puisqu'à présent il était mon mari. William s'approcha de moi comme pour donner du poids à mes paroles et posa sa main sur mon épaule.
« Bien. C'est un peu contraire au….mais de toute façon, toute cette histoire est contraire aux règles. Je vous laisse une demi heure pas plus. Mes hommes et moi seront postés devant les portes et fenêtres. C'est clair ? »
« Comme de l'eau de roche » répondit William.
« Bella ? Tu ne vas pas rester avec lui ? » chuchota mon ami en m'emmenant à l'écart afin que je sois la seule à pouvoir l'entendre.
« Emmett, je vais juste passer un peu de temps avec mon mari avant que l'officier ne l'emmène » répliquai-je en posant la main sur son bras pour le rassurer. Dès que nous fûmes suffisamment loin pour que personne ne nous entende, je fis face à mon ami.
« Emmett, c'est… »
« Non, tu ne vas pas rester ici seule avec lui. »
« Sois raisonnable. Le policier n'accepterait pas s'il était dangereux. »
« Ce n'était pas convenu ainsi. »
« Je sais mais je lui ai dit que je lui accorderai un peu de temps. Je lui dois bien ça après ce qu'il fait pour moi en me donnant son nom. »
Je souris à Emmett pour le rassurer avant de revenir près du policier. Celui-ci après un dernier regard à William me fit un signe de tête et sortit, accompagné de ses deux adjoints. Emmett quant à lui, hésita encore un instant avant de suivre la même direction.
« Je ne serai pas loin, Bells. »
« Ok mais ça ira » répondis-je autant pour lui que pour moi.
La porte se referma derrière ces hommes, me laissant seule. Je déglutis en fermant les yeux. Prenant mon courage à deux mains, je pivotai pour lui faire face. William était appuyé contre le dossier du divan et m'observait, un sourire en coin sur le visage. Son regard me balaya de la tête aux pieds me mettant mal à l'aise car j'avais l'impression d'être mise à nue. Il se redressa et s'approcha du bar où il servit deux nouvelles coupes de champagne. Il m'en tendit une.
« A notre arrangement »
« A notre arrangement » répétai-je en levant mon verre.
Ce champagne n'était pas des meilleurs mais il venait bien à point pour clôturer cette mascarade. William grimaça à la première gorgée. Evidemment, il ne devait pas avoir l'habitude de boire ce genre de boisson dans son monde. Je bus tout en me dirigeant de l'autre côté de la pièce, mettant un peu d'espace entre lui et moi. Tandis que je buvais les dernières gouttes, je sentis la chaleur de ses mains sur mes hanches. Je me crispai instinctivement et délicatement, je me dégageai et mis quelques pas entre nous. Je l'entendis soupirer. Je pivotai afin de lui faire face et je fus surprise de le trouver à moins d'un mètre de moi. Ses yeux plongèrent au fond des miens. Il y avait une telle intensité dans ce regard que je dus baisser les yeux. Un doigt se posa sous mon menton et releva ma tête.
« Nous avons un marché, chaton » me rappela-t-il en caressant ma joue rosie.
« Je …je sais mais je ne….suis …. » tentai-je de dire pour le faire changer d'avis.
« Chut…T'ai-je déjà dit que tu es magnifique dans cette robe ? »
Tout en disant ces mots, sa main se posa sur ma nuque et m'attira à lui. Ses lèvres étaient aussi douces et agréables que tout à l'heure. D'abord réticente, je finis par répondre à son baiser. Mes yeux se fermèrent malgré moi et je posai mes mains sur ses hanches m'ancrant à lui pour garder mon équilibre. Sa langue caressa mes lèvres et j'entrouvris légèrement celles-ci. Il n'en fallut pas plus pour que sa langue s'insinue dans ma bouche, tournant et découvrant chaque recoin. Sa barbe frottait sur mon visage et c'était loin d'être désagréable. Sa main quitta ma nuque et ses bras m'enlacèrent, me maintenant contre lui. Je ne pus réfréner un gémissement qui l'encouragea à approfondir notre baiser. Tandis que ses mains caressaient mon dos, il me fit reculer jusqu'à ce que mes jambes touchent ce qui me semblait être le divan.
« Vraiment adorable » chuchota-t-il contre mes lèvres.
Ma tête tournait et j'étais totalement incapable de dire le moindre mot. Pourtant, je n'avais cessé de répéter le discours que je voulais lui dire pour le décourager et le faire renoncer à notre arrangement. Et là, j'étais plus que consentante, gémissant dans ses bras. Sa main glissa plus bas et remonta le long de ma cuisse sous ma robe.
« Non, je…. »
« Chut….Tellement douce…. »
Et je me tus comme si toutes pensées rationnelles et cohérentes m'avaient quittée. Mes mains qui se trouvaient toujours sur ses hanches, remontèrent jusqu'à se glisser dans ses cheveux. Tandis que sa main caressait toujours ma cuisse et se rapprochait dangereusement de mon intimité, l'autre dégrafa l'attache du haut de ma robe au niveau de ma nuque.
Alors que je me noyais dans les sensations qu'il me procurait par de simples baisers, la sonnerie de mon portable me ramena à la réalité. Je m'écartai et cherchai du regard mon sac que je me souvenais avoir déposé sur la console près de l'entrée lorsque nous étions arrivés. Alors que je m'apprêtai à aller le chercher, il me retint par le poignet.
« Non. Laisse sonner. »
« Je dois répondre. C'est certainement Emmett. »
« Non… »
« Il doit s'inquiéter et… »
« J'ai dit non » éleva-t-il la voix me faisant sursauter. L'homme doux et tendre que j'avais côtoyé avait disparu. Son visage dur exprimait à la fois la colère, la déception et autre chose que je ne pus identifier. Je reculai mais il fut plus rapide et me rattrapa, me saisissant plus fermement.
« NON » criai-je de peur en me débattant pour qu'il relâche sa prise.
Mon cri dut ameuter mon ami et les forces de l'ordre qui se trouvaient à l'extérieur car ils pénétrèrent dans la suite, écartèrent de moi William tandis qu'Emmett me prenait dans ses bras. Je vis le policier en chef lui donner un coup. Me dégageant de mon ami, je m'avançai vers le groupe.
« Non, ne lui faites pas de mal. »
« Mais Bella… »
« Non, il n'a rien fait. J'ai juste …Ne le frappez pas » m'égosillai-je.
« Trop gentil Isabella » ironisa-t-il en m'assassinant du regard. Je baissai les yeux ne supportant pas son mépris.
« Ok Madame. De toute manière, il est temps de le ramener. »
« Tu es sûre que ça va Bella ? »
« Oui Emmett, ça va. »
Les policiers passèrent les menottes à William et le tirèrent vers la sortie. Mais celui-ci stoppa net devant moi. Son regard était noir de colère. J'avais de la chance que ses pupilles ne soient pas des armes car je serais morte à l'instant.
« On se reverra, Isabella. Sache que j'obtiens toujours ce qui m'est dû. Toujours » cracha-t-il avant qu'on ne l'emmène de force hors de la suite.
Un frisson me parcourut l'échine que je chassai rapidement. La porte se referma sur le groupe d'hommes. Il y avait peu de chance que je sois un jour amené à le revoir. Mes avocats se chargeraient de dissoudre ce mariage et je n'entendrai plus parler de William Hale d'ici quelques mois. Pourtant un sentiment de culpabilité s'insinua en moi. Je l'avais dupé et son regard en quittant la pièce allait me hanter un certain temps.
Alors, qu'en avez-vous pensés?
Vont-ils se revoir? Comment leur vie va-t-elle évoluer?
Avez vous envie de le savoir?
Biz Eli
