Livre 0 : Chapitre 2 : Sirius Black

La maison des Black n'était pas des plus accueillantes. Bien que les volets demeuraient ouverts en permanence, la lumière du jour n'entrait que faiblement dans ses grandes pièces. Cela lui donnait un aspect sombre que les reliques morbides n'arrangeaient pas. En effet, de nombreux objets, entreposés un peu partout dans la maison, donnaient une bonne idée de la philosophie des Black; des objets que même certains sorciers de pures souches désapprouveraient. On pouvait trouver des têtes réduites dans le salon, une main de la gloire dans la salle à manger, un collier d'opales soigneusement rangé dans le placard d'une chambre, des fioles contenants des potions douteuses dans la cuisine. Mais le plus surprenant dans la maison des Back, c'était les têtes d'elfes de maison accrochées dans le couloir et que l'on pouvait « admirer » en montant l'escalier, vieille tradition instaurée par la sœur de Walburga Black. Elle impliquait de couper la tête de chaque elfe de maison devenant trop vieux pour servir ses maîtres et de la poser sur un plateau, signe de leur dévouement.

Le 12 Square Grimmaurd fut illuminé, l'espace d'un instant, et un homme fort élégant sortit gracieusement de la cheminée. Il s'agissait d'Orion Back, le maître des lieux. Il chassa d'un geste de la main les souillures sur sa cape et posa le pied dans sa demeure.

- Oh ! Tu rentres tôt aujourd'hui.

Sa femme, entendant son mari rentrer, avait appelée leur elfe de maison, Kreattur, qui tendit à son maître un verre de Whisky Pur Feu. Orion prit place dans un des fauteuil du salon et prit la parole d'un air las, comme si il avait passé une journée difficile, ce qui n'était jamais vraiment le cas au vu de son statut.

- J'ai délégué mon travail à mes employés, Barjow s'occupe de tout. Je n'en pouvais plus de travailler avec de tels incapables !

- Je te comprend. Aujourd'hui j'ai eu affaire à plusieurs peintres mais il n'y en a qu'un qui ait pu faire un portrait décent de ma personne, il s'agit de Filandrus Penter. Je l'ai fait accrocher dans le couloir.

- Bien. J'irais le voir tout à l'heure. Kreattur, va informer mes fils que je les attend dans mon bureau immédiatement.

Sur ces paroles il quitta la pièce en laissant son verre à l'elfe sans même lui adresser un regard.

Les fils Black, Sirius et Regulus, âgés respectivement de 11 et 9 ans, étaient dans la chambre de l'aîné et jouait avec ses figurines animées d'animaux fantastiques. Alors que le Pitiponk de Sirius était sur le point de briser l'étreinte du Strangulot de son jeune frère, quelqu'un frappa à la porte.

- Maître Sirius et Maître Regulus sont attendus dans le bureau du Maître. Dit la voix de Keattur, étouffée par l'épaisseur de la porte en bois massif.

- C'est rare que Père nous appel dans son bureau. Dit Regulus d'une petite voix. Je me demande ce qu'il veut nous dire…

- Ne t'en fais pas, nous n'avons rien fait de mal, il ne peut rien nous reprocher ! Répondit Sirius avec entrain.

Ils se levèrent et sortirent de la chambre pour aller dans le bureau de leur père. Une fois devant les doubles portes ornées d'un serpent à chacune des poignées, il s'annoncèrent et entrèrent après y avoir été invités.

- Sirius, tu vas bientôt avoir ta lettre d'admission à Pourdlard, tu iras te procurer les fournitures nécessaires avec tes cousines Andromeda, Narcissa et Bellatrix. Vous emmènerez ton frère pour qu'il puisse chercher son hibou.

Un grand sourire éclaira le visage de Regulus a l'entente de cette nouvelle.

- Avec… Bellatrix ? Demanda Sirius avec effroi.

- Y a-t-il un problème avec ta cousine Bellatrix ?

- Non non, rien de grave…

- Bien, vous pouvez disposer. Ordonna le chef de famille.

Les garçons ne se le firent pas dire deux fois et filèrent à nouveau dans la chambre de l'aîné. Une fois là-bas, le plus jeune laissa s'exprimer son ravissement et improvisa une petite danse, qui rappelait vaguement le Pitiponk aux prises avec le Strangulot de leur précédent jeu. Sirius, lui, était encore trop sous le choc à l'idée de passer une journée entière avec Bellatrix et ne réagit qu'au son d'un bec qui tape contre la fenêtre.

- C'est Adès. Remarqua Regulus en arrêtant ses gesticulations.

Sirius mit une seconde a réaliser que l'oiseau portait une lettre qui lui était adressé. Il bondit tel un jeune chien fou sur le pauvre volatil et lui arracha presque la missive de la patte tendue du hibou et s'écroula à genou en voyant qui était l'expéditeur.

Il déchira l'enveloppe fébrilement et ouvrit la lettre qui se cachait à l'intérieur.

- C'est quoi ? Demanda Regulus en regardant par-dessus l'épaule de son frère pour essayer d'apercevoir ce qu'il tenait.

- Ma lettre de Poudlard. Répondit le jeune garçon, ravi. Je vais enfin pouvoir partir de cette maison.