Bonjour, bonjour!

Voici donc le premier chapitre avec un peu de retard.

Bonne lecture!


Chapitre 1 - Moi, ma liberté et mes pancakes

Le week-end de la première semaine de cours s'était achevé assez rapidement, trop vite à mon goût. Je n'avais pas eu le temps de réfléchir correctement à ce que je voulais et devais faire. Après tout, il fallait d'abord que j'en parle à Lina, elle seule pourrait m'aider à éclaircir tout cela.

Ainsi, en ce radieux premier jour de la semaine, j'entrais donc dans la Grande Salle dans le but de prendre mon petit-déjeuner. Prenant place à ma table, aux côtés de Lily, je subtilisai discrètement une assiette de pancakes à une bande de premières années.

Ah, ma Lily ! C'était une perle de culture égarée parmi des grains de sable et elle était mon unique amie par la même occasion. Il s'agissait de la seule personne de Poudlard qui me connaissait réellement, moi et mon caractère irascible.

Elle me parla de notre prochain cours de potions que nous avions commun avec les Serpentard – une torture. Ma petite Préfète-en-Chef savait pertinemment qu'il allait se passer quelque chose et que ce serait un coup des Maraudeurs, pour ne pas changer. Je lui avais donc souri gentiment. Elle prenait un peu trop à cœur son rôle de Préfète avec ces quatre-là, si vous voulez mon avis. Surtout avec un en particulier. Cependant, je n'eus pas la bêtise de le lui faire remarquer. Mes pancakes étaient devant moi, je n'avais donc pas de tendances suicidaires pour le moment : quand elle s'énervait, mieux valait fuir et le plus loin possible.

Tout en piquant du nez dans mon jus de citrouille, je me redressai sur un coude instable dans le but d'essayer de repérer Lina à la table des Serdaigle. Ma sœur leva les yeux vers moi à l'instant où je l'aperçus et elle me salua de la main. Je lui fis comprendre par signe que je voulais la voir dehors.

Une fois tous mes pancakes mangés et mon petit-déjeuner achevé sans m'être endormie, ce qui est en soit un exploit, je rejoignis Lina qui m'attendait à la sortie.

- Arté ! Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-elle avec inquiétude en me voyant arriver d'un pas décidé.

- Ne m'appelle pas comme ça, grinçai-je tout en l'attirant dans un coin sombre du Hall pour parler.

- Alors ?

- Écoute, je ne te l'ai pas dit, mais…, commençai-je avant d'hésiter et de me mordiller la lèvre inférieure. Bon, repris-je plus fermement tout en trouvant un intérêt soudain au mur derrière ma sœur, j'ai demandé à Maman le remède contre notre potion et j'aimerais l'utiliser ce soir.

Lina me fixa de ses grands yeux noisettes, les même que les miens, assimilant au fur et à mesure mes révélations. Finalement, un léger sourire apparut sur ses lèvres et ce fut à mon tour d'être surprise.

- C'est d'accord, fit lentement ma sœur avant de sourire encore plus. Je m'y attendais en fait, je te connais trop bien, tu sais. Rejoins-moi ce soir dans la Salle sur Demande à dix heures.

Elle me donna rendez-vous comme si de rien n'était et partit en direction de son premier cours. Je restai là, immobile, réfléchissant à la réaction plus que positive de Lina. Quelques instants plus tard, je pris enfin conscience de la personne qui me secouait le bras avec agacement.

- Artémis ! s'impatienta une voix à mes côtés.

C'était Lily qui essayait de me faire redescendre sur terre. Je me tournai vers elle et la jeune fille rousse leva les yeux au ciel. Son exaspération se lisait sur son visage, ce qui lui arrivait souvent lorsque j'étais dans les parages. Je finis donc par éclater de rire et nous nous dirigeâmes tranquillement vers les cachots pour notre cours avec Slughorn.

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Lily avait raison, comme d'habitude. Le chaudron de Rogue explosa en une multitude de gouttelettes rose vif qui finirent malencontreusement sur le propriétaire dudit chaudron. Il était dans une colère noire, bien évidemment. Pour une fois que ce Serpentard de malheur n'était pas le premier à finir sa parfaite petite potion !

Severus Rogue. Je l'avais en horreur depuis ma première année – date à laquelle j'avais fait sa connaissance par l'intermédiaire de Lily, qui était alors mon amie depuis peu de temps. Aussi, je n'avais pas voulu la blesser, alors j'avais gardé pour moi la répulsion qu'il m'inspirait. Néanmoins, je riais à chaque blague que les Maraudeurs lui faisaient et cela me soulagea grandement lorsque, il y a deux ans, Rogue traita Lily de Sang-de-Bourbe. À ce moment-là, tout comme Potter, je crois que je l'aurais écorché sur place si elle ne s'en était pas allée avec cet air incroyablement digne. Bref, depuis cet instant, ils ne s'étaient jamais reparlé, pour mon plus grand bonheur et pour celui de Potty-Potta également.

La matinée se déroula tranquillement. Après le cours de potion, Lily se rendit en Runes tandis que je me dirigeai vers la bibliothèque pour faire mes devoirs. Je retrouvai avec plaisir Remus, assis à notre table habituelle depuis plus d'un an maintenant. On aimait bien travailler tous les deux. Avec lui, j'aurais pu être moi-même, sauf qu'il avait un effet tellement reposant sur moi que je restais calme et travaillais plus ou moins silencieusement. Notre table se trouvait tout au fond de la bibliothèque et, si loin de l'entrée, personne ne nous dérangeait. Il était soulagé aussi de ne pas avoir à subir la présence de ses admiratrices agaçantes.

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Le jour où j'ai rencontré Remus Lupin, en cinquième année, était un grand jour : je m'étais fissuré le crâne en tombant de mon balai alors que je m'entrainais toute seule, tôt le matin. Bien sûr, je l'avais déjà entraperçue avec Potter – qui harcelait déjà Lily à cette époque –, mais jamais je n'avais été aussi proche de lui. Et puis, je n'ai jamais su qui m'avait amenée à l'infirmerie, car je m'étais évanouie après avoir touché le sol.

Ainsi, je m'étais réveillée dans cet univers si blanc et aseptisé, totalement seule, et dans un silence des plus pesants. Me dégageant des draps et ouvrant les rideaux qui cachaient mon lit, j'avais remarqué d'autres paravents semblables aux miens. Comme la curiosité ne fait surtout pas partie de mon caractère, j'avais discrètement entrouvert un rideau et je l'avais vu. Il était allongé dans un lit, encore plus pâle que d'habitude, la sueur collant plusieurs mèches châtaines sur son front.

Soudainement, il s'était agité, comme s'il avait senti ma présence, et je m'étais approchée doucement. Ses mains s'ouvraient et se refermaient mécaniquement tandis qu'il s'agitait encore plus. Je posais ma main sur la sienne et tout son corps se figea. Ses paupières s'ouvrirent alors et un regard qui n'était plus tout à fait humain se posa sur moi. Deux grands yeux jaunâtres me transpercèrent de part et d'autre avant de se refermer. Ce n'était pas Remus.

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Tandis que les grattements des plumes sur le parchemin et le froissement des pages tournées troublaient le silence de la bibliothèque, la voix de Remus vint me tirer de mes souvenirs.

- Alors, Artémis, dis-moi un peu ce qui te réjouit autant, me demanda-t-il avec un léger sourire.

Je le regardai avec étonnement pendant un instant qui dura quelques minutes. Mais de quoi parlait-il ?

- Cela fait exactement vingt-sept minutes, mis à part les quarante-cinq dernières secondes, que tu as un sourire aux lèvres, expliqua le garçon d'un ton un brin moqueur. Alors, je me demandais…

Je pouffai à sa remarque. Il est vrai que cette journée me mettait de bonne humeur, surtout grâce à Lina. Ensuite, pour ne rien arranger, l'histoire de Rogue m'avait fait rire aux éclats et, à chaque fois que j'y repensais, je ne pouvais m'empêcher de glousser. L'image de cet adorateur de la magie noire avec de la potion rose bonbon dégoulinant sur son visage était tout simplement jouissive. Je fis part de ce dernier point à Remus et il rit avec moi.

- Tu crois qu'il se lavera les cheveux, demandai-je d'un ton qui se voulait sérieux alors que je recommençais à rire.

Il me regarda bizarrement, juste un instant, puis s'esclaffa à son tour.

- Je ne savais pas que tu étais comme ça, chuchota Remus en plongeant ses magnifiques yeux gris dans les miens.

Comment ça « Comme ça » ? Hum, j'avais oublié de m'en tenir à mon rôle de timide et de coincée. Il fallait que je me rattrape ! Cependant, ne sachant que dire ou faire, je me contentai de hausser les épaules et de me replonger dans mon devoir de Sortilèges. Durant l'heure qui suivit, je sentis le regard de Remus peser sur moi, mais ne relevai pas une seule fois la tête, décidée à me comporter comme j'aurais dû le faire avant.

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À ma plus grande joie, le soir arriva rapidement et Lina me rejoignit comme promis dans la Salle sur Demande. Remus m'avait un jour emmenée ici pour faire nos devoirs et fuir le troupeau de ses admiratrices, depuis j'y venais souvent avec ma sœur lorsqu'on voulait être seule pour parler. Seulement, aujourd'hui était un autre jour, j'avais apporté l'antidote à notre potion.

Ma sœur prit sans broncher le flacon que je lui tendis alors que ses yeux ne quittaient pas les miens. Nous n'avions jamais arrêté de prendre cette potion et ne savions donc pas à quoi nous ressemblions véritablement. D'un commun accord, nous avalâmes le liquide en même temps. L'élixir fit effet tout de suite.

Sous mes yeux, elle se transforma : ses longs cheveux d'un blond terne devinrent dorés et lumineux, comme ceux de Maman. Ses prunelles brunes se nimbèrent de bleu ciel argenté et sa peau pâlit magnifiquement en se nappant d'un léger éclat argenté. Les traits de son visage s'affinèrent également.

Je sus tout de suite que j'étais devenue comme elle, aussi belle, mis à part que mes cheveux étaient noirs. Noirs comme ceux de Papa. Je pris une de mes mèches sombres entre mes doigts et constataient que des multitudes de reflets argents et bleus irradiaient de ma chevelure.

Sentant enfin le changement qui s'était opéré au fond de moi, j'eus l'impression de planer au-dessus du sol. Je fis quelques pas et ressentis toute la légèreté de ma condition Vélane Lina m'imita et un immense sourire béat se profila sur son visage. Elle m'attrapa ensuite la main et me traîna en courant au dehors de la salle, nos pas résonnant dans le couloir de pierre désert tandis que je la suivais en me retenant de rire de bonheur. Nos pieds touchaient à peine le sol.

L'air frais s'engouffrant dans mes cheveux me donna envie de courir dans le parc. Ma sœur eut la même idée, car elle cavala vers le lac. Je la suivis, m'esclaffant face à ce que je ressentais, ou plutôt à ce que je retrouvais. Cette sensation de liberté totale m'avait atrocement manquée durant ces six dernières années.

Plus tard, nous étions discrètement rentrées au château après avoir bu la potion de transformation. Le corps plus lourd et avec cette impression de rentrer dans un costume trop étroit, nous avions réintégré nos salles communes respectives.

J'avais le souffle court quand j'atteignis ma maison. Il était presque minuit, ainsi je pensais et espérais que personne ne serait encore debout. Manque de chance, les Maraudeurs au complet discutaient devant la cheminée. En essayant de traverser la pièce aussi silencieusement que possible, tout en tentant d'apercevoir ce qu'ils trafiquaient, je me pris les pieds dans un des tapis et m'affalais par terre.

C'est ainsi que, proférant les pires insanités à l'égard de cette carpette inutile et oubliant totalement mon rôle de petite fille modèle, j'essayai de me redresser lorsqu'une main secourable se tendit devant moi. Sans réfléchir, je l'attrapai puis me relevai avant de m'étrangler de surprise. Sirius Black !

- Une demoiselle ne devrait pas se promener à cette heure dans les couloirs de l'école, me taquina-t-il avec un sourire charmeur, les yeux pétillants.

Je retins une grimace de dégoût, ou peut-être pas puisqu'il fronça les sourcils. Reprenant ma main d'un geste brusque, je voulus le contourner, mais il me rattrapa pour se pencher à mon oreille. Un long frisson me parcourut l'échine.

- Une demoiselle ne devrait pas dire de vilains mots, se moqua encore le garçon.

Il m'avait donc entendue alors que j'étais encore à terre ? Je fermai les yeux, essayant de me concentrer sur l'image de fille calme et tranquille qu'il fallait que je donne. Ne pas le frapper, ne surtout pas le frapper ! me répétai-je plusieurs fois avant d'ouvrir les paupières. Baissant donc un peu la tête, je le dépassai et montai rapidement les marches jusqu'au dortoir.

C'est avec un grand soulagement que je m'allongeai dans mon lit, toute habillée, vérifiant que Lily dormait encore. J'étais fière de moi : Black était encore en vie !


Alors, qu'en pensez-vous? Une review? =D